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Le sommet du G7 se tient à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin.
Le G7 d'Évian mobilise 16 000 agents dans l'un des plus importants dispositifs de sécurité déployés en France. Le modèle reprend largement les méthodes expérimentées lors des Jeux olympiques de Paris 2024. En France comme en Suisse, les restrictions et contrôles nourrissent les critiques contre une sécurisation jugée excessive.
À quelques heures de l'ouverture du sommet du G7 à Évian-les-Bains, la Haute-Savoie s'est transformée en territoire ultra-sécurisé. Pendant trois jours, près de 16 000 membres des forces de sécurité seront mobilisés pour protéger les chefs d'État et prévenir tout incident dans un contexte international jugé particulièrement instable.
Le dispositif impressionne par son ampleur : policiers, gendarmes, enquêteurs spécialisés, unités antiterroristes, démineurs, pilotes de drones, militaires, hélicoptères et moyens fluviaux seront déployés sur un périmètre de plus de 1 600 kilomètres carrés. À cela s'ajoutent des systèmes de filtrage inspirés des Jeux olympiques de Paris 2024 : laissez-passer avec QR code, périmètres d'accès différenciés, contrôles renforcés et surveillance continue.
Fermeture de la frontière franco-suisse
Les autorités expliquent cette mobilisation exceptionnelle par la multiplication des risques : tensions géopolitiques, menace terroriste persistante, risques cyber, tentatives de sabotage et éventuels troubles liés aux manifestations. Selon les responsables de la sécurité, la préparation du sommet s'est étalée sur près de dix mois et a donné lieu à des exercices grandeur nature.
Mais cette démonstration sécuritaire ne se limite pas au territoire français. Les effets du sommet se font sentir jusqu'en Suisse voisine, où une importante mobilisation anti-G7 est attendue à Genève. Les autorités redoutent plusieurs dizaines de milliers de manifestants, dont un noyau susceptible de provoquer des affrontements.
Les conséquences sont déjà visibles : restrictions aux frontières, fermeture d'une grande partie des points de passage franco-suisses, annulation d'événements publics et mesures de protection exceptionnelles dans plusieurs quartiers genevois. Certains commerces ont même installé des protections physiques sur leurs vitrines.
Cette stratégie suscite cependant des critiques croissantes. Plusieurs syndicats et collectifs dénoncent une "bulle sécuritaire" qui, selon eux, dépasse les seuls impératifs de protection des délégations et limite de facto l'expression de la contestation.
Au-delà du sommet lui-même, Évian devient ainsi un nouveau laboratoire du maintien de l'ordre contemporain : plus technologique, plus anticipatif et plus intrusif, dans une logique désormais assumée de contrôle des flux et de gestion préventive des risques.