23/07/2026 les-crises.fr  5min #321004

Keir Starmer démissionne, laissant derrière lui un héritage marqué par la persécution des militants pro-palestiniens

"On a du mal à se souvenir de la dernière fois où un gouvernement a perdu autant de soutien et de respect en si peu de temps" a déclaré un militant.

Source :  Shireen Akram-Boshar, Truthout
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le Premier ministre Keir Starmer annonce sa démission de ses fonctions de Premier ministre britannique et de chef du Parti travailliste, devant le 10 Downing Street, le 22 juin 2026 à Londres, en Angleterre. Dan Kitwood / Getty Images

Le chef du Parti travailliste britannique, Keir Starmer, a annoncé sa démission lundi, après seulement 23 mois passés à la tête du gouvernement et une chute rapide de sa popularité.

Sous la direction de Starmer, le Parti travailliste a essuyé des défaites répétées et sans précédent lors d'élections locales face au Parti réformiste, de droite. La chute rapide de popularité de Starmer s'explique par ses politiques d'austérité et, au sein de la gauche, par sa répression à l'encontre des militants solidaires de la Palestine.

Le successeur probable de Starmer est Andy Burnham, ancien maire du Grand Manchester, qui a remporté jeudi une élection législative partielle rendant la démission de Starmer presque inévitable. Au sein du Parti travailliste, nombreux sont ceux qui ont interprété la victoire de Burnham à cette élection partielle comme un signe que ce candidat a davantage de chances de surmonter les pertes subies par le Parti travailliste au profit du parti Reform.

L'ancien ministre de la Santé Wes Streeting, considéré comme le principal rival de Burnham, a déclaré qu'il soutiendrait ce dernier. Mais les détracteurs ne sont pas optimistes quant à la capacité de ce changement de direction à mettre fin à la crise du Parti travailliste.

Charlie Hore, un militant socialiste britannique, a déclaré à Truthout :

Starmer a remporté les élections en 2024 en promettant le changement, puis il a à plusieurs reprises infligé un coup de poignard dans le dos des partisans du Parti travailliste. On a du mal à se souvenir de la dernière fois où un gouvernement a perdu autant de soutien et de respect aussi rapidement. Pourquoi ? Faites votre choix : la suppression des aides au chauffage hivernal pour les retraités ; le maintien du plafond de deux enfants tant décrié pour l'octroi des allocations ; la complaisance envers la droite raciste sur les questions d'immigration et de réfugiés ; Peter Mandelson ; le soutien au génocide à Gaza ; et la suspension des députés travaillistes qui s'opposaient à tout cela.

La suppression des aides au chauffage hivernales des retraités, moins d'un mois après l'élection de Starmer, a marqué un premier recul d'un soutien autrefois massif au cours d'un mandat écourté, marqué par le reniement des promesses. Les mesures d'austérité de Starmer sont venues s'ajouter à une crise du coût de la vie qui perdure au Royaume-Uni.

Starmer a également toujours refusé de reconnaître le génocide perpétré par Israël à Gaza, préférant veiller à l'application de l'interdiction frappant "Palestine Action" pour ses actions directes non violentes contre les usines d'armement israéliennes. Le gouvernement de Starmer a désigné Palestine Action - un groupe composé principalement de jeunes militants exigeant la fin de la complicité du Royaume-Uni dans ce génocide - comme organisation terroriste en juillet 2025, procédant à des arrestations massives et saisissant la Haute Cour britannique cette année même pour maintenir cette interdiction pour terrorisme.

"Mais si le gouvernement de Starmer était perfide et mesquin, il était aussi faible, incompétent et sujet aux déboires" a expliqué Hore. "Depuis des mois, la seule chose qui sauvait Starmer était l'absence d'une alternative crédible. L'attrait de Burnham réside dans le fait qu'il n'est pas un personnage médiocre comme Starmer, mais la crise du Parti travailliste est si profonde qu'il est difficile d'imaginer qu'il puisse le sauver."

Dans un commentaire publié vendredi, l'historien britannique D. K. Renton a écrit à propos de Burnham : "Prendre la tête du Parti travailliste sera peut-être facile, mais gouverner lui sera plus difficile." Il a également laissé entendre que Burnham aurait du mal à réitérer sa victoire locale et à inverser la tendance aux pertes croissantes face au parti de droite Reform lors des élections locales des années à venir.

L'ancien chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a déclaré samedi lors d'une interview sur Sky News : "La stratégie économique fondamentale et les opinions de Burnham [...] me semblent accepter trop largement l'austérité qui nous a été imposée."

Burnham a également essuyé des critiques pour avoir déclaré qu'il maintiendrait à son poste la ministre de l'Intérieur, Shabana Mahmood, qui a appelé à la suppression du statut de réfugié permanent au Royaume-Uni et a fait appliquer l'interdiction visant l'organisation Palestine Action.

Bien que Burnham ait appelé à un cessez-le-feu à Gaza à compter d'octobre 2023, il a, tout comme Starmer, refusé de qualifier les actions d'Israël de génocide. Il est resté membre des Labour Friends of Israel (Amis travaillistes d'Israël) et a qualifié le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) de "malveillant."

Starmer restera Premier ministre par intérim jusqu'à l'élection du prochain chef du Parti travailliste, prévue au plus tard en septembre.

Corbyn a écrit sur X après la démission de Starmer : "Keir Starmer aurait pu mettre fin à la pauvreté infantile, au sans-abrisme et aux niveaux grotesques d'inégalité dans ce pays. Au lieu de cela, il a abandonné ceux qui sont dans le besoin, détruit nos libertés civiles et facilité le génocide à Gaza."

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Shireen Akram-Boshar est une écrivaine socialiste, rédactrice et militante de solidarité avec le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Source :  Shireen Akram-Boshar, Truthout, 22-06-2026

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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