
par Nouvelle Aube
Une opération d'envergure sur quatre jours.
Selon l'Agence mauritanienne d'information, les autorités ont donné le coup d'envoi vendredi d'un dispositif visant à ensemencer 8,7 millions d'hectares répartis sur neuf régions. L'opération prévoit la dispersion aérienne de trois tonnes de graines d'arbres indigènes résistants à la sécheresse, soigneusement sélectionnées par les services compétents. Ce semis aérien permettra d'atteindre des zones difficiles d'accès par voie terrestre tout en restaurant les pâturages et en stabilisant les dunes de sable.
Déclarations de la ministre de l'EnvironnementMessouda Baham Mohamed Laghdaf, ministre de l'Environnement et du Développement durable, a présenté cette initiative comme "un pilier essentiel" des efforts déployés par le pays. Elle a affirmé :
"À travers cette campagne, trois tonnes de graines locales soigneusement sélectionnées seront dispersées afin de contribuer à la restauration des écosystèmes et à la promotion d'un développement environnemental durable".
Par ailleurs, elle a précisé que cette technique contribuerait également à améliorer la fertilité des sols et à régénérer la couverture végétale dans les zones les plus dégradées.
Un contexte de dégradation accéléréeLe 8 juin dernier, la ministre avait déjà indiqué que la désertification avait touché plus de 84% du territoire mauritanien, mettant en garde contre les menaces pesant sur le littoral et la biodiversité. Elle avait alors souligné la nécessité d'"une réponse collective" face à l'expansion continue des terres désertiques. De plus, les sécheresses récurrentes des dernières décennies ont détruit de vastes zones forestières sur une superficie totale d'environ 1,03 million de kilomètres carrés, accélérant la progression des sables.
Enjeux économiques et défis persistantsSelon le ministère de l'Environnement, les incendies de forêt détruisent chaque année environ 100 000 hectares de pâturages à travers le pays. Toutefois, la pression sur ces ressources s'intensifie avec la croissance du cheptel national, qui dépasse 30 millions d'animaux et augmente de plus de 3,5% par an. Dans ce contexte, la protection des zones de pâturage représente un enjeu économique et social majeur pour une population dont une grande partie dépend de l'élevage.
source : Nouvelle Aube