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Centrale solaire de 50 MW à Sidi Bouzid, Tunisie. [Photo d'illustration]
Le projet s'inscrit dans la volonté du gouvernement d'améliorer ses capacités de production d'énergie verte et d'accélérer sa transformation énergétique, grâce à des fonds européens, tout en réduisant la dépendance au gaz naturel qui demeure la principale source de production d'électricité dans le pays.
Les travaux d'une nouvelle centrale solaire de 120 mégawatts (MW) ont démarré à la mi-juin à Sidi Bouzid II (gouvernorat du centre-sud du pays), un projet d'envergure porté par la compagnie norvégienne Scatec et la japonaise Aeolus, filiale de Toyota Tsusho. Un communiqué de la société norvégienne a indiqué que les travaux avaient commencé après la finalisation du bouclage financier estimé à 96 millions d'euros (près de 110 millions de dollars américains).
Financement européen
Le financement du projet repose sur un montage mixte combinant dettes et fonds propres, avec un taux de financement de près de 70 %. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d'investissement (BEI) et les mécanismes de soutien de l'Union européenne (UE) constituent les principaux bailleurs du projet. L'investissement est complété par d'autres organismes européens tels que la Neighbourhood Investment Platform (NIP), en plus de garanties apportées par le Fonds européen pour le développement durable Plus (EFSD+). La compagnie norvégienne Scatec assure par ailleurs l'ingénierie, l'approvisionnement, la construction, l'exploitation et la maintenance de ce projet, où la phase de construction représente à elle seule, environ 75 % du coût total.
Concernant l'accord d'achat d'électricité (PPA), il a été signé à la suite d'un appel d'offres du gouvernement tunisien en décembre 2024, dans le cadre du renforcement des capacités renouvelables et de la sécurité énergétique du pays.
Production annuelle de 276 GWh et émission de CO² réduite 107 000 tonnes
La nouvelle centrale solaire de Sidi Bouzid II s'inscrit dans le cadre de l'intérêt grandissant des investisseurs internationaux pour le potentiel de croissance du secteur solaire tunisien. Ce projet, le troisième du genre entrepris par la compagnie Scatec en Tunisie, devrait assurer à terme une production annuelle de 276 GWh pouvant alimenter des milliers de foyers en énergie verte. Pour l'environnement, les émissions de CO₂ sont réduites de 107 000 tonnes par an.
La production électrique tunisienne demeure fortement dépendante du gaz naturel
La production électrique tunisienne demeure, à ce jour, fortement dépendante du gaz naturel. En 2025, le gaz naturel représentait 94,9 % de la production électrique. Ce combustible est d'ailleurs importé à plus de 60 % de l'étranger, affectant lourdement la balance énergétique tunisienne. Les autres sources de production demeurent faibles avec 2,5 % de production assurée par le solaire, 1,5 % par l'éolien, 1 % par le fioul et 0,04 % par l'hydroélectrique, des chiffres qui mettent en évidence un net déséquilibre du mix électrique du pays.
Augmenter la part des énergies renouvelables dans la production électrique tunisienne
Le gouvernement tunisien ambitionne d'augmenter la part des énergies renouvelables à 35 % de la production électrique nationale à l'horizon 2030. Pour ce faire, l'État mise sur des projets solaires tels que ceux de Sidi Bouzid et de Tozeur d'une capacité de 60 MW chacun. Une autre centrale solaire de 120 MW est prévue à Tataouine. Les autorités ont aussi lancé un appel d'offres pour une centrale de 300 MW, avec stockage par batterie, dans la région de Kébili (sud).