07/07/2026 reseauinternational.net  13min #319334

L'été de tous les dangers

par Jean-Michel Vernochet

Un nième rapport des Nations unies rapportent une fois de plus des pratiques à caractère génocidaire de la part de forces d'occupation israéliennes au Sud Liban. Des tireurs prendraient pour cibles des enfants non encore membres de jure du Hezbollah [Parti de Dieu], mais assurément de futurs terroristes dès le ventre de leur mère, ennemis du Peuple élu. Ceux-là mêmes qui pratiquent des "pogroms" en tuant dans leur blindé quatre soldats hébreux par pure haine antisémite, rien que ça ! Il ne vient pas l'esprit des indignés convulsifs de connaître ce que faisaient ces tankistes au Sud Liban - certes au prétexte de légitime-défense - ni combien eux-mêmes avaient occis de ces "animaux à deux pattes", chrétiens ou musulmans, qui pullulent à proximité du château de Beaufort ? Qui ne se souvient de ce maillot exaltant bien avant le 7octobre 2023, les hauts faits de l'Armée la plus morale du monde et où figurait au cœur d'une cible, la silhouette d'une femme voilée enceinte avec la légende "One shoot -Two kills" [un tir, coup double] ? À Gaza, où les tueries quotidiennes se poursuivent en dépit d'un introuvable cessez-le-feu, des tireurs en uniformes s'étaient vanté de leurs tableaux de chasse près des points de ravitaillement où il faisait bon d'affiner la finesse de son tir en visant de jeunes porteurs de gamelles, notamment pendant les grandes pénuries alimentaires, entre mai et octobre 2025... Fin 2024, un chirurgien anglais, le Dr. Nizam Mamode, témoignait avoir traité quotidiennement des enfants blessés par balle unique à la tête et au torse, la précision et la récurrence de ces blessures excluant a priori l'hypothèse d'une balle perdue ou d'un "dommage collatéral". De nombreuse vidéos partagées entre soldats sur TikTok et Telegram ont mis en évidence l'impunité de règle pour ce type de comportement assortie d'une totale absence de sens moral pour leurs auteurs comme pour leurs gradés... Admirons ici également la toute-puissance des mots puisqu'il suffit à transmuter le passant innocent en "terroriste" susceptible d'être tiré à vue en application du saint principe du droit à se défendre, oubliant néanmoins l'élément modérateur qu'est la proportionnalité ! L'inversion accusatoire est une bien belle chose, n'est-ce pas ?

Et Dieu, où est-il dans tout cela ?

Dieu semble avoir déserté les champs de bataille de l'Orient et leurs carnages ordinaires, tout comme la raison semble avoir fui les cervelles des dirigeants occidentaux... Ou bien, ne s'agirait-il pas de ce dieu des batailles maître de la guerre qu'adoraient les anciens Hébreux ? Déité dont il est interdit de dire le nom, gorgée de colère, pétrie de vengeance, sans compassion ni humanité, étrangère aux Évangiles ? Les gnostiques voient dans le créateur du monde et du cosmos - le Démiurge - une divinité mauvaise, foncièrement sans entrailles, totalement dépourvu de miséricorde... Certaines gnoses vont jusqu'à s'affranchir de la loi morale et prétendent évoluer par-delà le Bien et le Mal. La Loi, morale ou naturelle, leur devient alors inutile voire encombrante. Le messianisme déviant prêché par Sabbataï Tsevi et son suiveur Jacob Frank est plus encore radicalement antinomique, le mal n'est plus indifférent - opposable au bien ou son égal - il est en soi une "voie" d'accomplissement, celle de la rédemption dans et par le mal ! C'est à l'évidence le sentier lumineux qu'empruntent aujourd'hui les Likoudniks, sionistes révisionnistes, héritiers de Ze'ev Jabotinski et de Joseph Trumpeldor, créateurs du premier embryon d'armée juive les [Muletiers de Sion] mis au service de la couronne britannique au cours de la première mondiale. Ces gens ont inventé avec le sionisme intégral - adossé à un extravagant messianisme athéeiste faisant quasiment du peuple juif son propre messie à l'issue de l'épreuve holocaustique - une chimère hybridant l'implantation contre-nature sur une terre [Eretz Israël] en contradiction avec l'injonction yahvique les en ayant chassés en raison de leurs péchés, avec le récit d'une Promesse biblique de Jérusalem terrestre...

L'enracinement est en fait une déviance théologique importée, reprise de la gentilice hellénique après la conquête de la Judée par Alexandre en 332 av. JC [- 63 arrivée de Rome]. Idée de fixation territoriale qui avait prospéré sous le roi Hérode Ier [37 av. JC - 4 après JC] et que les Zélotes combattirent farouchement entre l'an 6 et 70 date de la destruction du Temple par le général et futur empereur Titus... Ainsi que par leurs épigones, les Sicaires, inventeurs du terrorisme urbain et des assassinats ciblés, sur les marchés ou au coin des rues - de la même façon que des déséquilibrés les pratiquent de nos jours, mais apparemment au hasard ! - qui séviront à partir de 50 et jusqu'en 66 après JC, en trucidant au poignard notables et prêtres juifs suspects de collaborer avec les Romains. Les derniers d'entre eux, réfractaires à la Pax Romana, trouveront refuge dans l'inexpugnable forteresse de Massada où ils finiront par se suicider collectivement en 74.

L'idéologie de l'actuelle "Entité sioniste", mixte monstrueux du nationalisme et d'un messianisme dévoyé - le suprématisme de l'Élection ayant migré de nos jours dans les délires transhumanistes - devenue la matrice des maîtres de l'ignominie, cette oligarchie du Mal constituant la super structure de ce que l'Iran désigne comme l'Empire epsteinien... Le monde d'Epstein ne se réduisant évidemment pas à un homme, un réseau, un club de grossiums dégénérés et de détraqués sexuels. Il est question d'un "système" greffé sur les centres mondiaux de l'actuelle révolution technologique, de l'IA, de l'informatique et de l'ingénierie génétique, lui assurant une réelle emprise sur les centres occidentaux de pouvoir et les appareils d'États par la corruption des mœurs, la vénalité et le chantage outre les manipulations de tous ordres. Aussi est-il loisible de dire que la dégénérescence d'un système capitaliste ayant rompu les amarres avec l'éthique du Protestantisme, telle que décrite dans les travaux de Max Weber et Werner Sombart, nous a conduits là où nous en sommes, c'est-à-dire au bord de l'effondrement économique voire d'une conflagration mondiale. Tout cela afin d'accomplir des phantasmagories - celle d'une Élection divine mise au service d'une volonté psychotique de souveraineté tribale - qui certes a permis à quelques groupes de s'imposer par leur habileté, leur absence de scrupules, leur ténacité et une soif effrénée de puissance, pour en fin de compte triompher à travers toutes les vicissitudes et tribulations de l'histoire... Mais aussi d'arriver aujourd'hui à un point de non-retour où leur existence-même en tant que Nation pourrait se voir remis en question par un excès de certitude en une Destinée pas si Manifeste que cela.

Lueur et espoir protocolaire

Et il n'est pas du tout assuré que le départ de l'actuel Premier ministre Benjamin Netanyahou [alias Mileikowski... un homonyme du président argentin Javier Milei qui a par ailleurs confessé être juif par l'une de ses grand-mères] à l'issue d'élections législatives prévues à la fin de l'été, modifieront significativement l'actuelle trajectoire suicidaire de l'entité hébreue... Laquelle - trop sûre d'elle-même et d'un soutien inconditionnel des États-Unis alors que s'effrite à grande vitesse la popularité dont elle jouissait jusqu'ici auprès d'un opinion américaine imprégnée d'idéologie vétérotestamentaire - n'a pas suffisamment pris la mesure des changements intervenus dans le monde, en particulier le virage révolutionnaire intervenu avec l'intelligence artificielle, la guerre des drones et autres robots aériens, marins, sous-marins, insensibles à la fatigue, à la peur et à la douleur. Aussi pour nous, gens de la terre des pères, l'heure du choix a-t-elle sonné entre Civilisation ou Barbarie ? Pour ou contre la politique de la terre brûlée au Liban, contre les bombardements indiscriminés autres tueries diverses et variées dans l'attente perverse et l'espoir vengeur de faire capoter le protocole d'entente entre Washington et Téhéran...

Cependant l'urgence est devenue telle devant l'épuisement des réserves stratégiques d'hydrocarbures - lesquelles ont permis pendant la fermeture d'Ormuz de satisfaire artificiellement aux besoins, notamment ceux créés par le conflit lui-même - qu'il fallait, au grand dam des enragés de Tel-Aviv, suspendre les hostilités au moins pour quelques mois... Le temps nécessaire à créer une dérivation en poussant l'OTAN et les Européens vers une confrontation directe avec la Fédération de Russie. Et la tension grimpe ces derniers jours à la vitesse des températures caniculaires de ce début d'été tandis que s'accentue la cobelligérance des euro-atlantistes dans la crise ukrainienne... Drones insensibles aux contre-mesures électroniques en raison de leur pilotage satellitaire via Starlink ; usines britanniques et allemandes fournissant les pièces qui seront plus tard assemblées en Ukraine afin de faire croire à une farouche autonomie de production et alors que les rangs de l'infanterie de Kief sont alimentés par les hommes raflés aux quatre coins du pays ; bombardement dans la nuit du 2 au 3 juin du terminal pétrolier de la Baltique à Saint-Pétersbourg dont le retentissement symbolique a été considérable en ce jour d'ouverture du Forum économique international ; blocus ferroviaire, routier, maritime de la Crimée en passe d'être asphyxiée, d'autant plus si le pont de Kersh venait à être fermé, même temporairement. La tension croit et le risque d'un choc direct avec... Mais n'allons surtout pas croire que l'Ukraine et la Perse sont des affaires disjointes, ce sont les deux faces d'un même conflit...

Protocole qui au demeurant n'engage à rien n'étant qu'une liste d'intentions autorisant toutes les interprétations et quiproquos possibles. On sait déjà que de part et d'autre les lectures diffèrent chacun voulant voir midi à sa porte, et qu'elles divergeront d'autant plus que les regards portés sur le texte seront ceux de la bonne ou de la mauvaise foi et volonté. Et puis M. Trump, l'homme trop prévisible dans son imprévisibilité chronique, a-t-il la moindre intention de conduire à son terme une recherche de paix durable ? Rien n'est moins sûr ! Maintenant comprenons que Trump s'adresse d'abord à son électorat et qu'il n'est pas absolument certain que l'électeur de base du Midwest sache très bien où se situe l'Iran ni qui sont les Iraniens déduit à l'image d'un régime massacreur en deux jours [8&9 janvier] de "quarante-mille" manifestants assoiffés de liberté... Chiffre désormais inscrit au firmament des vérités éternelles. Au reste un bilan humain dix fois supérieur à celui de 39 jours de pilonnage aérien intensif par les forces aériennes coalisées de Washington et Tel-Aviv, comprenne qui voudra ou qui pourra !

Protocole qui d'ailleurs ne fait pas non plus l'unanimité en Iran, Mojtaba Khamenei, fils et successeur du grand vieillard qui périt assassiné dans la frappe dite de décapitation du 28 février avec une partie de sa famille et l'état-major politique et militaire iranien, a exprimé de claires réserves à l'égard de cette "déclaration d'intentions" ce qui suppose un engagement à négocier ensuite [de bonne foi], mais a finalement accepté qu'il soit néanmoins cosigné par le président de la République islamique... Sachant pertinemment à quel point les occidentaux en général et les Américains en particulier, sont peu fiables [les notions d'honneur, de respect de la parole donnée n'ont plus guère de sens de nos jours au même titre que beaucoup d'autres telles que loyauté, fidélité, décence, bon goût, pudeur, &c] et méritent de ce fait très peu de considération... Ainsi donc, à juste titre, la délégation iranienne a refusé la traditionnelle photographie historique de la cérémonie de signature comme à l'issue d'une rencontre sportive où les équipes se rendent mutuellement hommage à l'issue d'un combat régulier ! Mais qu'auraient dû saluer les Iraniens ? Des bouchers qui se sont fort peu risqué dans l'espace aérien de l'Iran, tirant leurs missiles et lâchant leurs bombes planantes bonne distance de sécurité... Parce que contrairement aux vantardises éhontées du Pentagone gloutonnement relayées par la Maison Blanche, bien que considérablement affaiblies les capacités de défense de l'Iran n'ont pas totalement été anéantie. Raison parmi d'autres pour laquelle Trump plutôt que de renchérir et de ruiner un peu plus sa popularité et son pays, de guerre lasse, a préféré jeter l'éponge !

Mémoire longue mère de prudence

Et puis à Téhéran, nul n'a oublié que la Guerre des Douze jours a été déclenché en pleine négociation. Pas plus que la plupart des assassinats ciblés ayant décimé l'élite de la physique atomique iranienne sont dus à une "fuite" provenant de l'Agence internationale à l'énergie atomique [AIEA] dont les fichiers informatiques - en l'occurrence ceux de son directeur argentin Raphael Grossi - auraient été piratés alors qu'ils contenaient la liste, noms et localisations, des scientifiques en charge du programme nucléaire de la République islamique. Quelques esprits malveillants ne manqueront pas de s'interroger sur les circonstances et la facilité du "piratage" d'un site de très haute sécurité... Ceux qui sont quelque peu familiers des arcanes des organisations internationales auront ici à l'esprit le cas de Scott Ritter, inspecteur des Nations unies en Irak avant 2003 et la guerre, en quête d'armes de destruction massive, par la suite avérées inexistantes. Ritter, ancien officier de renseignement pendant douze ans au sein du Corps des Marines des États-Unis et conseiller du général Norman Schwarzkopf pendant l'opération Tempête du désert [février 1991], a révélé que sous couvert de sa mission d'inspection, s'être livré à de l'espionnage au profit de la CIA et du Mossad israélien ! Voilà la bande de loups, de chacals et de requins tricheurs aux cartes biseautées et aux dès pipés avec lesquels les Iraniens doivent négocier et composer ! Certes eux-mêmes ne sont ni des oies blanches ni des saints innocents, mais avoir de tels précédents à l'esprit aide à prendre la mesure de la distance séparant la coupe pleine d'une paix durable des lèvres de négociateurs où fiel et miel s'entremêlent.

À ce stade, une mise au point s'impose. Il n'est pas nécessaire d'aimer passionnément ou à la folie la classe dirigeante iranienne chiite, ni le Hezbollah libanais, ni en gros les Palestiniens... Mais il est une honnêteté intellectuelle élémentaire qui tient toute dans la parole christique - Rendre à César ce qui lui appartient - et exige que nous ne nous fassions pas la dupe des mensonges que déversent à grand débit les politiques et les médias. Classe politique à laquelle, en France, une majorité de Citoyens n'accorde plus guère de confiance. Le 24 septembre 2000, les Français interrogés quant à l'abandon du septennat pour le quinquennat s'abstiennent à 69, 81%... Depuis, au fil des ans et des scrutions, la tendance s'est confirmée : en juin 2021, au premier tour des élections locales et régionales 66,72% des votants ont désertés les bureaux de vote ; aux élections nationales et européennes l'abstention frise régulièrement les 60%... Le dernier refuge d'une confiance raisonnable - mais largement volatile - se rencontre au final dans les Bourses, la finance, le commerce mais certainement pas dans la diplomatie et la politique qui ne sont en vérité que d'autres visages de la confrontation et des rapports de forces plus ou moins conflictuels entre entités étatiques, blocs, aires civilisationnelles et démographiques... Nord contre Sud, Est versus Ouest dessinent le grand espace des concurrences et des rivalité d'une tectonique des plaques épicée de sélection darwinienne ! Ce pourquoi consentir l'effort minimal de rendre à chacun ce qui lui revient - autrement dit faire acte de justice - c'est recourir à un outil épistémologique utile à distinguer le vrai du faux, le bon du mauvais, l'opportun de l'inopportun et in fine le juste de l'injuste. Le Droit à son origine consiste en des règles de répartition, chacun recevant son dû eu égard à ses mérites, son rang, son labeur cela sous les auspices d'une loi naturelle immanente.

Alors peu importe que les dirigeants de l'OLP [Organisation de Libération de la Palestine], de l'Autorité palestinienne et du Fatah soient aussi corrompus et menteurs que peuvent l'être - selon leur réputation ! - les négociateurs américains Jared Kushner et Steve Witkoff, respectivement gendre du président américain et promoteur immobilier new-yorkais, car l'absence de morale des uns ne doit pas servir d'excuses aux perpétrateurs de massacres et autres ignominies tel le vol délibéré du bien d'autrui, de sa terre et de sa vie sous les prétextes fumeux d'une archaïque et mythique dévolution antédiluvienne. N'en déplaise aux purs juristes, la morale et le droit [la morale comme reflet ou expression d'un ordre cosmique surnaturel], à un certain niveau, ne sont pas étrangers l'un à l'autre. Et l'Ukraine me direz-vous ? Comparons ce qui peut l'être. Alain Juillet, ancien directeur du Renseignement à la Direction générale de la Sécurité extérieur, parlait encore récemment du droit des Russes à intervenir au Donbass, droit légitime et même un devoir de venir au secours de populations russes [et non seulement russophones] attraies et meurtries [15 000 † environ] pendant sept ans par les forces de Kief à l'instigation de Washington, parrain du coup d'État du Maïdan en janvier 2014... La guerre est à notre porte reste à savoir si nous devons l'accueillir et de quelle manière !?

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