04/07/2026 dedefensa.org  16min #319051

Rappel Rumsfeldien

 Analyse  

Rappel Rumsfeldien

• Pour présenter la reprise mise au goût du jour d'un texte d'il y a un ans. • L'état de néantisation de la diplomatie, une des marques essentielles de notre civilisation. • Donc, nous ne sommes plus une civilisation.

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(4 juillet 2026 à 10H30) - Il y a pratiquement un an (et trois jours), nous publiions un article prenant pour base de départ

"la fameuse conférence [de presse de Rumsfeld] baptisée des "known knowns", qui fait même l'objet d'un article de Wikipedia (USA)"

Nous l'avons retravaillé pour le mettre plus "au goût du jour" en ce qui concerne les événements. Par contre le fond reste totalement d'actualité, et peut-être plus aujourd'hui qu'il y a un an. Nous le mettions en évidence, à l'occasion de l'échec probable (et effectif depuis février 2026) de la reconduction du traité sur le contrôle des armements stratégiques, un des piliers de la diplomatie structurelle de la Guerre Froide.

Bien... Depuis, la situation n'a fait que se déchaîner, confirmant les prévisions et les constats les plus sombres, jusqu'à remonter au philosophe de l'histoire Arnold Toynbee. Mais il faut tout de même noter un bémol à cette vision ne néantisation, - l'initiative de l'Iran d'avril 2026 annoncée le  30 juin 2026.

"La grande nouveauté, je dirais même révolutionnaire, c'est le fait d'introduire quasi-officiellement, - par le biais de sources nullement démenties, - la dimension de la pathologie psychologique dans la diplomatie formelle ; ou bien, disons, dans ce qu'il reste de "diplomatie formelle". Il s'agit en effet de l'inclusion structurelle de un ou plusieurs psychiatres dans l'équipe de négociation pour évaluer et conseiller à propos de la psychologie de l'autorité suprême du camp d'en face. Cela revient à dire :

" "Désormais, ce qu'on nomme 'diplomatie' estime avoir le droit d'impliquer officiellement les détails personnels les plus intimes d'une telle personnalité du camp d'en face dans la négociation". C'est révolutionnaire, sauf à considérer que "ce qu'il reste de diplomatie" est dans un tel état de déliquescence qu'il devient possible, sinon nécessaire de la manipuler, de la pénétrer, de la modifier d'une façon totalement inhabituelle, - c'est-à-dire révolutionnaire [dans un contexte totalement dévolue au conformisme de fer de la néantisation]."

C'est une hypothèse de PhG, basée sur l'appréciation qu'on pourrait évoluer pour briser ce terrible "contexte totalement dévolue au conformisme de fer de la néantisation". En effet, si la façon de mener la diplomatie choisit désormais des voies et des moyens qui n'ont plus rien à voir avec les restes pourries d'une diplomatie qui fut grande (on parle du temps de Talleyrand), effectivement on peut déboucher sur de nouvelles perspectives dont la première tâche sera de fracasser jusqu'à la néantisation (belle inversion) ce terrible "conformisme de fer de la néantisation"... Une belle manœuvre de  déconstructuration que nous connaissons, qui est de détruire les structures du néant, création de la modernité, par une offensive de déconstructuration.

Que ce soit les Iraniens, cette vieille civilisation qui n'a jamais renié ses traditions, et "l'un des peuples les plus intelligents de la terre" selon Robert Barnes, qui enclenche une expérience pouvant conduire à de telles perspectives nouvelles, inconnues, néanmoins exaltantes sauf pour les mandarins du Système, - voilà qui est pure et belle logique métahistorique... Et un tribut bien mérité rendu au Sud Global, où se trouve tout ce qu'il reste de sagesse.

Mais revenons à Rumsfeld...

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Notre 'Unknown Unknown'

Il y a longtemps que Talleyrand est mort. • Que reste-t-il de la diplomatie et des formes ordonnées que certains tentèrent de donner aux relations internationales ? • Rien, absolument rien. • Nous cheminons dans un champ de ruines fumantes et brûlantes où la haine aveugle et la croyance hystérique sont les principaux ingrédients de ce qu'on nomma dans d'autres temps d'illusion : "diplomatie". • Tant pis ! Après beaucoup d'autres, Toynbee avait raison lorsqu'il dessinait le blocage que la puissance technologique de notre civilisation impose au monde paralysé. • Tout comme Dante Alighieri dans sa 'Divine Comédie', nous avons à conduire notre marche rédemptrice pour rencontrer notre destin; puissions-nous trouver un guide à l'égal de Virgile.

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N'est-il pas temps, mais une fois de plus certes selon l'emploi constant de l'expression, de rappeler une sortie de l'étonnant philosophe que fut le secrétaire à la défense de 9/11 et de la catastrophe irakienne, Donald Rumsfeld ? "Poser la question", etc... Nous voulons parler du  Rumsfeld-philosophe :

"D'abord, il y a la fameuse péroraison que fit Donald Rumsfeld lors de sa conférence de presse du 12 février 2002, la fameuse conférence baptisée des "known knowns", et qui fait même l'objet d'un article de Wikipedia (USA)...

" "il y a les choses dont nous savons que nous les connaissons ;
" "il y a les choses dont nous savons que nous ne les connaissons pas (puisque nous savons qu'elles existent mais que nous ne les connaissons pas) ;
" "et puis il y a les choses que nous ne connaissons pas, et dont nous ne savons pas par conséquent que nous ne nous les connaissons pas (puisque nous ne savons pas qu'elles existent, évidemment nous ne les connaissons pas).

(Il faut toujours s'intéresser à Rumsfeld, personnage brutal mais énigmatique, à plusieurs facettes, - et nous-mêmes sommes allés jusqu'à envisager une " métaphysique de Rumsfeld".)

Recevant Rumsfeld dans son show en  janvier 2016, Stephen Colbert lui suggéra une quatrième proposition pour sa charade, en évoquant les diverses manipulations et montages, faux-drapeaux, drapeaux à l'envers, etc., de la guerre en Irak, version-2003 ; certes, une catégorie parfaitement adaptée à notre époque et qui s'est formidablement développée depuis l'Irak-2003, et encore plus depuis l'émission Colbert-Rumsfeld :

"Colbert a défini cette quatrième catégorie comme "les choses que nous connaissons, et que nous choisissons de sembler ne pas connaître et de ne pas laisser les autres savoir que nous les connaissons"..."

Veut-on une nouvelle catégorie encore, la cinquième ? Cela pourrait être celle-là :

"les choses que nous ne connaissons pas, et que nous choisissons de sembler les connaître et de ne pas laisser les autres savoir que nous ne les connaissons pas..."

Ce que nous voulons signifier par cette sorte de métaphore dont on voit bien qu'elle a résolument progressé depuis son lancement par Rumsfeld, c'est effectivement le constat de notre totale intégration, - à nous tous, à vous et à moi,- dans un univers totalement chaotique et néantisé. Les catégories suggérées par Colbert et par nous, qu'elles qu'en soient la destination, n'apportent rien de vraiment nouveau à la charade rumsfeldienne (venue d'ailleurs de l'antique sagesse chinoise) mais elles sont utiles pour décrire la néantisation chaotique extrêmement rapide avec la destruction de tout ce qui peut ressembler à un univers de formes harmoniques, - néantisation chaotique grâce à l'extension incontrôlable du domaine du mensonge, du simulacre, de la tromperie imprégnant l'esprit et la perception, jusqu'à l'esprit et la perception de ceux-là même qui conduisent cette néantisation.

Nous suggérons que cette "sorte de métaphore" est un moyen pour parvenir à cet état qui semble finalement satisfaire ces agents de production du néant-chaotique, des neocon aux divers travailleurs et fonctionnaire du woke, tous ces personnages zombifiés qui semblent suivre des consignes mystérieuses pour atteindre enfin, soupir de soulagement compris, au nihilisme absolu de l'acte de l'existence même. La disparition de toute forme passe par une  déconstructuration qui implique nécessairement ce débouché sur la néantisation chaotique. Il y a une logique absolument entropique dans cette marche au pas des zombies qui nous gouvernent et nous détruisent.

Ce que nous voulons signaler ici, - ce "nous" de circonstance n'est fait que pour suggérer à ceux que cela intéresse la gravité de cet aspect de la crise, - c'est le constat que ce processus de néantisation chaotique est en train, sinon a d'ores et déjà affecté l'ensemble des structures des relations internationales et de ce qu'on nomme "diplomatie". Cette réalité conduit à un aspect, très important de notre 'Unknown Unknown' ("les choses que nous ne connaissons pas, et dont nous ne savons pas par conséquent que nous ne nous les connaissons pas").

Il y a un aspect pratique, opérationnel, qui soutient cette thèse, - des évènements précisément survenus ces tous derniers temps de nos péripéties imprévisibles.

Fin du contrôle des armements

Andrew Korybko revenait, dans une chronique proche des nouvelles concernant le sort du de la limitation des armements ( le 30 juin 2025), sur une interview du vice-ministre des affaires étrangères russes Sergueï Riabkov, publiée sur Tass au début juin 2025. Ce "retour sur interview" concernant un document qui doit normalement donner tous ses effets dès sa publication, signifie probablement que des sources officielles, transmettant cet état de fait, exprimaient la déception officielle du peu d'effets des déclarations de Riabkov et signalait au commentateur l'importance ignorée alors de l'intervention de Riabkov.

Le vice-ministre signala d'abord que l'attaque contre les bombardiers stratégiques russes du début juin 2025 n'avait finalement détruit aucun appareil. Les dégâts de ceux qui avaient été touchés seraient réparés. Cela permit à Riabkov de vaticiner autour des responsabilités de l'attaque : qui l'avait permise ? D'où venaient les renseignements sur une matière stratégique d'une telle importance, mais nécessairement recensée chez les deux seuls signataires du traité START sur les armes nucléaires stratégiques qui devait s'achever dans huit mois - et qui s'acheva effectivement sans aucune négociation sérieuse pour le prolonger ?

Riabkov expliqua alors que les Russes avaient posé cette question à des contacts de l'administration Trump :

"Pourquoi vous autorisez-vous à fournir aux criminels les données pertinentes, sans lesquelles rien de tel n'aurait pu se produire ?"

Il n'a rien dit de la réponse et a prudemment noyé le sujet dans un flou de bon aloi, mais tout de mème où l'on distinguait une conclusion pessimiste...

La bataille de la bonne volonté

Nous citions à ;la même époque  un autre article qui observait l'évolution de la situation de la diplomatie, cette fois au regard des événements qui concernaient la Moyen-Orient et la crise Israël/USA-Iran, ou "guerre des 12 jours" (prolongée depuis février 2026 par la "guerre des 40 jours"). Cette situation n'est pas plus satisfaisante pour ce qu'elle montre de l'évolution de la diplomatie que celle qui est décrite actuellement et depuis cinq ans pour l'Ukraine.

"...Outre les pertes humaines tragiques [du fait de cette crise], l'une des plus grandes pertes de cette guerre est la crédibilité diplomatique occidentale.

" L'une des règles de la diplomatie est de protéger les négociateurs. Israël a franchi cette ligne en attaquant et en tuant de nombreux négociateurs iraniens en plein milieu de négociations avec les États-Unis. Au lieu de condamner l'action et de couper les fournitures militaires, le président Trump s'est réjoui de ces morts sur Truth Social, avant d'ordonner le bombardement d'une installation nucléaire, en violation de la Charte des Nations Unies et du droit international humanitaire. La réponse européenne s'est limitée à de "fermes condamnations", sans conséquences tangibles."

Autour de ces constats, on passe en revue un historique rapide des "relations diplomatiques", avec un rappel de toutes les tromperies développées par les Occidentaux. Les Iraniens en ont connu beaucoup, notamment avec les différentes manœuvres effectuées au gré des changements de président et de politique autour du traité JCPOA. Hors ce cas, il faut admettre que le triste archétype dans ce domaine de la cancellisation totale de la diplomatie par voie de trahison, de mensonges et de sournoises manœuvres reste les accords de Minsk dont différents responsables occidentaux (Merkel, Hollande) ont reconnu qu'ils n'avaient été signés que pour laisser aux Ukrainiens un temps d'apaisement dont ils useraient pour développer une armée conçue sur le modèle de l'OTAN, et un armement équivalent. Le tout, qui devait permettre une attaque ukrainienne, a conduit à une sous-évaluation des capacités ukrainiennes par les Russes et à un début très délicat pour eux de l'"Opération Militaire Spéciale", l'attaque préventive du 24 février 2022.

Ce que nous décrivons ici en place et lieu de "diplomatie" est le déchaînement d'une brutalité et d'une violence qui nous renvoient aux origines barbares dont paraît-il chaque civilisation est précédée, agrémentées des masques et des faux-nez mensongers d'un simulacre constamment renouvelé par l'usage pervers de la communication dont la puissance technologique et psychologique est stupéfiante. De force, - puisqu'il ne reste que cela, - nous en sommes réduits à rejoindre le schéma du philosophe de l'histoire Toynbee, non sans noter les remarques concernant l'Iran à propos de l'intégration en avril 2026 de psys dans l'équipe de négociation iranienne, signalée dans le texte d'introduction.

En remontant jusqu'à Toynbee

Le schéma est partout du même esprit, qui est justement une rupture totale de l'esprit de la diplomatie et un blocage assumé dans des situations de confrontation, un enlisement général dans un tourbillon de néant-chaotique comme nous définissons cette nouvelle situation. Du côté occidental, qui constitue évidemment le premier facteur de désordre, et de loin, les directions sont erratiques, enjeux de batailles d'influence à propos desquelles tant d'hypothèses sont développées, avec le développement d'une élite de plus en plus culturellement inexistante et intellectuellement nulle, - ou bien totalement bouffe dans son incontrôlabilité, avec une spécialisation dans le recrutement de vedettes clownesques de la communication et du show. Bien entendu, le poids du système de la communication, justement, est partout présent, et son étreinte impossible à desserrer.

L' article cité ici est présenté par le titre "La fin de la diplomatie de la bonne volonté", mais les choses ont peut-être dépassé ce stade. Il semble qu'on puisse dire qu'il n'y a plus aucune volonté, "bonne ou mauvaise", mais un déchaînement d'impulsions et de conceptions baroques et sans aucun sens, et avec rien de vraiment humain, et encore moins de civilisé. Encore une fois, les Occidentaux en sont les principaux responsables, même si les pays de "l'autre camp", Sud-Global ou pas, ne sont pas épargnés, mais ce n'est pas là l'essentiel.

Car enfin, il nous paraît inutile de chercher des responsabilités humaines directes alors qu'il nous apparaît évident que nous sommes liés à un événement qui nous dépasse et nous emporte tous. Il s'agit de la fin, plus que d'une hégémonie, plus que d'une domination insupportable, - mais bien la fin d'une civilisation, occidentale bien entendu mais universelle dans ses aires de contrôle, et peut-être même la fin de d'une phase de l'espèce humaine telle qu'elle fut sculptée par la modernité. Par conséquent, tout le monde est concerné.

Nous avons souvent rapporté la conception de Arnold Toynbee (voir de nombreux articles depuis le  19 juin 2002 et le  27 juillet 2002). Dès le  10 décembre 2006 et le  29 décembre 2006, nous parlions de la "défaite de l'Occident" (et donc de sa responsabilité et l'enjeu de sa survie) et de notre " GrandeCrise". On y voyait, déjà décrits, les extraordinaires impuissances de notre civilisation, sous la très forte influence anglo-saxonne que l'on sait :

"A aucun moment, il n'y a l'impression d'une guerre, d'où nos précautions de langage à cet égard. Derrière la nausée de leur langage conformiste (démocratie, droits de l'homme, modernité) on ne trouve rien qui assure le sérieux d'une guerre et la justifie malgré tout, avec un but, une stratégie, des ressources mesurées au besoin, un esprit d'entreprise et une solidarité entre les combattants alliés. Il s'agit d'un désordre général recouvert hâtivement des simulacres de la communication, - et, précisons-le, bien que cela nous apparaisse d'évidence, désordre du côté de l'Ouest, de l'"anglosphère" en campagne, et nullement du côté des talibans ou des insurgés divers et variés d'Irak. L'impression est bien celle de la dissolution d'un empire aux abois, notre (leur) empire de la civilisation occidentale.

" Il y a une immense tromperie virtualiste dans cette fable de la guerre contre la terreur renforcée de l'autre fable de l'empire américaniste en train de s'établir sur le monde. L'Occident domine le monde depuis deux siècles, de colonisation en décolonisation et en néo-colonialisme divers. Nous assistons aux derniers spasmes de la chose."

Déjà nous apparaissait évidente la cause de l'impuissance où l'on se trouvait, sur un terrain où toute possibilité de développement d'un "esprit de la diplomatie", de la recherche sincère d'une bonne entente était absolument bannie. Déjà, la civilisation occidentale montrait sa monstrueuse contradiction, entre une puissance technologique et matérialiste écrasante, et sa totale absence de sens et de "signification civilisatrice". De là naîtraient évidemment le chaos et le néant que nous affrontons aujourd'hui :

"Il ne reste à la civilisation occidentale qu'une seule chose : un énorme poids technologique et matérialiste empêchant toute régénération, par une autre civilisation ou par elle-même, empêchant toute mise en cause d'un système perverti à l'extrême. C'est la concrétisation très rapide de la tragédie entrevue par  Arnold Toynbee :

" "Pourquoi la civilisation ne peut-elle continuer à avancer, tout en trébuchant, d'échec en échec, sur le chemin pénible et dégradant, mais qui n'est tout de même pas complètement celui du suicide, et qu'elle n'a cessé de suivre pendant les quelques premiers milliers d'années de son existence ? La réponse se trouve dans les récentes inventions techniques de la bourgeoisie moderne occidentale." ".

Voilà donc... Nous savons d'où nous venons, nous connaissons l'événement monstrueux qui nous a engendrés, nous connaissons aujourd'hui tous ses effets catastrophiques avec une telle puissance créée par nous qu'elle génère l'impuissance totale par son effet mécanique d'autodestruction, - et certes, bien sûr, nous ignorons où nous allons et nous ignorons même s'il y a ou non quelque part vers quoi nous pouvons espérer aller... Parfaitement le 'Unknown Unknown' du philosophe du Pentagone d'alors ("les choses que nous ne connaissons pas, et dont nous ne savons pas par conséquent que nous ne nous les connaissons pas").

L'exemple de la diplomatie est révélateur. Il nous donne une idée précise de l'aboutissement d'un modèle historique que nous croyions achevé pour le bien de la civilisation, - "La fin de l'Histoire", tu parles ! - mais c'est paradoxalement vrai si l'on accepte notre affirmation que nous sommes passés, ou que nous en train de passer, d'une "histoire épuisée à la métahistoire"... Ces approches par l'IA du travail de PhG illustre cette démarche :

"La GrandeCrise n'est pas une simple méta-crise cumulative (économique, politique, civilisationnelle), mais une catégorie quasi ontologique :

• Elle n'est pas ce qui arrive à l'Histoire,
Elle est ce que l'Histoire est devenue.
"

"Il [PhG] est constant sur ce point :

• aucun projet politique,
• aucune réforme,
• aucune renaissance civilisationnelle.

L'Histoire est épuisée comme vecteur de salut."

L'entrée dans l'ère des 'Unknown Unknown' pulvérise le modèle westphalien venu de 1648, et avec lui toute la civilisation qui l'a enfanté. Précipités dans le néant-chaotique, pour le dépasser et survivre nous entrons dans l'inconnu métahistorique. Par ailleurs, et pour consoler grandement les âmes angoissées, nous dirions qu'il n'y a vraiment pas grand'chose à regretter ; nous sentons tous qu'il s'agit là d'un destin qui nous était promis et qu'il nous faut accepter et assumer sinon aimer, - "Amor Fati" disait Marc-Aurèle, - parce qu'il est absolument justifié. Nous dirions que nous pourrions tenter d'user de cette attitude d'acceptation du destin pour réenchanter notre vision du monde au lieu de vainement tenter de le redessiner à notre image : un regard dans un miroir suffira à nous en convaincre..

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