
par Daniele Perra
Source: ariannaeditrice.it
Je reste assez sceptique quant à l'accord Iran-États-Unis. Sans même évoquer le fait qu'Israël est déjà prêt à le faire échouer (avec l'aide de ses nombreux hommes placés au sein de l'administration américaine), ce document (qui, pour l'instant, n'est qu'un simple mémorandum) représente la plus grave défaite stratégique de l'histoire récente des États-Unis, pire encore que celle du Vietnam. D'autant que, lors de ce conflit, les États-Unis avaient réussi à en atténuer les coûts en profitant de la "fenêtre dorée" et en imprimant plus de dollars qu'ils n'avaient d'or en réserve.
Quelques jours après le début du conflit, j'avais rédigé un article, publié sur le site "Eurasia", intitulé de manière évocatrice: "La dernière guerre de l'Empire américain". Certes, il ne s'agira peut-être pas exactement de cela (et le complexe militaro-industriel américain continuera de produire/d'attiser des foyers de conflit), mais j'ai tout de même l'impression qu'il s'agit là du dernier affrontement réel hors de l'hémisphère occidental pour Washington.
Observons désormais dans le détail ce que prévoit le mémorandum. Il est question d'un cessez-le-feu au Liban. En toute honnêteté, le cessez-le-feu était déjà en vigueur depuis 2024, même si, en l'espace d'un an (plus ou moins), les FDI l'avaient violé un millier de fois.
Fondamentalement, peu de choses changent. Israël n'abandonnera pas les positions acquises jusqu'à présent et poursuivra sa guerre comme et quand il le voudra (et il est difficile, sinon impossible, d'imaginer que les États-Unis cesseront de le soutenir). Il ne semble pas non plus être question du programme balistique iranien.
Le détroit d'Ormuz rouvre, mais reste sous contrôle iranien. Voilà la véritable humiliation pour la thalassocratie américaine. Et c'est la preuve que les États-Unis (surtout leur économie), indépendamment de la tant vantée autosuffisance énergétique, dépendent du commerce international du pétrole, qui permet au dollar de survivre.
La Chine, une fois de plus, s'est montrée être une puissance responsable sur le plan international, réduisant ses importations de cette ressource et maintenant des prix bas, tout comme d'autres pays qui ont puisé profondément dans leurs réserves stratégiques. Elle a aussi démontré aux États-Unis que leur stratégie d'interruption des approvisionnements pour freiner sa croissance n'est pas viable (la Chine, contrairement à ce que l'on pense à tort, est autosuffisante sur le plan énergétique à hauteur d'au moins 80% de ses besoins).
Les sanctions contre l'Iran seront très probablement en partie levées, du moins en ce qui concerne le secteur pétrolier. Par ailleurs, environ 25 milliards d'actifs iraniens seront débloqués (Obama avait été vivement critiqué pour avoir donné à l'Iran bien moins que cela).
Enfin, la question du nucléaire sera débattue dans le cadre d'un accord à conclure, après de nouvelles négociations, au cours des 60 prochains jours. À ce sujet, il convient de rappeler que, déjà dans le cadre du JCPOA, l'Iran avait déclaré ne pas vouloir développer d'armes nucléaires. À ce jour, il semble plutôt improbable que Trump puisse obtenir de meilleures conditions que son prédécesseur. Il faut ajouter à cela qu'il n'y a eu en Iran aucun changement de régime. Bien au contraire.
Comme indiqué précédemment, je reste sceptique. Déjà en 2015, les États-Unis, à la différence de la partie iranienne, n'avaient en rien respecté l'accord. Et même dans la situation actuelle, une éventuelle signature ne signifiera en rien la fin de la guerre hybride, alternant entre basse et haute intensité, contre Téhéran.