09/08/2026 reseauinternational.net  5min #322747

La désinformation sioniste fait le tour du monde

par Moon of Alabama

"Les informations ne sont pas la vérité" : une affirmation qui va de soi. Malheureusement, elle est souvent ignorée.

Les "informations" peuvent être inventées de toutes pièces. Des citations inventées, relayées par plusieurs médias, peuvent se transformer en "faits".

Le journaliste israélien Ronen Bergman  a retracé le parcours (en hébreu) d'une de ces informations :

"Le 5 août, mercredi de cette semaine, une nouvelle très spectaculaire a effectué un parcours miraculeux. En environ 15 heures et demie, elle est partie d'un compte indien douteux sur X, est passée par un compte qui arbore fièrement le mot"Mossad"dans son nom, même s'il ne s'agit pas du Mossad, a reçu un certificat de fiabilité de la part de Channel 14, a été reprise par Yair Netanyahou, a atteint la scène nationale au nom du premier ministre, a atterri chez l'ambassadeur américain auprès de l'ONU et sur Fox News, puis est revenue respectueusement en Inde, où elle avait déjà été relayée comme une information provenant des"médias israéliens"".

Shaiel Ben-Ephraim  a résumé cette information.

Un  compte hindou-fasciste très pro-israélien sur Twitter/X a cité (en hindi) une citation inventée de toutes pièces pour affirmer qu'Ahmad Vahidi, le commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique, avait admis que l'Iran développait des armes nucléaires.

Plus tard, ce même compte a publié une autre fausse citation, à nouveau en hindi, dans laquelle Vahidi aurait déclaré que l'Iran continuerait à développer des armes nucléaires tant que les États-Unis et Israël en posséderaient.

Un compte Twitter/X nommé  Mossad Commentary publie la citation présumée en anglais.

Une demi-heure plus tard, la version anglaise de la chaîne israélienne (pro-gouvernementale) Channel 14 reprend cette citation et  affirme que c'est la première fois que l'Iran admet construire une bombe nucléaire.

Quelques minutes plus tard, Yair Netanyahou, le fils du premier ministre israélien qui vit en Floride, retweete l'article de Channel 14.

Deux heures plus tard, Benjamin Netanyahou, le premier ministre, cite cette fausse déclaration dans un discours officiel.

Mike Waltz, l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'ONU, partage le tweet et ajoute que l'Iran "admettait enfin ce qui était évident depuis des années". Il supprime ensuite son tweet sans explication.

Mark Levine, le propagandiste sioniste, partage le tweet. Fox News rapporte l'information comme un fait avéré, notamment à l'aide d'un titre à l'écran.

Channel 14 rapporte l'information en citant Fox News et Netanyahou comme sources.

Mossad Commentary, le compte X (sans lien avec le Mossad ?), cite Channel 14 et boucle ainsi la boucle.

Le ministère israélien des Affaires étrangères diffuse la "nouvelle" en persan.

L'agence de presse indienne ANI, citant des sources israéliennes, rapporte l'information en hindi.

Il n'existe bien sûr aucune preuve que le commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), Ahmad Vahidi, ait jamais tenu les propos qui lui sont attribués. La citation a été inventée. Délibérément.

Ce n'est pas la première fois qu'un tel canular est orchestré par le bureau de Netanyahou. D'après  l'article de Bergman :

"En septembre 2024, le Jewish Chronicle et le Bild ont publié des articles qui correspondaient de manière presque miraculeuse aux messages que Netanyahou cherchait à promouvoir, exactement aux mêmes heures et aux mêmes jours, autour de l'accord sur les otages et de l'axe de Philadelphie.

Il ne s'agit pas des mêmes cas, et il n'a pas été prouvé que le même mécanisme ou les mêmes personnes soient impliqués. Mais la structure de pensée est similaire d'une manière difficile à ignorer : l'information est diffusée à l'étranger, se voit déguisée en"couverture médiatique étrangère", puis revient en Israël sous forme de preuve externe, soi-disant indépendante, à l'appui d'une affirmation politique qui circule déjà ici".

Quelque part, une fausse affirmation est lancée par une source peu crédible. Elle est reprise par une chaîne de personnalités publiques de plus en plus crédibles jusqu'à ce qu'elle devienne un "fait d'actualité". Cette information est ensuite reprise par des responsables politiques qui, selon toute vraisemblance, sont précisément ceux qui ont secrètement lancé la rumeur.

Cette manœuvre n'est ni nouvelle ni propre à Israël. À l'approche de la guerre en Irak, le bureau du vice-président Cheney avait "laissé filtrer" anonymement au New York Times que Saddam Hussein disposait de telle ou telle arme cachée. Le lendemain, Cheney est intervenu à la télévision et, interrogé à ce sujet, a "confirmé" qu'il en avait lui aussi entendu parler. La fausse rumeur diffusée était devenue un fait officiel.

Cheney pouvait emprunter un chemin très court pour faire circuler sa désinformation, car les informations du New York Times étaient (à tort) considérées comme crédibles.

Netanyahou, en qui personne n'a confiance, a besoin de chemins plus longs pour transformer ses mensonges en faits.

Malheureusement, la désinformation fonctionne quand même. Du moins dans la plupart des cas...

source :  Moon of Alabama

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