
"Une civilisation entière va disparaître ce soir, pour ne jamais renaître. Je ne souhaite pas que cela arrive, mais c'est probable."
Donald Trump (1946-), président étasunien, (2017-2021 and 2025-), (dans une déclaration infame, le mardi matin, le 7 avril, 2026)
"La première fois (premier mandat), j'avais deux choses à faire : diriger le pays et survivre ; j'avais tous ces escrocs. Et la deuxième fois (deuxième mandat), je dirige le pays et le monde."
Donald Trump (1946-), président étasunien, (2017-2021 and 2025-), (lors d'un interview dans la revue Atlantic, "I run the country and the world", publié le 28 avril, 2025)
"S'il pense qu'il va tomber, il va essayer de nous entraîner tous dans sa chute. " Mary Trump (1965-), psychologue américaine et nièce de Donald Trump, auteure du livre "Trop, c'est trop : comment ma famille a créé l'homme le plus dangereux du monde", (dans un interview télévisé sur 'YouTube', le 6 novembre 2020).
Depuis sa seconde investiture à la présidence des États-Unis, le 20 janvier 2025, le magnat de l'immobilier Donald Trump (1946-) a démontré à quiconque est un tant soit peu informé qu'il n'est pas un homme politique comme les autres. Il est bien documenté que le président américain est, de loin, le plus corrompu et le plus incompétent que les États-Unis n'aient jamais eu.
Ceci s'ajoute à ses graves défauts de caractère et à ses vices, tel son tempérament dictatorial et conflictuel, de prédateur et de manipulateur, ce qui aurait dû normalement le disqualifier pour occuper une haute fonction publique.De plus, pour le président Trump, le mensonge est devenu une obsession maladive. C'est un homme politique qui ment non pas occasionnellement, mais constamment, dans ses diatribes quotidiennes. C'est comme s'il vivait dans un monde imaginaire infantile. À ses yeux, les refus sont des acceptations, les échecs des succès et les désastres des réussites. C'est ce qui en fait une personne peu fiable.
Pour un chef d'État, ou tout dirigeant d'ailleurs, perdre le contact avec la réalité est un défaut majeur qui ne peut qu'avoir des conséquences tragiques. Donald Trump soulève de graves inquiétudes, car il a tendance à déformer la réalité et à inventer des accusations gratuites, de pures allégations ou des fabrications, qui sont la plupart du temps, dénuées de toute logique, de preuves ou de justifications.
Comme la corruption intellectuelle précède souvent la corruption financière, cela explique peut-être pourquoi D. Trump a peu de respect pour la constitution américaine, et tout indique qu'il viole fréquemment son serment d'investiture, qu'il a prêté, en 2017 et en 2025 :
"Je jure solennellement d'exercer fidèlement la fonction de président des États-Unis et de préserver, protéger et défendre, au mieux de mes capacités, la Constitution des États-Unis" (Article II, Section 1, Clause 8).
C'est pourquoi, une majorité d'Américains savent maintenant que le magnat de l'immobilier et homme politique autoritaire D. Trump souffre d'un grand déficit d'intégrité intellectuelle et financière. C'est un escroc sans scrupules, qui poursuit impitoyablement ses intérêts financiers personnels et familiaux, en monnayant ouvertement ses activités et ses politiques.
De plus, D. Trump a eu recours à diverses manœuvres de diversion pour refuser de se conformer à une loi adoptée à la quasi-unanimité du Congrès, en décembre 2025 (la Loi sur la transparence des dossiers Epstein), laquelle exige de rendre publique l'intégralité des dossiers Epstein non expurgés, et les révélations qu'ils contiennent (malgré les promesses électorales de Trump, en 2024, de le faire !).
La stratégie de dissimulation de Trump vise à étouffer son implication de longue date dans le scandaleux réseau pédophile international de J. Epstein. Ce dernier a fait plus de 1 000 victimes adolescentes, provenant de plusieurs pays. Il pourrait également être impliqué dans d'autres cas présumés d'inconduite sexuelle.
I- Un nouveau livre révèle le portrait de Donald Trump et de son administration 2.0, autoritaire et dysfonctionnelleDeux journalistes chevronnés du New York Times, Maggie Haberman et Jonathan Swan, ont publié le 23 juin 2026 un ouvrage à succès révélant les nombreux excès et dérives de la présidence impériale de Donald Trump, durant son second mandat. Le livre est intitulé " Changement de régime : Au cœur de la présidence impériale de Donald Trump". C'est une lecture indispensable pour tout électeur américain, avant les élections de mi-mandat du 3 novembre prochain.
En effet, le livre "Changement de régime" et ses 496 pages, publié par Simon & Schuster, décrit en détail les frasques du second mandat de Donald Trump. Cet ouvrage, qui sera une source de renseignements pour les historiens futurs, témoigne d'une période "sans précédent de notre vivant", d'un exercice de pouvoir autoritaire et corrompu, et explique comment Trump et un petit groupe s'y sont préparés, ainsi que les événements qui l'ont engendrée.
II- La corruption de Donald Trump est ahurissante et sans limites.Des oligarques fortunés et serviles occupent les principaux postes de l'administration Trump 2.0 et ses agences.
La liste des actes flagrants de corruption de D. Trump est interminable.
L'une des premières décisions suspectes de Trump, pendant et immédiatement après l'élection de 2024, a été d'accepter des centaines de millions de dollars de la part de multi milliardaires comme Elon Musk, de la famille Adelson de Las Vegas et de nombreux autres donateurs ultra-riches.

Le démantèlement et l'instrumentalisation du ministère de la Justice américain, en tant qu'institution indépendante :
L'un des actes de corruption politique les plus flagrants et sans précédent de Donald Trump a été la destruction du ministère de la Justice américain, en tant qu'institution indépendante, et son instrumentalisation à des fins partisanes. En effet, il a nommé son avocat personnel à la tête de ce ministère, et il a transformé cette institution en un instrument de vengeance et de justification, à son service.
Ainsi, Donald Trump a mis fin à la longue tradition d'indépendance du ministère de la Justice vis-à-vis de la Maison-Blanche dans les enquêtes criminelles. Il a mené des attaques dévastatrices contre l'État de droit et le principe bien établi selon lequel "nul n'est au-dessus des lois", en limogeant sans discernement la plupart des juristes du ministère de la Justice et ceux d'autres organismes de contrôle chargés de poursuivre les affaires de corruption et de gaspillage de fonds publics. Il a également dissous une unité du FBI chargée d'enquêter sur les malversations au sein du Congrès.
Les tentatives de création d'une caisse noire colossale pour aider ses partisans condamnés par les tribunaux :
Parmi les centaines d'actes de corruption politique commis par Trump, figure une preuve flagrante de sa volonté d'utiliser l'argent des contribuables pour créer une caisse noire au sein du ministère de la Justice, d'un montant faramineux de 1,776 milliard de dollars, destinée à aider ses partisans condamnés par les tribunaux, notamment les émeutiers du 6 janvier 2021. Cette situation a même provoqué la révolte des membres républicains les plus timides du Congrès.
L'industrie des grâces présidentielles :
De plus, Donald Trump s'est employé, sans retenue, à abuser d'une prérogative constitutionnelle présidentielle, jusqu'alors rarement utilisée, lui permettant d'accorder la clémence à des personnes condamnées par les tribunaux.
En réalité, il a accordé de multiple pardons à des criminels condamnés, y compris des meurtriers, des donateurs politiques et des alliés politiques, transformant ainsi ce processus, selon les observateurs, en un véritable système de corruption, à grande échelle.
Trump a même nommé une personne à la Maison Blanche qui est chargée de faire pression sur de riches individus et entreprises, afin de collecter des fonds pour financer ses projets pharaoniques, court-circuitant ainsi le Congrès.
III- D. Trump a violé la clause relative aux émoluments de la constitution américaine en acceptant d'importants dons d'organisations et de donateurs étrangers.Il est fort probable que Donald Trump n'a jamais lu ou même pris en compte la clause relative aux émoluments de la constitution américaine.
En effet, la constitution étasunienne contient des dispositions spécifiques qui interdisent au Président et à toute autre personne qui occupe une fonction dans le gouvernement fédéral, d'accepter des pots-de-vin (profits, avantages, rémunérations pour services rendus ou gains financiers), dans l'exercice de leur fonction. L'objectif est de prévenir la corruption, de limiter l'influence étrangère sur les agents fédéraux et de préserver l'indépendance du président en exercice:
Clause relative aux émoluments étrangers (art. I, Sec. 9, Par. 8) : "Nul ne peut, sans le consentement du Congrès, accepter de cadeau, d'émolument, de charge ou de titre de quelque nature que ce soit, d'un roi, d'un prince ou d'un État étranger, lorsqu'il occupe une fonction rémunérée ou de confiance au sein des États-Unis."
Source : theweek.com
De plus, des rapports indiquent que le président Donald Trump est bien plus impliqué dans des conflits d'intérêts inconstitutionnels et bien plus corrompu que ne le laissent entendre les grands médias. La liste de ses conflits d'intérêts et de ses profits issus de la corruption est très longue.
Un exemple flagrant, et non des moindres, est l'utilisation par D. Trump du secteur financier complexe des cryptomonnaies, qu'il a quasiment déréglementé, pour s'enrichir, ainsi que sa famille et quelques proches collaborateurs, de milliards de dollars de profits annuels, au détriment de spéculateurs crédules.
En effet, l'Office d'éthique gouvernementale des États-Unis a publié, le 30 juin 2026, un rapport de 927 pages présentant l'analyse la plus détaillée à ce jour des finances de Trump, durant sa première année de retour à la Maison-Blanche. Ses revenus liés aux cryptomonnaies ont largement dépassé les bénéfices déclarés par ses entreprises traditionnelles et ont marqué une forte augmentation par rapport aux déclarations précédentes.
Le rapport détaille comment le président Donald Trump a empoché 1,4 milliard de dollars de revenus, principalement issus des activités de sa famille dans le secteur des cryptomonnaies, en 2025.
Les "activités" de Donald Trump dans le secteur des cryptomonnaies sont la principale raison du quasi-triplement de sa fortune personnelle, qui est passée de 2,3 milliards de dollars à 5,6 milliards de dollars, entre 2024 et 2026, selon le magazine Forbes.
Selon le Financial Times, Donald Trump a déclaré avoir effectué plus de 22 000 transactions boursières en 2025, comme le rapporte l'analyse du journal. Par comparaison, son prédécesseur immédiat, Joe Biden, n'en avait fait que 13, en quatre ans.
Selon le Wall Street Journal, D. Trump s'apprêterait même à vendre des accès rapides à ses déclarations publiques sur sa plateforme 'Truth Social', au prix de 100 000 dollars par mois, à des spéculateurs de Wall Street, désireux d'obtenir des informations privilégiées ! Et, cela après que D. Trump se soit enrichi en recourant à des délits d'initiés.
World Liberty Financial, une entreprise de cryptomonnaies que Trump a contribué à lancer en 2024, prévoit aussi mettre en circulation un " dollar numérique" (USD1), lequel sera en réalité un 'stablecoin' indexé à 1 pour 1, sur la dette publique américaine.
Source : news.bit2me.com
Ce dispositif servira à créer l'illusion d'une cryptomonnaie "liée" au dollar américain, tout en générant une demande accrue pour les obligations du Trésor américain. Un des objectifs est d'empêcher une hausse des rendements des obligations du Trésor, lorsque les banques centrales étrangères s'en départissent.
ConclusionDe nombreux rapports, enquêtes et décisions des tribunaux ont clairement établi que le magnat et homme politique Donald Trump n'est pas intellectuellement honnête et il est, à tout prendre, un individu corrompu, manipulateur et malicieux, dépourvu de toute empathie et de toute morale, et cela, tant dans sa vie privée que dans ses fonctions de président des États-Unis, et surtout depuis le 20 janvier 2025.
Il projette aussi l'image de quelqu'un qui croit qu'il ne peut jamais perdre une élection, alors que les sondages montrent que plus de 60 % des Américains désapprouvent sa gouvernance, contre moins de 35 % d'opinions en sa faveur.
Néanmoins, il continue d' affirmer publiquement qu'il n'a pas perdu l'élection de 2020, malgré les démentis répétés des cours de justice et des instances électorales des états, lesquelles ont maintes fois démontré la fausseté de telles prétentions.
Par conséquent, les Américains ont toutes les raisons de s'inquiéter et de rester vigilants, car le président Donald Trump pourrait tenter d'utiliser les pouvoirs du gouvernement fédéral pour tricher et voler les élections américaines de mi-mandat de novembre prochain.
Les électeurs américains et les riches donateurs, au pays et à l'étranger, qui continuent de soutenir un homme politique aussi dangereux sont, soit mal informés, soit complices de ses violations fréquentes de la constitution américaine et autres crimes et malversations.
Rodrigue Tremblay
Image en vedette : Capture d'écran. Source : btlonline.org
*

Rodrigue Tremblay est professeur émérite d'économie à l'Université de Montréal et lauréat du Prix Richard-Arès pour le meilleur essai en 2018, La régression tranquille du Québec, 1980-2018, (Fides). Il est titulaire d'un doctorat en finance internationale de l'Université Stanford. Ministre de l'Industrie et du Commerce dans le cabinet Lévesque du 26 novembre 1976 au 21 septembre 1979.
On peut le contacter à l'adresse suivante : email protected
Il est l'auteur du livre de géopolitique Le nouvel empire américain et du livre de moralité Le Code pour une éthique globale, de même que de son dernier livre publié par les Éditions Fides et intitulé La régression tranquille du Québec, 1980-2018.
Site internet de l'auteur :
La source originale de cet article est Mondialisation.ca
Copyright © Prof Rodrigue Tremblay, Mondialisation.ca, 2026




