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Faustin Archange Touadéra, président de la République centrafricaine.
Pour l'ouverture de la nouvelle année judiciaire, le président centrafricain a annoncé une série de mesures pour moderniser la justice et la rendre accessible aux plus vulnérables, tout en renforçant ses outils de lutte contre la corruption et en élargissant ses prérogatives dans la lutte contre la cybersécurité.
Dans une allocution le 19 juin, marquant la clôture de l'année judiciaire 2025-2026 et l'ouverture de l'année judiciaire 2026-2027, le président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, a évoqué les défis du secteur de la justice dans son pays, soulignant son rôle central dans la consolidation de la paix, de la stabilité, de l'État de droit et de la démocratie. Dans cette perspective, il a appelé au renforcement de l'offre et de l'accès à un service public de justice de qualité, et ce, en réformant et en modernisant plusieurs axes majeurs du système judiciaire civil et militaire, tout en mettant l'accent sur la lutte contre la corruption.
"Rétablir la justice entre les justiciables"
Dans un discours au ton ferme, le président centrafricain a appelé à combattre "sans faiblesse" la corruption, le trafic d'influence et toute forme de pillage des ressources du pays, pointant des "décisions iniques" minant la confiance des citoyens et appelant les magistrats à "faire preuve d'un sens élevé du devoir". Ayant pour mot d'ordre de "rétablir la justice entre les justiciables", le président a annoncé des instructions au gouvernement et au ministère de la Justice pour réviser les textes organiques de la Cour de cassation et de la Cour d'appel, afin de les adapter aux exigences de la nouvelle République.
Un observatoire de la justice, supervisé par les ministères des Finances et de la Justice, sera créé et aura pour mission d'évaluer la performance et la conformité des juridictions. La priorité sera accordée, selon Faustin Archange Touadéra, à un accès facilité au droit des plus vulnérables, notamment les veuves, les orphelins et les personnes vivant avec le VIH, souvent marginalisées dans les procédures.
Justice militaire et lutte contre la cybercriminalité
En matière de justice militaire, le président centrafricain a annoncé l'élaboration d'un projet de loi sur le statut des juges militaires. Il a aussi déclaré que "l'impunité numérique doit cesser", faisant état dans ce contexte d'instructions pour former les magistrats aux techniques de lutte contre l'expansion alarmante de la cybercriminalité et les dérives observées sur les plateformes numériques, trop souvent utilisées pour propager la haine, la manipulation, la désinformation et la diffamation, alerte le président, d'où la nécessité d'adapter la justice aux défis de l'ère numérique.
Faire de la justice une "machine moderne et rapide"
Prônant une "tolérance zéro" contre les prédateurs des deniers publics, Faustin Archange Touadéra a appelé à faire preuve d'une réactivité totale et d'une sévérité exemplaire face aux crimes économiques. Dans cette perspective, la Cour des comptes est appelée à jouer un rôle central dans la lutte contre la corruption en évaluant la performance des administrations et en contrôlant la conformité des dépenses publiques. L'objectif affiché du président centrafricain est de faire de la justice "une machine moderne, rapide et au service exclusif du droit".