21/07/2026 reseauinternational.net  3min #320789

L'optimisme révolutionnaire demande de la pratique

par Caitlin Johnstone

L'optimisme révolutionnaire est une compétence qui s'acquiert avec le temps. Comme toute compétence, elle demande de la pratique pour être maîtrisée. Et comme toute compétence, elle peut paraître très difficile au début.

Avant de maîtriser l'art de l'optimisme révolutionnaire, la situation peut sembler désespérée. Les portes du changement révolutionnaire semblent closes et verrouillées de toutes parts. La politique électorale n'apporte que déceptions. Notre société regorge d'égoïstes, de sédentaires, de flagorneurs endoctrinés par la propagande, prêts à défendre le statu quo même au détriment de leurs propres intérêts matériels. Le pain et les jeux fonctionnent toujours suffisamment pour maintenir les gens suffisamment stimulés et distraits pour qu'ils continuent à faire tourner la machine de l'empire au service de leurs maîtres.

Personne ne naît avec la capacité de garder espoir alors que tout s'effondre et que notre civilisation sombre dans la dystopie.

Cela demande de la pratique. Comme pour tout, tant que vous n'aurez pas pratiqué, vous serez probablement mauvais.

Mais comme le dit Jake le chien, être mauvais dans quelque chose est le premier pas vers la réussite.

Et il va falloir que vous vous y habituiez, car l'alternative, c'est de baisser les bras et de laisser ces salauds faire ce qu'ils veulent.

Ils veulent nous faire croire que toute résistance est inutile. Ils veulent nous faire croire que le changement est impossible, que le combat est perdu d'avance, que la machine est invincible, que les centres de données de surveillance par IA sont inévitables, que les guerres et les génocides continueront quoi que nous fassions. La bataille la plus facile est celle que l'ennemi n'essaie jamais de mener.

On ne peut pas leur laisser ce cadeau. Il faut continuer à chercher des moyens de gagner. Et on ne continuera pas à chercher des moyens de gagner si on s'est laissé séduire par le chant des sirènes du pessimisme.

Et ce chant peut être séduisant. Être pessimiste flatte l'ego, car cela permet de se sentir cool et d'avoir raison sur toute la ligne, puisque les choses ont tendance à tourner dans le sens de ceux qui détiennent le pouvoir. Être ce personnage sombre et taciturne, persuadé d'avoir toujours raison et méprisant les efforts de chacun, est bien plus facile que d'être cet optimiste béat qui enchaîne les défaites et les déceptions. C'est un confort égocentrique, comme choisir de soutenir l'équipe dont on sait qu'elle gagnera toujours.

Mais les plus belles choses de la vie se trouvent au-delà de l'inconfort. Cela est vrai, qu'il s'agisse de révolution, d'amour, de guérison, d'art ou d'éveil spirituel.

Si vous vous sentez désespéré, c'est un problème de compétences. Il vous suffit de travailler à les améliorer.

Alors, cultivez l'optimisme.

Refusez de vous laisser abattre.

Trouvez des raisons d'espérer.

Étudiez l'histoire et apprenez-en davantage sur les nombreuses révolutions qui ont triomphé et les régimes au pouvoir qui ont été renversés.

Analysez l'actualité et comprenez comment nos dirigeants perdent progressivement leur emprise.

Trouvez cette étincelle en vous qui vous permettra d'aller de l'avant, quoi qu'il arrive.

Découvrez cette ardente résistance qui vous pousse à combattre les fascistes non pas parce que vous allez gagner, mais parce qu'ils sont fascistes.

Travaillez sur vous-même jusqu'à trouver l'espace intérieur nécessaire pour maintenir un effort constant.

Cultivez votre stabilité intérieure pour pouvoir persévérer sans vous effondrer face aux difficultés.

Fixez-vous l'intention de cultiver l'optimisme, et mettez-le en pratique chaque jour.

Le monde en dépend.

Sans pression.

source :  Caitlin Johnstone via  Marie Claire Tellier

 reseauinternational.net