07/07/2026 ssofidelis.substack.com  8min #319314

Contrôle total d'Iran/oman à Ormuz, Trump contraint aux négociations, résistance du Liban et Israël au bord de l'effondrement

Par  IntelSky, le 6 juillet 2026

Téhéran inflige un camouflet à Washington avec des funérailles rassemblant des millions de personnes... et les provocations de Katz précipitent la défaite de la "ligne jaune" au Liban. - Talal Nahle

Lundi 6 juillet 2026 (129e jour de la guerre - 19e jour depuis la signature du protocole d'accord)

Au dix-neuvième jour du protocole d'accord, la dynamique sur le terrain et la résistance imposent leur supériorité absolue face aux négociations menées à huis clos. Alors que Téhéran et Mascate mènent une révolution silencieuse dans la gestion de la sécurité maritime du détroit d'Ormuz pour mettre fin au monopole occidental, les funérailles du Guide suprême iranien, auxquelles ont participé des millions de personnes, portent un coup fatal aux paris sur la désintégration interne. À l'inverse, l'entité israélienne s'enlise dans le bourbier de la "ligne jaune" libanaise, admettant son incapacité à déloger des villages des combattants du Hezbollah, alors que son ministre de la Défense, Israël Katz, tient des propos provocateurs sur l'assassinat de Khamenei. Ces déclarations jettent de l'huile sur le feu de la dissuasion iranienne et confirment des perspectives politiques et militaires sans issue pour le gouvernement de Netanyahu.

1. La révolution de la sécurité alternative à Ormuz... Mascate et Téhéran ont renversé la situation

Loin du tumulte militaire, l'Iran et le Sultanat d'Oman mènent une ingénierie stratégique et économique cruciale pour imposer une souveraineté permanente sur le détroit d'Ormuz et exclure les compagnies d'assurance occidentales de l'équation.

  • La coentreprise omano-iranienne : selon Fatima Al-Smadi, chercheur au Centre d'études d'Al Jazeera (citant un haut responsable omanais), une proposition a été faite pour créer une société commune assurant les opérations de sauvetage, d'urgence et de protection de l'environnement (auparavant fournies gratuitement). Cette société facturera ses services, mais à des tarifs préférentiels inférieurs à ceux des compagnies d'assurance occidentales, et aucun navire ne sera autorisé à passer sans s'acquitter de ces frais.
  • Couverture juridique et internationale : Mascate a mobilisé une équipe d'experts juridiques, soutenue par un éminent expert britannique, qui a démontré que cette mesure souveraine ne viole pas le droit international. Pour garantir une couverture internationale, la Russie a approuvé la proposition (avec une réserve tactique sur son extension à d'autres voies maritimes), tandis que la Chine (le plus grand consommateur) bénéficiera de tarifs préférentiels, assurant ainsi le soutien des superpuissances orientales à ces mesures. Cette évolution éclaire les avertissements successifs du ministère iranien des Affaires étrangères selon lesquels Ormuz "n'est pas un show", en réaction aux manœuvres américaines en vue du sommet de l'OTAN.

2. Les funérailles ont rassemblé des millions de personnes... La légitimité des "bannières de la vengeance" et un camouflet à la guerre psychologique de Washington

Le cortège funèbre officiel des huit dépouilles (dont celles du Guide suprême et des membres de sa famille) a débuté dans la capitale, Téhéran, dans une ambiance inédite.

  • Une marée humaine et des messages politiques : l'ampleur colossale de la foule (telle que le parcours initial, prévu de la place de l'Imam Hossein à la place Enghelab, a dû être modifié et que le cortège a duré 12 heures) a fait mentir les estimations occidentales. La foule brandissait les "bannières de la vengeance" rouges et des pancartes promettant de tuer Trump. Les analystes ont qualifié cette scène de "message politique clair confirmant que le sang du martyr ne sera pas versé en vain", prouvant ainsi l'échec des analyses américaines et de la guerre médiatique qui misait sur la désintégration du modèle iranien.
  • Escalade politique iranienne : le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a fait valoir ce mandat populaire pour lancer des "non" catégoriques :
  • "Il n'y a pas de paix entre nous et les États-Unis, et nous ne reconnaîtrons pas Israël".
  • Il a insisté sur le rejet de toute concession sur leur demande de cesser la guerre avec les alliés et le Front de la Résistance, faisant des négociations un levier vers l'obtention d'une souveraineté totale.

3. Le Liban... Le tombeau de la "ligne jaune" et l'embrasement des "zones expérimentales"

Les manœuvres israéliennes et américaines au Liban échouent face à la détermination de la résistance et au rejet, par les forces nationales libanaises, du prétexte intitulé "accord-cadre".

  • Échec sécuritaire selon l'aveu des Israéliens : la chaîne israélienne Channel 12 a remis en cause le discours officiel israélien en admettant, citant des sources sécuritaires :
  • "Le Hezbollah dispose toujours d'éléments dans des zones situées à l'intérieur de la Ligne jaune, telles que Bint Jbeil, Deir Siriane et Majdal Zoun... et leur élimination n'est pas une tâche réalisable à court terme"
  • Cet aveu explicite explique le recours de l'armée d'occupation à la tactique de la terre brûlée, après avoir fait exploser et rasé des quartiers à Aitaroun, Haddatha, Houla et Kfar Tibnit.
  • L'illusion d'Ali al-Taher et l'incursion à Haddatha : bien que l'armée d'occupation cherche à s'emparer d''Ali al-Taher, ces collines lui coûteront cher et lui opposeront une résistance farouche. À Haddatha, l'armée d'occupation a déclaré vouloir imposer un "contrôle opérationnel", avançant avec des chars Merkava et des bulldozers D9 pour tenter désespérément de sécuriser un point d'ancrage.
  • Le naufrage du parapluie politique : Sur le front politique interne, le site Al Modon a cité le président de l'Assemblée nationale Nabih Berri, qui a déclaré qu'il considère l'accord-cadre comme "inexistant". En outre, des personnalités occidentales ont lancé une attaque cinglante. L'ancien ambassadeur britannique Craig Murray a qualifié le président Aoun de chef d'un "régime fantoche cherchant à exterminer les chiites et trahissant les chrétiens". Dans ce climat, des sources ont fait état de difficultés majeures dans la formation du "Comité tripartite" en raison du refus de coopération du Hezbollah, paralysant ainsi la mise en œuvre de tout retrait expérimental.

4. L'arrogance de Katz et les divisions internes en Israël

Au plus fort des déboires militaires, les dirigeants de l'entité tentent de s'en sortir en multipliant les déclarations provocatrices, aggravant ainsi la crise que traverse leur État.

  • Les provocations de Katz : le ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré avec arrogance :
  • "C'est nous qui avons tué Ali Khamenei parce qu'il était à la tête d'un plan visant à nous détruire, et tout dirigeant iranien qui agira de la sorte sera éliminé".
  • Cette déclaration, qui coïncide avec des funérailles rassemblant des millions de personnes, ne constitue pas une démonstration de force, mais alimente au contraire les motifs de vengeance iraniens. Elle fait office de condamnation internationale qui accentue l'isolement d'Israël et prouve sa responsabilité directe dans ces assassinats.
  • Le spectre de la guerre civile : L'entité israélienne est au bord de l'effondrement interne, selon un sondage réalisé par le Jewish People Policy Institute (JPPI). 60 % des Israéliens perçoivent un danger "tangible et réel" de voir éclater une guerre civile, 49 % se disent pessimistes quant à l'avenir et 52 % s'attendent à l'assassinat politique d'une personnalité de premier plan. Ces divisions coïncident avec l'évaluation de l'armée israélienne (selon le site Walla) selon laquelle l'Iran ne s'est pas écroulé, mais a au contraire engagé un processus de reconstruction, anéantissant ainsi les illusions de "victoire totale" de Netanyahu.

Conclusion et enjeux stratégiques

À l'issue de ce dix-neuvième jour, il apparaît clairement que

  • Washington et Tel-Aviv ont perdu l'initiative sur tous les fronts. La souveraineté sur le détroit d'Ormuz s'impose désormais grâce à des technologies omani-iraniennes de pointe, privant ainsi l'alliance occidentale de toute possibilité de chantage maritime, dans un contexte où la Russie et la Chine apportent leur soutien, assurant ainsi une couverture internationale.
  • Quant au Liban, l'aveu des services du renseignement israéliens selon lequel il est impossible de déloger les résistants du Hezbollah de la "ligne jaune" (Bint Jbeil, Majdal Zoun) confirme l'échec total du concept des "zones expérimentales". La riposte politique libanaise (le veto du président Berri) et la riposte sur le terrain (les embuscades de la résistance) privent l'"accord-cadre" de ses fondements, réduisant Israël à une guerre d'usure sans issue avec des effectifs insuffisants.
  • Enfin, les manifestations à Téhéran ont prouvé que la guerre américano-israélienne a engendré un leadership iranien plus déterminé et légitime à faire respecter ses lignes rouges. Les provocations insensées de Katz et le risque croissant d'une guerre civile israélienne confirment que c'est bien cette entité qui est confrontée à une véritable menace d'effondrement, tandis que l'administration Trump devra, lors des négociations de l'OTAN, se plier aux équations de facto dans le détroit d'Ormuz pour sauver son économie, au détriment de la stratégie avortée d'Israël visant la "victoire absolue".

Traduit par  Spirit of Free Speech

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