20/07/2026 linvestigateurafricain.tg  3min #320751

Sommet de la Cedeao : le Sénégal aux commandes, un gazoduc stratégique pour relancer l'intégration régionale

Komla YAWO

Le 69ᵉ sommet ordinaire de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), tenu le 19 juillet à Freetown en  Sierra Leone, marque un tournant pour l'organisation régionale. À l'issue de cette rencontre, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a été désigné président en exercice de la CEDEAO, tandis que le général sénégalais Birame Diop prend la tête de la Commission pour un mandat de quatre ans. Les dirigeants ouest-africains ont également donné leur feu vert à un projet énergétique majeur : le gazoduc Nigeria-Maroc.

Un leadership sénégalais pour relancer la CEDEAO

La double désignation de responsables sénégalais à la tête des principales institutions de la CEDEAO intervient dans une période délicate pour l'organisation. Fragilisée par le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger, confrontée à la montée de l'insécurité et aux difficultés d'intégration économique, la CEDEAO doit redéfinir son rôle dans un environnement régional en profonde mutation.

L'arrivée de Bassirou Diomaye Faye à la présidence tournante traduit la volonté des États membres de miser sur un leadership capable de renouer le dialogue, tout en poursuivant les réformes institutionnelles. De son côté, Birame Diop aura la responsabilité de conduire l'administration de la Commission et d'accélérer la mise en œuvre des décisions communautaires.

Cette nouvelle équipe dirigeante sera attendue sur plusieurs dossiers prioritaires à savoir la lutte contre le terrorisme, la libre circulation des personnes, la relance des échanges commerciaux et le maintien du dialogue avec les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES).

Le gazoduc Nigeria-Maroc, un pari sur l'intégration économique

Parmi les principales décisions du sommet figure l'approbation de l'accord intergouvernemental sur le gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP). Long d'environ 6 000 kilomètres, l'ouvrage traversera treize pays de la façade atlantique avant de rejoindre le Maroc, avec une connexion prévue au Gazoduc Maghreb-Europe.

Estimé à près de 23 milliards d'euros, ce projet ambitionne d'acheminer le gaz nigérian vers plusieurs marchés africains et européens, tout en favorisant l'accès à l'énergie, l'industrialisation et le développement des infrastructures dans les pays traversés.

Au-delà de sa dimension énergétique, le gazoduc est présenté comme un outil d'intégration régionale susceptible de renforcer les échanges économiques et d'améliorer la sécurité énergétique de l'Afrique de l'Ouest. Les travaux devraient débuter en 2028 pour une première mise en service annoncée à partir de 2031.

Une organisation face à des défis persistants

Si le sommet de Freetown a permis d'envoyer un signal d'unité, les défis restent considérables. La CEDEAO doit restaurer sa crédibilité après les crises politiques successives dans la région et adapter son fonctionnement à une nouvelle configuration géopolitique.

Le succès de la nouvelle direction dépendra de sa capacité à concilier dialogue politique, sécurité et développement économique. Le lancement du gazoduc Nigeria-Maroc illustre cette volonté de privilégier des projets structurants capables de renforcer l'intégration régionale, alors que la stabilité de l'Afrique de l'Ouest demeure un enjeu majeur pour l'ensemble du continent.

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