
Texte de Dmitry Orlov présenté par Bertrand Hédouin
Ci-après vous êtes invités à lire un extrait du livre de Dmitry Orlov, Les cinq stades de l'effondrement, publié dans sa version française en 2016 (en langue originale anglaise en 2013). L'extrait se trouve dans le 1er chapitre ("L'effondrement financier"), Mysticisme monétaire, pp.95-99.
Dmitry Orlov est américain d'origine russe et peut être considéré comme une personne scientifique. Il a une licence en sciences informatiques et un master de linguistique appliquée.
Nous reprenons un passage qui pointe une cause majeure de l'effondrement général du système euro-américain actuel. Il s'agit de la croyance en la fatalité du dieu "économie", de l'abandon des aspects humains de l'homme (transhumanisme) et de l'état schizophrénique de l'Euro-Amérique ("De toutes les façons, nous sommes élus !").
Ces propos datent de 2013.

"Les principaux outils de la finance moderne sont la mystification, l'obscurcissement et l'hypnose (nous en sommes en plein dans le mythe structurant de la"civilisation judéo-païenne"). L'insondable mystère de la monnaie, pour la plupart des mortels, est le sacrement de la création monétaire. Le Grand Prêtre presse un bouton et, ex nihilo et apparemment sans effort, génère davantage de ce trésor convoité que nous voulons tous posséder davantage. C'est, en effet, un tour de sorcellerie impressionnant : ce que nous gagnons à la sueur de notre front, le Grand Manitou l'invoque allègrement à l'aide d'une incantation cryptique pour le faire apparaître. C'est plus élaboré que la danse de la pluie d'un chaman et bien plus fiable - jusqu'à un certain point... L'obscurcissement vient de l'utilisation de formules mathématiques que peu de gens saisissent. Moins de gens encore saisissent leurs implications et comment elles échouent (avec persistance) à se calquer sur le monde physique. La formule chef du Grand Gourou - la dette élevée à la puissance du temps - est la bombe à retardement égrenant son tic-tac à l'intérieur de tous nos agencements financiers modernes.
Au-delà de cette formule clef s'étendent donc les modèles mathématiques qui servent à alimenter les argumentations des décisions économiques et à dicter la politique. Qu'on puisse envisager de caractériser convenablement l'économie sur la base de tels modèles est une idée creuse développée sur deux plans séparés :
- Sur un plan plus superficiel, le financier et philanthrope George Soros a défini cela comme le"principe réflexif"; au sein des marchés financiers particulièrement, les marchés répondent à la perception des observateurs du marché, influençant, à leur tour, les résultats et invalidant les mesures présumées objectives. Les modèles économiques font des suppositions sur les préférences rationnelles des acteurs du marché, mais, d'après Soros, la réflexivité implique que les marchés, eux, n'ont pas de préférences rationnelles et se conduisent imprévisiblement, voire perversement. Plus largement, lorsqu'il s'agit de caractériser la société (et la finance n'est qu'une de ses facettes), les occasions d'être objectif sont plutôt circonscrites et, en vérité, il ne peut y avoir de catégorie non fictionnelle. N'importe quelle observation qui devient connue de l'observé, même par ouï-dire, est entachée par la réflexivité, est par conséquent subjective et, dans une certaine mesure, est une œuvre de fiction. Le principe réflexif sape les prétentions à l'objectivité dans les"sciences"sociales telles que l'économie. On parvient souvent à une meilleure compréhension à travers les œuvres dramatiques et la littérature, qui n'ont aucune prétention à l'objectivité et peuvent synthétiser de nouvelles connaissances directement à partir de la richesse des perceptions sensorielles et des émotions individuelles, sans être restreintes à ce qui est quantifiable, mesurable ou objectivement observable. Il semble contre-productif de porter la camisole du rationalisme lorsqu'on étudie des phénomènes sociaux qui ne présentent eux-mêmes aucun trait rationnel.
- Sur un plan plus profond, il y a une erreur logique à tenter d'employer des mathématiques finies (dans le sens implicite de devoir utiliser des modèles qui contiennent un nombre fini de symboles) pour caractériser précisément un système infiniment complexe tel que l'économie. Cette erreur est abordée dans un article de Reed Bukhart : "The Limits to Maths : Correcting Some Erroneous Foundations" (Les limites des mathématiques : corriger quelques fondements erronés) (dont je m'attends à ce qu'il soit impopulaire à la fois auprès des économistes et des mathématiciens). Les modèles mathématiques peuvent encore être utiles, même quand on les applique à des phénomènes sociaux, mais seulement en caractérisant un sous-ensemble soigneusement défini du système, dans son état au moment où il a été observé. Cela explique plutôt bien pourquoi les efforts ardus des économistes pour"faire des maths"n'ont pas accru leur aptitude à faire des prédictions précises, donnant naissance en retour à une plaisanterie :"Comment appelle-t-on un économiste qui fait des prédictions ? - Raté !""Pourquoi les économistes ne sont-ils pas découragés malgré l'incapacité presque complète de leur "science" à faire des prédictions ?"est une question qui vaut réflexion. Se pourrait-il que leur"science"ne soit pas descriptive mais prescriptive ? Après tout, leurs clients au gouvernement ne semblent pas du tout atterrés par leur manque d'aptitude prédictive. Et si leur"science"n'était pas conduite par les données mais par les hypothèses - ou devrions-nous dire "le dogme" ? - du marché libéral non régulé : que le marché non régulé alloue les ressources de façon optimale, que l'intervention politique dans les marchés cause des distorsions, et ainsi de suite ? Et s'il ne s'agissait là que de la planification centralisée capitaliste se déguisant en science ?
L'idée en soi qu'il y ait un"marché libre"qui soit automatiquement, de et par lui-même, efficient, optimal et qui, lorsqu'il n'est pas maltraité par des politiciens tripatouilleurs, produise spontanément de la prospérité, cette idée même est embourbée dans la politique. En fait, le marché non régulé dépend complètement d'un système de loi sur la propriété, d'un système juridique capable de faire appliquer les contrats et d'un système judiciaire qui puisse dissuader le crime économique. Comme je le décrirai en détail dans l'étude du cas au chapitre 2, l'expérience russe dans les années 1990 a montré que, sans ces ingrédients vitaux, un marché non régulé se transforme rapidement en un réseau criminel, où les dettes peuvent être réglées à moindre frais en abattant simplement son créancier. Finalement, le marché non régulé s'avère un intelligent plan gouvernemental par lequel on tire bénéfice d'une période de croissance économique soutenue. Mais il devient sujet à l'effondrement durant une période de contraction soutenue ; or, dans de telles périodes, un gouvernement, en eût-il encore la capacité, ferait bien d'instituer un plan centralisé d'allocation des ressources qui ne tiennent pas compte des mécanismes de marché et qui prémunisse contre des performances économiques médiocres, mais prévisibles, à un niveau qui peut être encore soutenu. Le rationnement de l'essence en tant de guerre n'est qu'une illustration parmi d'autres d'un tel plan réussi aux États-Unis.
Si la mystification et l'obscurcissement n'étaient pas suffisants, la finance moderne a une troisième méthode pour engendrer docilité et obéissance dans la population qu'elle tient en servitude : l'hypnose. Et ce type d'hypnose est produit par la superposition de signaux suggestifs, mais non pertinents, sur du bruit. C'est une propriété de notre cerveau surdéveloppé qui essaye spontanément de formuler des explications aux événements qui n'en ont pas et d'extraire des messages à partir du bruit. Le son des vagues, par exemple, est essentiellement du bruit blanc avec l'ajout d'une structure rythmique ; mais quiconque l'écoute assez longtemps commence à halluciner, à entendre de la musique et des voix. Les marchés financiers parviennent au même effet en superposant une couche d'interprétation sur le bruit fractal qu'ils génèrent spontanément. Chaque jour, des millions d'individus scrutent leurs graphiques pour y trouver les signes d'un sens qui n'y est tout simplement pas, mais qui demeure éternellement attirant, éternellement fuyant. En regardant les girations ineptes des marchés à la façon dont les oracles antiques lisaient dans les entrailles des moutons, ils s'évertuent à tirer un sens de l'insignifiant, possédés par la foi mystique qu'il y a là quelque chose, au-delà du simple bruit. Les sites financiers et les chaînes d'informations câblées leur font plaisir en juxtaposant les comptes-rendus des mouvements du marché avec les titres des nouvelles économiques.
Et nous y voilà ! L'édifice croulant de la finance contemporaine repose sur trois piliers : les rites magiques de création de monnaie, la politique mathématisée se déguisant en science et une population en servitude du bruit fractal du marché".
Dans son livre, Dmitry Orlov évoque cinq stades d'effondrement de la société avant tout euro-américaine qui peuvent être concomitants et interactifs. Les trois premiers stades, l'effondrement financier, l'effondrement commercial et l'effondrement politique, reposent sur certains hommes et leurs besoins ainsi que sur la manipulation des esprits pour le reste de l'humanité. Les deux autres stades, l'effondrement social et l'effondrement culturel, possèdent paradoxalement les forces de faire face et de vaincre l'effondrement général en regénérant l'homme avec ce qui est humain.
Aujourd'hui, les financiers sont rendus maîtres de l'Euro-Amérique et voudraient finir par recouvrir de leur appétit le monde entier. Dans ce cadre, la société est morte, zombie. Il n'y a plus de politique. La vie a perdu dans ce cadre tout sens valable puisque l'être est entièrement esclave, soit pour dicter ses lois maladives et vides de sens à l'humanité, soit pour suivre ces lois comme une humanité sous hypnose.
Le haut de la société en Occident, "l'élite", est occupé par des personnes qui se regroupent dans des clubs et font valoir pour la plupart des positions héréditaires pour avoir droit à leur présence et leur voix. C'en est ainsi, par exemple, au "Siècle" où chacun se renifle le cul pour savoir à qui ils ont affaire.
Il n'est pas difficile de démontrer que ce monde est absolument abruti, dirigé par des gens abrutis. Parlez avec David de Rothschild ou bien avec Jacques Attali (ils font partie de la même bande) et vous aurez compris. Tu les écartes de leur sentier financier hyper évolué (ils ont organisé leur vie pour exercer le pouvoir absolu sur l'autre) ne serait-ce que 30 secondes et ces grandes intelligences mécaniques, perverses et maniaques, sont totalement perdues. Mais ce sont ces personnes qui nous dirigent. Ils sont abrutis au point de se régénérer régulièrement avec des organes de jeunes personnes, ce qu'a osé nous montrer l'horreur surhumaine de David Rockefeller qui a enfin quitté le sol de la terre à l'âge de 101 ans. Il n'avait plus d'organe vital à échanger. Quand la bonté de l'homme ressort sur le visage.
Pour ce qui concerne plus spécifiquement la France et ce qu'il en reste, il avait pourtant été monté une "Commission pour la libération de la croissance française" ("Commission Attali"). Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, on fixe l'objectif de relancer la croissance économique de la France. Pour cela, la commission va travailler à partir de juin 2007 et rendra son rapport final avec les solutions en janvier 2008.
Pour mieux faire encore, le président demande à Attali en février 2010 de présenter un second rapport, "Une ambition pour 10 ans", qui sera remis en octobre 2010. Le fondateur de la BERD est bien connu pour ses réussites et ses prédictions. Il est économiste. Qui voit l'avènement d'un État mondial après 2030 et l'apocalypse, le mieux serait à Jérusalem. Peut-être aurait-il été plus juste de titrer les rapports : "Les étapes à suivre pour en finir avec la souveraineté de l'État français au bénéfice de l'Union européenne, projet-pilote de l'État mondial dirigé par de sombres créatures financières".
Ces gens malades vont aller jusqu'au bout pour poursuivre le récit de leur mythologie nauséabonde et mortifère à notre dépend. Leur pouvoir et leur toute-puissance aujourd'hui vacillent très sérieusement. Leur seule solution est la création d'un État mondial et l'esclavage de toute la population. Rappelez-vous, ce sont des surhommes.
La Russie est seule aujourd'hui à faire face à cette meute "satanique". Je suis certain que la France peut encore trouver force et esprit pour lutter contre ce monde diabolique, en s'alliant, pourquoi pas, à la Russie. Il s'agit d'une lutte à mort. Nous avons tout devant les yeux pour peu de les ouvrir un peu.
Pour rappel, dans un article précédent, j'avais fait le calcul très grossier que 7 milliards d'êtres humains sur la terre étaient en mesure de lutter contre une centaine de millions de parasites. Que même dans une optique pessimiste, quatre personnes de bon sens pourraient entourer un parasite et lui montrer la voie à suivre. Il s'agit évidemment d'un rêve qui, néanmoins, est réalisable si nous évoluons dans ce sens dans notre espace de vie, à notre niveau, de façon quelque peu "stratégique". Oui, cela requiert du temps. Comme beaucoup de choses d'ailleurs.
Le monde dont il faudrait se débarrasser pour rejoindre une vie humaine s'affirme il y a cinq siècles avec les Lumières. Ce monde vit aujourd'hui un tournant très sensible : ou bien il crève, ou bien il réduit l'humanité à l'esclavage et au transhumanisme ou à la poussière. Et ce n'est pas leur intelligence mécanique de type hitlérien qui les fera penser autrement. Nous en sommes au stade du pure instinct, au stade de la bête blessée.
La bête blessée a prévu plein de choses pour survivre jusqu'aux solutions eugéniques Palantir, à la censure médiatique et à la monnaie numérique, sans compter les vaccins et autres facéties de bon goût à la Soros, à la Gates ou à la Fink.
Il n'est plus possible de chercher le dialogue avec la bête. La bête ne dialogue pas.
Oui, à certaines époques, la bête surhumaine veut régulièrement s'imposer. Oui, régulièrement, l'homme humain est amené à faire le ménage pour pouvoir continuer de vivre.
Rien de nouveau.
Et si nous n'attendions pas une solution tombée du ciel pour arrêter la mort véhiculée par nos parasites ?
Aujourd'hui, il est possible d'atteindre les bunkers hyper protégés au moins à 150 mètres sous terre.
Peut-être, depuis, sont apparus encore de nouveaux moyens permettant d'atteindre nos cibles parasitaires plus facilement ?