
par Philippe Rosenthal
Le 14 juillet, l'Union européenne (UE) envisage de tenir des conférences intergouvernementales (CIG) sur l'élargissement avec l'Albanie, le Monténégro, l'Ukraine et la Moldavie lors du Conseil des affaires générales (réunion des ministres de l'UE). La Commission prépare une réforme de l'élargissement. L'Ukraine est la priorité.
La Commission européenne prépare une réforme de l'élargissement pour reprendre la main sur le débat. "La Commission européenne prépare des propositions pour réformer le processus d'élargissement de l'UE, afin de réaffirmer son rôle dans un débat de plus en plus façonné par les États membres, ont indiqué à Euronews trois responsables européens". Les États membres ont multiplié les documents de position avançant des pistes pour réformer le processus d'adhésion. "Cinq des six membres fondateurs de l'UE ('Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg) ont proposé de renforcer les garde-fous existants afin d'éviter tout recul démocratique et toute violation de l'État de droit, tirant les leçons de la Hongrie de Viktor Orbán", précise la chaîne de télévision pan-européenne multilingue d'information internationale en continu.
Ainsi, l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg appellent à durcir les règles d'adhésion à l'UE afin de se prémunir de violations de l'État de droit de futurs membres, chose sidérante car ces pays en particulier les deux premiers sont un exemple de ce qu'ils dénoncent : la violation de la démocratie. Les habitants de ces pays ne sont même plus considérés comme des citoyens et ils craignent de donner leurs opinions ou de parler. Ici, le slogan de la défense de la démocratie est un principe inversé mais utilisé pour museler, faire peur. Par ailleurs, sous le précepte de la démocratie, ces pays valident des guerres pour "portéger la démocratie". La ficelle est un peu grosse mais bien connue et éclate aux yeux des habitants.
Euronews signale : "L'Union européenne pourrait se doter d'outils supplémentaires pour réagir plus rapidement en cas de violation par les États membres des droits fondamentaux et des principes démocratiques". Le bloc met en place des systèmes pour plier la démocratie dans son sens et soumettre l'expression du peuple de ces pays, voilà la traduction. Tous les pays de l'UE doivent obéir aux ordres de Bruxelles et en particulier d'Ursula von der Leyen.
Observateur Continental a averti sur les procédés de la présidente de la Commission européenne : "Von der Leyen construit sa"Police Secrète d'État". La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est régulièrement accusée par ses détracteurs de concentrer les pouvoirs et d'outrepasser ses prérogatives institutionnelles. Son style de direction centralisé et son action sur la scène internationale suscitent des critiques quant au respect du contrôle démocratique".
Elle est connue aussi pour collectionner les affaires d'abus de pouvoir en piétinant la démocratie européenne : affaire McKinsey, affaire des SMS secrets pour les contrats Pfizer (Pfizergate). La démocratie ici n'a pas lieu de citer. L'UE renforce les traités d'adhésion des futurs membres du bloc par diverses clauses de sauvegarde afin de réprimer les entorses au droit et d'imposer des sanctions rapides, comme la suspension des fonds et des droits de vote.
"Les nouveaux entrants devraient aussi voir leur droit de veto limité pendant une période indéterminée pour éviter des blocages soudains sur des décisions jugées prioritaires, précise le document. La politique étrangère fait partie des domaines où l'UE exige en permanence l'unanimité", signale Euronews.
La réforme de l'élargissement est totalement mise sous le contrôle de la Commission européenne, c'est-à-dire de von der Leyen. L'Allemagne et la France "avancent des idées pour une intégration progressive des pays candidats, permettant aux nouveaux venus de bénéficier rapidement de certains avantages de l'adhésion à l'UE avant d'obtenir le statut de membre à part entière".
L'UE instaure le filtrage, l'interdiction des nouveaux candidats qui auraient une politique un peu différente. Cette idée de bénéficier de certains avantages est une stratégie pour l'Ukraine. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a, auparavant, proposé la création d'un statut de "membre associé" afin d'étendre les garanties de sécurité à l'Ukraine. Cette idée proposée en mai dernier par Merz vise à offrir à l'Ukraine une " adhésion associée" pour intégrer le pays sans attendre la fin des négociations complexes d'adhésion à l'Union européenne. Cela serait une "étape décisive" avant une adhésion pleine et entière. De son côté l'Ukraine s'est toujours montrée réticente face aux différentes idées visant à la faire patienter sur la voie de son adhésion. Zelensky réclame de son côté une "pleine adhésion" dans l'UE, de préférence en 2027.
Les pays de l'UE se préparent désormais à un débat stratégique sur la réforme du processus d'adhésion lors du prochain sommet des dirigeants en octobre, à la suite d'une tournée des 27 capitales par le président du Conseil européen, António Costa.
"L'Ukraine et la Moldavie vont passer au volet politique étrangère de leur processus d'adhésion à l'UE", lors du Conseil des affaires générales (réunion des ministres de l'UE) du 14 juillet, précise Euractiv. "Le chapitre consacré à la politique étrangère" est considéré "comme la dernière victoire facile sur le parcours administratif menant à l'adhésion" à l'UE, "les autres volets couvrant des domaines politiquement plus sensibles, notamment la politique agricole commune de l'UE et le marché intérieur", poursuit le site d'information européen spécialisé dans les politiques de l'UE. Cependant, la Pologne menace de bloquer le processus d'adhésion de l'Ukraine. Le ministre polonais de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, a menacé qu'"avec Bandera l'Ukraine n'entrera pas dans l'Union européenne". Mais, la Commission européenne prépare une réforme de l'élargissement pour reprendre la main sur le débat. Von der Leyen - comme à son habitude - veut intervenir sans tenir compte des avis des différents pays du bloc.
source : Observateur Continental