
Andrea Marcigliano
Source: electomagazine.it
Tous les Jeux, même les plus complexes et sophistiqués, ont des limites. Des frontières, disons, qui ne peuvent être franchies. Des frontières qui sont souvent et inévitablement temporelles.
Il semble que Washington prépare une attaque massive contre l'Iran, en collaboration avec Israël.
Et que cette attaque devrait avoir lieu prochainement.
Pour certaines raisons, posées, bien sûr, comme excellentes et irréprochables.
Trump est, probablement, contraint d'agir. Contraint, en premier lieu, par sa relation avec Netanyahu. Qui semble le conditionner et, à certains égards, le tenir sous sa coupe. Je laisse à chacun le soin d'en évaluer la raison.
Il est aussi contraint d'agir pour essayer de ramener un résultat positif.
Car, à ce jour, l'offensive militaire américaine en Iran s'est révélée être un désastre.
Ce n'est pas parce que l'Iran a gagné. Simplement parce qu'il ne s'est pas effondré comme Washington s'y attendait. Et, au contraire, il a riposté coup pour coup. Créant de nombreux problèmes aux États-Unis et, en premier lieu, à ses alliés arabes.
Des alliés qui manifestent désormais un malaise croissant. Au point de risquer de désagréger la coalition américaine.
Laquelle, de plus, semble avoir désormais affecté toutes ses principales ressources militaires à la défense d'Israël.
Laissant, de fait, ses « amis » arabes sans protection ni défense.
Cependant, la raison principale pour laquelle Trump doit agir rapidement est liée à la scène politique interne américaine.

Aux prochaines élections de Midterm, qui, dans l'état actuel des choses, pourraient s'avérer désastreuses pour les Républicains.
Désormais, Trump est dans son dernier mandat présidentiel. Il n'est plus éligible, malgré certaines déclarations et revendications ponctuelles.
Cependant, il veut, ou plutôt voudrait, garder le contrôle du Parti républicain. Et peut-être pense-t-il à une succession dynastique. A son fils.
Impossible, toutefois, si les Midterms s'avèrent être un désastre total. Non seulement il deviendrait un «canard boiteux» pour le reste de son mandat. Son avenir politique serait annulé. Le sien ainsi que celui de ses partisans.
En vérité, ceux-ci sont de moins en moins nombreux. Car les prises de distance avec l'Administration, et son alignement sur Israël, en s'impliquant de plus en plus dans un conflit qui est étranger aux intérêts américains, augmentent de jour en jour.
C'est désormais un véritable éboulement.
Trump a donc besoin d'un succès dans le conflit iranien. Et il en a besoin rapidement.
Cela pourrait ne pas suffire à redresser la situation. Mais il est désormais trop tard pour trouver une autre issue.