Dans son style inimitable, la commentatrice canadienne Rachel Marsden, sarcastique et insolente, nous conte le parcours de fin de carrière de John Bolton. On a souvent parlé de Bolton et ses superbes moustaches blanches (déjà en 2002, date d'entrée, - soyons plus précis, - dans le 'D.C. Circus', dans capitale impériale de Washington) ; il ne fut jamais légitimé par le scrutin populaire et n'occupa l'un ou l'autre poste important, que par inadvertance et plus vite que l'éclair (conseiller improbable de Trump en 2018-2019). On retrouve les dernières traces importantes du personnage, avant l'affaire judiciaire que nous conte Marsden, le 14 juillet 2022, avec cette citation pour rafraîchir nos mémoires épuisées par la canicule :
"Il a souvent été question de Bolton sur ce site : le moteur de recherche l'identifie dans 117 [124] articles, le premier le 15 juillet 2004, le dernier le 24 octobre 2020. C'est considérable pour un "personnage secondaire" du Système et de sa politiqueSystème, c'est-à-dire un personnage qui joue un rôle considérable, à la fois activiste idéologique et bureaucrate expérimenté, dans les intrigues américanistes sans atteindre les postes institutionnels les plus hauts et sans posséder l'aura et la visibilité d'une grande personnalité de pouvoir, - un peu dans la même catégorie, si l'on veut, d'une Victoria Nuland (citée dans 60 articles, sur à peu près la même période [2006-2022]). La fonction la plus importante de Bolton fut météorique et absolument à contre-emploi par rapport au président justement décrit comme fantasque par lui, un peu plus d'un an (2018-2019) comme conseiller de la sécurité nationale de Trump. Ce fut pour Bolton une sorte de 'revenez-y' sans grande conséquence, Trump s'opposant systématiquement à ses initiatives et orientations."
Le "revenez-y' sans grande conséquence" vaut pour la politique extérieure et de sécurité nationale, mais nullement pour le destin du personnage. C'est ce que nous explique Rachel Marsden. En effet, Bolton tint un "journal de bord", notamment pour sa période de conseiller de la sécurité nationale de Trump. Ce document, qui fait autour de 1000 pages, fourmille de ragots, de détails, de "révélations", dont de nombreuses choses classifiées sous la rubrique 'Top Secret'. Il aboutit dans le chef de Bolton à la rédaction d'un livre fourmillant de ces mêmes précisions : 'The Room Where It Happened' ("La pièce où cela s'est passé"), vendu à 780 000 exemplaires dès sa première semaine de mise en librairie, en juillet 2020. L'affaire avait été faite à partir d'un a-valoir de 2 $millions de son éditeur.
Il était difficile d'éviter que la justice s'emparât de l'affaire, malgré la vertu et l'excellent réputation-neocon de l'auteur. Une enquête fut diligentée, tandis que les courriers, - notamment de Bolton avec sa famille, - accompagnant l'aventure et accessible en général très librement étaient répertoriés et inclus dans le dossier. Marsden vous conte comment on est passé de 18 inculpations majeures, toutes selon les impératifs de l''Accusation Act', avec ici ou là des perspectives pouvant aller jusqu'à la trahison pure et simple (peine de mort), à une seule comme vient de la décider hier un Grand Jury, à la très grande satisfaction des foules-neocon de Washington D.C. Maintenant vont commencer des négociations qui vont sans doute aboutir au minimum d'une peine minimale et à quelques mois de prison avec sursis et tout le cpnfort. Seule mesure d'autorité : une amende de 2,25 $millions pour régler les frais du dossier pénal, ce qui inclut les deux $milions initiaux payés par l'éditeur.
Nous citons un extrait important du texte de Marsden parce qu'il nous montre l'extraordinaire infantilisation du comportement d'un personnage comme Boltopn, qui eut une réelle influence, qui continue à être reçu et consulté par les grandes chaînes de télévision US. Le fait de constituer avec des secrets d'État une sorte de jeu familial infantile nous paraît absolument stupéfiant, et comme une mesure à peine caricaturale et complètement burlesque de la folie de cette époque, de l'effondrement de l'Amérique, de la toute-puissance de la GrandeCrise. Bolton est une sorte d'énorme moustache-bouffe, de neocon-bouffe si l'on veut faire plus sérieux, qui trace des plans terribles pour refaire le monde, chasser les méchants, orienter les faibles vers les feux du bonheur, - et puis, il faut bien vivre, passer de juteux contrats avec des éditeurs... Une sorte de condensé de l''Empire' qui nous fascine tant.
"Les procureurs ont indiqué que Bolton tenait un journal intime, un recueil d'environ 1 000 pages de potins sur la sécurité nationale. Il mettait l'eau à la bouche de sa famille en leur donnant un avant-goût des informations croustillantes qu'il comptait rédiger et transmettre, tel un adolescent. Et ils étaient sacrément avides de ces détails.
" "Journal bien reçu", a écrit un membre de la famille Bolton. "Mais aucun commentaire sur l'article concernant le système judiciaire du [Pays étranger n° 1] que je t'ai envoyé, ni sur l'avis de l'administration concernant [l'arrestation dans le Pays étranger n° 1] ?"
" Ce à quoi Bolton a répondu : "J'y travaille !" On se retrouve aux toilettes entre deux cours !
" Plus tard, il a écrit : "Des trucs [stuff] arrivent ! ! ! Version papier à la maison..."
Il n'est pas difficile d'imaginer la joie des pirates informatiques iraniens à cette nouvelle, une joie au moins égale à celle des membres de la famille de Bolton ; bien que dépourvus des habilitations nécessaires pour traiter des informations sensibles, compartimentées et classées 'Très secret', ces derniers ont reçu plusieurs documents de ce type, notamment un rapport de 24 pages le 13 janvier 2019, un document de 47 pages le 8 septembre 2019 et un document de 6 pages le 15 septembre 2019, après son limogeage.
" Ce dernier document a été reçu par un membre de la famille de Bolton qui a répondu : "Une fin spectaculaire". Elle ne faisait pas allusion à l'éviction brutale de Bolton du Bureau ovale, mais plutôt à la façon dont il l'avait laissée dans l'attente après lui avoir annoncé :
" "Des trucs arrivent !!!""
Il est vrai que l'affaire Bolton, contée pat Marsden, donne un bel exemple de l'incroyable degré de pourriture et de corruption des élitesSystème de 'D.C.-Circus'. Mais, pour nous, il n'y a pas que cela, et là est la raison de la reprise de cet extrait.
Courageusement, nous nous répétons. Ceci est le portrait d'un homme qui n'a rien d'inattendu ni d'exceptionnel dans le milieu où nous le débusquons. C'est un membre du groupe (Neocon & Cie) qui dirige l'Amérique. Tous ses caractères, sa puérilité, son inconscience assurée, ses moustaches arrogantes et d'une naïveté à ne pas croire sont des caractères actuels d'une direction 'impériale' qui, à l'image de son 47ème POTUS, est totalement perverse-narcissique, section de bas-étage, c'est-à-dire d'une sorte d'étrange sénescence curieusement infantile. Rien de plus, rien de moins.
Merci à Rachel Marsden pour son article dans RT.com, le 27 juin 2026.