29/07/2026 reseauinternational.net  4min #321622

Le dernier kilomètre n'est pas seulement le voyage du condamné

par Raul Antonio Capote

Depuis la Maison Blanche, ils veulent contraindre Cuba à s'engager sur la voie de l'usure, des difficultés économiques, de l'isolement et d'une criminalisation systématique.

Dans le jargon des prisons américaines, le "dernier kilomètre" désigne la distance qui sépare le condamné de l'échafaud ; il symbolise l'étape finale entre la vie et la mort, le dernier moment d'attente avant l'exécution.

Au vu des mesures prises ces derniers mois par l'actuelle administration républicaine contre Cuba, on pourrait affirmer que les autorités de Washington ont décidé de transposer cette logique carcérale sur le terrain géopolitique.

Depuis le 16 juillet, date à laquelle le secrétaire d'État a convoqué une réunion ministérielle à Washington sous le titre grandiloquent de "Résurgence du terrorisme politique", le discours officiel américain s'est radicalisé, chose qui semblait impossible à réaliser.

L'île y était qualifiée de "capitale mondiale du terrorisme d'extrême gauche". Quatre jours plus tard, le 20 juillet 2026, le département d'État publiait un rapport intitulé "Cuba : capitale de la subversion au XXIe siècle", dans lequel La Havane était accusée d'encourager l'extrémisme et de tisser un réseau d'espionnage pour "saper les intérêts américains".

Chaque mercredi ou jeudi, comme dans un calendrier de l'Avent macabre, une nouvelle série de "sanctions" apparaît, chacune resserrant une vis différente : l'embargo pétrolier, les sanctions secondaires contre les entreprises étrangères, la liste des États soutenant le terrorisme - une stigmatisation fallacieuse qui pèse plus qu'une condamnation -, la déclaration officielle de Cuba comme "menace pour la sécurité nationale".

Mais allons au-delà des déclarations, car derrière chaque résolution, chaque liste, chaque rapport, se cachent neuf millions de vies qui ne sont pas de simples pions sur un échiquier. L'embargo, qui dure depuis six décennies et qui représente le passé idéal d'une guerre non déclarée, est en train de devenir absolu.

Certains analystes, dont les souvenirs sont encore vifs, craignent qu'il ne reste plus qu'une étape : l'opération sous faux drapeau, le prétexte idéal. Et il ne s'agit pas d'une théorie du complot ; c'est une leçon tirée d'autres scénarios.

Que le secrétaire d'État Marco Rubio parle de "terrorisme politique" tout en empêchant le reste du monde de commercer avec l'île sous peine de représailles relève d'un cynisme qui se passe de commentaires.

Le "dernier kilomètre" qu'ils veulent imposer à Cuba est un chemin d'usure, de difficultés économiques, d'isolement et de criminalisation systématique. Mais il y a une chose que les puissants oublient souvent : sur ce kilomètre, les condamnés ne sont pas seuls.

Dans ce voyage, nous sommes accompagnés par la solidarité internationale des mouvements sociaux, des gens honnêtes du monde entier, de quelques gouvernements qui refusent de se soumettre, tandis que la résistance quotidienne des Cubains eux-mêmes transforme cet espace en un lieu d'affirmation vitale.

Nul ne peut prétendre ignorer la réalité lorsque les faits sont datés, signés et publiés. Le rapport du 20 juillet est public, les sanctions sont vérifiables ; il s'agit de la survie de l'humanité, même si celle-ci préfère désormais faire l'autruche.

Le dernier kilomètre n'est pas seulement le voyage du condamné ; c'est aussi la distance qui nous sépare de notre propre conscience ; dans ce kilomètre, nous avons encore le temps de nous arrêter, sinon il n'y aura plus de monde possible que celui de la loi du plus fort.

Car si les histoires des condamnés à mort nous apprennent quelque chose, c'est que, même dans l'ultime épreuve, l'espoir est le seul lien qu'ils ne peuvent nous briser. Cuba, malgré tout, continue de danser sa valse - non pas la valse de la reddition, mais la valse de la résistance - ou plutôt, nous dansons au rythme de la rumba de José Mambí.

source :  Granma via  China Beyond the Wall

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