
par François Meylan
Selon le Financial Times, les USA ont déjà engrangé quelques 13 milliards de dollars sur la vente de produits pétroliers vénézuéliens, depuis, la chute de Maduro. Trump n'a pas l'intention de les restituer au peuple vénézuélien. Il l'a déclaré publiquement : "Le pétrole vénézuélien appartient désormais aux États-Unis". Au grand dam de Delcy Rodriguez qui n'apparaît plus que comme une marionnette. De plus, le projet de démocratisation du pays et le respect des droits humains ont été enterrés. Une dictature en a chassé une autre, avec le pétrole en moins.
Autant dire que l'Iran ne se fera ni avoir ni spolié.
Quant aux monarchies du Golfe qui continuent à être complices des États-Unis, la Chine est sortie de sa réserve et les a prévenues : "Celles qui aideront Donald Trump le paieront". Et à l'incontournable ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov de déclarer : "Il semblerait que les leaders des Monarchies arabes craignent plus Trump qu'Allah".
Aussi, tous les États du Golfe qui continueront à abriter des contingents ou du matériel US sont des cibles légitimes pour l'Iran qui paie déjà un lourd tribut à cette guerre illégale débutée à l'initiative de Trump et de Netanyahou, le 28 février dernier.
En ce qui concerne le nouveau front qui vient de s'ouvrir entre l'Arabie saoudite et les Houthis, ces derniers qui sont comme l'Iran dans les plus fidèles alliés de la cause palestinienne ne font que riposter. Ils ne lâcheront rien. Leurs traditions claniques s'appuient, entre autres, sur l'hospitalité mais également sur le principe de œil pour œil, dent pour dent. Ils l'ont démontré plus d'une fois, au cours des dix dernières années, leur résilience est sans pareil.
Ce qui fait de l'Arabie saoudite un autre grand perdant de ce conflit régional majeur voulu par le couple Trump - Netanyahou... bien piètres "administrateurs" du chaos et de la désolation. Si le royaume saoudien - premier exportateur mondial de pétrole - ne peut plus emprunter le détroit d'Ormuz (Iran) ni celui de Bab el-Mandeb (sous domination des houthis), il devra passer par le canal de Suez. Contourner le continent africain pour livrer ses riches client asiatiques et océaniques. Soit un mois de navigation supplémentaire par conteneur.
La stratégie de Donald Trump - pour autant qu'il y en ait une - est illisible. Le pétrole va flamber et l'économie mondiale souffrir très sérieusement. L'économie n'étant que de l'énergie transformée. Le locataire de la Maison Blanche piétine à pieds joints la fameuse doctrine Powell, en plus de piétiner le droit international : cette guerre ne sert pas à protéger l'intérêt national ; il n'y a pas d'objectif clair ; les soutiens du public et du Congrès sont inexistants et il n'y a manifestement pas de plan de sortie. Qui dirigent vraiment le destin des Américains ? Tout laisse craindre que cela soit une fois de plus les marchands d'armes...
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