04/07/2026 ssofidelis.substack.com  7min #319063

 The 250th Anniversary of...what, Exactly ?

En quoi faut-il se réjouir d'une machine à tuer vieille de 250 ans ?

Par  Nate Bear, le 4 juillet 2026

Des millions d'Américains célèbrent aujourd'hui le 250e anniversaire de la déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique vis-à-vis de la Couronne britannique.

Mais qu'y a-t-il à célébrer ?

Les États-Unis représentent l'expérience de constitution d'État la plus violente et la plus meurtrière de l'histoire.

Bâtis sur les os des esclaves et les cadavres des peuples autochtones, alimentés par le sang des pauvres, ils ont donné naissance à la société la plus profondément inégale de l'Occident, dirigée par une nouvelle caste de rois milliardaires.

Le nettoyage ethnique macabre et violent qui a vu naître ce pays constitue désormais le modèle et la justification des crimes coloniaux commis aux quatre coins du monde, dont le reflet le plus frappant aujourd'hui est son mandataire répugnant, génocidaire et illégitime en Palestine occupée.

Seul pays à avoir recouru à l'arme nucléaire, envahisseur prédateur et meurtrier de dizaines de nations souveraines, et principale cause d'instabilité dans le monde moderne.

Rien à célébrer.

Les États-Unis sont également le  plus grand pollueur de l'histoire du monde, dont la machine militaire meurtrière rejette plus de gaz à effet de serre  que des pays entiers, des réalités sinistres qui prennent tout leur sens au vu des  températures record qui viennent de frapper l'Europe.

Rien de tout cela ne relève de considérations personnelles. Nous tous qui sommes dotés d'une conscience et nés au cœur de l'empire sommes des créatures du hasard, nés là où nous sommes nés, aux prises avec nos histoires, assoiffés de changement, mais nous efforçant - et échouant si souvent - de faire avancer le changement.

Et même si nous sommes des créatures du hasard, nous n'en sommes pas pour autant les victimes.

Les victimes, ce sont les peuples autochtones du continent : les Lakota, Cherokee, Muskogee, Séminoles, Chickasaw, Choctaw, Cheyennes, Hopis, Navajos et Arapaho. Ces centaines de milliers de personnes assassinées, déplacées de force et emportées par la maladie par les Blancs européens "civilisateurs", car leur présence faisait obstacle à la cupidité, l'exploitation et l'accaparement des ressources. Les victimes sont les non-autochtones d'autres contrées, les 390 000 Africains réduits en esclavage, une population qui a atteint près de 4 millions en 1860, ces esclaves qui ont littéralement bâti les États-Unis, de la Maison Blanche jusqu'aux fondations.

Les victimes sont les Coréens, les Vietnamiens, les Afghans et les Irakiens massacrés par leurs envahisseurs. Le nombre total de morts dues à la violence directe est inconnu, mais se chiffre en millions. À lui seul, l'Irak a probablement perdu  un million de vies aux mains des troupes américaines de la "liberté".

Et comme je l'ai écrit dans  mon dernier article, les États-Unis tuent régulièrement à coups de bombes, de missiles et d'armes à feu, mais commettent également des meurtres de manière plus indirecte et en très grand nombre, en tant qu'effet secondaire de leurs sanctions impérialistes barbares.

Les victimes de l'indépendance américaine sont celles génocidées par les mandataires de l'empire pour maintenir un contrôle hégémonique régional, incluant, sans s'y limiter, des centaines de milliers de Palestiniens, un million de militants de gauche indonésiens, deux cent mille  Mayas au Guatemala, 75 000 antifascistes  au Salvador, et des dizaines de milliers de communistes et de militants de gauche torturés, disparus et assassinés au Brésil, au Chili et en Argentine tout au long des années 1960 et 1970. Le soutien américain au fascisme national, au génocide et aux meurtres de masse a toujours été une constante historique.

Parmi les victimes figurent notamment les bisons, dont la population a été décimée de 70 millions à quelques milliers seulement en l'espace de 30 ans par les colons européens, dans le cadre d' une tactique génocidaire visant à affamer les Amérindiens et les confiner dans des réserves, ou encore le pigeon migrateur, dont les notes joyeuses emplissaient autrefois le ciel nord-américain avant d'être chassé jusqu'à ce que sa population passe de 5 milliards à l'extinction.

Les victimes, ce sont les classes populaires américaines, blanches, métisses et noires, sacrifiées au nom d'une mondialisation qui a érigé la pyramide socio-économique vidant l'Amérique moyenne de sa substance, et concentrant la richesse au sommet de façon toujours plus extrême.

Des chasseurs américains debout sur une montagne de crânes de bisons

Mais le nationalisme est une drogue redoutable, et grâce à un programme scolaire soigneusement calibré pour perpétuer l'empire, les Américains ont été endoctrinés avec succès pour célébrer cette page d'histoire.

Les feux d'artifice d'aujourd'hui célébreront une histoire honteuse, rétrograde et sanglante dont seuls quelques-uns ont même conscience.

Une fois encore, il s'agit moins d'un jugement porté sur les Américains que sur la qualité du système que ces individus constituent, et surtout sur la qualité des dirigeants qui contrôlent et dirigent ce système. Et les États-Unis, après avoir endossé le statut d'empire et semé le capitalisme à travers le monde, ne sont pas qu'une force intrinsèquement négative dans le monde, mais le plus grand obstacle à l'épanouissement humain véritable dans le monde d'aujourd'hui.

Sur le plan intérieur, le système américain d'hypercapitalisme générateur de multimilliardaires est objectivement un échec pour la majorité, engendrant les plus grandes inégalités du monde occidental.

À l'étranger, des chambres de torture de Guantanamo à l'autoroute de la mort en Irak en passant par les viols et les meurtres de civils commis par les forces américaines et les écolières de Minab, les États-Unis commettent des actes d'une cruauté si gratuite que leur position aux commandes de l'ordre international n'est sans aucun doute qu'une plaisanterie de mauvais goût. Au Vietnam,  des entretiens avec des soldats américains ont révélé que le viol et le meurtre d'enfants et de femmes

"étaient si courants que les soldats américains ont inventé un terme spécifique pour désigner ceux qui commettaient ces actes : les 'doubles vétérans'".

Le viol de femmes et d'enfants irakiens était également monnaie courante, seuls quelques cas très médiatisés ayant jamais fait l'objet de poursuites, notamment  le viol collectif d'Abeer Qassim al-Janabi, âgée de 14 ans, dont le père, la mère et la sœur ont été massacrés sous ses yeux par des soldats américains, avant d'être elle-même assassinée.

À l'étranger, où, après l'invasion de 2002, l'armée américaine et la CIA ont fait de l'Afghanistan  le plus grand cartel de trafic d'héroïne au monde, déclenchant ainsi la crise des opiacés sur leur propre territoire.

Les États-Unis, c'est la mort. Ils la trimbalent comme une mascotte partout où ils passent, et rien ne survit à leur contact.

Le 4 juillet, il n'y a rien à célébrer, seulement des millions de victimes à honorer.

Gardez donc vos célébrations pour le jour où justice sera faite et où cet empire grotesque tombera enfin.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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