13/06/2026 ssofidelis.substack.com  6min #316984

Les prétendues velléités de paix de l'Europe ne sont qu'une variante insidieuse de la guerre

Illustration © domaine public

Par Strategic Culture Foundation, éditorial du 12 juin 2026

Les tentatives européennes de reprise des relations diplomatiques avec la Russie fleurent bon l'hypocrisie et la duplicité.

Après quatre années de diplomatie nulle, de multiples séries de sanctions économiques pour détruire l'État russe et des centaines de milliards d'euros dépensés pour alimenter une guerre sans issue de l'Ukraine contre la Russie, les capitales européennes sont ces derniers temps en effervescence, appelant à l'ouverture de négociations de paix avec Moscou.

Une partie de ce revirement politique est certainement due au chaos économique que l'Europe s'est elle-même infligé en coupant son approvisionnement énergétique avec la Russie. La flambée des coûts de l'énergie menace les industries européennes et entraîne des difficultés financières insurmontables pour des millions de citoyens. Conscientes du désastre qu'elles se sont elles-mêmes infligé, les capitales européennes cherchent désespérément à faire croire à une normalisation des relations avec la Russie et au rétablissement d'un approvisionnement énergétique abordable.

La France et l'Italie  préconisent la nomination d'un envoyé chargé de dialoguer avec la Russie pour résoudre le conflit et la levée des sanctions anti-russes.

Le week-end dernier, les dirigeants de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Allemagne - le fameux E3 - ont déclaré vouloir "aider à la médiation" d'un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie. Le président fantoche ukrainien, Volodymyr Zelensky, a été accueilli en grande pompe à Downing Street le 7 juin par le Britannique Kier Starmer, le Français Macron et l'Allemand Merz. Ils  ont proposé de prendre le relais des États-Unis dans les négociations, le président Trump semblant davantage préoccupé par la fin de la guerre contre l'Iran.

Plusieurs noms ont été avancés pour incarner l'interlocuteur représentant l'Europe. Parmi les noms avancés figurent Angela Merkel, l'ancienne chancelière allemande et l'ancien Premier ministre italien Mario Draghi. Le président finlandais Alexander Stubb a également été cité. Il est peu probable que l'un d'entre eux trouve grâce aux yeux de Moscou, en particulier Merkel, principalement en raison de son rôle passé dans le sabotage secret des accords de Minsk de 2015 qui a jeté les bases de la guerre qui a éclaté sept ans plus tard.

Le plus révélateur - et pour ainsi dire risible - reste la faible crédibilité des personnalités européennes susceptibles de jouer ce rôle d'émissaire.

La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, est aujourd'hui la risée de tous en raison de son incompétence flagrante. Ses diatribes russophobes font d'elle une interlocutrice indésirable des affaires étrangères à tel point qu'une véritable révolte s'est emparée des diplomates européens contre ce qu'ils  dénoncent comme son "dysfonctionnement".

Cette semaine, l'Europe a envoyé trois ambassadeurs à Moscou pour renouer une forme de dialogue. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine, a rencontré des représentants de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Allemagne. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré être disposé à écouter ce que l'Europe a à dire.

Cependant, Galouzine  aurait éconduit les visiteurs sans ménagement, leur rappelant que l'Europe ne peut se poser en médiateur en tant que partie prenante aux hostilités contre la Russie.

À l'issue de la réunion de jeudi, Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a disqualifié la mission européenne, la jugeant peu sérieuse quant au défi de parvenir à un accord de paix.

Mme Zakharova  a accusé les diplomates de promouvoir une "formule Zelensky dans l'impasse".

Elle a déclaré :

"Les dirigeants de ces pays prétendent appeler à la paix, mais ils posent en réalité des conditions inacceptables, augmentent la production d'armes longue portée pour Kiev et prennent globalement des mesures en faveur de la militarisation de l'Ukraine et de l'Europe".

Si l'Europe souhaitait réellement instaurer la paix, elle cesserait d'armer le régime néonazi de Kiev et reconnaîtrait sérieusement les revendications de longue date de la Russie à traiter les causes profondes du conflit.

Le soutien de l'Europe à l'appel du régime de Kiev en faveur d'un cessez-le-feu immédiat, tout en renforçant la capacité de l'Ukraine à mener des frappes en profondeur sur le territoire russe à l'aide de drones de fabrication européenne - qui ont tué des centaines de civils ces derniers mois - n'est qu'une manœuvre cynique destinée à réarmer le régime fantoche et à lui accorder un répit afin de reprendre la guerre avec des moyens toujours plus meurtriers une fois l'accalmie passée.

La duplicité des politiciens européens rappelle la trahison des accords de paix de Minsk en 2015 et le sabotage des négociations de paix d'Istanbul en avril 2022. Ces événements ont abouti à la plus grande guerre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, avec des millions de victimes et une menace réelle de déclenchement d'une guerre ouverte.

Les gouvernements européens et les bureaucrates de l'UE et de l'OTAN continuent de s'accrocher jusqu'à l'obsession à l'idéologie consistant à infliger une défaite stratégique à la Russie. C'est notamment aussi le cas de Washington, malgré les beaux discours de Trump sur son désir de paix.

Armer le régime nazi de Kiev à un rythme soutenu tout en appelant officiellement au cessez-le-feu témoigne de l'hypocrisie des dirigeants européens dans ce pseudo élan tardif en faveur de la diplomatie avec la Russie.

L'ancien ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel (2017-2018) a récemment  mis en évidence une vérité embarrassante, en déclarant que l'Europe a laissé passer sa chance de recourir à la diplomatie en 2021.

À l'époque, les dirigeants de l'UE et l'administration américaine de Biden ont rejeté les sérieux efforts de la Russie pour négocier et éviter la guerre en Ukraine. Moscou a clairement exposé ses objections à l'expansion de l'OTAN, en particulier à l'intégration de l'Ukraine dans l'alliance militaire, et a proposé à l'époque des solutions rationnelles pour la sécurité collective. Mais la diplomatie russe a été rejetée d'emblée par Washington et Bruxelles.

Les Européens et les Américains ont tout mis en œuvre pour provoquer une confrontation armée entre la Russie et le régime ukrainien fantoche installé par leur coup d'État de 2014 et armé par leurs soins. La diplomatie a été rejetée, l'axe de l'OTAN estimant pouvoir vaincre la Russie par les armes et une asphyxie économique, ou, comme l'ont admis certains politiciens occidentaux, par une "guerre totale".

L'agenda européen, comme en témoignent les appels au cessez-le-feu immédiat sans aucun égard pour les arguments de la Russie concernant des revendications historiques et une sécurité indivisible, démontre que les dirigeants européens ne sont ni prêts ni disposés à s'engager réellement et durablement.

Comme l'aurait dit le stratège prussien du XVIIIe siècle Carl von Clausewitz, leurs récentes ouvertures en faveur de pourparlers politiques ne constituent qu'une autre forme de guerre.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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