
Par Nate Bear, le 27 juillet 2026
Les États-Unis ont annoncé leur intention de démanteler la Cour pénale internationale, et les journalistes libéraux qui, pendant des années, n'ont cessé de crier au scandale quant à la menace que représentait Donald Trump pour la démocratie n'ont absolument rien trouvé à dire.
Ni le New York Times ni le Washington Post (qui tient une rubrique intitulée "La démocratie en Amérique" pour rendre compte de la manière dont l'administration Trump s'en prend aux institutions juridiques américaines) n'ont publié le moindre éditorial ou article d'opinion s'opposant aux tentatives de démanteler "brique par brique", selon les termes de Marco Rubio, la plus haute autorité juridique de la planète, la Cour Pénale Internationale.
Aucun des deux n'a commenté la tentative de supprimer, de la manière la plus concrète et la plus pratique qui soit, le droit international. Les grands faiseurs d'opinion libéraux, les gardiens autoproclamés de l'État de droit, ceux qui clament que "la démocratie meurt dans l'obscurité", ont décidé que le droit international, lui, peut bien mourir dans le noir, sans problème.
Pourquoi ? Parce qu'ils sont sionistes, impérialistes et nationalistes. Parce qu'ils partagent le raisonnement de Rubio selon lequel la Cour, dans sa quête de justice, constitue une menace pour les intérêts et la souveraineté des États-Unis, ainsi que pour Israël. Parce qu'ils estiment que les États-Unis et Israël devraient pouvoir diriger le monde sans être entravés par l'État de droit, qu'ils devraient pouvoir commettre tous les génocides et crimes de guerre qu'ils souhaitent. Ils croient, à l'instar de Trump et de Rubio, que ce sont les États-Unis, et non une cour internationale d'experts, la plus haute autorité politique de la planète. Parce qu'ils croient, pour reprendre les mots de ce détestable Lindsey Graham qui a depuis tiré sa révérence dans la honte, que cette cour est "conçue pour les Africains et les voyous comme Poutine", et non pour les maîtres de l'univers impérial. Parce que la justice pour Gaza menacerait les fondements d'un sionisme qu'ils chérissent tant dans leurs cœurs pervers et morbides.
Une maladie ronge le cœur même des libéraux. Une maladie leur permettant de soutenir le génocide, de réfuter la justice, tout en continuant à se faire passer pour des saints. Comme je l'ai déjà écrit, ma colère s'adresse avant tout aux libéraux en raison de leurs deux poids deux mesures moralisateurs et de leur duplicité. Pour leurs prétentions arrogantes à se croire moralement et intellectuellement supérieurs aux conservateurs, alors qu'ils en sont, par leur esprit sinon par leurs manières, leur parfait reflet. Pour leur propension à inciter des gens bien à soutenir des causes néfastes.
La plus grande farce de toutes est que la CPI s'est montrée une alliée de choix des criminels de guerre américains. Malgré l'abondance de preuves attestant des crimes de guerre odieux commis par les troupes américaines tant en Afghanistan qu'en Irak, la Cour a refusé d'enquêter sur d'éventuels crimes américains, malgré les appels répétés et soutenus des victimes, de leurs avocats et des organisations de défense des droits de l'homme. De nombreuses organisations ont soumis à la Cour preuves et dossiers juridiques documentant des allégations de torture dans les sites secrets de la CIA, d'abus et de meurtres dans des centres de détention, ainsi que le massacre de civils. Même Karim Khan, aujourd'hui dans le collimateur des sionistes pour avoir émis des mandats d'arrêt contre Netanyahu et Yoav Gallant, a lui-même fait obstruction aux enquêtes sur les crimes de guerre américains. Lorsqu'il a pris la tête de la CPI en 2021, il a annoncé qu'il reléguerait au second plan les enquêtes sur les crimes de guerre commis par les forces américaines et qu'il concentrerait plutôt son énergie sur les enquêtes concernant les crimes des talibans.
Et voyez ce qu'il vient de récolter en échange de cet acte de solidarité impérialiste !
La semaine dernière, le Venezuela, tout juste devenu protectorat des États-Unis, a annoncé son retrait de la CPI. Y a-t-il eu un tollé dans les médias libéraux ? Bien sûr que non. Pouvez-vous imaginer ce qui se serait passé si le Venezuela, sous Chávez ou Maduro, avait annoncé son retrait de la CPI ? Les porte-parole de l'empire auraient dénoncé cette décision comme la preuve irréfutable que le Venezuela était dirigé par un régime autoritaire faisant fi de l'État de droit. Mais comme le pays est désormais une marionnette complaisante au service de l'empire, les médias libéraux ont passé cette information à la trappe.
Les libéraux agissent ainsi sur tous les sujets.
La semaine dernière, Laura Loomer, cette pauvre folle défigurée du mouvement MAGA, s'est rendue en Ukraine et a rétracté son soutien antérieur à la Russie, affirmant avoir été induite en erreur. De PBS au Washington Post en passant par le Guardian, les médias occidentaux se sont emparés de la nouvelle du voyage en Ukraine d'une illuminée des réseaux sociaux, comme s'il s'agissait d'un instant géopolitique majeur du XXIe siècle. Nicholas Kristof, chroniqueur au New York Times, a tweeté son admiration récente pour Loomer. Le Guardian a publié une analyse de 800 mots sur la portée politique de cet événement ! Ces médias soi-disant progressistes ont rendu compte de sa conversion comme si elle pouvait nous apprendre quelque chose d'essentiel sur la guerre, la paix et les relations internationales, et pas juste une arnaque monumentale dans sa quête de nouveaux bailleurs de fonds. De retour aux États-Unis, cette détraquée a tweeté que les musulmans polluent les États-Unis "comme une maladie incurable" et qu'elle a apprécié l'Ukraine parce qu'il n'y a pas un musulman à l'horizon.
Je suppose qu'être une raciste haineuse et toxique est pardonnable et acceptable tant qu'on soutient l'Ukraine !
Mais les libéraux ne sont pas racistes, bien entendu.
Et tant qu'ils servent l'empire, ils font l'éloge de l'État de droit et des institutions juridiques.
Traduit par Spirit of Free Speech