
par Bruno Guigue
Sinistres fourriers du malheur des hommes, vous êtes la perdition de vos âmes déshonorées. Bourreaux qui errez dans la fange de vos crimes, vous êtes la lie de l'humanité, la tumeur maligne d'un monde qui saigne.
Le crime ne vous suffit pas, il vous faut lui tresser les couronnes flétries de votre imposture. Apôtres des gibets, chiffonniers de l'ignominie, vos regards sont hébétés d'injustice, vous pavoisez d'infamie et vous plastronnez de pourriture.
Illusoires maîtres du monde qui pataugez dans l'indignité, c'est sur cet astre mort qui vous tient lieu d'âme errante que vous portez son malheur comme on brandit un trophée.
Les lâches vous le pardonneront, les cupides vous envieront, les bourreaux vous feront allégeance. Seules les âmes nobles se dresseront contre votre infamie et vous jetteront l'opprobre.
Assassins d'enfants, tortionnaires de l'innocence, c'est dans le malheur que vous croyez vaincre. C'est dans la souffrance que vous éprouvez votre force. Supprimant des vies, vous croyez supprimer l'espoir.
Avilissant le présent, vous croyez étouffer l'avenir qui vous emportera un jour. Vautours au bec acéré et au cœur sec, vous vous nourrissez de charognes. Et charognes, vous finirez à votre tour.
source : Bruno Guigue