03/07/2026 ssofidelis.substack.com  6min #318991

Les dirigeants israéliens refusent de restituer les enregistrements vidéo du 7 octobre. Que tentent-ils de couvrir ?

Par  Michelle Witte, le 31 mai 2026

Les citoyens israéliens se demandent pourquoi l'État refuse de rendre publics les enregistrements du 7 octobre confisqués. La mère d'une victime israélienne affirme que les autorités ont effacé la vidéo montrant la mort de son fils. D'autres se plaignent que "quelqu'un cherche à dissimuler" ces vidéos.

Le gouvernement israélien détient toujours une quantité considérable de documents vidéo relatifs à l'attaque du 7 octobre, filmés par des particuliers et des communautés pris dans les combats. Une mère en deuil accuse même les autorités israéliennes d'avoir effacé une vidéo montrant les derniers instants de son fils avant de lui rendre son téléphone.

Selon la chaîne israélienne  Channel 13,

"toutes les caméras, cartes mémoire et pellicules qui ont documenté les atrocités ont été saisies, mais près de trois ans plus tard, ces documents n'ont toujours pas été restitués aux communautés et aux familles endeuillées qui attendent désespérément des informations, et ont même le sentiment que quelqu'un leur cache quelque chose".

Peu après l'attaque menée par le Hamas et le Jihad islamique palestinien contre Israël le 7 octobre 2023, des unités spéciales de l'armée israélienne (IDF), de l'agence du renseignement israélienne Shin Bet et de l'unité d'enquête israélienne Lahav 433 ont recueilli des documents photographiques et vidéo attestant des violences, en confisquant des téléphones portables, des appareils photo personnels, des caméras de sécurité des kibboutz et bien d'autres preuves.

"Ils ont coupé ce qui les intéressait, saisi ces éléments et sont repartis - c'est la dernière fois que nous avons vu ces documents",

a déclaré un réserviste de l'armée israélienne ayant participé à la mission de collecte.

Selon le responsable du kibboutz de Kfar Aza - théâtre d'une  série de fausses allégations d'atrocités diffusées dans les  premiers jours suivant l'attaque - les membres de la communauté ont coopéré avec les enquêteurs à l'époque. Aujourd'hui, presque trois ans plus tard, ces familles se demandent pourquoi les documents attestant du sort de leurs proches ne leur ont toujours pas été restitués.

Même Sabine Taasa, devenue un  symbole des victimes israéliennes après que son mari et l'un de ses fils ont été tués le 7 octobre, est désormais en conflit avec les autorités israéliennes au sujet des images filmées ce jour-là.

Le fils de Mme Taasa, Or, âgé de 17 ans, a été tué sur la plage de Zikim. Selon Channel 13, Mme Taasa affirme avoir vu une vidéo filmée par son fils dans les instants qui ont précédé sa mort, mais lorsque les autorités lui ont rendu son téléphone, cette vidéo avait disparu. La chaîne précise qu'il ne s'agit pas d'un incident isolé.

Une  enquête de l'armée israélienne a révélé que des soldats ont abandonné des civils qui se cachaient dans une salle de bains de ce lieu, puis ont laissé leurs corps sur place pendant une semaine.

Channel 13 rapporte que la police israélienne a affirmé que la brigade Lahav 433 enquête toujours sur les événements survenus au kibboutz Kfar Aza et qu'aucune mise en examen n'a encore été prononcée. La restitution des éléments de preuve à ce stade pourrait prétendument compromettre l'enquête pénale. Parallèlement, l'armée israélienne a rejeté toutes les accusations selon lesquelles elle dissimulerait des documents et affirme en être aux dernières étapes du processus décisionnel concernant les modalités de restitution de ce type de preuves aux communautés et aux familles.

Le 7 octobre, le gouvernement israélien a  émis des ordres selon la " directive Hannibal", qui ont été suivis par des pilotes d'hélicoptères Apache et des artilleurs de chars qui ont pris pour cible des citoyens israéliens dans la zone périphérique de Gaza, soi-disant pour les empêcher d'être pris en otage. Le général de brigade israélien Barak Hiram a personnellement ordonné à l'équipage d'un char de canonner une maison du kibboutz Be'eri, sachant qu'elle était pleine de citoyens israéliens faits prisonniers par des combattants du Hamas qui cherchaient à négocier une issue à l'impasse. Une douzaine d'Israéliens ont été tués lors de cette frappe, laissant derrière eux "une maison pleine de cadavres", selon la seule survivante israélienne, Yasmin Porat. Une artilleuse de char israélienne, membre d'une unité entièrement féminine, a de même  révélé qu'on lui a ordonné de bombarder des habitations israéliennes sans savoir qui s'y trouvait. Une enquête de la police israélienne a par la suite  révélé que des hélicoptères israéliens ont frappé le festival de musique électronique Nova le 7 octobre.

Compte tenu des antécédents d'Israël à cibler ses propres citoyens le 7 octobre et à induire le public en erreur, l'État israélien pourrait conserver un maximum d'enregistrements vidéo pour s'assurer qu'aucune autre preuve du massacre de ses propres citoyens par l'armée israélienne ne soit rendue publique.

Israël a manifesté un vif intérêt pour la collecte de documents relatifs aux événements du 7 octobre et pour  le contrôle du récit par une sélection et une diffusion rigoureuses. Dans le même temps, il a  refusé de participer aux enquêtes internationales indépendantes sur l'attaque, sur la  riposte d'Israël, ou sur les allégations abondamment diffusées et désormais  largement réfutées de  violences sexuelles de masse prétendument commises par le Hamas et d'autres groupes militants palestiniens. Selon l'État israélien, Israël, et Israël seul peut légitimement et correctement mener de telles enquêtes.

Cependant, l'État a étrangement négligé de lancer sa propre enquête spéciale approfondie sur cet échec massif apparent des services du renseignement et cette débâcle militaire. En effet, selon un article du Times of Israel, le gouvernement israélien a été contraint par sa propre Cour suprême de mettre en place une  commission d'enquête nationale sur ces événements. Le gouvernement israélien avait jusqu'au 1er juillet pour proposer un "cadre approprié" permettant d'enquêter sur ces événements après des années de pression exercée par les familles des Israéliens tués ce jour-là.

Les services du renseignement militaire israéliens refusant de restituer à leurs propriétaires ce qui pourrait représenter des centaines d'heures d'enregistrements, certains Israéliens ayant vécu les attaques du 7 octobre commencent à se demander ce qu'ils cherchent à cacher.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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