14/07/2026 mondialisation.ca  9min #320088

Jeffrey Epstein: Un rôle au service de la stratégie de déstabilisation

Par  René Naba

Retour sur l'Affaire Epstein, occultée par l'agression bipartite américano-israélienne contre l'Iran, en janvier 2026, qui pourrait jouer un rôle dans les élections américaines de mi-mandat de novembre 2026, et décider de la suite du 2ème mandat présidentiel de Donald Trump.

Prédateur sexuel patenté, Jeffrey Epstein a évolué au sein d'un monde interlope, croisant de personnages sulfureux, compromettant les élites mondialisées, jouant un rôle au service, sinon des services israéliens, à tout le moins de la stratégie israélienne en direction du Monde arabe.

Le financier américain condamné pour trafic sexuel est décédé en 2019 dans des circonstances toujours débattues. Au-delà des scandales personnels qui l'entourent, ces fuites mettent en évidence un rôle inattendu et discret d'Epstein en tant qu'intermédiaire dans les relations géopolitiques au Moyen-Orient.

Ce manipulateur d'élites a contribué à tisser des liens secrets entre Israël et les Émirats arabes unis (EAU), bien avant la signature des Accords d'Abraham en 2020.

Ces accords, négociés sous l'égide de l'administration Trump, ont officialisé la normalisation des relations diplomatiques entre Israël et plusieurs pays arabes, dont les EAU, le Bahreïn et le Maroc. Ils ont été présentés comme un tournant historique, favorisant la paix et la coopération économique dans une région marquée par des décennies de conflits.

Pourtant, les courriels et documents divulgués révèlent que des canaux informels existaient depuis la décennie 2000, avec Epstein au cœur de ces échanges.

Son amitié avec des personnalités clés, comme l'ancien Premier ministre israélien Ehud Barak et le milliardaire émirati Sultan Ahmed bin Sulayem, PDG de DP World, une entreprise logistique proche des familles dirigeantes des EAU, illustre comment des réseaux privés ont précédé et peut-être influencé les initiatives officielles.

Ces révélations posent des questions sur l'influence dans la diplomatie, les liens entre affaires, renseignement et politique, et les zones d'ombre qui persistent autour d'Epstein.

Né en 1953 à New York, Jeffrey Epstein a bâti sa fortune dans la finance, travaillant notamment pour la banque Bear Stearns avant de fonder sa propre société de gestion d'actifs. Condamné en 2008 pour sollicitation de prostitution impliquant une mineure, il a purgé une peine controversée de 13 mois, marquée par des permissions de sortie. En dépit de cette condamnation infamante, Epstein a maintenu un réseau d'influence impressionnant, incluant des présidents américains, des scientifiques de renom et des chefs d'État.

Les documents de 2026, totalisant plus de trois millions de pages, proviennent de l'enquête du FBI et du Département de la Justice. Ils incluent des courriels, des notes et des rapports qui montrent Epstein non seulement comme un prédateur sexuel, mais aussi comme un "fixer" - un facilitateur - pour des deals internationaux.

Par exemple, il a coordonné des efforts pour récupérer des actifs libyens gelés après la chute de Mouammar Kadhafi, impliquant des avocats internationaux et des indications de coopération avec d'anciens agents du MI6 britannique et du Mossad israélien.

Ces éléments soulignent son immersion dans des cercles de renseignement et de diplomatie occulte. Au Moyen-Orient, Epstein a cultivé des relations avec des acteurs clés. Il a été impliqué dans des affaires avec des armes saoudiennes via Adnan Khashoggi.

Mais c'est son rôle dans les liens Israël-EAU qui émerge comme le plus structuré, avec des courriels couvrant plus d'une décennie. Les liens personnels et d'affaires avec Sultan Ahmed bin Sulayem Sultan Ahmed bin Sulayem, l'un des hommes d'affaires les plus influents de Dubaï, est au centre de ces révélations.

PDG de Dubai Port World (DP World), une entreprise contrôlée par l'émirat de Dubaï et spécialisée dans les ports et la logistique, bin Sulayem est proche des familles régnantes, notamment de Mohammed ben Rachid Al Maktoum, souverain de Dubaï et vice-président des EAU. Les courriels montrent une amitié intime entre Epstein et bin Sulayem

  • Pour aller plus loin sur cette affaire, cf ce lien :  libnanews.com

Au niveau africain, deux noms se distinguent : Karim Wade, fils de l'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, et Nina Keita, la nièce du président ivoirien Alassane Ouattara sont impliqués dans le réseau Epstein.

Dans l'Afrique de l'Ouest des années 2010, Karim Wade, fils du président sénégalais Abdoulaye Wade et figure politique majeure, attire l'attention de Jeffrey Epstein. Surnommé "le ministre de la terre et du ciel", en raison de son super portefeuille ministériel (coopération internationale, aménagement du territoire, transport aérien, infrastructures, énergie), son nom apparaît 504 fois dans les "Epstein Files".

Après leur rencontre, en 2010, Epstein décrit Karim Wade comme "l'un des plus importants acteurs en Afrique" dans un e-mail à James Staley, ex-patron de la banque Barclays. Une personnalité au côté de laquelle il se réjouit à plusieurs reprises de pouvoir "s'amuser".

Et la nièce du président ivoirien Alassane Ouattara s'est révélée être une "entremetteuse" dans l'affaire Epstein. Nina Keita, ex-mannequin, qui occupe des fonctions importantes à Abidjan, avait présenté à Epstein des jeunes filles, mais aussi des figures de la politique et des affaires.

Un morceau de la Kiswa, l'étoffe noire qui recouvre la pierre noire de la Kaaba à La Mecque, aux mains de ce pédocriminel patenté.

 courrierinternational.com

Pis: Le très sérieux site britannique Middle East Eye, en date du 3 février 2026, rapporte qu'un négociant des Emirats Arabes Unis, Aziza Al Ahmadi, en coopération avec Abdallah Al Maari a expédié vers les Etats Unis, trois pièces d'Al Kiswa, l'étoffe noire qui recouvre la Kaaba', la pierre noire de la Mecque, portant des inscriptions des versets du Coran. Le colis a été expédié vers la Floride depuis l'Arabie saoudite.

La cargaison est parvenue à Jeffrey Epstein en mars 2017, bien après son emprisonnement pour crimes sexuels. Ahmadi s'est vanté auprès d'Epstein que cette étoffe a été touchée par dix millions de croyants sunnites, chiites et autres.

La correspondance ne précise pas quand ni comment Ahmadi a fait la connaissance d'Epstein.

Se pose la question de savoir à quel besoin répondait le désir d'Epstein de se procurer une pièce sacrée musulmane. Pour se vanter auprès de ses puissants amis de l'ampleur et de la puissance de son réseau ? De prouver la vénalité de ses fournisseurs originaires des pétromonarchies ? La cupidité des bédouins pétro dollarisés du Golfe?

René Naba

L'affaire d'Al Kiswa dans Middle East Eyes

Sur ce lien :  facebook.com

Newly released files include emails detailing a shipment of sacred cloth from the Kaaba in Mecca to the United States, arranged through contacts linked to the United Arab Emirates and delivered to convicted paedophile Jeffrey Epstein.
The correspondence, dated February and March 2017, shows UAE-based businesswoman Aziza al-Ahmadi working with a man named Abdullah al-Maari to organise the shipment of three pieces connected to the Kiswa - the black, gold-embroidered cloth that covers the Kaaba at the centre of Islam's holiest site in Saudi Arabia.
Emails in the files show the items shipped by air freight from Saudi Arabia to Florida via British Airways, with coordination spanning invoices, customs arrangements and delivery inside the United States.
The shipment arrived at Epstein's home in March 2017, long after he had served jail time and registered as a sex offender.
In one email, Ahmadi underscored the cloth's religious significance while addressing Epstein directly: "The black piece was touched by minimum 10 millions Muslims of different denominations, Sunni, Shia and others."
The correspondence does not explain how Ahmadi came to know Epstein or why the pieces were sent to him.
Traduction :
Des documents récemment rendus publics contiennent des courriels détaillant l'expédition, depuis la Kaaba de La Mecque vers les États-Unis, d'un voile sacré ; cette opération a été organisée par l'intermédiaire de contacts liés aux Émirats arabes unis et les objets ont été livrés à Jeffrey Epstein, pédophile condamné.
Ces échanges, datés de février et mars 2017, montrent Aziza al-Ahmadi, une femme d'affaires basée aux Émirats arabes unis, collaborant avec un certain Abdullah al-Maari pour organiser l'envoi de trois pièces liées à la Kiswa — un fragment du voile noir brodé d'or qui recouvre la Kaaba, au cœur du lieu le plus sacré de l'islam, en Arabie saoudite.[NDT: La Kiswa est le somptueux voile de soie noire qui recouvre la Kaaba à La Mecque.]
Les courriels indiquent que les objets ont été acheminés par fret aérien depuis l'Arabie saoudite jusqu'en Floride via British Airways, la coordination englobant la facturation, les formalités douanières et la livraison sur le sol américain.
L'envoi est arrivé au domicile d'Epstein en mars 2017, bien après que celui-ci a purgé sa peine de prison et a été inscrit au registre des délinquants sexuels. Dans l'un des courriels, Mme al-Ahmadi soulignait la portée religieuse de l'étoffe en s'adressant directement à Epstein :
"La pièce noire a été touchée par au moins 10 millions de musulmans de différentes confessions : sunnites, chiites et autres."
La correspondance n'explique pas comment Mme al-Ahmadi a connu Epstein ni pourquoi ces pièces lui ont été envoyées.

L'humoriste égyptien démolit l'avocat Alan Dershovitz

🚨👏Bassem Youssef DÉTRUIT Alan Dershowitz :
"Oui bien sûr, Epstein était un espion russe..." 😂  #EpsteinFiles  #BassemYoussef  #AlanDershowitz  #Epstein  #Mossad  pic.twitter.com/ouv4NUBDiw

— vero 🔻🇵🇸 (@veroveronique1)  February 15, 2026

La source originale de cet article est  madaniya.info

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