
Par Al Mayadeen English, Source : The Associated Press + Al Mayadeen English, le 2 août 2026
Israël fait part à la Maison Blanche de sa vive inquiétude concernant l'accord de désarmement du Hamas, insistant sur la remise totale des armes avant tout retrait de Gaza.
Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait part à la Maison Blanche de sa "vive inquiétude en matière de sécurité" concernant l'accord de désarmement du Hamas récemment annoncé, selon le porte-parole Doron Spielman.
M. Spielman a déclaré à l'Associated Press que les évaluations des services du renseignement israéliens montrent que le Hamas ne se démilitarise pas véritablement, mais s'emploie au contraire à reconstruire sa capacité militaire en se réarmant, en recrutant des combattants et en reconstruisant ses infrastructures.
Il a affirmé qu'un retrait avant le désarmement complet du Hamas permettrait au mouvement de s'étendre à travers Gaza, de reconstruire ses infrastructures et de tenter une nouvelle attaque de l'ampleur de celle du 7 octobre.
Il a souligné que le désarmement exige la remise physique des armes, sans aucune exception, et a déclaré que les forces israéliennes ne se retireront pas des plus de 60 % du territoire de Gaza qu'elles contrôlent actuellement tant que le Hamas ne se sera pas entièrement désarmé.
Cette déclaration intervient alors que Netanyahu fait face à une difficile guerre électorale à l'approche des élections d'octobre, ses partenaires de coalition d'extrême droite le pressant de maintenir la pression militaire et la présence de troupes à Gaza, tandis que ses opposants l'accusent de ne pas avoir su empêcher l'opération du 7 octobre 2023.
Le point d'achoppement du désarmementLa décision du Hamas d'entamer son désarmement s'inscrit dans le cadre du cessez-le-feu négocié par les États-Unis signé il y a environ neuf mois, censé mettre fin à la guerre génocidaire d'Israël contre Gaza, bien que le régime israélien ait tué plus de 1 220 Palestiniens au cours de cette période.
Le désarmement bloque les négociations depuis des mois et reste l'un des éléments les plus contestés du plan de cessez-le-feu en 20 points de Trump, qui prévoit également la destruction par le Hamas de son réseau de tunnels, un retrait israélien par étapes, la mise en place d'un nouveau gouvernement palestinien technocratique, le déploiement d'une force de sécurité internationale et la reconstruction de l'enclave.
Trump avait déclaré, lors de l'annonce de l'accord, que le processus de désarmement se déroulerait selon des étapes soigneusement structurées.
Comment le processus de désarmement est-il structuré ?Aux termes de l'accord, les armes détenues par la police dirigée par le Hamas seraient remises au Comité national pour l'administration de Gaza, soutenu par les États-Unis, dès son arrivée dans l'enclave. Mais le calendrier reste subordonné à d'autres étapes.
Un processus distinct visant à démonter les armes lourdes et à démanteler les sites de production militaire ainsi que les tunnels ne débuterait qu'après la mise en place du comité palestinien et le déploiement des forces internationales, directement liés à un retrait israélien par étapes.
L'article 8 du document de mise en œuvre de Charm el-Cheikh, obtenu en exclusivité par Al Mayadeen, détaille ce même enchaînement des étapes et précise explicitement qu'aucune arme ne serait transférée à Israël ni à aucune partie non palestinienne. Le Comité national deviendrait en revanche la seule autorité compétente en matière d'armement à Gaza.
Les responsables américains contestent cette interprétationLes responsables qui ont briefé les journalistes sur l'accord de désarmement ont déclaré qu'Israël a été consulté tout au long des négociations et qu'on ne lui demande rien de plus que ce à quoi il s'est déjà engagé dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu et de libération des prisonniers signé en octobre dernier.
Plutôt que de faire part de ses préoccupations directement à Washington, Israël les aurait transmises à l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui siège au "Conseil de la paix" dirigé par Trump.
Selon Associated Press, des sources proches du dossier ont indiqué qu'Israël cherche à conserver la liberté de mener des "opérations militaires" dans Gaza, et à exclure le Qatar et la Turquie de la supervision des étapes de mise en œuvre.
Une autre source a indiqué qu'Israël veut également que les armes du Hamas soient détruites, et non simplement confisquées, après leur remise.
Les conditions de la RésistanceLe Hamas a déclaré que son engagement vis-à-vis des propositions des médiateurs pour la deuxième phase du cessez-le-feu reflète un consensus national parmi les factions palestiniennes.
Le mouvement a toujours soutenu que la fin des tueries et attaques israéliennes constitue une condition préalable à la mise en œuvre, et que tout accord sur les armes lourdes dépend de l'arrêt complet de l'agression israélienne, du retrait total des troupes israéliennes, de la mise en place du comité administratif, du déploiement de forces internationales de protection, du démantèlement des groupes armés formés par Israël, de la reconstruction et de garanties quant à l'autodétermination palestinienne.
Les dirigeants du Hamas et du Jihad islamique, réunis au Caire cette semaine, ont réaffirmé une position unifiée allant dans ce sens.
Traduit par Spirit of Free Speech