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Donald Trump et Benjamin Netanyahou : jusqu'où peut aller la coopération stratégique lorsque la confiance dans le partage d'informations commence à s'éroder ?
Le Pentagone aurait relevé le niveau de menace de contre-espionnage lié à Israël au niveau "critique". Des responsables américains craignent des efforts accrus pour obtenir des informations sur les discussions avec l'Iran. Israël dément ces accusations, mais l'affaire révèle des tensions inhabituelles entre deux alliés historiques.
Pendant des décennies, la relation entre Washington et Israël a souvent été présentée comme l'une des plus solides alliances stratégiques des États-Unis. Pourtant, des révélations publiées ces derniers jours suggèrent qu'en coulisses, la méfiance entre les deux partenaires pourrait atteindre un niveau rarement affiché publiquement.
Selon plusieurs médias américains citant des responsables actuels et anciens, le Pentagone aurait relevé l'évaluation interne de contre-espionnage concernant Israël au niveau "critique", soit son échelon maximal d'alerte. Cette décision aurait été prise par la Defense Intelligence Agency (DIA) dans un contexte de tensions croissantes entre l'administration Trump et le gouvernement israélien autour de la stratégie régionale, notamment sur l'Iran.
Espionner ces alliés
D'après ces informations, les services américains craignent une intensification des efforts israéliens pour obtenir des renseignements sur les discussions internes de Washington concernant les guerres au Moyen-Orient et les négociations avec Téhéran. Des responsables américains affirment que plusieurs hauts responsables auraient fait l'objet de tentatives de collecte d'informations ou de surveillance, notamment des personnalités impliquées dans les discussions diplomatiques.
Le caractère sensible du dossier tient surtout au moment choisi. Depuis plusieurs semaines, l'administration américaine cherche officiellement à maintenir une voie diplomatique avec l'Iran malgré les affrontements récents et le cessez-le-feu fragile. Dans le même temps, Israël défend une ligne plus offensive et pousse Washington à conserver une pression maximale sur Téhéran, selon plusieurs médias américains.
Pour certains observateurs à Washington, ce qui surprend n'est pas tant l'existence d'activités de renseignement, y compris entre alliés, mais l'ampleur des inquiétudes exprimées en interne. Plusieurs responsables interrogés estiment que les pratiques observées dépasseraient ce qui est habituellement toléré dans les relations entre partenaires stratégiques.
Israël a rejeté catégoriquement ces accusations et son ambassade à Washington affirme ne mener aucune opération de renseignement contre des responsables américains. La Maison Blanche a également contesté publiquement certaines affirmations publiées dans la presse.
Cette affaire ravive toutefois un sujet ancien dans les relations bilatérales : jusqu'où peut aller la coopération stratégique lorsque la confiance dans le partage d'informations commence à s'éroder ? L'épisode rappelle aussi que les alliances militaires les plus étroites n'excluent ni les rivalités d'intérêts ni les soupçons réciproques lorsque les objectifs politiques divergent.