24/06/2026 reseauinternational.net  16min #318102

Après la tempête : pourquoi l'Iran deviendra l'une des grandes puissances du Xxie siècle

par Dr. Eloi Bandia KEITA

De la résilience stratégique à la renaissance civilisationnelle : les leçons de l'Iran pour l'Alliance des États du Sahel

L'Histoire réserve parfois aux nations les plus éprouvées les plus grandes métamorphoses, car les peuples qui traversent les tempêtes sans se dissoudre dans le chaos n'en ressortent jamais identiques à eux-mêmes ; ils en sortent soit brisés, humiliés, dispersés dans la mémoire des vaincus et condamnés à subir les décisions des autres, soit renforcés, durcis, réorganisés autour d'une conscience plus claire de leur destin et davantage capables de transformer leur douleur en doctrine, leur isolement en discipline et leur vulnérabilité en volonté de puissance. Entre ces deux trajectoires se joue la véritable loi des civilisations, celle qui distingue les peuples qui subissent l'Histoire de ceux qui apprennent à la façonner.

La guerre qui vient de secouer le Moyen-Orient sera probablement étudiée pendant plusieurs décennies par les historiens, les stratèges et les géopoliticiens, non seulement pour ce qu'elle aura révélé des rapports de force militaires immédiats, mais surtout pour ce qu'elle aura dévoilé des transformations profondes de l'ordre mondial. Beaucoup chercheront à déterminer qui a remporté telle bataille, qui a perdu tel avantage tactique, quelle infrastructure a été détruite, quelle alliance en est sortie renforcée ou quel acteur a su imposer sa lecture diplomatique du conflit. Ces questions ont leur importance ; elles ne sont pourtant pas l'essentiel. L'essentiel réside dans une interrogation beaucoup plus profonde : qu'advient-il d'une nation qui survit à plusieurs décennies de sanctions, d'isolement économique, de guerre informationnelle, de cyberattaques, de sabotages industriels, d'opérations clandestines, d'assassinats ciblés et de pressions militaires sans perdre sa cohésion fondamentale ni renoncer à son ambition historique ?

Mon hypothèse est simple : l'Histoire retiendra peut-être cette guerre non comme le début du déclin iranien, mais comme le moment précis où l'Iran a cessé d'être perçu comme un État sous pression pour devenir une puissance-civilisation appelée à compter parmi les acteurs majeurs du XXIᵉ siècle.

Cette affirmation peut sembler audacieuse à ceux qui continuent d'observer les rapports internationaux à travers les catégories intellectuelles héritées de l'après-Guerre froide ; pourtant, lorsqu'on examine avec attention les facteurs qui fondent durablement la puissance - profondeur historique, position géographique, cohésion identitaire, autonomie industrielle, capacité scientifique, résilience économique, maîtrise technologique, culture stratégique et confiance collective - la perspective d'une montée en puissance iranienne apparaît beaucoup moins improbable qu'elle ne le paraît au premier regard.

L'Iran ne constitue pas seulement un État. Il représente une continuité historique, linguistique et civilisationnelle qui a traversé les siècles, les invasions, les empires, les révolutions et les bouleversements géopolitiques sans perdre la conscience de son existence propre. Peu de nations disposent aujourd'hui d'une telle profondeur historique combinée à une telle centralité géographique, à l'articulation du Moyen-Orient, du Caucase, de l'Asie centrale, du sous-continent indien et des grandes routes énergétiques mondiales. Or la géographie, que les idéologues de la mondialisation avaient cru pouvoir dissoudre dans les flux financiers, les marchés numériques et les discours abstraits sur l'interdépendance, demeure l'un des déterminants les plus solides de la puissance.

L'Iran bénéficie à cet égard d'une position exceptionnelle : il se situe au contact de plusieurs mondes, à la fois continental et maritime, asiatique et moyen-oriental, énergétique et civilisationnel, et surtout à proximité du détroit d'Ormuz, passage vital pour une part considérable des flux énergétiques mondiaux. Chaque crise rappelle que ce détroit n'est pas seulement un couloir maritime ; il est une artère stratégique de l'économie mondiale, un levier géopolitique majeur et un rappel brutal du fait que les nations capables d'agir sur les points de passage essentiels du commerce international disposent d'un pouvoir de nuisance, de négociation et de dissuasion que ne reflètent pas toujours les classements économiques classiques.

Cette centralité géographique serait toutefois insuffisante si elle n'était pas adossée à une profondeur démographique, scientifique et industrielle. L'Iran dispose d'une population nombreuse, instruite, urbanisée, techniquement formée et portée par une conscience nationale ancienne ; il dispose aussi d'une tradition scientifique et administrative qui, malgré les sanctions, a continué à produire des ingénieurs, des chercheurs, des techniciens, des militaires, des diplomates et des cadres capables de maintenir le fonctionnement de l'État dans des conditions que beaucoup d'autres sociétés auraient difficilement supportées. C'est là un point décisif : les grandes puissances ne sont pas seulement celles qui possèdent des ressources, mais celles qui disposent des cerveaux, des institutions et de la discipline collective nécessaires pour transformer ces ressources en instruments de souveraineté.

Plus encore, les décennies de sanctions ont produit un effet paradoxal que l'Histoire a déjà observé à plusieurs reprises : ce qui devait provoquer la dépendance a parfois favorisé l'autonomie. Contraint de développer localement une partie des technologies qu'il ne pouvait plus importer, obligé de former ses propres ingénieurs, de renforcer ses capacités scientifiques, de consolider ses filières industrielles et de construire des mécanismes alternatifs de résilience économique, l'Iran a progressivement transformé la contrainte en école de puissance. Là où d'autres pays, installés dans le confort des importations faciles, auraient externalisé leurs vulnérabilités, l'Iran a été forcé d'affronter les siennes, de les étudier, de les contourner, puis de les transformer en compétences accumulées.

Les capacités balistiques développées au fil des années participent directement de cette logique. Au-delà de leur dimension militaire immédiate, elles constituent la démonstration qu'un État soumis à des contraintes exceptionnelles peut néanmoins poursuivre un effort technologique soutenu, acquérir des compétences complexes, maintenir une base industrielle stratégique et imposer à ses adversaires la nécessité de prendre en compte ses capacités de nuisance, de dissuasion et de riposte. Dans les relations internationales, la puissance n'est jamais seulement une réalité matérielle ; elle est également une perception, et les perceptions modifient souvent les comportements autant que les armes elles-mêmes. Un État que l'on croyait isolé, fragile et promis à l'épuisement change de statut dès lors qu'il démontre qu'il peut durer, s'adapter, frapper, négocier et survivre.

À cette dynamique s'ajoute l'expérience accumulée dans les formes contemporaines de la confrontation stratégique. L'Iran a observé, subi, étudié ou pratiqué plusieurs dimensions de la guerre moderne : guerre économique, guerre asymétrique, guerre par procuration, guerre informationnelle, guerre cybernétique, guerre de la perception, guerre des sanctions et guerre de l'usure diplomatique. Peu d'États disposent aujourd'hui d'un retour d'expérience aussi vaste sur les conflits hybrides qui structurent notre époque. Or les puissances de demain ne seront pas seulement celles qui possèdent les armements les plus sophistiqués, mais celles qui auront compris avant les autres que la guerre contemporaine ne se déroule plus uniquement sur les champs de bataille, mais dans les réseaux, les banques, les médias, les infrastructures numériques, les corridors énergétiques, les monnaies, les alliances et les imaginaires collectifs.

La guerre récente pourrait donc agir comme un accélérateur de puissance. Elle pourrait renforcer la légitimité intérieure de l'État iranien auprès d'une partie de sa population, accroître son prestige dans une fraction du monde musulman et du Sud global, consolider sa doctrine de dissuasion, stimuler son industrie de défense, accélérer ses efforts d'autonomie technologique et lui permettre d'apparaître comme un acteur que l'on ne peut plus traiter comme un simple objet de coercition. Même lorsque les guerres détruisent des infrastructures, elles peuvent parfois construire une légitimité, une expérience et une confiance collective dont les effets stratégiques dépassent largement les dégâts matériels immédiats.

Mais l'élément le plus important demeure probablement psychologique. Les nations qui deviennent de grandes puissances ne sont pas nécessairement celles qui traversent le moins d'épreuves ; ce sont souvent celles qui développent la conviction intime qu'elles sont capables d'y survivre. Lorsqu'un peuple découvre qu'il peut résister à l'isolement, aux sanctions, aux crises économiques, aux campagnes de déstabilisation et aux menaces militaires sans perdre sa cohésion fondamentale, il acquiert un avantage psychologique considérable, car la confiance collective constitue l'un des ressorts les plus puissants de l'Histoire. Un peuple qui a appris qu'il pouvait tenir devient beaucoup plus difficile à intimider qu'un peuple qui n'a jamais été éprouvé.

C'est précisément pourquoi l'expérience iranienne mérite d'être observée avec attention par les nations du Sud et tout particulièrement par l'Alliance des États du Sahel. La véritable leçon de cette séquence historique n'est pas qu'il faudrait imiter l'Iran dans chacune de ses décisions politiques ou stratégiques ; elle réside dans la démonstration qu'aucune souveraineté durable ne peut être bâtie sans une volonté collective suffisamment forte pour transformer les contraintes en opportunités, les pressions en apprentissages et les crises en accélérateurs de puissance.

C'est ici que commence la grande leçon pour l'AES.

Car l'Alliance des États du Sahel commettrait une erreur historique si elle réduisait la souveraineté à sa seule dimension militaire, comme si la reconquête du territoire, la montée en puissance des armées et la diversification des partenariats sécuritaires pouvaient suffire à elles seules à construire une indépendance durable. Les armées sont indispensables, la sécurité est indispensable, le contrôle territorial est indispensable ; mais aucune nation ne devient durablement souveraine par les armes seules, car les armes défendent une souveraineté déjà construite alors qu'elles demeurent incapables d'en créer les fondations intellectuelles, économiques, scientifiques et morales.

Les véritables fondations de la puissance se situent ailleurs ; elles se trouvent dans l'école, dans la langue, dans la mémoire collective, dans la capacité d'un peuple à transmettre à ses enfants une vision cohérente de son passé, une compréhension lucide de son présent et une ambition claire pour son avenir. Elles se trouvent dans les universités, dans les centres de recherche, dans les laboratoires, dans les ateliers, dans les bibliothèques, dans les entreprises technologiques et dans tous les lieux où se fabrique le savoir. La plus grande victoire qu'un peuple puisse remporter n'est pas seulement militaire ; c'est la victoire intellectuelle qui consiste à produire lui-même les catégories à travers lesquelles il pense le monde, juge ses intérêts, définit ses alliances et prépare son destin.

Pendant trop longtemps, l'Afrique a souvent été étudiée par d'autres, racontée par d'autres, expliquée par d'autres, classée par d'autres et parfois même pensée par d'autres. Ses crises ont été interprétées à partir de grilles étrangères, ses peuples ont été décrits selon des catégories importées, ses langues ont été marginalisées dans la production du savoir et ses élites ont été trop souvent formées à regarder leur propre continent avec les lunettes de ceux qui avaient intérêt à le maintenir dans une dépendance intellectuelle. Une véritable souveraineté implique donc que les peuples africains deviennent les producteurs de leurs propres récits, de leurs propres analyses, de leurs propres doctrines économiques, stratégiques, scientifiques et culturelles.

C'est pourquoi la refondation commence à l'école, non pas parce que l'école résoudrait à elle seule l'ensemble des défis économiques, sécuritaires ou institutionnels auxquels sont confrontées les nations africaines, mais parce qu'elle demeure le lieu où se forme la représentation qu'un peuple se fait de lui-même. Elle commence lorsque les enfants apprennent simultanément les mathématiques et Soundiata Keïta, la physique et Samory Touré, l'intelligence artificielle et l'histoire des grands empires africains ; elle commence lorsque les sciences cessent d'être enseignées comme une importation étrangère et redeviennent un instrument de libération, lorsque les langues nationales cessent d'être considérées comme de simples langues domestiques pour devenir aussi des instruments de transmission du savoir, de citoyenneté, d'abstraction intellectuelle et de conscience historique.

Il ne s'agit nullement de revenir à la bonne vieille bourrique, au village figé dans le passé ou à une nostalgie stérile que les adversaires de la refondation caricaturent volontiers pour éviter d'en discuter le fond. Une civilisation qui refuse la science se condamne elle-même à la dépendance ; mais une civilisation qui abandonne sa mémoire se condamne à l'effacement. Le véritable défi consiste donc à construire une synthèse féconde entre les valeurs ancestrales et les exigences du monde contemporain, entre l'héritage et l'innovation, entre la mémoire et la technologie, entre la dignité des ancêtres et l'audace des ingénieurs.

Les valeurs qui ont permis à nos sociétés de traverser les siècles ne sont nullement incompatibles avec la modernité ; la dignité, la solidarité, la parole donnée, le courage, le respect des anciens, le sens de la communauté, la responsabilité individuelle, la bravoure face à l'adversité et le souci du bien commun constituent au contraire des ressources stratégiques majeures dans un monde de plus en plus fragmenté, individualiste et instable. Une société technologiquement équipée mais moralement désarticulée demeure fragile, tandis qu'une société capable d'unir discipline morale, mémoire collective et maîtrise scientifique peut devenir pratiquement indéracinable.

L'AES devra également comprendre que le XXIᵉ siècle sera moins déterminé par la simple possession des ressources naturelles que par la capacité à produire, organiser, protéger et transmettre le savoir. Les grandes batailles de demain se joueront dans l'intelligence artificielle, la cybersécurité, les infrastructures numériques souveraines, les satellites, les semi-conducteurs, la biotechnologie, le calcul haute performance, les données massives, l'énergie, les matériaux avancés et la guerre cognitive. Dans le monde qui vient, un État incapable de contrôler ses données, de protéger ses infrastructures numériques, de former ses ingénieurs, de produire sa propre doctrine technologique et de sécuriser ses communications stratégiques restera dépendant, même s'il possède un drapeau, une armée, un hymne national et des ressources naturelles abondantes.

La souveraineté du XXIᵉ siècle est donc d'abord une souveraineté scientifique, technologique et cognitive. Les universités, les écoles d'ingénieurs, les centres de recherche, les académies scientifiques, les instituts de traduction, les écoles normales, les laboratoires d'intelligence artificielle et les centres de cybersécurité devraient être considérés comme des infrastructures stratégiques au même titre que les casernes, les barrages, les centrales énergétiques, les chemins de fer ou les réseaux de transport. Un pays qui néglige ses enseignants prépare sa dépendance ; un État qui méprise ses chercheurs organise son retard ; une nation qui abandonne ses langues nationales fragilise la transmission de son âme.

Mais cette ambition dépasse les capacités de chacun des États pris isolément, et c'est précisément pourquoi l'AES ne doit pas rester une simple coordination politique née d'une crise sécuritaire. Les petites et moyennes puissances qui souhaitent peser durablement dans les équilibres mondiaux doivent apprendre à mutualiser leurs ressources, leurs marchés, leurs infrastructures, leurs compétences, leurs centres de recherche et leurs ambitions. L'Europe l'a compris après deux guerres mondiales ; d'autres ensembles régionaux l'ont compris à leur manière ; l'Afrique souveraine doit désormais comprendre que les frontières héritées de la colonisation ne peuvent pas être les limites définitives de son imagination stratégique.

L'étape suivante ne peut donc plus être la simple coopération ; elle doit être l'intégration. Les marchés, les universités, les réseaux énergétiques, les infrastructures numériques, les industries de défense, les grands projets agricoles, les programmes spatiaux, les centres de recherche, les politiques industrielles, les banques de développement et les systèmes de formation devront progressivement être pensés à l'échelle régionale, puis fédérale. À terme, les nations africaines qui partageront sincèrement la même vision de la souveraineté, de la dignité, de la non-vassalisation et du respect des intérêts profonds des peuples pourraient être appelées à rejoindre un ensemble plus vaste, capable de négocier avec le monde non plus en position de demande permanente, mais en position de puissance organisée.

Car l'Histoire démontre qu'un État isolé négocie souvent sa survie, tandis qu'une fédération consciente de sa mission peut négocier son destin. L'AES doit donc cesser de se penser comme une simple réponse conjoncturelle à une crise sécuritaire particulière ; elle doit devenir un projet de civilisation, un espace de puissance, un laboratoire de souveraineté, une école de responsabilité collective et le premier noyau d'une renaissance africaine moderne, enracinée dans ses valeurs, ouverte aux sciences, ferme sur ses intérêts et capable de parler au monde sans baisser les yeux.

L'Iran n'est donc peut-être pas la véritable question de cet article. La véritable question est de savoir quels peuples comprendront la leçon de l'expérience iranienne avant que l'Histoire ne les oblige à l'apprendre dans la douleur.

Car ce qui se joue sous nos yeux dépasse largement le Moyen-Orient. Il ne s'agit pas seulement d'une confrontation entre États, ni même d'une rivalité entre puissances ; nous assistons à la lente réorganisation du système international autour de nouveaux centres de gravité politiques, économiques, technologiques et civilisationnels, dans un mouvement historique qui pourrait marquer la fin d'une parenthèse unipolaire ouverte à la fin du XXᵉ siècle.

Comme l'enseignaient les anciens du Mandé, "un homme habitué à marcher seul dans le grenier commun n'éprouve jamais de nostalgie pour le retour du gardien". Pendant plusieurs décennies, le monde a vécu sous une configuration exceptionnelle dans laquelle une seule sphère de puissance disposait d'une liberté d'action sans équivalent historique ; il serait naïf d'imaginer que les bénéficiaires de cet ordre accueillent avec enthousiasme l'émergence d'un monde plus équilibré, plus multipolaire et plus concurrentiel.

Pourtant, l'Histoire suit rarement les préférences des puissants ; elle suit davantage les dynamiques profondes des peuples, des civilisations et des rapports de force qui, lentement mais inexorablement, finissent par remodeler les équilibres du monde.

C'est précisément pourquoi l'avenir appartient moins aux nations qui possèdent les plus grandes richesses qu'à celles qui sauront transformer ces richesses en savoir, ce savoir en technologie, cette technologie en autonomie stratégique et cette autonomie en projet de civilisation. La souveraineté militaire protège le présent ; la souveraineté intellectuelle construit l'avenir. Les armées peuvent défendre un territoire ; seules les écoles peuvent préparer un siècle. Les ressources peuvent enrichir une génération ; seul le savoir peut en émanciper plusieurs.

La refondation commence donc à l'école, se poursuit dans les universités, s'enracine dans les langues nationales, s'épanouit dans la science et trouve son accomplissement dans la capacité d'un peuple à demeurer lui-même tout en maîtrisant les technologies du futur.

Le XXIᵉ siècle appartiendra aux civilisations capables de produire leur propre savoir. Les autres continueront à louer les ingénieurs des autres, à acheter les technologies des autres, à réciter les récits des autres et, finalement, à vivre dans un monde pensé par les autres.

L'Histoire n'accorde aucun privilège permanent ; elle récompense seulement les peuples qui possèdent la volonté, la discipline, la mémoire et le courage nécessaires pour préparer eux-mêmes leur avenir.

C'est peut-être là, au-delà même du cas iranien, la véritable bataille de notre temps.

 Eloi Bandia KEITA

Enseignant Chercheur

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