
© Telmo Pinto/NurPhoto Source: Gettyimages.ru
La présidente-directrice générale de France Télévisions, Delphine Ernotte, et le secrétaire général du groupe, Christophe Tardieu, lors d'une audition à l'Assemblée nationale, le 8 avril 2026. [Photo d'illustration]
Accusée d'avoir menti sous serment devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, fait face à des soupçons de parjure, qu'elle dément fermement.
Plongée dans une nouvelle polémique, Delphine Ernotte voit sa crédibilité ébranlée après des révélations sur la préparation des auditions de son groupe devant la commission parlementaire. Une accusation qui fait du bruit alors que France Télévisions se trouve en pleine cure d'austérité.
🚨Scandale : Delphine Ernotte aurait MENTI sous SERMENT lors de la commission d'enquête menée par Charles Alloncle.Contrairement à ce qu'elle a affirmé, un cabinet privé aurait bien accompagné les équipes de France Télévisions pour se PRÉPARER à la commission.
Rappel : le... pic.twitter.com/QZ0sYCubBs
- Observatoire du journalisme (Ojim) (@ojim_france) June 10, 2026
Auditionnée le 8 avril sous serment, la présidente de France Télévisions avait affirmé catégoriquement : "Non. Aucune entreprise privée n'a été utilisée pour travailler avec les personnes qui allaient être interrogées par la commission d'enquête."
⚠️ Delphine Ernotte a affirmé sous serment, lors de son audition, qu'aucune entreprise n'avait été sollicitée pour préparer les salariés de France Télévisions entendus par la commission d'enquête.Marianne révèle aujourd'hui que c'est faux. Un cabinet privé a bien été mandaté... t.co pic.twitter.com/A30YvWDZz5
- Charles Alloncle (@CHAlloncle) June 9, 2026
Pourtant, selon une enquête de Marianne publiée le 9 juin, le cabinet Forward Global, spécialisé dans la communication de crise et la cybersécurité, aurait prodigué des conseils à au moins deux reprises aux équipes du groupe public. Delphine Ernotte aurait même participé à un déjeuner de travail avec ses dirigeants.
Le rapporteur de la commission, le député UDR Charles Alloncle, a immédiatement réagi sur X : "Marianne révèle aujourd'hui que c'est faux. Un cabinet privé a bien été mandaté par France Télévisions pour cette mission. Le délit de parjure devant une commission d'enquête parlementaire est passible de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Madame Ernotte, pourquoi avoir menti ? Comment les Français qui paient pour France Télévisions peuvent-ils encore vous faire confiance ?"
Le député du Rassemblement national Frédéric Falcon s'est également indigné : "Elle aurait donc menti sous serment devant la commission d'enquête et continue de nous prendre pour des idiots. Qui peut croire qu'un cabinet de conseil prépare gratuitement la dirigeante d'un grand groupe ?"
🚨 Le cabinet de Delphine Ernotte confirme l'information révélée par le Canard enchaîné : elle a bien eu recours au cabinet de conseil Forward Global... gratuitement !Elle aurait donc menti sous serment devant la commission d'enquête et continue de nous prendre pour des idiots.... pic.twitter.com/VfSi3q0x5c
- Frederic Falcon (@FalconFrederic) June 10, 2026
France Télévisions dénonce une "fumisterie de plus". Le secrétaire général, Christophe Tardieu, assure que le groupe n'a "jamais eu recours" ni "payé aucun cabinet de conseil" pour préparer les 55 personnes auditionnées. Il reconnaît toutefois un "simple partage d'expérience" du cabinet, déjà partenaire sur d'autres sujets depuis 2022, sans mission formelle. "Nous ne sommes pas si stupides", ajoute-t-on en interne, en évoquant une manipulation politique.
Cette affaire survient alors que France Télévisions annonce d'importantes coupes budgétaires, avec l'arrêt de séries et de magazines, dans un contexte de baisse de la dotation publique.
Le rapport Alloncle, très critique sur la gestion du service public, gagne en résonance. Delphine Ernotte, qui dirige France Télévisions depuis 2015, se retrouve au cœur d'un débat sur la transparence et la gouvernance de l'audiovisuel public.