19/06/2026 dedefensa.org  17min #317598

La crise de « l'Occident-philosophique »

 Journal dde.crisis de Philippe Grasset  

19 juin 2026 - Je l'ai découvert récemment et son plus récent livre, 'La malédiction papale' (Laurent Guyénot, avril 2024,  Amazon) a été pour moi un choc intellectuel considérable. Il m'avait d'abord inspiré comme titre "la catastrophe européenne", qui reste valable mais qui s'est transforme du fait d'un apport imprévu. Guyenot m'a fait comprendre certaines des intuitions que j'ai toujours suivi, de même que "l'apport imprévu"..

De Guyenot à "la catastrophe européenne"

Laurent Guyénot est un médiéviste de grand talent et reconnu comme tel, et pourtant également reconnu et vilipendé ("extrême-droite", très probablement, avec un spasme dé dégoût) pour suivre certaines pistes inhabituelles et, me semble-t-il, fort peu appréciés dans le monde incroyablement conformiste de nos "élites", ou élitesSystème veux-je dire ; - ceux qu'on repère aussitôt comme les fameux chasseurs de complotistes (complots extrême-droitiste, spasmes de dégoût, tout l'équipement habituel), comme on disait avant "chasseurs de tête" et "chasse aux sorcières" ; - même niveau, même mentalité chez tous ces gens, sauf que les nôtres, de notre temps, ont en plus l'hypocrisie, la vulgarité, la soumission au pouvoir de l'argent, la haine justifiée par des simulacres de raison...

Mais je me laisse emporter : cela m'arrive souvent par ces temps de tempêtes ! Revenons à Guyenot/

Au tout début de son livre, il écrit à propos de l'hubris de l'Occident-collectif, de cette espèce d'arrogance qui devient de plus en plus insupportable à un très grand nombre de gens, - et, en plus, avec un trait supplémentaire, le plus consternant, pour encore mieux définir nos "chasseurs de...". En effet, Guyenot écrit :

"L'Occident collectif est un dangereux malade mental.

" Le diagnostic étiologique n'est pas simple, car les symptômes vont du délire psychotique (wokisme, etc.) au trouble de la personnalité de type sociopathique..."

Quelques lignes plus loin (six, pas plus), il s'explique un peu plus précisément :

"Car selon la thèse défendue ici, l'origine de la pathologie remonte à l'enfance de la civilisation européenne...

"...et la papauté a influencé ce caractère européen plus que tout autre institution, pour le meilleur et pour le pire. "

... C'est-à-dire, durant la période entre le IXème et le XIIème siècle. Ce fut une véritable révolution silencieuse, et la "première révolution européenne" qui entraîna toutes les autres. Nous avons l'impression que rien de fondamental ne changeât durant cette période, car les écrits du temps ne nous avisent de rien, hormis les étranges agitations de l'An Mil et nos jugements compulsifs sur "l'âge des ténèbres" étiqueté avec un zèle pavlovien.

L'ère du Rien ou "l'air de rien" ?

En fait de "révolution silencieuse", l'absence de changement fondamental, une sorte de Rien ignoble et consternant dont nos "chasseurs de.." recouvrent la période. Mais sur le pouvoir de "l'Église" nous dit Guyenot, la chose, la "révolution silencieuse", était déjà faite et assurée sans que nul n'en dise mot.

Ainsi en était-il nous disent "les écrits" de la modernité expédiant d'un spasme de dégoût le Rien de cette période désertique ; nous ne pouvons pourtant ignorer plus longtemps qu'à cette époque justement, seuls 10% de la population savait écrire et écrivait réellement, et qu'il s'agissait uniquement de religieux en leur monastère... Le médiéviste américain Aviad Kleinberg écrit :

"Jusqu'au XIIème siècle, où s'impose le pape en tant qu'autorité religieuse ultime en matière d'enseignement et de juridiction, il n'existe pas vraiment d'organisme que l'on puisse nommer l'Église..."

"Disons plutôt, poursuit Guyénot, que l'Église signifiait différentes choses selon les lieux, et que dans la plupart des lieux en dehors de Rome, le pape n'avait aucune influence sur la vie des chrétiens..."

Une autre plume fameuse de cette époque et de cette école n'hésite donc pas à écrire que l'espace de "prise de pouvoir" par les papes, ce "coup d'État", représente la "première révolution européenne" et peut-être la plus importante de toutes, qui modifia à jamais nos âmes dans le temps de cette civilisation, même lorsque d'autres révolutions prétendirent "anéantir" l'Église en même temps que Dieu, et que la crise que nous subissons aujourd'hui avec tant de souffrance et d'égarement, perdus par notre arrogance et notre hubris, est celle de cette âme confrontée à la réalité.

Bref,

"La revendication impériale des papes est sans doute le fait politique le plus important et le moins connu du Moyen Âge classique..."

La vision de Fiodor

Guyenot juge que parmi ceux qui ont le mieux jugé cette réalité des ambitions papales et du "coup d'État" qui en a été l'opérationnalisation se trouve l'immense écrivain russe. Fiodotr Dodtoïrevski est cité comme le meilleur accusateur de la foi trahie, montrant que la passion brûlante et extrême dont ses écrits rayonnent, n'empêche nullement, lorsque le sujet l'exige, un jugement précis, coupant comme la lame d'une hache d'abordage. Dostoïevski est effectivement dans l'esprit du marin partant à l'assaut des pirates qui ont saisi les biens d'autrui. Il s'agit du "catholicisme romain", ce qui n'est nullement

"le catholicisme charnel des paroisses mais la théologie pontificale".

"Le catholicisme romain a proclamé un Christ nouveau bien différent de l'ancien, écrit Dostoïevski, un Christ qui se laisse séduire par la troisième rencontre du démon : les royaumes de la terre !"

Guyenot cite le "dogme délirant" de "l'infaillibilité papale" qui est affirmé en 1870 et où l'auteur voit sans nul doute la plus éclatante affirmation symbolique de l'absolutisme du pouvoir papal. Il n'est pas le seul d'ailleurs, puisque dans l'excellente compagnie de Dostoïevski, dont on continue ainsi à décompter les flèches implacables qu'il a tiré contre cette Rome-là ; car voici ce que signifie le délire de "l'infaillibilité papale" selon un Dostoïevski en pleine forme puisqu'il a enfin trouvé sa véritable cible, ce "catholicisme romain" qui a consacré une de ses croisades à la destruction cruelle, comme on dit 'cancellation' aujourd'hui, de Constantinople :

"Quoi ! Vous avez cru que je me contenterais du titre de souverain des États de l'Église ! Je veux être souverain temporel et effectif ; je suis en effet le Roi des rois ; c'est à moi qu'appartiennent la terre et le temps et les destinées des hommes."

Ainsi Guyenot juge-t-il, à partir des grands points de son analyse, qu'il existe une analogie tout à fait remarquable, et selon nous et moi, tout à fait révélatrice avec qui-vous-savez, - et ainsi Washington D.C n'est-il pas comparé à Rome, ce qui serait lui faire beaucoup d'honneur, mais à "l'empire du monde" affirmé après le "coup d'État papal" :

"Il y a en fait une ressemblance frappante entre l'affirmation de la sécurité de la primauté des Etats-Unis pour le bien-être du monde, et l'affirmation de la nécessité de la primauté de l'Église romaine pour le salut du monde, soit, pour citer une bulle de Boniface VIII, l'idée"qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine d'être soumise au pontife romain". Il y a aussi une certaine ressemblance dans les moyens employés pour imposer cette primauté et venir à bout des résistances. Ces ressemblances ne sont pas le fruit du hasard, mais d'une filiation."

Comment tout cela est très moderne

On retient pour l'instant cette dernière phrase, qui en dit long, et peut-être plus long que n'a pensé l'auteur :

"Ces ressemblances ne sont pas le fruit du hasard, mais d'une filiation."

Je fais cette remarque pour introduire une réserve non pas essentielle sur le fond mais très utile pour lancer un développement dans une direction féconde pour notre hypothèse favorite sur la catastrophe européenne dans ses effets actuels. Le point de divergence se porte sur l'analogie suggérée par Guyenot, à laquelle je propose avec fermeté une alternative.

"[Le processus de prise du pouvoir pour affirmer sa primauté sur le monde de la papauté présente] une ressemblance frappante [avec] l'affirmation de la sécurité de la primauté des Etats-Unis pour le bien-être du monde."

En lieu et place des États-Unis, je propose donc, - qui l'eut cru ? -l'UE, notamment et fortement dans ses derniers développements. La prépondérance de Frau von Leyen, exceptionnelle Führerin devant l'inexistence des autres leaders de l'UE, et notamment l'extraordinaire stupidité de sa concurrente directe, la Haute Représentante (ministre des Affaires étrangères) Kallas, ont fait des années récentes (depuis 2020) le domaine de l'exercice d'un pouvoir absolu de la présidente de la Commission. Die Dame, jamais élue, corrompue, enfreignant toutes les règles de réserve à l'avantage de sa position, lançant et alimentant une guerre tenace et remarquablement dangereuse entre l'Ukraine et la Russie. Elle est une véritable papesse (la Papesse Ursula-Jeanne II.)

Le reste correspond à merveille, notamment l'emploi forcené par l'UE (bien plus que par les USA) de toutes les injonctions morales qui font de cette chose

"la primauté de l'Église [bruxelloise] pour le salut du monde." [...]

"[Car triomphe partout] l'idée"qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife [bruxellois]"..."

Ce qui m'importe et nous importe alors dans l'idée de "filiation" est bien une occurrence historique sensationnelle, mais dans le cadre différent que nous lui assignons (la russophobie, exceptionnel moyen, d'anéantissement de l'esprit européen). Le "coup d'État papal" a lieu au début du millénaire, au XIème (Canossa) et XIIème siècles, lorsque le pape, jusqu'alors isolé et sans guère d'influence sur une chrétienté disséminée sur tous les territoires de l'ancien territoire européen de l'empire de Rome, - lorsqu'on pouvait sans doute trouver une grande vertu à cette religion pour poursuivre la protection des traditions dans le cadre des pouvoirs terrestres des rois, princes et autres chefs laïques, - installa sa toute-puissance par l'acte de la centralisation bureaucratique du pouvoir et la confiscation des pouvoirs temporels laïques par diabolisation de ces pouvoirs s'ils ne se soumettaient pas à l'autorité morale du pape. L'UE est aujourd'hui dans le même rôle, même si avec des moyens différents, et au nom d'impératif modifiés mais toujours moraux, - et enfin, par bonheur et par vertu de l'inversion, dans une dynamique d'effondrement plutôt que de conquête.

Et cela, le "coup d'État papal", se fait au moment de la grande fracture du "Grand Schisme d'Orient" à partir de 1054, qui fracasse la "concurrence" orthodoxe (notamment par la mobilisation d'anéantissement par la chevalerie contrainte par Rome, lors de la Quatrième Croisade de 1204, qui eut comme seul but l'anéantissement total de la grande ville de Constantinople, trésor universel de la civilisation développée par le christianisme orthodoxe).

Enter la russophobie

Si l'on considère, comme nous-même, que le phénomène monstrueux de la russophobie menant à l'épouvantable croisade actuelle qui menace l'Europe bien plus que la Russie, on a grand intérêt à écouter le dialogue entre le professeur Richard Sokwa, Docteur Emeritus à l'université du Kent, avec Pascal Lotty de 'Neutrality Studies français', le 17 juin 2026 .

On y trouve nombre d'indications lumineuses, à commencer par l'explication de la naissance de cette russophobie qui nous menace si gravement aujourd'hui, - nous Européens, bien plus que les Russes qui sont liés entre eux par un souci patriotique commun reposant sur un respect fondamental des traditions et des hiérarchies russes. ?

Pascal Lotty : "Mais quand peut-on dire que la russophobie est apparue à l'origine ?"
Richard Sokwa : "Eh bien si l'on veut être précis, il faut remonter à la fracture entre le christianisme romain
[le catholicisme romain] et le christianisme orthodoxe en 1054."
Selon l'IA : "La fracture officielle entre le christianisme romain (catholique) et le christianisme oriental (orthodoxe), connue sous le nom de Grand Schisme d'Orient, a culminé le 16 juillet 1054.Ce jour-là, le légat du pape Léon IX et le patriarche de Constantinople Michel Cérulaire se sont mutuellement excommuniés dans la basilique Sainte-Sophie. Ce schisme n'est toutefois pas apparu du jour au lendemain; il est le résultat de plusieurs siècles de divergences :
• Politiques : La division géographique et culturelle entre l'Empire romain d'Occident (Rome) et l'Empire romain d'Orient (Constantinople).
• Religieuses : Des désaccords théologiques (notamment la clause du Filioque dans le Credo) et des conflits sur l'autorité universelle du Pape de Rome sur toute l'Église.

" Bien qu'historiquement datée de 1054, la véritable rupture définitive entre les deux Églises s'est en réalité enracinée au fil des siècles, et a été scellée de manière irréversible lors de la Quatrième croisade en 1204, lorsque les croisés catholiques ont pillé Constantinople."

Les trois crises européennes

Parallèlement à tout ce que nous avons développé pour fixer les limites historiques et les responsabilités métahistoriques de ce qui nous apparaît aujourd'hui être le terme de la catastrophe européenne où tout peut se jouer du point de vue du danger qui menace l'Europe, jusqu'à son anéantissement en tant que culture et que civilisation, nous en venons à l'instant de rencontrer et de découvrir le professeur Sokwa. Nous ne le connaissions pas et il apparaît, de mon point de vue personnel, comme une sorte d'événement inspiré pour poursuivre, contempler et achever l'orbite de la thèse développée.

Je dois beaucoup, énormément, à Guyenot dans cette démarche, mais il m'importe de préciser que l'apport in extremis de Sokwa constitue un événement intellectuel extraordinairement bienvenu, qui semblerait presque activé par des forces extérieures et bienveillantes... Je le reconnais, on reconnaît mes tendances habituelles et ancrées à jamais dans mon"âme poétique".

Donc, Sokwa développe ses considérations extrêmement critiques de notre catastrophique russophobie et il en arrive à établir un lien entre cette démarche quasiment autodestructrice et ce que nous nommons tous"la crise européenne". En fait, Sokwa en distingue trois différentes, qui s'empilent sur des matières telles que la politique, la puissance mlilitaire, l'économie, etc. Enfin, il termine sur la troisième, sur l'insistance de Lotty qui, bien entendu, sait de quoi il retourne (ils reviennent tous deux d'un symposiums sur la russophobie, en Russie je pense ou peut-être ailleurs, au cours duquel ils ont tous deux exposé des communications sur le sujet).

Enfin, Sokwa explique longuement ce qu'il nomme la troisième crise, qui s'inscrit dans ce qu'il nomme"la crise de l'Occident-philosophique".

"Il y a ensuite un troisième point, ce que j'appelle aujourd'hui l'émergence de ce qu'on appelait autrefois l'Occident judéo-chrétien ou gréco-romain, que je nomme désormais Occident philosophique car il s'agissait d'une réflexion fondamentalement différente sur lui-même. On passe d'une vision cosmologique du monde à une vision théologique, et c'est là l'une des caractéristiques uniques de notre Occident, dont je suis fier de faire partie.

"Donc à la base de tout il s'agit d'un mouvement de désoccidentalisation. Enfin, pas quelque chose de strictement judéo-chrétien pour dire que nous étions là au commencement et que nous avons ensuite suivi une trajectoire particulière. Mais à la racine, c'était toujours, disons un élément de civilisation.Et bien sûr, on peut se demander pourquoi nous alors qu'il y avait les Perses, les Babyloniens et bien sûr les civilisations indiennes et chinoises dès le départ. Mais nous, nous avons pris une voix spécifique.

" L'Occident philosophique a toujours eu cette capacité à réfléchir sur lui-même, tout en étant évidemment plein d'illusion et de tromperie à son propre sujet. Pourtant, c'est une tradition importante. Je dirais même en tant que grand néoplatonicien que c'est quelque chose d'absolument essentiel.

"Et puis il y a la manière dont Aristote a étudié la politique et tout ce qui s'ensuit. Et bien nous aussi nous avons une tradition tout comme les Indiens, les Perses ou les Chinois ont la leur. Et c'est pour ça qu'au niveau de la civilisation à un niveau plus profond que celui du contemporain, il faut en être conscient. Il faut se rappeler qu'il existe ces compréhensions au long terme et aussi une vision dans laquelle nous ne sommes pas en compétition. Pas dans ce sens étroit et dominant où il faudrait absolument maintenir la Chine à distance. Cette peur, à vrai dire, en devient presque absurde. La Chine est une grande civilisation et nous devrions simplement être fiers qu'aujourd'hui elle sorte des millions de personnes de la pauvreté, qu'elle se développe. Qu'y a-t-il de mal à cela ?"

A l'heure des règlements de compte

Le "coup d'État papal"

Ainsi en arrivons-nous au moment du règlement de compte depuis le coup d'État papal et la destruction de la grandeur civilisatrice de l'Empire d'Orient et de l'Église orthodoxe ("Istamboul ou Constantinople", chantait dans les années 1950 Dario Moreno)... Le coup d'État a trahi la Mission de l'Église, fracassé la véritable valeur de leur religion, établi une dictature bureaucratique et ainsi préparé la liquidation finale (à partir de la Révolution française).

Le totalitarisme papal, quelles que fussent les vertus de nombre des papes qui succédèrent aux putschistes, s'est effectivement mis au service du Démon par tous les moyens de leur pouvoir, et en toute vertueuse inconscience. Ses dénonciations de la modernité, récurrentes selon les époques, ont de quoi faire amèrement sourire, puisque ce sont eux-mêmes qui ont réchauffé en leur sein le cadré nécessaire à la naissance et au développement de la modernité.

Être néoplatonicien

Le processeur Sakwa glisse cette phrase qui nous en dit beaucoup sur lui et sur le mouvement qu'il a épousé :

"Je dirais même en tant que grand néoplatonicien que c'est quelque chose d'absolument essentiel."

Ainsi nous dit-il qu'il est un néoplatonicien parce que ce mouvement est essentiellement caractérisé par sa capacité critique à se regarder lui-même et "l'Occident-philosophique", - et porter les critiques qui importent.

Pour moi, le néoplatonisme que je trouve admirable sans en savoir rien d'académique à son égard, par pure intuition donc, était et reste, se confirmant avec Sokwa, un mouvement essentiellement critique des pilleurs de tombe du platonisme. Je ne vois, dans nos contemporains, que  notre-Nietzsche qui tienne le même rôle, prenant le relais pour ce que "l'Occident-philosophique" est devenu dans le bain d'acide mortel des excréments de la modernité.

On régle les comptes mais on se retrouve entre amis, entre frères.

Ajout au règlement de compte

Juste un petit mot pour régler son compte de manière plus tranchante à toute lecture bigleuse de ce règlement de compte.

Ce n'est pas une religion ni n'importe quelle autre que je condamne ici, sans intérêt pour moi, mais les êtres humains qui l'ont manipulée pour en faire ce qu'il en est, et ce qu'il en est de l'état du monde à l'heure de son effondrement. Saint-Augustin aurait mieux fait d'en rester aux réflexions néoplatoniciennes qu'il développait, à la manière du professeur Sokwa ; cela ne l'aurait certainement pas sinon au contraire privé de son génie.

Le caractère énigmatique de cette citation qui suit, qui me remplit d'une joie considérable en considérant l'espace libre qu'il laisse à ma pensée, fera l'affaire pour accompagner le spectacle d'une civilisation européenne parvenue à son abîme catastrophique, - et peut-être aussi parce que, en 1954, j'ai suivi ma famille dans la montée jusqu'au sommet du mont Leila Khéridjâ, d'où, à bien plus de 200 kilomètres des côtes, on voit l'étendue de la mer miroitant du soleil éclatant et du bleu si profond et joyeux de la Méditerranée où naviguèrent, sur des embarcations différentes, le divin Homère et le rusé Ulysse :

Note de PhGBis : "Il apparaît, selon une source que PhG jugeait très sérieuse lorsqu'il l'a consultée, que Leila Khéridjâ fut une reine berbère autour de l'année 500 à peine dépassée, qui mobilisa les forces de son peuple et les conduisit avec un talent de grand capitaine à la victoire sur les forces ottomanes lancées dans la conquêtes de territoires. C'est après son ère que les Ottomans purent l'emporter. Leila Khéridjâ, qui était chrétienne ou païenne, semble être considérée, notamment par des féministes progressistes en Algérie en lutte contre un pouvoir où la cruauté fatiguée étouffe sous le poids de la corruption, comme la"Jeanne d'Arc algérienne"d'une Algérie qui n'existait pas, non plus que la religion musulmane. Consultée, l'IA-Google a jeté l'éponge : inconnue au bataillon. N'ayant aucun goût pour la compétition ni pout l'enquête agressive, PhG a laissé aller. J'ignore ce qu'il faut retenir de cette confidence."

... Certes, nous n'avons pu éviter cette incursion de cet étrange "PhGBis", qui est difficile à supporter avec son culot intempestif. Bien, puisqu'il déposé sa commission des habitudes, nous terminons sur l'essentiel, qui est cette citation que je voulais vous faire connaître, qui me fait penser que le Prophète aurait préféré que Saint-Augustin restât néoplatonicien :

""Je crois au chaos comme on croit à l'existence de Dieu", dit le Prophète, sur le plus haut du mont Leila Keridjâ, illuminant la pensée de Saint-Augustin, à Souk-Ahras, et l'arrêtant au bord d'une conversion fatale selon l'adage que l'Ordre Chrétien est un simulacre trompeur, qu'il est chaos devenant désordre derrière sa mise en scène superbe."...

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