23/07/2026 arretsurinfo.ch  3min #321019

Avec une nouvelle attaque contre la Cpi, les États-Unis élargissent leur assaut contre l'État de droit

Craig Mokhiber, directeur du bureau des droits de l'homme des Nations Unies a démissionne en 2023 pour n'avoir pas réussi à mettre fin au "génocide" des Palestiniens

 Craig Mokhiber

Le nouveau secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a récemment déclaré que la Cour pénale internationale (CPI) constituait "une menace existentielle pour les États-Unis et nos alliés". Il a juré d'utiliser toute la puissance de la diplomatie et des ressources financières américaines pour "démanteler la CPI, brique par brique, si nécessaire ".

Cette déclaration marque une nouvelle escalade agressive dans l'assaut de longue date mené par les États-Unis contre le système de justice internationale. Elle intervient après que la Cour a délivré des mandats d'arrêt contre des dirigeants israéliens et américains pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis à Gaza et ailleurs.

L'affirmation selon laquelle la CPI menace la souveraineté américaine est un écran de fumée. La CPI n'a de compétence que lorsque les tribunaux nationaux ne veulent pas ou ne peuvent pas poursuivre les crimes les plus graves (génocide, crimes de guerre, crimes contre l'humanité). L'assaut actuel des États-Unis ne vise pas à défendre la souveraineté. Il s'agit d'une campagne calculée pour assurer une impunité totale aux responsables américains et israéliens accusés de violations massives des droits de l'homme.

En ciblant la Cour, l'administration américaine ne fait pas que protéger des individus. Elle cherche à détruire l'idée même qu'un gouvernement, aussi puissant soit-il, puisse être tenu pour responsable devant le droit international.

Pour parvenir à ses fins, Washington a mis en œuvre des mesures de rétorsion sévères. Les États-Unis ont imposé des sanctions financières et des interdictions de visa aux juges, procureurs et personnels de la CPI impliqués dans les enquêtes sur les crimes israéliens et américains.

Ces tactiques d'intimidation mafieuses ont été condamnées à l'échelle internationale. L'Union européenne a qualifié ces attaques d'"inacceptables" et a réaffirmé son soutien indéfectible à l'indépendance de la Cour. Des experts de l'ONU ont également prévenu que ces actions américaines constituaient une ingérence directe dans l'administration de la justice internationale.

L'assaut de l'administration américaine suscite également une résistance à l'intérieur de ses propres frontières. Des organisations de défense des droits de l'homme, menées par l'ONG Democracy for the Arab World Now (DAWN), ont intenté une action en justice contre le gouvernement américain.

Les plaignants soutiennent que les sanctions américaines violent la Constitution des États-Unis, en particulier le premier amendement (liberté d'expression). En criminalisant toute forme de coopération, de conseil ou d'assistance à la CPI, les sanctions empêchent illégalement les avocats, les chercheurs et les défenseurs des droits de l'homme américains de faire leur travail et d'interagir avec une institution juridique internationale.

Pendant des décennies, les États-Unis ont promu un prétendu "ordre international fondé sur des règles". Cependant, l'attaque actuelle contre la CPI démontre que cet ordre n'était qu'une façade. Pour Washington, les règles ne s'appliquent qu'aux pays du Sud ou aux adversaires géopolitiques, tandis que les États-Unis et leurs alliés clés restent au-dessus des lois.

En tentant de démanteler la CPI, les États-Unis envoient un message dangereux au monde entier : la force prime le droit. Cet assaut affaiblit non seulement la Cour, mais menace de replonger les relations internationales dans une ère d'impunité totale, où les puissants commettent des atrocités sans crainte de conséquences.

Par  Craig Mokhiber

Source:  mondoweiss.net

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