Le mouvement de résistance libanais, Hezbollah, a condamné l'attaque "brutale" menée par les États-Unis et l'Arabie saoudite contre l'Irak, mettant en garde Riyad contre le risque de s'enliser dans le projet israélo-américains visant à déstabiliser et diviser la région.
Cet avertissement intervient après que l'Arabie saoudite et les États-Unis ont bombardé des positions des Unités de mobilisation populaire, principal groupe de résistance en Irak, également connues sous le nom des Hachd al-Chaabi, en profondeur sur le territoire irakien. Ce bombardement a fait mercredi au moins 20 morts et des dizaines de blessés. Washington et Riyad ont annoncé que ces attaques étaient une riposte à des frappes sur l'Arabie saoudite, prétendument menées depuis le territoire irakien, sans toutefois fournir la moindre preuve.
Dans un communiqué publié ce vendredi 31 juillet, le Hezbollah a dénoncé l'attaque comme "une violation flagrante du droit international et de la souveraineté et de l'indépendance de l'Irak", mettant en garde contre les "dangereuses répercussions" de cette offensive.
"Cette agression flagrante et dangereuse contre un organe officiel irakien, avec la participation d'un État arabe, ouvre la voie à des répercussions extrêmement graves pour toute la région et ne sert que les intérêts du projet américano-israélien visant à déstabiliser la région, à démembrer l'Oumma [musulmane] et à la plonger dans une spirale de tensions, de conflits et de combats", peut-on lire dans le communiqué.
Le communiqué souligne que, compte tenu des "relations de bon voisinage, fraternelles et historiques entre l'Arabie saoudite et l'Irak et leurs peuples", Riyad aurait dû privilégier le dialogue avec le gouvernement de Bagdad pour résoudre toute tension ou crise.
Le Hezbollah a déclaré que le royaume n'aurait pas dû "se laisser entraîner dans les politiques de l'ennemi américano-israélien et s'enliser dans le bourbier de leurs projets visant à saper la stabilité de la région et à briser son unité".
Les Unités de mobilisation populaire ont signalé que leurs sites dans les provinces de Bagdad, Wasit, Ninive, Bassora, Kirkouk, Karbala et Diyala ont été attaqués le mercredi 29 juillet.
Cette force de résistance antiterroriste a qualifié ces attaques d'"escalade dangereuse", de "violation de la souveraineté irakienne" et d'"attaque contre les institutions de sécurités officielles du pays".
Le Cadre de coordination, principale coalition politique irakienne condamne les frappes américano-saoudiennes contre les sites du mouvement de résistance Hachd al-Chaabi.
Les combattants des Hachd al-Chaabi ont joué un rôle majeur dans la libération des zones contrôlées par le groupe terroriste takfiriste Daech au sud, au nord-est et au nord de Bagdad, la capitale irakienne, depuis le déclenchement de l'offensive terroriste en juin 2014.
En novembre 2016, le Parlement irakien a adopté une loi conférant un statut légal complet aux combattants des Hachd al-Chaabi. Elle a reconnu les Unités de mobilisation populaire comme faisant partie des forces armées nationales, les a placées sous le commandement du Premier ministre et leur a accordé le droit de percevoir un salaire et une pension au même titre que les militaires et les forces de la police.
