
La loi hongroise sur la protection de l'enfance serait contraire aux «valeurs de l'UE»!
Peter W. Logghe
Source: facebook.com
À peine quelques jours après la défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie, la Cour de justice de l'Union européenne a rendu un arrêt aux conséquences considérables: la loi hongroise sur la protection de l'enfance, adoptée en 2021, qui interdit d'exposer les mineurs à la «propagande LGBT», a été déclarée contraire au droit de l'UE et aux «valeurs fondamentales» de l'Union européenne. Tant le contenu que la date de cette décision ont de quoi surprendre.
C'est la Commission européenne, soutenue par 16 États membres et le Parlement européen, qui avait engagé la procédure contre la Hongrie. L'ancien Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, n'avait d'ailleurs laissé aucun doute à ce sujet: la Hongrie «devait être mise à genoux». La décision de justice a été unanimement saluée par l'establishment, et plusieurs ONG l'ont qualifiée d'«historique». Elle confirme une fois de plus la primauté du droit européen sur les législations nationales en matière d'éducation et de mœurs, même lorsque ces lois nationales sont adoptées à de larges majorités parlementaires et après référendum.
Tout tourne, bien sûr, autour des fonds européens gelés...
Pour les ONG, il est désormais clair qu'aucun État membre ne pourra adopter de lois visant à empêcher l'exposition des enfants à la propagande de genre sans s'exposer à la colère de la Cour de justice de l'UE, même si des majorités le demandaient expressément. Mais attention: dans ses motivations, la Cour ne remet pas en cause le principe même de la protection de l'enfance, elle retire simplement aux États membres le droit de l'inscrire dans la loi.
Il y a bien sûr un autre élément, qui concerne le moment choisi pour cette décision. Péter Magyar, le nouveau Premier ministre hongrois, a déjà laissé entendre qu'il souhaite de meilleures relations avec les institutions européennes et qu'il aimerait débloquer les fonds européens gelés. Il s'agit de milliards d'euros. Ces milliards d'euros valent-ils, aux yeux de Magyar, une «compensation»?
Il demeure une perception cynique: les États membres ne sont libres de décider eux-mêmes que dans la mesure où ils se conforment à l'orthodoxie idéologique de la Commission. Une voie dangereuse...