02/08/2026 ssofidelis.substack.com  9min #322089

 « Urgence humanitaire et sociale absolue » : Ceuta confrontée à une arrivée massive de migrants par la mer

La fake news la plus extravagante de tous les temps

Par  Mike Whitney, le 1er août 2026

L'"invasion" de l'Espagne par des migrants marocains pourrait bien être la fake news la plus extravagante de tous les temps. Selon la version officielle, environ 60 000 hommes, pour la plupart en âge de faire leur service militaire, auraient envahi la ville espagnole de Ceuta le 31 juillet dans le but de trouver du travail et de "s'assurer une vie meilleure". La vérité, bien évidente, c'est que cette affaire relève d'une vaste et médiocre mise en scène conçue pour saper le soutien dont bénéficie le gouvernement espagnol de gauche et son président ouvertement antisioniste, Pedro Sánchez. Les manipulateurs derrière ce vaudeville pitoyable sont les suspects habituels, Netanyahu et le "petit" Marco Rubio (qui s'est aligné sur les dirigeants dociles du Maroc), pour fabriquer de toutes pièces une fausse crise qui "donnerait une bonne leçon à l'Espagne". Comme vous vous en souvenez peut-être, Sanchez a vivement critiqué le massacre perpétré actuellement par Netanyahu à Gaza et a obstinément refusé de laisser Trump utiliser les bases militaires espagnoles pour acheminer des munitions et des bombardiers vers Israël. En réponse, Netanyahu a publiquement menacé Sanchez il y a quelques semaines dans un discours intimidant, toujours disponible sur X.

Bon, d'accord, les relations entre Netanyahu et Sanchez sont tendues, c'est évident. Il est également clair que les porte-parole de Netanyahu sur X détestent tout autant le président espagnol et exploitent cette soi-disant "crise" pour le passer au crible et affirmer que l'Espagne récolte ce qu'elle a semé avec ses politiques d'immigration "laxistes" et son contrôle insuffisant des frontières. Voici un aperçu de ce que vous verrez sur X de la part des partisans d'Israël, comme ici Jewish Jess  @jessisajew :

 Jewish Jess @jessisajew

"Alors l'Espagne, un problème avec les migrants commandés ?" -

Nul doute que s'il existait un Oscar de la condescendance et du sarcasme, Jess remporterait ce prix haut la main. La question est de savoir si quelqu'un va accorder du crédit à l'opinion de quelqu'un d'aussi malveillant et arrogant.

Au fait, vous avez peut-être vu ces camions chargés de jeunes hommes conduits à la périphérie de la ville sous le contrôle de la police marocaine, puis déversés dans les rues avoisinantes. Comment cela aurait-il pu se produire sans que le gouvernement en ait eu explicitement connaissance et y ait coopéré ? Jetez un coup œil :

 Open Source Intel @Osint613

"Les images d'hier relatives à l'afflux migratoire vers Ceuta montrent un camion déchargeant de jeunes hommes près de la frontière espagnole, tandis que la Gendarmerie royale marocaine supervise l'évènement".

Nous devrions nous méfier : il s'agit peut-être simplement d'un énième canular de guerre psychologique concocté par les mandarins des services du renseignement, dont le seul objectif est de nuire à l'image du gouvernement espagnol.

Voici un autre récapitulatif utile d'une minute tiré du site X de Mario Nawfal :

"Si vous aviez besoin d'une preuve supplémentaire que les États-Unis et Israël sont des terroristes, jetez un œil à ceci... Il s'agit d'un extrait vidéo montrant des milliers et des milliers de Marocains envahissant illégalement une enclave espagnole à la pointe nord du Maroc. Et si vous vous demandez quel est le lien avec les États-Unis ou Israël : qui a organisé l'opération ? Des milliers de personnes ne se sont pas simplement matérialisées à la frontière. Qui a payé les autocars, qui a coordonné la logistique, et qui a décidé que le passage aurait lieu ce jour-là ?"

"L'Espagne est le seul pays à avoir publiquement déclaré son refus d'aider les États-Unis et Israël à commettre leur génocide en Palestine. Ainsi, depuis un an, Israël menace ouvertement l'Espagne et affirme qu'elle devra faire face aux conséquences de son refus de soutenir Israël. Et des connards américains comme Marco Rubio ne cessent de répéter depuis quelques mois que le Maroc devrait envoyer des migrants en Espagne, que le Maroc devrait envahir l'Espagne"... - Mario Nawfal  @MarioNawfal

Voici d'autres informations provenant d'un observateur bien informé qui ne mâche pas ses mots :

"... L'Espagne est sanctionnée pour avoir reconnu la Palestine en 2024, pour avoir imposé un embargo total sur les armes à destination d'Israël, pour avoir accusé Israël de génocide à l'ONU, pour avoir restreint son espace aérien pendant la guerre contre l'Iran...

"Netanyahu menace l'Espagne d''accidents ferroviaires et de coupures de courant soudaines'... quiconque s'oppose à Israël "en paiera le prix sans délai"...

"Le Maroc a déclaré son indépendance il y a 50 ans, tandis que l'Espagne détient ces villes depuis 400 ans... Pourquoi ne parle-t-on pas des 700 000 colons juifs qui occupent illégalement les terres de Cisjordanie et de Gaza ? (L'auteur se demande également si ces villes ont été choisies comme destination finale pour les Palestiniens démunis qui survivent tant bien que mal à Gaza ?)" - Machiavelli  @TheRISEofROD

Curieusement, même le journal de "référence", le New York Times, semble corroborer cette même histoire accablante. Voici un extrait de l'édition de samedi :

 Partager ★ Spirit Of Free Speech

La plupart des analyses de fond sur X aboutissent aux mêmes conclusions, bien que certaines s'orientent vers des aspects géopolitiques plus curieux. Notons que cette opération psychologique spécifique ne cherche pas simplement à dénigrer les ennemis de Tel-Aviv à Madrid. Elle s'inscrit également dans une "stratégie régionale" israélo-américaine exploitant "la migration comme levier diplomatique" pour affaiblir les adversaires de Washington tout en renforçant ses alliés. En d'autres termes, derrière les événements actuels en Afrique du Nord se joue une dynamique plus profonde. Découvrez cet extrait bref mais éclairant de Ynet News :

"Le refus de l'Espagne d'autoriser les États-Unis à accéder à ses... bases militaires..., ainsi que la posture conflictuelle du Premier ministre Pedro Sánchez envers l'administration Trump ont, ensemble, généré... une véritable brèche dans l'armure stratégique de l'Espagne concernant Ceuta et Melilla. C'est à travers cette faille que le nouveau partenaire le plus influent du Maroc, Israël, profite d'une position unique pour faire pression...

"En mars 2026, Michael Rubin, de l'American Enterprise Institute..., a appelé l'administration Trump à reconnaître officiellement Ceuta et Melilla comme territoires marocains occupés, qualifiant l'Espagne de 'puissance coloniale dirigeant des colonies de l'autre côté du détroit de Gibraltar'. Quelques jours plus tard, le représentant Mario Díaz-Balart, président de la sous-commission de la Chambre des représentants sur la sécurité nationale et l'un des plus proches confidents de Marco Rubio au Congrès, a déclaré publiquement que ces enclaves 'ne se trouvent pas sur le territoire géographique de l'Espagne', mais bien sur territoire marocain, et que leur sort devait être 'défini, négocié et discuté entre amis et alliés'. Il ne s'agissait pas là d'une prise de parole marginale. C'était une stratégie coordonnée de repositionnement...

"Les Accords d'Abraham ont fait du Maroc, autrefois simple interlocuteur discret d'Israël, un partenaire militaire à part entière. En janvier 2026, Israël et le Maroc ont signé un plan militaire conjoint pour l'année à l'occasion de la troisième réunion de leur Comité militaire mixte à Tel-Aviv, que les Forces de défense israéliennes (FDI) ont qualifiée d'approfondissement de la coopération avec un 'partenaire clé pour la stabilité régionale'... Cette structure bilatérale confère à Israël un atout qu'il a rarement possédé en Afrique du Nord : un intérêt stratégique direct lié au développement régional de Rabat.

"Cet intérêt s'applique manifestement à Ceuta et Melilla. La coalition des Accords d'Abraham de l'administration Trump, fondée sur une opposition commune à l'Iran et des incitations économiques partagées, a créé une relation triangulaire opérationnelle entre Washington, Jérusalem et Rabat. La voix d'Israël dans ce triangle pèse de manière disproportionnée. Lorsque des responsables israéliens signalent leur alignement sur les intérêts stratégiques d'un partenaire, ce signal est perçu avec force par une Maison Blanche qui place l'expansion des Accords d'Abraham au cœur de sa vision de politique étrangère. La revendication territoriale du Maroc sur ces enclaves n'est pas simplement un différend bilatéral avec l'Espagne. Elle constitue de plus en plus un test décisif permettant de déterminer si l'administration Trump récompensera ses partenaires les plus coopératifs au détriment de ses membres les plus récalcitrants de l'OTAN...

"Les Accords d'Abraham ont créé un cadre permettant de reconfigurer les alliances au Moyen-Orient et en Afrique du Nord de manière à servir simultanément les intérêts américains et israéliens. Aider le Maroc à récupérer Ceuta et Melilla s'inscrirait dans ce cadre et punirait un membre de l'OTAN qui a, à maintes reprises, préféré l'obstruction au partenariat à un moment crucial pour l'alliance. "Les Accords d'Abraham atteignent le détroit : comment Israël pourrait aider le Maroc à récupérer son Nord", - Ynet Global

Vous comprendrez donc mieux désormais la "situation dans son ensemble", qui dépasse le simple cadre d'une opération psychologique ridicule visant à discréditer Pedro Sánchez. Non. Il s'agit d'une extension du projet du "Grand Israël" qui englobe non seulement les nations situées entre le Nil et l'Euphrate, mais aussi une restructuration plus large et plus complète de l'ordre existant, permettant à Israël de régner en maître sur tout le Moyen-Orient et bien au-delà. La guerre en Iran n'a en rien tempéré ces ambitions.

Remarque : Ceuta est reconnue comme territoire souverain espagnol par l'Espagne, l'Union européenne, les Nations unies et la grande majorité des pays du monde. C'est une ville autonome, pleinement intégrée à l'État espagnol. Elle est sous contrôle espagnol ininterrompu depuis la fin du XVIe/XVIIe siècle. Lorsque le Maroc a accédé à l'indépendance en 1956, Ceuta et les autres "plazas de soberanía" (dont Melilla) sont restées espagnoles.

Voici le tweet désormais tristement célèbre de Yair Netanyahu encourageant les islamistes arabes à libérer Ceuta et Melilla. Gardez à l'esprit que ce tweet a été publié en mai 2019, alors qu'on aimerait nous faire gober que les événements d'hier sont purement spontanés !

Traduit par  Spirit of Free Speech

 unz.com

 ssofidelis.substack.com