
Par IntelSky, le 25 juillet 2026
La trêve du "corridor omanais" et les préparatifs en matière de munitions à guidage de précision : Trump négocie sous la menace d'une "frappe majeure", tandis que l'incendie d'Aramco à Jizan enflamme le front yéménite. - Talal Nahle
Contexte stratégique général. Samedi 25 juillet 2026 au matinAu trente-huitième jour suivant la rupture du protocole d'accord et au cent quarante-septième jour de la guerre, le conflit global est entré dans une nouvelle phase alliant diplomatie complexe et dissuasion ferme. Pour la première fois en deux semaines, aucune frappe aérienne américaine n'a visé l'intérieur de l'Iran pendant la nuit, coïncidant avec des pourparlers poussés menés à Téhéran par une délégation omanaise de haut niveau afin de définir les modalités techniques et de navigation régissant le détroit d'Ormuz.
Parallèlement, le président américain Donald Trump continue de signaler que les options militaires restent sur la table en préparant des munitions pour une "frappe majeure" destinée à briser la détermination de l'Iran. Il a également invité Benjamin Netanyahu à se rendre à Washington lundi.
Dans un rebondissement spectaculaire lié à cette situation, le front yéméno-saoudien a connu une recrudescence des hostilités à la suite de frappes aériennes contre des infrastructures de communication yéménites à Hodeidah et sur l'île de Kamaran. Sanaa a riposté par une salve de plus de 50 missiles, détruisant le complexe d'Aramco à Jizan et intensifiant la pression sur les marchés mondiaux de l'énergie et du raffinage.
Axe n° 1 : les manœuvres de Trump, la piste omanaise à Téhéran et les négociations sur l'Ormuz- Les deux options de Trump et les pourparlers avec Téhéran : Trump a déclaré que Washington dispose de deux options : poursuivre la campagne de bombardements et détruire les capacités iraniennes, ou parvenir à un accord par le biais des négociations actuellement en cours.
- Il a expliqué qu'il examine les rapports ainsi qu'un large éventail d'options et de cibles soumis par ses conseillers en vue d'une frappe de grande envergure destinée à briser la détermination de Téhéran, selon des informations publiées par The New York Times et The Wall Street Journal. Cette déclaration coïncide avec l'invitation adressée à Netanyahu de se rendre à la Maison Blanche lundi prochain.
- Les progrès de la piste de Mascate et du cadre de gestion du détroit : des sources ont fait état de progrès tangibles lors de la visite de la délégation omanaise à Téhéran pour la mise en œuvre de la déclaration du 23 juin et la création d'un groupe de travail conjoint entre les ministères des Affaires étrangères iranien et omanais. Ce groupe supervise les mouvements de navires, les services maritimes et les coûts de navigation dans le détroit d'Ormuz, tout en respectant la souveraineté des deux États riverains. Ces avancées ont temporairement réduit le risque d'une extension du conflit, bien que ces dispositions soient encore subordonnées à des considérations sécuritaires complexes.
- Navires neutralisés et victimes humaines : Washington a continué à renforcer le blocus en neutralisant le navire comorien Lavine, frappant sa salle des machines après qu'il aurait tenté de enfreindre les restrictions. Un autre pétrolier en provenance du golfe d'Oman a également été pris pour cible, soupçonné de transporter du gaz iranien. Le ministère iranien de la Santé a révélé que les attaques américaines depuis le 27 juin ont fait 59 morts et 666 blessés.
- Frappes aériennes saoudiennes et messages de Hizam al-Assad et Mohammed Abdulsalam : des avions saoudiens ont frappé des infrastructures de communication yéménites à Hodeidah et sur l'île de Kamaran, blessant un ouvrier. Le ministère des Affaires étrangères de Sanaa a réagi en annonçant son intention d'appliquer la logique "oeil pour oeil" et en mettant en garde contre tout acte d'imprudence majeur. Hizam al-Assad, haut responsable, a confirmé que la logique "port pour port et aéroport pour aéroport" est désormais en vigueur. Mohammed Abdulsalam a également critiqué la position saoudienne, qualifiant son comportement de similaire à celui d'Israël qui impose un blocus tout en se retranchant derrière des résolutions internationales.
- L'attaque contre le complexe Aramco à Jizan et la riposte massive par missiles : aux premières heures de la journée, les forces armées yéménites ont lancé plus de 50 missiles et autres projectiles, dont cinq missiles balistiques de précision visant le complexe industriel Aramco à Jizan, qui dispose d'une capacité de raffinage de 400 000 barils par jour. Cette attaque a provoqué des incendies de grande ampleur et une coupure totale d'électricité dans de vastes zones de Jizan et de Khamis Mushait. Des avions commerciaux à destination de Djeddah ont également été contraints de tourner en rond avant d'atterrir.
- L'attaque contre le pétrolier NCC MASA et la déclaration saoudienne : les forces navales de Sanaa ont frappé le pétrolier saoudien NCC MASA en mer Rouge. La coalition dirigée par Riyad a ensuite annoncé avoir lancé une riposte proportionnée afin de protéger la navigation maritime et les actifs stratégiques du Royaume. La coalition a déclaré ne pas avoir frappé le port de Hodeidah et que les ports resteront ouverts pour les services essentiels.
- Frappes contre la base de Juffair et des installations américaines au Koweït et à Bahreïn : l'armée iranienne et le Corps des gardiens de la révolution islamique ont repris leurs attaques contre des bases américaines. Trois puissantes explosions ont frappé la base de Juffair, qui abrite l'activité de soutien naval américain à Bahreïn, faisant des victimes confirmées. Dans le même temps, des frappes ont visé des concentrations de troupes américaines et des installations de stockage au Koweït, notamment les camps Buehring, Doha et Arifjan, ainsi que la base aérienne Ali Al Salem.
- Perturbations du trafic aérien et annulation des vols à destination de Tel-Aviv : Austrian Airlines et la compagnie italienne ITA Airways, du groupe Lufthansa, ont annulé tous leurs vols à destination de Tel-Aviv par crainte d'une nouvelle escalade. Par ailleurs, deux avions de chasse britanniques Eurofighter Typhoon ont intercepté un Boeing 777 de Qatar Airways au-dessus de Manchester après que l'appareil ait perdu le contact avec le contrôle aérien.
- Mouvements liés au renseignement et à la surveillance, et transport aérien de drones : les données de suivi ont révélé la présence d'un avion de commandement et de communications sur le champ de bataille E-11A BACN stationné à la base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite. Un avion de renseignement RC-135W "Rivet Joint" a été positionné à Souda Bay, en Grèce, tandis que deux avions de guerre électronique EA-37B "Compass Call" ont été redirigés depuis la Grande-Bretagne vers la Crète. Un avion de transport C-17A des Émirats arabes unis est également revenu de la base de Rzeszów, en Pologne, après avoir, selon certaines informations, transporté des drones intercepteurs ukrainiens.
La suspension temporaire des frappes américaines en profondeur sur le territoire iranien et les avancées diplomatiques obtenues grâce à l'initiative omanaise ne signifient pas nécessairement que la guerre touche à sa fin. C'est d'autant plus vrai que Trump a fait transférer des munitions à guidage de précision et invité Netanyahu à se rendre à Washington, sans oublier la violente frappe sur Jizan, qui a exposé la vulnérabilité des infrastructures pétrolières de la région.
Au vu de ces développements interdépendants, les prochaines heures devraient être marquées par la poursuite des consultations entre Oman et l'Iran en vue de sécuriser les voies maritimes traversant le détroit d'Ormuz.
Toutefois, tout échec à contenir les tensions entre l'Arabie saoudite et le Yémen pourrait donner lieu à des attaques contre les raffineries de Yanbu et d'autres ports saoudiens. Ce qui placerait Trump et le Congrès devant un choix incontournable : consolider la trêve négociée par Oman ou déclencher une "frappe majeure" sur toute la région.
Traduit par Spirit of Free Speech