13/07/2026 dedefensa.org  7min #319996

 La chronologie de Lindsey Graham ne tient pas la route... Il est mort à Kiev

Intrigue au paradis de la post-vérité

 Journal dde.crisis de Philippe Grasset 

13 juillet 2026 - On parle de la mort du célébrissime Sénateur-combattant Lindsay Graham et l'on remet sur ce sujet à nouveau de nombreuses références à Andrew Korybko qui s'y est beaucoup intéressé. Il l'a d'ailleurs fait d'une façon intéressante, en s 'attachant aux réactions obsessionnelles des réseaux sociaux, nombreuses et variées pour ce cas, mais en subissant des attaques ukrainiennes officielles.

Nous procédons donc comme hier, en commençant par la citation de texte de Korybko, qui se résume bien à son titre : "Arrétez la folie : Poutine n'a pas tué Lindsay Craham !"

Voici donc ce dont il est question, en nous passant des diverses références qu'on retrouve dans le  texte anglais initial pour nous renvoyer aux diverses affirmations exotiques-complotistes, dans les deux sens d'ailleurs :

"La surenchère sur les réseaux sociaux et la course aux clics ont engendré une surenchère de médiocrité, où la plupart des influenceurs, de tous bords, cherchent à séduire le plus grand nombre.

Le décès soudain du sénateur Lindsey Graham, l'un des plus proches amis de Trump et devenu par la suite l'un de ses alliés politiques les plus fidèles, a été attribué par son cabinet à une"brève et soudaine maladie". Cependant, comme il ne présentait aucun signe de maladie lors de sa dernière apparition publique à Kiev et qu'il venait de visiter une usine de drones secrète dans la ville, certains, amis comme ennemis de la Russie, ont avancé des théories du complot selon lesquelles Poutine l'aurait fait assassiner. Chacun poursuit bien sûr des objectifs narratifs différents.

Une théorie avancée par les alliés de la Russie avance que Graham aurait été tué lors d'une frappe russe contre une autre usine de drones ukrainienne qu'il avait visitée secrètement. Or, Trump a confirmé avoir parlé à Graham la veille de sa mort, après son retour aux États-Unis. Il est peu probable que lui, connu pour son tempérament très émotif, ait couvert l'assassinat de son ami proche par Poutine. Il est encore plus improbable que l'État profond anti-russe en fasse autant, renonçant ainsi à une escalade des tensions avec la Russie.

Une théorie relativement moins alambiquée suggère que Poutine aurait piégé Graham à Kiev avec une toxine simulant une crise cardiaque, programmée pour agir quelques heures après son retour aux États-Unis afin d'éviter les soupçons. Ce scénario présente trois problèmes majeurs : 1) Poutine ne s'en prendrait même pas à des personnalités ukrainiennes pour des raisons qui lui sont propres ; 2) Graham était une figure emblématique de l'establishment américain anti-russe, et sa mort ne changerait rien à leur politique ; et 3) Poutine ne souhaite inciter Trump à une nouvelle escalade. S'il est vrai que certaines personnalités russes de premier plan ont menacé Graham par le passé, il est courant de critiquer ouvertement ses adversaires de guerre, et Graham était assurément un adversaire de la Russie puisqu'il croyait sincèrement à la cause anti-russe défendue par l'establishment et l'État profond de son pays. À cette fin, il a défendu les politiques anti-russes et pro-ukrainiennes les plus intransigeantes, et ce jusqu'à sa mort, puisqu'il s'apprêtait à faire adopter son projet de loi de sanctions radicales visant les clients pétroliers de la Russie.

Cependant, étant donné que Graham était une figure emblématique de l'establishment américain anti-russe et que sa mort ne modifiera pas leurs politiques, comme mentionné précédemment, il est difficile de croire que Poutine, peu enclin au risque, aurait pris la possibilité de provoquer Trump et de le pousser à franchir toutes les lignes rouges de la Russie par vengeance, en assassinant Graham. Ceux qui, parmi les alliés de la Russie, affirment qu'il a tué Graham recherchent probablement l'attention, l'influence et le soutien moral de leur camp, tandis que ses adversaires veulent provoquer Trump et l'inciter à une escalade des tensions avec la Russie.

La convergence des récits entre ces deux groupes aux antipodes, poursuivant chacun des objectifs différents, donne une crédibilité illusoire à la théorie du complot selon laquelle Poutine aurait assassiné Graham. En effet, le grand public pourrait, à tort, croire à cette version si ces deux rivaux s'accordent sur sa culpabilité. Si les ennemis de la Russie ne changeront pas de stratégie en raison de leurs motivations politiques hostiles, ceux qui se considèrent comme ses alliés devraient le faire sans tarder, sous peine de servir involontairement les intérêts de l'État profond américain.

En définitive, l'ère de la"post-vérité"dans laquelle survient la mort inattendue de Graham a rendu inévitable l'émergence de théories du complot. Poutine apparaît comme un suspect politiquement commode, d'autant plus que Graham, fervent opposant à la Russie, venait de visiter une usine de drones à Kiev. La désinformation sur les réseaux sociaux et la course aux clics ont engendré une surenchère de médiocrité où la plupart des influenceurs, de tous bords, cherchent à séduire le plus grand nombre. Ceci éclaire les théories du complot entourant la mort de Graham."

On peut ajouter, pour corser la sauce, un  autre texte de Korybko, véritablement expert en la matière, expliquant la vigoureuse contre-attaque des antirusses proche de Trump pour impliquer divers dissidents américains (Candice Owens, Tucker Carlson) dans le complot pour tuer Graham et renforcer une loi antiterroriste où ils pourraient les impliquer..

C'est là une originalité tendant à faire entrer cette affaire sur la scène américaine, selon une logique qui inspirera nombre de neocon et et accentuera l'affrontement aux USA. Korybko est lui-même cité comme ayant joué un rôle essentiel... Par exemple..

"Le chef adjoint du cabinet de Zkenski s'est moqué de moi parce que j'avais démenti cette théorie du complot, puis a encouragé plusieurs figures de proue de l'"écosystème médiatique mondial"ukrainien - qui inclut désormais Laura Loomer, proche conseillère de Trump - à suivre son exemple pour légitimer ce dangereux récit antirusse."

"La théorie du complot selon laquelle Poutine aurait tué Lindsey Graham - proche ami de Trump et l'un de ses principaux alliés politiques - que ce soit lors d'une frappe contre une usine de drones ukrainiens qu'il visitait ou par empoisonnement, s'est propagée comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux et risque de devenir la prochaine grande théorie complotiste du genre de celles propagées par l'assassinat de Charlie Kirk. Conscient de la menace que cela représente pour la Russie - notamment en tant que moyen de manipuler Trump pour qu'il intensifie l'escalade à son encontre en renforçant son soutien à l'Ukraine -, j'ai rapidement démonté ce récit ici."

Une orientation inattendue

Cet aspect de le mort de Graham ouvre des perspectives intéressantes en faisant pénétrer directement les deux conflits (Israël-Iran pour Kirk, Ukraine pour Graham) directement sur la scène de l'affrontement "civil" aux USA. Cela constitue une dramatisation et une pression supplémentaires énormes de cet affrontement.

Note de PhGBis: "Dans l'hypothèse extrême d'une frappe russe sur l'usine de drone (objectif naturel de leur offensive) alors que Graham visitait, on n'oubliera pas que les Russes ont averti il y a deux mois qu'ils tapaient désormais sur Kiev et que les officiels occidentauc devaient soit s'en aller, soit éviter des visites."

Il faut bien entendu noter que la mort de Kirk est restée un événement intérieur malgré les rumeurs insistantes sur l'implication du Mossad. Faire de la mort de Graham un événement similaire mais inverse a toutes les chances de provoquer le même effet : rester sur la scène américaine et l'exacerber comme ce fut le cas avec Kirk qui ne conduisit qu'à la question de la popularité d'Israël déjà fort entamée. Cette fois, ce seront les antirusses qui tenteront de profiter de l'événement, mais ils sont beaucoup moins actifs, nombreux et dynamiques d que les anti-israéliens ;

Surtout, Graham jouait un rôle institutionnel beaucoup plus important que Kirk. C'était le meneur incontesté de l'action trumpiste, anti-russe et anti-iranienne au Congrès. C'est par lui que l'AIPAC faisait transiter ses flots d'argent corrupteur et tenant les parlementaires en suivant ses instructions et son influence. On remplace aisément un Charlie Kirkn pas du tout aisément un Lindsay Graham. On pourrait même avoir certaines surprises aux élection de novembre sans Graham, avec la dilution, la morcellisation du mouvement qu'il menait d'une main de fer. Sa mort est un événement intérieur d'une importance qu'on ne soupçonne peut-être pas.

Inutile d'argumenter autour d'une soi-disant responsabilité de Potine. Tout ancien officier du KGB qu'il est, le président russe n'a ni l'audace, ni la hardiesse, ni mème le courage d'imaginer une telle action. Il n'empêche, s'il les avait eus, c'était un des meilleurs coups qu'il pouvait faire ; alors bravo, tout se passe comme s'il les avait eus...

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