31/07/2026 mondialisation.ca  4min #321907

La guerre contre l'Iran coûte cher: les États-Unis épuisent leurs réserves pétrolières

Par  Pierre Duval

Les stocks de pétrole aux États-Unis ont chuté à un niveau "dangereusement bas". Les réserves pétrolières américaines fondent en raison de la guerre contre l'Iran. Le taux de remplissage des installations de stockage a atteint un anti-record en 40 ans. Washington continue de puiser dans ses réserves pour tenter de compenser les perturbations des livraisons en provenance du Moyen-Orient.

La diminution continue des stocks menace de priver Washington de sa capacité à approvisionner les marchés asiatiques et européens, qui en temps normal dépendent des livraisons en provenance du Moyen-Orient.

Les stocks de pétrole brut aux États-Unis ont fortement diminué la semaine dernière, les raffineries locales ayant accru leur activité pour profiter de la flambée des prix des carburants provoquée par la reprise des opérations militaires contre l'Iran.

Les stocks commerciaux de pétrole brut ont diminué de 7,2 millions de barils, et la réserve stratégique de pétrole des États-Unis de 3,8 millions: les raffineries puisent dans cette ressource pour produire des produits tels que l'essence, le diesel et le kérosène.

Comme l'ont montré les données gouvernementales publiées mercredi, les raffineries américaines fonctionnent à 97% de leur capacité, et dans certaines parties du Midwest à 100%, les entreprises énergétiques augmentant leurs exportations pour approvisionner les marchés énergivores d'Asie et d'Europe.

Les approvisionnements en pétrole et en produits pétroliers en provenance du Moyen-Orient restent perturbés en raison de la reprise des affrontements entre les États-Unis et l'Iran la semaine dernière, ce qui limite considérablement le passage des pétroliers par le détroit d'Ormuz.

Des analystes  avaient averti que du fait de cette ponction soudaine, les stocks de pétrole brut et d'essence se sont avérés bien inférieurs aux prévisions, sapant la capacité de l'Amérique à jouer le rôle de fournisseur "de dernier recours" pour des régions du monde telles que l'Asie et l'Europe, fortement dépendantes du pétrole moyen-oriental, écrit le Financial Times.

"Depuis le début du mois d'avril, les stocks de pétrole brut aux États-Unis, tant commerciaux que ceux de la réserve stratégique,  ont diminué de près de 20%. Environ 70% de la ponction des stocks terrestres de pétrole brut dans le monde au cours des quatre derniers mois est imputable aux États-Unis", a déclaré Matt Smith, analyste principal du pétrole au sein de la société de renseignement énergétique Kpler.

"Pendant tout ce temps, les États-Unis ont assumé l'essentiel des efforts pour maintenir les prix du pétrole sous contrôle, en puisant dans la réserve stratégique et en augmentant les exportations, mais les stocks s'épuisent rapidement et ce rythme de consommation ne peut pas durer indéfiniment", a-t-il ajouté.

Rory Johnston, analyste du marché pétrolier et fondateur de Commodity Context, a déclaré que les stocks de pétrole brut et d'essence se trouvent à un niveau "dangereusement bas" ("precariously low" level).

Le gouvernement américain continue de prélever du pétrole dans la réserve stratégique, qui a diminué de 3,8 millions de barils pour tomber à 307,7 millions, son niveau le plus bas depuis plus de 40 ans. Selon les estimations des analystes du secteur, le minimum opérationnel, en dessous duquel des prélèvements risquent d'endommager les infrastructures et de provoquer des dysfonctionnements dans les oléoducs, se situe entre 180 et 200 millions de barils.

L'épuisement des stocks fait que Washington devient de plus en plus vulnérable face à de futurs chocs d'approvisionnement, sans tampon significatif sous forme de réserve stratégique. Cela crée à son tour les conditions d'une hausse substantielle des prix du pétrole brut lorsque les stocks atteindront leur minimum opérationnel.

Alexandre Lemoine

La source originale de cet article est  Observateur continental

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