10/08/2026 arretsurinfo.ch  33min #322808

Mohsen Rezaei: « L'Iran va devenir la 4e puissance mondiale »

Interview de Mohsen Rezaei*, conseiller militaire du Guide Suprême, ancien commandant-en-chef des Gardiens de la Révolution, sur la télévision d'Etat iranienne, le 3 août 2026.

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گفتگوی ویژه با سردار سرلشکر محسن رضایی

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Présentateur : Si vous êtes d'accord, commençons par la nouvelle vague d'attaques américaines, survenue après l'accord d'Islamabad - accord dont plusieurs clauses ont été violées, ce qui a déclenché cette nouvelle vague. Auparavant, il semblait que les Américains n'avaient pas atteint les objectifs qu'ils poursuivaient dans la guerre, dès le début de la "guerre de Ramadan" ; ils ont essayé de les obtenir par la négociation, et comme cela n'a de nouveau pas abouti, ils sont retournés vers la guerre, à cette différence près qu'ils avaient désormais l'expérience d'un échec lors de la guerre de Ramadan. Selon vous, pourquoi sont-ils revenus vers la guerre ?

Mohsen Rezaei : Cette guerre, en réalité, il faut l'appeler la troisième guerre ; elle a duré dix-sept jours, de nombreuses régions du pays ont été prises pour cible, et nous leur avons porté, nous aussi, des coups sévères. Selon moi, c'est la "troisième guerre de Trump", la guerre de dix-sept jours de Moharram. Et si ce retour aux hostilités était étonnant pour le monde, pour nous, il était prévisible : deux ou trois jours avant qu'il ne se retire (de l'accord d'Islamabad), j'avais dit, dans cette même émission, à ceux qui s'opposaient à la négociation : "Ne vous précipitez pas : tout comme Trump a déchiré le JCPOA [l'accord sur le nucléaire iranien], il déchirera cet accord aussi". Et le lendemain ou le surlendemain de mes propos, il a annoncé son retrait de l'accord.

C'était clair pour moi, car à part les trois ou quatre premiers jours où les propos de Trump et de son entourage étaient relativement bons, et où le blocus se relâchait, à partir presque du quatrième, cinquième jour, tout s'est retourné : ils ont commencé à violer l'accord qu'eux-mêmes, ainsi que notre président respecté, avaient signé, alors que le Guide suprême avait déclaré que nous attendrions la réalisation de ces clauses de l'accord. J'avais dit que le noble peuple iranien et ce serviteur du peuple attendraient la réalisation des clauses, et que l'autorisation de signer avait été donnée.

Notre président respecté a donc signé. Trump aussi, alors que Monsieur Macron était à ses côtés, a monté un spectacle mondial, affirmant "Nous avons fait la paix, nous avons fait la paix avec l'Iran". À partir du quatrième, cinquième jour, il a commencé à agir contrairement à ce qu'il avait signé.

D'abord, il est venu créer un autre corridor, un autre itinéraire, différent des dispositions iraniennes qu'il avait acceptées et signées, dans le sud du détroit d'Ormuz, et a commencé à le mettre en œuvre. On l'a averti, il n'a pas écouté ; nous avons donné un avertissement, il n'a pas écouté. Voyant qu'il violait l'accord, nos forces ont frappé un ou deux navires pour les faire rebrousser chemin.

Au lieu de traiter cela comme un différend... Dans tout accord, on prévoit généralement une procédure, des dispositions pour le cas où surgirait un différend : un comité de règlement des différends avait été mis en place. Le Premier ministre du Pakistan et l'émir du Qatar, lors de la réunion que Monsieur le docteur Ghalibaf avait tenue avec (J. D.) Vance, avaient institué ce comité. Il avait été convenu que nous commencerions à appliquer l'accord, et qu'en cas de différend, on s'adresserait à ce comité.

Sans même s'adresser à ce comité, il a commencé à attaquer nos côtes méridionales, vers le septième, huitième jour, alors qu'il avait signé, dans le premier paragraphe, qu'il reconnaissait désormais la souveraineté iranienne et qu'il mettait fin à la guerre. Il a de nouveau bombardé nos côtes, frappé Qeshm, frappé Sirik, et ainsi de suite, presque sans interruption. Cette violation des accords a duré jusqu'à ce qu'après environ vingt jours, presque trois semaines, il annonce son retrait et déclenche une nouvelle vague d'attaques. On peut dire que ce nouvel affrontement a commencé vers le 17 du mois de Tir (8 juillet). Dans ce nouvel affrontement, premièrement, il a totalement écarté Israël : contrairement à la guerre de quarante jours, où lui-même et Israël attaquaient ensemble, cette fois il l'a tenu à l'écart. Deuxièmement, il ne frappait que les provinces méridionales ; par exemple, il n'a pas ciblé Téhéran ni dans les provinces du nord, sauf un cas dans la province du Golestan, où un pont routier a été frappé.

Alors, quel était l'objectif ? Nous avons compris qu'il voulait mener un assaut aéroporté, une opération terrestre, pour ouvrir le détroit d'Ormuz et attaquer nos sites nucléaires. Il a lui-même déclaré vouloir frapper telle montagne [site souterrain de Pickaxe Mountain, à proximité du complexe nucléaire de Natanz], par exemple. Pour une attaque terrestre, il fallait d'abord couper la liaison entre les provinces du sud et le nord, et c'est pourquoi il a frappé tous les ponts, en particulier ceux menant à la province d'Hormozgan et à la ville de Bandar Abbas, autour du détroit d'Ormuz : en débarquant des troupes et en prenant le détroit, plus personne - ni char, ni artillerie, ni troupe à pied - ne pourrait plus circuler du nord de l'Iran vers le sud.

Il a frappé les ponts, puis les radars - les radars des provinces côtières -, certains centres militaires, des cellules [de commandement] Cela a touché environ cinquante villes et quinze provinces, sur des points précis, déterminés. Sur le plan militaire, cela signifie que pour lancer une attaque terrestre, il faut d'abord couper la logistique de la partie défensive : détruire ses radars, couper ses ponts, pour que les troupes terrestres puissent débarquer.

Il a fait tout cela. Monsieur Trump a appelé le commandant du CENTCOM pour exiger de frapper plus fort ; ses troupes terrestres estimaient que ce que l'aviation et les missiles avaient frappé jusque-là ne suffisait pas. Le commandant du CENTCOM a répondu qu'ils frappaient de toutes leurs forces, qu'on ne pouvait pas faire plus.

Ainsi, le premier problème qui s'est posé, c'est qu'ils ont dû abandonner l'attaque terrestre, abandonner l'assaut aéroporté, ce plan mal préparé des commandants de l'armée américaine, qui n'avaient pas correctement calculé que pour déployer des troupes vers le détroit d'Ormuz, quarante ou cinquante mille hommes ne suffisent pas ; il en faudrait au moins cent mille, en franchissant les montagnes du Zagros, en passant au moins par la province du Fars, pour arriver par exemple près d'Ispahan. Avec quarante-cinq [mille], leurs calculs étaient complètement erronés. Mais cela ne suffisait pas ; Trump continuait d'exiger l'action : "Je ne veux même pas impliquer Israël, je veux une victoire éclatante à mon seul nom."

Le deuxième événement qui s'est produit, c'est que durant cette dernière semaine des dix-sept jours, de nouvelles vagues de missiles et de drones se sont mises en mouvement - plus précises et plus intenses que lors de la guerre de quarante jours -, depuis l'Iran.

Présentateur : Depuis l'Iran ?

Mohsen Rezaei : Depuis l'Iran, des attaques en vagues, plus précises, plus intenses, de missiles et de drones, se sont dirigées vers les bases américaines, au point que le Koweït a été en grande partie transformé en ruines, la plupart des forces en ayant été évacuées. À Erbil, plus de quarante à cinquante avions gros-porteurs sont venus évacuer une grande partie des forces. Plus important encore, le commandement du CENTCOM, qui se trouvait au Qatar, s'est déplacé en Jordanie - que nous avons également frappée sévèrement -, puis le commandement est parti de Jordanie vers Israël. C'est-à-dire que ce dispositif rapproché du combat, censé venir prendre le détroit d'Ormuz pour permettre un commandement et un soutien rapprochés - le commandement du soutien depuis le théâtre des opérations, le ciblage, etc. -, s'est éloigné du détroit d'Ormuz.

Présentateur : En réalité, ce qu'ils voulaient faire subir à l'Iran, nous le leur avons fait subir en retour, avec succès ?

Mohsen Rezaei : Oui. En réalité, nous avons brisé leur tempo. Et donc la troisième guerre est la première guerre qui ait échoué à mi-parcours. Or la guerre de quarante jours avait échoué après l'exécution de l'opération [terrestre] : ils avaient préparé ces préliminaires, mais la partie principale - l'intervention des troupes terrestres et aéroportées - avait échoué. Cette troisième guerre, donc, le dix-septième jour, il n'a parlé ni de cessez-le-feu ni d'attaque ; mais nous avons continué deux jours de plus, pour montrer que le nombre de nos missiles est supérieur au leur et que nous avons la capacité de nous défendre, en guise d'avertissement. Ce fut le premier nouveau point défensif que nous avons imposé à l'ennemi : ce n'est pas le jour même où il a déclaré le cessez-le-feu que nous avons aussi cessé le feu, mais deux jours plus tard.

Cette troisième guerre fut donc un échec très cuisant ; cet échec s'est ajouté aux échecs précédents de Monsieur Trump, mais de façon plus intense et plus décourageante encore.

Présentateur : Maintenant, pourquoi n'ont-ils pas impliqué Israël ?

Mohsen Rezaei : Israël avait plusieurs raisons. D'abord, une partie de ses forces est engagée à Gaza, deux ou trois de ses divisions y sont. Plus de cinquante pour cent des forces israéliennes sont également engagées dans le sud du Liban, contrairement à la guerre de quarante jours. Une partie des forces israéliennes est aussi engagée en Cisjordanie. Ainsi, Israël, que ce soit son aviation ou ses forces terrestres, principalement engagées ailleurs, n'était pas prêt. Ensuite, Trump voulait agir sans la présence d'Israël, pour dire au peuple américain que ce n'était pas Israël qui l'encourageait à attaquer, que c'était lui qui avait décidé, lui qui avait obtenu la victoire. Il y avait aussi des questions politiques : des désaccords étaient apparus entre eux. Trump, en réalité, a fait cela sans Israël.

Présentateur : Vous étiez parmi les opposants au cessez-le-feu lors de la guerre de Ramadan et de la guerre de quarante jours. Ce cessez-le-feu actuel, y êtes-vous favorable ou non ?

Mohsen Rezaei : Actuellement, il n'y a pas de cessez-le-feu de cette forme-là. Nous n'avons pas de conditions de cessez-le-feu actuellement.

Présentateur : Nous n'avons donc pas, actuellement, de cessez-le-feu de cette forme ?

Mohsen Rezaei : Non, actuellement nous n'en avons pas. Cependant, nos attaques sont significatives. Les attaques précédentes, menées durant la guerre de quarante jours ou celle de dix-sept jours, étaient parfaitement claires : anéantissement des équipements de l'ennemi, anéantissement de ses forces. Et durant la guerre de dix-sept jours, ce n'était pas mal ; permettez-moi de donner ces chiffres : le Pentagone lui-même parle de soixante-cinq morts et blessés ; notre estimation est de cinq cents morts ; quant aux blessés, nos amis sont en train de les recenser.

Les objectifs de la guerre de dix-sept jours étaient donc de neutraliser leur plan d'offensive terrestre. Pour cela, il fallait repousser leur commandement et leur logistique, leur infliger des pertes humaines : cela avait un sens militaire. Actuellement, il n'y a pas de cessez-le-feu, mais nos attaques sont significatives. Par exemple, nous n'autorisons en aucun cas l'ouverture d'un deuxième corridor dans le détroit d'Ormuz. Même s'ils amènent un navire de guerre, nous le frapperons. S'ils amènent des forces militaires, nous frapperons. Pour l'instant, nous menaçons les navires afin qu'ils ne passent pas. Heureusement, beaucoup de navires écoutent nos avertissements et rebroussent chemin ; nous ne nous engageons pas dans un affrontement. Mais certains, sur lesquels les Américains font clairement pression, viennent malgré tout : ils subissent alors un dommage, et repartent d'eux-mêmes. Nous détenons donc pour l'instant le commandement de la résistance et de la défense : cela a un sens, et va dans la direction où nous avancions jusqu'à présent.

Présentateur : Pensez-vous que ce plan d'opération terrestre américaine, compte tenu aussi des mouvements de troupes depuis Erbil, le Koweït et Bahreïn, soit désormais totalement caduc, ou pensez-vous qu'il puisse rester à l'ordre du jour ?

Mohsen Rezaei : Je ne peux pas dire qu'il soit totalement caduc, mais il s'est beaucoup affaibli. Si, avant la guerre de dix-sept jours, nous évaluions à cinquante ou soixante pour cent la probabilité d'un assaut aéroporté, cette probabilité s'est désormais fortement affaiblie et limitée. Il se peut, par exemple, qu'au lieu du détroit d'Ormuz et de l'ampleur qu'ils voulaient... leur plan était très irréaliste. J'ai entendu qu'hier, apparemment, Monsieur Trump a dit que nous avions eu une opération plus grande que la Seconde Guerre mondiale.

Présentateur : C'est une allusion à ce que vous dites ?

Mohsen Rezaei : Oui. Vous étiez dans un rêve, Monsieur Trump, vous étiez dans le sommeil et le rêve. Mais pourquoi cela ne s'est-il pas réalisé, pourquoi vos hommes n'ont-ils pas mis pied à terre ? Non, je ne peux pas dire que ce soit totalement caduc, mais d'abord, cela s'est beaucoup affaibli, la probabilité a diminué ; ensuite, si cela devait se faire, ce serait limité, par exemple sous la forme d'un raid, une action rapide, quelque chose de proche, par exemple, de l'opération d'Ispahan, qui est similaire à ce qu'ils pourraient mener.

Tabas, 1980 (2 avions détruits, 8 soldats tués dans une opération manquée visant à libérer les "otages de l'ambassade américaine") ; Isfahan, 2026 (plus de 10 avions détruits, nombre de morts inconnu dans une opération manquée visant à sauver un pilote et/ou à s'emparer de l'uranium hautement enrichi iranien).

Présentateur : Cet événement, et cette réponse qu'a donnée la République islamique d'Iran, selon vous, quel changement va-t-il provoquer dans le programme militaire et opérationnel des Américains, ou dans le domaine des négociations ?

Mohsen Rezaei : Les Américains sont globalement en train de concevoir un nouveau plan, pour la quatrième fois : après la guerre de douze jours, celle de quarante jours, celle de dix-sept jours, ils entrent maintenant dans un nouveau modèle. D'abord, ils ont de nouveau placé leurs espoirs dans le déclenchement de soulèvements internes ; autrement dit, ils se sont dit : "Il est donc clair que nous ne pouvons pas [gagner] par la guerre militaire, utilisons les capacités internes [du pays]."

Ensuite, ils font quelque chose de dangereux : ils font entrer d'autres pays dans la guerre. Ils ont poussé l'Arabie saoudite à attaquer le Yémen et l'Irak. D'ailleurs, j'ai entendu qu'hier, un responsable saoudien a appelé un de nos responsables des Affaires étrangères pour dire qu'ils n'étaient pas impliqués dans l'attaque contre l'Irak ; nous sommes actuellement en train d'enquêter là-dessus.

Ou bien, ils ont poussé l'Ukraine à attaquer nos navires dans les ports ; eux aussi ont appelé pour dire que c'était une erreur. Cela aussi, bien sûr, nous l'examinons, car nous avions préparé de frapper trois points en Ukraine ; après qu'ils ont dit avoir fait une erreur, comme nous ne recherchons pas réellement l'escalade guerrière, que nous ne voulons pas attiser un esprit belliqueux, la réponse à l'Ukraine a été pour l'instant annulée.

Mais nous examinons les deux dossiers : concernant l'Ukraine, si c'était vraiment une erreur ; et si c'en était une, on ne peut tout de même pas laisser quelqu'un frapper notre navire puis dire "c'était une erreur, excusez-nous" ; un citoyen iranien a d'ailleurs été tué

Présentateur : Il y a tout de même une part de responsabilité là-dedans.

Mohsen Rezaei : Il y a une part de responsabilité, oui, mais il y a un élément - peut-être que cet élément n'est pas un missile, autre chose, ou un malentendu ; en tout cas nous avons des différends avec l'Ukraine qui peuvent être à l'origine de plusieurs sujets. Concernant l'Arabie saoudite aussi, nous avons envoyé un groupe d'enquête sur les points bombardés pour les examiner, car les munitions de chaque pays sont différentes : par exemple, les drones que possèdent les Émirats sont différents de ceux du Qatar ou du Koweït, ils sont tous différents entre eux. Si un drone, ou son épave, tombe entre nos mains, nous comprenons de quel pays il a réellement été tiré.

Le deuxième acte dangereux que commettent les Américains, c'est donc qu'ils étendent la guerre. C'est précisément ce danger : au lieu que cette agitation de Trump résolve le problème, mette fin à la guerre, le sauve de la guerre, cette agitation pourrait tout à fait allumer les mèches d'une troisième guerre mondiale, car l'Asie occidentale (Moyen-Orient) a beaucoup plus de mèches [explosives] que l'Europe, où s'est déroulée la Seconde Guerre mondiale. Les Européens n'avaient absolument pas un dixième du potentiel de troisième guerre mondiale qu'a l'Asie occidentale, où celle-ci a commencé. Pourquoi ? D'abord, il s'agit des problématiques de l'Asie occidentale elle-même : l'expansionnisme israélien, l'attaque contre le Liban, l'attaque contre la Syrie, et le défi qui a commencé entre la Turquie et Israël : si Israël s'avance davantage vers Damas, la Turquie pourrait entrer par le nord. Ou bien le Golfe Persique lui-même : le Golfe Persique et le détroit d'Ormuz sont une mèche très dangereuse pour une troisième guerre mondiale. Pourquoi ? Parce que c'est là que se trouve l'énergie. Je dirais, si l'on aborde le sujet du détroit d'Ormuz, pourquoi nous l'avons actuellement fermé, et quelle est notre problématique : cherchons-nous la guerre, ou la repoussons-nous ? Parce que le goulot d'étranglement le plus important de l'économie mondiale se trouve précisément dans ce détroit.

Les Américains sont venus dans le détroit d'Ormuz en disant : "Associez-nous aussi (à la gestion du trafic), ou bien vous n'y participerez pas, c'est nous qui gérerons" ; ou : "Laissez-nous dominer le pétrole et le gaz de la région." Quel était leur objectif, dans la troisième guerre de Trump et dans la quatrième guerre imposée ? La troisième guerre de Trump visait ceci : ils disaient "Nous allons ouvrir le détroit d'Ormuz, prendre le pétrole et le gaz de l'Iran, de Kharg, etc." ; au nord de l'Iran, nous nous défendons - ces ponts et ces routes qui vont du nord vers le sud sont peu nombreux, et la plupart passent par des hauteurs - donc "Nous prenons le pétrole et le gaz iraniens, et la gestion du détroit d'Ormuz nous revient aussi, il échappe au contrôle de l'Iran."

Le monde tolérerait-il cela ? Même les Européens toléreraient-ils que le goulot d'étranglement de l'économie mondiale soit entre les mains de l'Amérique ? La Chine le tolérerait-elle ? Cela même pourrait être une mèche pour une troisième guerre mondiale. Le deuxième acte qu'ils commettent, donc, c'est qu'ils étendent la guerre à l'Arabie saoudite, l'Ukraine, l'OTAN elle-même : par exemple, l'OTAN n'était pas du tout dans l'équation ; maintenant ils ont organisé une réunion de l'OTAN en Turquie, ils essaient de l'impliquer un peu. D'un autre côté, ce Premier ministre (britannique) précédent qui était opposé à la guerre, ils l'ont écarté ; ce nouveau Premier ministre est un ami de Monsieur Blair, qui, lors de l'attaque américaine contre l'Irak et l'Afghanistan, était le seul dirigeant européen resté aux côtés des Américains. L'Allemagne, par la voix de son ministre de la Défense, s'était retirée en disant "Nous ne participons pas" ; la France s'était retirée (sous Chirac) ; mais l'Angleterre, sous (Tony) Blair, est restée fermement, ce qui lui a d'ailleurs valu, par la suite, de nombreux déboires en Angleterre. Cette nouvelle équipe dit maintenant : "Non, nous voulons aider les Américains."

Le fait même qu'il se débatte ainsi, le fait que l'Amérique veuille faire entrer d'autres pays en action, montre en soi que les Américains ont subi une lourde défaite. Car, comme le sait tout analyste, les Américains, lors de l'attaque de douze jours contre l'Iran, n'ont consulté ni les Européens, ni même ne les ont informés, alors que ce sont des alliés de l'Amérique. L'Amérique n'a consulté aucun pays arabe, ne les a pas informés, alors que toutes ses bases pour attaquer l'Iran se trouvaient dans ces pays arabes ; même l'Iran n'en avait pas été informé.

Mais maintenant, ils en sont arrivés à une situation exceptionnelle où ils s'accrochent à tout le monde, disant : "Venez m'aider." Notre message à Trump et à l'Amérique est celui-ci : pourquoi faites-vous cela ? Puisque vous n'arrivez à aucun résultat, pourquoi étendez-vous la guerre ? Est-ce que ces pays-là coopèrent vraiment avec vous ? L'Europe coopère-t-elle vraiment avec l'Amérique ? Même cette Angleterre coopère-t-elle avec l'Amérique ? C'est à voir. La guerre est devenue difficile : tous vont le laisser seul, tout comme Israël a laissé Trump seul dans ces affaires.

Un autre acte dangereux : alors que Trump avait pris ses distances avec Israël après l'accord, récemment, lors du voyage de Netanyahou là-bas [aux États-Unis], le Mossad a présenté une série d'écoutes de responsables iraniens, de la population, etc. Netanyahou a dit à Trump : "Oui, ils ont ces plans, etc.", et a de nouveau tenté de le tromper pour l'entraîner dans un nouvel engrenage. Mais cette fois, il n'a pas vraiment réussi : mon analyse est que son pouvoir de persuasion a beaucoup diminué. Néanmoins, Trump n'a pas donné une réponse totalement négative à Netanyahou. Alors que durant ces dix-sept jours il ne parlait que du détroit d'Ormuz, il dit maintenant : "Non, j'ai deux dossiers sur la table : le détroit d'Ormuz, et le dossier nucléaire", ce qui montre les effets de cette tromperie employée par Netanyahou. Mais l'égarement de Trump est tout à fait manifeste. Si votre question porte sur le modèle, le plan de Trump concernant l'Iran, c'est l'égarement.

Présentateur : Et vraiment il s'évertue (à faire intervenir d'autres pays)

Mohsen Rezaei : C'est cela, il ne peut rien faire d'autre.

Présentateur : Certains, à l'inverse de ce point que vous soulevez - l'égarement, l'absence de plan -, disent au contraire que les Américains conçoivent un scénario très précis, consistant notamment à entretenir cette situation intermédiaire, ambiguë, jusqu'aux élections du Congrès américain d'Aban [novembre].

Mohsen Rezaei : Voyez-vous, tout individu qui, en menant une action, subit un échec, essaie de le corriger ; c'est un comportement présent chez tous les êtres humains. Mais comment sait-on que quelqu'un qui a subi des échecs successifs conçoit un nouveau plan réellement précis et minutieux ?

Le problème que rencontre Trump, à mon avis, est un défaut de rationalité. Je ne parle même pas de rationalité humaine mais de rationalité pratique. Lorsque nous regardons les guerres de douze, quarante et dix-sept jours, nous constatons que le niveau des décideurs américains a considérablement baissé. Nous ne retrouvons plus, chez les commandants américains actuels, la finesse qu'ils avaient lors des guerres d'Irak et d'Afghanistan.

Ce plan qu'ils ont conçu - faire venir un assaut aéroporté pour séparer le sud de l'Iran du nord - est extrêmement faible militairement parlant, peu technique, très peu professionnel. Sur quelle base ont-ils conçu ce plan ? Cela montre en soi une faiblesse : cela montre la manière dont travaille Monsieur Hegseth, le ministre de la Guerre, qui en est le concepteur, alors qu'il n'a jamais été militaire à proprement parler, qu'il n'a pas de compétence militaire complète.

Trump lui-même n'a pas non plus été militaire, son ministre de la Défense non plus, ses commandants non plus, car il recherche des gens flatteurs. Dans de telles conditions, comment attendre autre chose qu'une baisse de niveau ? Le premier problème que rencontre le camp américain n'est pas technologique : la technologie américaine est réellement très avancée, les missiles Thaad, etc., sont au sommet des avancées technologiques militaires mondiales. La Chine s'en approche à grande vitesse, certes, mais elle ne l'a pas encore rattrapée. La question, c'est : qui utilise cette technologie ? Qui se tient derrière elle ?

Pendant la guerre [Iran-Irak], je me souviens qu'un responsable du gouvernement de l'époque avait demandé à l'Imam [Khomeini] : "Si l'on nous donnait un missile HAWK, à placer dans la raffinerie d'Ispahan, pourrions-nous abattre tel avion ?" On lui avait répondu que ce missile n'a pas d'anti-missile, qu'il frapperait infailliblement l'avion. L'Imam avait répondu : "Bon, mais qui s'assoit derrière [la commande] ?" C'est-à-dire que posséder des technologies avancées est une chose ; savoir qui va les utiliser en est une autre.

L'Amérique en est maintenant arrivée à la conclusion, après ses échecs successifs, de venir, par une mise en scène médiatique et en grossissant les problèmes économiques, provoquer de nouveau des événements à l'intérieur de l'Iran. Nos forces sont pleinement prêtes : nous défendrons notre pays jusqu'à la dernière goutte de notre sang, face à tout trouble ou toute attaque venant de l'extérieur.

Les Américains sont maintenant désemparés : d'un côté ils attisent les affaires internes, de l'autre ils attisent l'extension de la guerre. Aucun être humain raisonnable n'irait vers un individu tel que Trump, dont les propres successeurs, dans les gouvernements à venir, diront certainement que sa présidence est l'un des points les plus sombres de l'histoire américaine. Quel homme raisonnable, en Iran, irait donc nouer une amitié avec Trump ou Netanyahou, participer à des troubles, alors que ses propres successeurs diront par la suite que ce fut un point sombre de l'histoire de l'Amérique ?

Présentateur : Docteur, vous avez fait allusion à une accusation portée contre la République islamique d'Iran, selon laquelle elle serait belliciste, en particulier après les violations de l'accord de la part des Américains, ces navires touchés, ou les actions et attaques préventives que l'Iran a parfois menées, comme vous l'avez évoqué, après que les Américains eux-mêmes ont arrêté leur attaque, quand nous avons continué. Quelle est votre réponse à cette accusation ? Cherchons-nous réellement à poursuivre la guerre ?

Mohsen Rezaei : Voyez-vous, à mon avis, si l'on faisait un sondage dans le monde pour savoir qui, durant cette année de guerre entre l'Iran et l'Amérique, a été belliciste et qui a été anti-guerre, l'écrasante majorité des peuples du monde diraient que c'est l'Amérique qui a été belliciste. Pourquoi ? Nous avons eu trois négociations avant chaque affrontement avec l'Amérique. Avant la guerre de douze jours, nous avons négocié. Avant la guerre de quarante jours, nous avons négocié. Avant la guerre de dix-sept jours, nous avions un accord.

Le simple fait que les Américains soient venus rompre les négociations et entrer en guerre prouve que c'est l'Amérique qui a été belliciste. Nous, nous étions anti-guerre, au sens où nous voulions, par les négociations, empêcher que la guerre n'éclate. Malheureusement, ils ont interprété notre insistance à prévenir la guerre comme une faiblesse. Ils se sont dit : "Maintenant que les Iraniens, chaque fois qu'on le leur demande, viennent négocier, qu'ils cherchent à éviter la guerre, c'est qu'ils se sont affaiblis."

Au lieu d'apprendre de notre noblesse politique, ils ont considéré notre présence dans les négociations comme une faiblesse. C'est donc eux qui étaient bellicistes, et nous qui étions anti-guerre.

Autre raison : ils ont déclenché trois guerres contre nous. Qu'ont-ils fait ? Pourquoi ont-ils martyrisé notre Guide ? Pourquoi ont-ils martyrisé nos enfants ? Est-ce nous qui avons fait cela contre les Américains ? Nous n'avons jamais pu, dans le monde, attaquer les Américains. Nous n'avons jamais attaqué aucun Américain, aucun pays américain, aucun peuple américain. C'est l'Amérique qui a attaqué notre peuple. C'est l'Amérique qui a attaqué notre pays. C'est l'Amérique qui a tué nos enfants. Ils ont martyrisé notre Guide. Alors pourquoi dit-on que nous sommes bellicistes ?

Les bellicistes d'aujourd'hui lèvent le drapeau de la paix. Nous qui étions opposés à la guerre, opposés au bellicisme, qui nous sommes dressés face aux bellicistes, on nous dit que nous sommes bellicistes. Ce n'est là qu'une des ruses de la guerre psychologique, un procédé bien connu. Si certains se laissent tromper, croyant que cette guerre psychologique est une propagande sincère, honnête, eh bien, qu'ils se corrigent eux-mêmes.

Nous ne recherchions vraiment pas le bellicisme. Maintenant non plus, nous ne recherchons pas l'escalade. Nous ne sommes pas heureux que l'Arabie saoudite ait attaqué le Yémen, ou le Yémen l'Arabie saoudite, car cela est dangereux, cela étend la guerre. Si l'Amérique fait de nouveau exploser les mèches d'une troisième guerre mondiale, beaucoup d'êtres humains seront tués : nous ne voulons pas que des êtres humains soient tués.

Présentateur : Beaucoup pensent que nous ne sommes toujours pas sortis de ce cycle de menace, négociation et guerre, évoqué dès le début de la guerre de quarante jours. Partagez-vous cet avis ?

Mohsen Rezaei : Voyez-vous, je crois en la diplomatie, bien que la diplomatie ne se limite pas à la seule négociation.

Présentateur : Sommes-nous actuellement sortis de ce cycle, ou pas ?

Mohsen Rezaei : Permettez-moi d'abord d'aborder la question de la diplomatie. Du temps de l'Imam défunt, du temps de notre Guide martyr, et maintenant aussi, la diplomatie a toujours été une politique juste. Elle se fait parfois par la négociation, parfois par un message, un dialogue, des intermédiaires. D'ailleurs, durant la guerre de huit ans (contre l'Irak), nous avions une diplomatie très active, mais nous ne parlions pas avec Saddam (Hussein) ; nous parlions par le biais d'intermédiaires internationaux, avec le Conseil de sécurité de l'ONU. La diplomatie doit donc exister.

Concernant la négociation, la question importante qui se pose actuellement pour le Guide de la Révolution (Mojtaba Khamenei), c'est que les Américains changent de comportement. Cela signifie que nous devons voir quelque chose de nouveau dans le comportement de l'Amérique. Monsieur Trump dit par exemple : "Acceptez un cessez-le-feu, et venons discuter." Qu'ils commencent par agir ! Ces mêmes clause qu'ils étaient censés appliquer, qu'ils commencent à les mettre en œuvre, une, deux, trois, quatre, cinq. Qu'ils rendent notre argent. Qu'ils déclarent ne pas être en guerre avec l'Iran.

Sur la question du détroit d'Ormuz, qu'ils cessent de créer de l'insécurité ; qu'ils nous laissent, selon nos propres dispositions, mieux aider le commerce mondial que par le passé. Car ce n'est pas seulement notre propre sécurité qui nous importe, mais celle du commerce mondial. Nous agissons de manière responsable dans le détroit d'Ormuz : cela signifie que, tout comme nous voulons préserver notre sécurité, la sécurité mondiale nous importe aussi. La sécurité des agriculteurs du Brésil nous importe, la sécurité des peuples d'Afrique et d'Europe nous importe. Nous agissons donc, dans le détroit d'Ormuz, de manière plus responsable que l'Amérique. Cependant, comme eux créent de l'insécurité, ils empêchent ce détroit de s'ouvrir réellement. Dès qu'ils appliqueront ces clauses, les cinq clauses prévues par le préambule de l'accord, qu'ils avaient commencé à appliquer pendant trois-quatre jours, nous y verrons le signe d'un changement de comportement. Cela pourrait être un signal.

Présentateur : C'est-à-dire que vous estimez que l'accord d'Islamabad peut encore rester le cadre principal des négociations ?

Mohsen Rezaei : Sur ce point, comme ce sont les responsables du Conseil suprême de sécurité qui doivent décider, je ne veux pas m'avancer, pour que l'on ne dise pas demain autre chose. Mais ce que je comprends du point de vue du Guide, c'est que l'Amérique doit changer de comportement. Le peuple iranien doit voir qu'un événement s'est produit, que quelque chose s'est formé ; ces accords conclus peuvent constituer une bonne base, peut-être précisément ce qui pourrait nous faire sortir de ce cycle de menace, négociation et guerre.

Si le comportement de l'Amérique change, tout change complètement. Sinon, c'est de nouveau la guerre, puis la négociation, puis le cessez-le-feu. C'était d'ailleurs tout l'objet de l'accord lui-même. Cela n'a aucun sens qu'il y ait à la fois la guerre, de nouveau le cessez-le-feu, encore la négociation, l'ombre de la guerre et celle de la négociation en même temps ; il faut absolument que cela change. Le peuple américain lui-même le dit. Vous avez sûrement entendu les récents sondages : Monsieur Trump connaît la pire situation de tous les présidents américains, sa popularité est tombée autour de trente-deux, trente-trois pour cent, une chute considérable.

Le peuple américain dit : "C'est fini" ; le Congrès dit : "Que la guerre se termine."

Présentateur : L'Iran aussi a pourtant signé pour que la guerre se termine, alors pourquoi cette insistance, pour quelle raison ? Certains, ici, concernant le blocus, estiment qu'avant d'attendre que les Américains, dans un accord, le lèvent, nous devrions le briser nous-mêmes ; ou, concernant la négociation et la réalisation des conditions, ils disent qu'il faut d'abord que cela se produise concrètement, puis que nous entrions dans des sessions de négociation ; c'est-à-dire une action proactive de la part de la République islamique d'Iran, pour provoquer ce changement.

Mohsen Rezaei : Même une action proactive doit d'abord venir de la part de l'Amérique. C'est l'Amérique qui doit maintenant faire le premier pas. Avancer ensemble, faire des pas ensemble, cela suppose un premier pas, et c'est à l'Amérique de le faire, de changer de comportement maintenant. Ce serait un début positif, mais si l'Amérique

Présentateur : Si elle ne le fait pas ?

Mohsen Rezaei : Si elle ne le fait pas, pouvons-nous supporter un blocus maritime ? Certainement, pour les navires de guerre américains, pour les bases américaines, des dangers sérieux surgiront.

Présentateur : C'est-à-dire, resterions-nous les bras croisés, l'Amérique poursuivant le blocus maritime sans faire le moindre geste sur les conditions de l'Iran ?

Mohsen Rezaei : Certainement pas. D'ailleurs, nous avons actuellement activé de nombreuses voies alternatives. Nos exportations par d'autres voies ont, par exemple, doublé ou triplé ; nos importations ont changé. Mais le blocus maritime, nous ne le [tolérerons] pas non plus

Présentateur : Donc, vous estimez que la balle est actuellement dans le camp américain : soit ils changent de comportement, soit nous ne supporterons pas cette situation ?

Mohsen Rezaei : La balle est actuellement là-bas. C'est à eux de faire le premier pas.

Présentateur : Et enfin, la présence du peuple dans les rues - pensez-vous qu'elle reste nécessaire, qu'elle doive se poursuivre, Docteur?

Mohsen Rezaei : Voyez-vous, dans mon entretien précédent, j'ai demandé à tous - au peuple, aux chers hommes d'État, aux analystes - de comprendre que nous avons subi un préjudice réel dans cette guerre : depuis le martyre de notre cher Guide, dont nous étions les fidèles, jusqu'au peuple, un grand préjudice nous a été infligé ; mais en retour, une immense révolution s'est levée, une grande effusion s'est levée.

Cette effusion, cette grande révolution, nous ne devons pas la limiter à la ligne de front de la résistance - le terrain, la rue. Cette ligne de front doit être préservée ; la présence du peuple doit être maintenue ; nos missiles doivent être prêts à être lancés avec puissance ; nos drones, nos forces armées deviennent cette ligne de front, cette première tranchée. Mais cette ligne de front a besoin d'un soutien logistique.

Notre économie ne doit-elle pas se transformer pour que cette ligne de front puisse être approvisionnée ? Le peuple, dans la rue, sur le plan de la subsistance - ne devons-nous pas améliorer sa situation jour après jour, pour qu'il reste sur cette ligne ? Nous devons donc développer cette effusion, cette révolution, des dimensions politique et militaire vers d'autres dimensions : des transformations dans l'économie, dans l'investissement, dans la production, dans les nouvelles technologies, pour que la subsistance du peuple s'améliore par la hausse des revenus, et que nous puissions soutenir budgétairement les forces armées et leur fournir de nouvelles technologies.

Mon propos principal est donc celui-ci : oui, la rue doit exister, le missile aussi doit exister ; mais si nous limitons cette effusion, si nous la réduisons, si nous la rabaissons, elle ne sera pas à la hauteur du préjudice qui nous a été infligé.

Beaucoup disent maintenant : "Non, avec cette seule activité politico-militaire, si nous parvenons à un accord avec les Américains, tant d'argent viendra", etc. Bon, l'argent vient - que se passe-t-il ensuite ? Les importations viennent, mais comment se résout le pouvoir d'achat du peuple ? Si les importations augmentent sans que le pouvoir d'achat augmente, cela ne suffit pas. Comment sortir de cette économie étatique - de la même manière que nous faisons participer le peuple dans les rues, dans les forces armées, faisons-le aussi participer dans l'économie.

Parmi notre peuple existent des talents extraordinaires, des jeunes très doués, mais ils rencontrent des difficultés pour obtenir des prêts, pour investir ; nos investisseurs, eux, ont des problèmes de sécurité économique : "On vient nous inspecter de partout", disent-ils - faites-nous confiance, laissez-nous commercer, contrôlez-nous, supervisez-nous. Ou prenons l'épargne : nous pouvons, rien que par l'épargne, avoir sur une année un revenu de cent milliards de dollars.

Bien sûr, une épargne qui ne pèserait pas sur les épaules du peuple de cette manière - que le peuple lui-même vienne y participer, en devienne partie prenante - c'est-à-dire que ces cent milliards de dollars n'aillent pas uniquement dans la poche de l'État, mais qu'une grande partie, par l'épargne, revienne dans la poche du peuple lui-même. Épargne, investissement, production, participation du peuple, sécurité économique : voilà ce que constitue l'effusion, mais une effusion globale, une révolution globale ; défensive, politique, militaire, économique, culturelle.

Pourquoi ne voudrions-nous pas utiliser cette grande effusion ? C'est pourquoi, dans mon entretien précédent, j'ai dit que nous devions l'utiliser pour créer une société mahdaviste [tournée vers l'attente du Mahdi]. Une société mahdaviste, c'est d'un côté la prière [salât], et de l'autre la production de richesse - car la prière sans l'aumône [zakât] n'est pas possible ; de nombreux versets du Coran le disent : "Priez, donnez l'aumône." Qui peut donner l'aumône ? Un peuple qui produit de la richesse.

Tout notre peuple peut produire de la richesse. Même les personnes handicapées en ont la capacité. Il y a sept ou huit ans, on montrait une personne handicapée qui peignait avec le pied : elle réalisait les plus belles peintures ainsi [voir sa rencontre avec Cristiano Ronaldo  ici]. Le Très-Haut n'a fait de tort à personne ; tous les talents se trouvent chez nos jeunes. Nous devons développer cette effusion.

Malheureusement, une culture politique s'est développée dans le pays, où même les contestataires actuels viennent avec des slogans politiques, sans dire comment, à partir de cette effusion, redresser l'économie, augmenter l'investissement et la production de richesse. Nous devons vraiment sortir de cette culture du tout-politique, dans la gestion du pays, dans la société, chez les élites du pays. Nous sommes un peuple culturel, un peuple économique. Et oui, nous sommes aussi un peuple politique, un peuple militaire.

Présentateur : Pour conclure, s'il reste un point que je n'ai pas soulevé, cher Docteur

Mohsen Rezaei : En vérité, je ne me considère pas digne, parfois, de donner un conseil, car moi-même j'ai plus besoin que quiconque d'être averti et conseillé. Mais en tant que simple soldat au service de tous les Iraniens, de tous ceux dont le cœur brûle pour l'Iran, je demande que l'on comprenne la situation actuelle, qui est une phase de transition vers le statut de quatrième puissance mondiale.

Même les nationalistes, même les minorités - que nous nous donnions tous la main. Nous avons parcouru un très bon chemin jusqu'ici, avec sagesse et avec force, selon cette ligne politique de notre Imam martyr, qui a dit : "Dignité, sagesse, opportunité" - car l'opportunité et la dignité se font face l'une à l'autre.

Dans l'opportunité, il faut faire preuve de prudence ; dans la dignité, il faut faire preuve de puissance. Ce qui unit cette opportunité et cette dignité, qui les relie et les rassemble, c'est la sagesse, c'est la prudence.

Je pense donc encore que la doctrine de notre Guide martyr et bien-aimé continue de prévaloir. Que nous nous donnions la main aujourd'hui, que nous supportions ces pressions, ces difficultés - non pas que nous n'en trouvions pas de solution, mais que nous préservions notre unité, que nous fassions preuve de résistance, que nous avancions. Sans unité, nous ne pouvons vraiment pas avancer.

Ces divergences apparues entre les forces de la révolution ne servent en rien l'intérêt de notre pays - elles doivent cesser. Oui, la critique constructive doit certainement exister, et ceux qui en font l'objet doivent l'accueillir à bras ouverts. Les critiques, de leur côté, ne doivent pas glisser vers la destruction, l'insulte. Nous devons, au sein de la famille iranienne, de la famille de la République islamique, de la famille de la Révolution islamique, avoir des dialogues constructifs et sérieux, pour préserver les intérêts de notre nation et la sécurité de notre pays, sans nous laisser entraîner vers la discorde et la division, avec la grâce de Dieu.



NOTE : Le 9 août, Mohsen Rezaei a été nommé représentant du Guide Mojtaba Khamenei au CSSN, ce qui semble être un désaveu de la ligne réformiste au profit de la ligne principaliste/conservatrice ; le président Pézeshkian lui a emboîté le pas en nommant Mohsen Rezaei Secrétaire du CSSN ; Mohammad-Bagher Zolghadr a été nommé conseiller politique du Guide.

Source : YouTube

Traduction:  lecridespeuples.substack.com

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