
Par Tim Kirby, le 23 juillet 2026
Si l'on en croit les grands médias occidentaux, la guerre en Ukraine est présentée comme une sorte d'impasse, ou pourrait même nous inciter à croire que 2026 serait l'année du regain de puissance des forces de Kiev. Cependant, en s'informant auprès des médias alternatifs ou en examinant simplement les faits par soi-même, on réalise que la guerre est loin des attentes du régime de Zelensky sur tous les plans : militaire, économique et informationnel. En l'absence de nouvelles "armes miracles" ou de financements mirobolants et avec un Kremlin inébranlable, il n'est guère surprenant qu'au sein de l'UE, des personnalités aux titres ronflants cherchent de nouvelles façons créatives de prolonger le conflit. La dernière idée en date pour riposter aux Russes vient du ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, qui, le 18 juillet 2026, dans une interview accordée à Welt am Sonntag, a estimé que le retour (forcé) de jeunes Ukrainiens (résidant dans l'UE) vers la zone de conflit serait justifié. Les mots exacts de M. Dobrindt sont les suivants :
"Obtenir l'asile par la procédure standard est, bien sûr, tout à fait possible, mais se soustraire au service militaire n'est pas un motif valable pour l'octroi de l'asile".
Si tout allait pour le mieux pour la machine de guerre de Zelensky, aucune aide supplémentaire des réfugiés au sein de l'UE ne serait nécessité, mais comme l'indique la "propagande russe", ils sont tout simplement à court d'effectifs au sens le plus littéral du terme. Le ministre allemand de l'Intérieur a clairement indiqué que tous les hommes ukrainiens capables de mourir pour l'île d'Epstein devront se battre jusqu'à ce que la victoire finale soit remportée ou que l'on sorte de cette impasse. Nous n'oublions pas que l'UE a laissé des millions de personnes immigrer sous couvert d'asile pour des raisons bien plus discutables que celles invoquées par les Ukrainiens. Certains diront que les millions de Syriens, dont certains n'étaient pas originaires de Syrie, entrés dans l'UE en tant que réfugiés, auraient dû rester chez eux et se battre. De plus, selon l'Occident, la guerre civile syrienne est terminée. Ne devraient-ils donc pas tous rentrer tranquillement chez eux ? Cette hypocrisie est de pure convenance, car tous les autres réfugiés de l'UE au teint plus foncé ne seront pas utilisés comme chair à canon contre les Russes. Ils ne comptent donc pas. Les Ukrainiens présents dans l'UE sont condamnés en raison de leur utilité immédiate en tant que boucliers humains pour l'Occident collectif.
Selon Politico, la Commission européenne a d'ailleurs rapidement traduit les propos de Dobrint en mesures juridiques politico.eu:
"La Commission européenne a proposé vendredi de prolonger jusqu'en mars 2028 le statut de protection temporaire accordé aux personnes fuyant la guerre en Ukraine - à l'exception toutefois des hommes en âge de combattre récemment arrivés." Selon le projet de la Commission, ce statut serait prolongé jusqu'au 4 mars 2028, mais pas pour les personnes ayant des 'obligations militaires', qui ne seront pas autorisées à quitter l'Ukraine. L'Ukraine interdit aux hommes âgés de 25 à 60 ans, en âge d'être appelés sous les drapeaux, ainsi qu'aux hommes âgés de 23 à 25 ans, inscrits sur la liste de réserve militaire, de quitter le pays.
"Cette restriction ne s'appliquerait pas aux hommes ayant obtenu une protection temporaire avant l'entrée en vigueur des nouvelles règles".
La question qui se pose donc ici est de savoir s'il existe un certain degré d'humanité au sein de l'UE qui l'empêcherait de renvoyer chez eux vers une mort certaine les hommes bénéficiant déjà du statut de réfugié, ou si l'UE est simplement d'une terrible inefficacité en matière d'expulsion et qu'elle serait de toute façon incapable de procéder à des expulsions massives ? Mais peut-être que les vidéos montrant des hommes battus et jetés dans des fourgons pour être expédiés vers une mort certaine au front sont, selon Bruxelles, plus à leur place du côté russe d'internet ? En Occident, nous assistons à un phénomène étrange : les populations autochtones souhaitent des expulsions massives, mais n'aiment pas la façon dont elles sont menées. Prenons par exemple les raids de l'ICE qui ont secoué les États-Unis. Ces actions ont suscité des réactions étonnamment mitigées, même parmi ceux qui y sont favorables. On peut alors se demander comment expulser des millions de personnes de manière agréable, civilisée et médiatique ?
Compte tenu du mépris manifeste des politiciens européens envers leurs propres populations autochtones, on imagine mal que l'humanité puisse jouer quelque rôle que ce soit dans leur processus décisionnel. Il est finalement plus simple, d'un point de vue bureaucratique, de simplement bloquer l'entrée d'un certain type de personnes plutôt que de les traquer et les expulser.
Une chose impossible à ignorer, c'est que le sort ultime des "costards-cravates" de Bruxelles dépend de l'issue de la guerre en Ukraine. Chacun d'entre eux sait que si... ou quand la guerre sera perdue, quelqu'un devra payer et quelque chose devra changer. Ainsi, ces pantins politiques sont dans la même situation que les recruteurs militaires ukrainiens : soit ils envoient davantage d'hommes au front pour y mourir, soit ils subiront leur propre éviction lorsque le projet européen s'effondrera. Au fond, à l'abri sous sept niveaux de sentiments d'exceptionnalisme occidental inhérent, ils savent que s'ils ne parviennent pas à entretenir ce feu de la guerre, ils sont foutus. On constate donc que la posture de l'UE face à la guerre en Ukraine est tout à fait caractéristique des politiciens démocrates à l'occidentale : voter pour repousser le problème à plus tard et espérer que les choses changent, sans endosser la moindre part de responsabilité pour les conséquences. Empêcher de manière purement bureaucratique les hommes ukrainiens de fuir est une autre façon de repousser le problème, une manœuvre qui permet de gagner du temps et de prolonger la guerre. C'est une nouvelle manœuvre destinée à faire durer encore un peu cette mascarade de domination mondiale occidentale. Elle permet de maintenir le projet européen à flot, au moins jusqu'au prochain cycle d'actualité.
À Bruxelles, c'est finalement l'espoir qui meurt en dernier.
Ce raisonnement est probablement à l'origine de l'idée d'une "guerre avec la Russie d'ici 2030". Ce type de politique, consistant à repousser le problème à plus tard, est la quintessence de la stratégie : faire durer la guerre le plus longtemps possible en fixant une date de début pour une nouvelle guerre, plus importante encore, afin que toutes sortes de dépenses abusives puissent être engagées d'ici là. Et lorsque 2030 arrivera, les responsables politiques alors en place en porteront sûrement la responsabilité, non ? Au final, les bureaucrates européens de 2030 seront confrontés au problème posé par leurs prédécesseurs qui auront consacré des sommes colossales à mettre en place une machine de guerre qui n'aura jamais réellement été déclenchée. C'est une vision extrêmement cynique du monde, mais elle prend tout son sens quand on a déjà eu affaire à la technocratie.
Mais aujourd'hui, la question est de savoir ce qu'il adviendra des hommes actuellement piégés et condamnés à mourir dans la prison à ciel ouvert de Zelensky. Vont-ils tous mourir, déserter, devenir des combattants de la résistance ou être capturés ? Que fera alors Bruxelles ? Lorsqu'on adopte une vision du monde inspirée de l' "École de Francfort" qui exige la déconstruction de l'Occident, on ne peut pas simplement appuyer sur un bouton pour rétablir l'Europe nationaliste d'avant la Première Guerre mondiale, où de jeunes hommes faisaient la queue pour aller mourir en défense de la patrie. L'Europe est diversifiée, désindustrialisée et postmoderne. Les "costards-cravates" peuvent bien prétendre qu'ils se préparent pour 2030, mais en réalité, ils en sont incapables et n'ont finalement jamais rien fait dans ce sens. Tout le monde le sait inconsciemment, mais quiconque tente de faire évoluer les choses ne sera plus invité aux dîners mondains. Il faut s'attendre à ce que l'UE fasse tout ce qui est en son pouvoir pour retenir les gens en Ukraine, voire en faire venir des millions d'autres de l'étranger comme combustible destiné à maintenir le statu quo et à repousser la chute inévitable de l'Occident.
Traduit par Spirit of Free Speech