Par MARC Jean

La diffusion par les gouvernements de propagande et de fausses nouvelles n'est pas une nouveauté du XXI ° siècle. Ces dernières années, elle a pris une ampleur considérable et son rôle est devenu central dans la politique des dirigeants pour subvertir leurs opinions publiques. Pour les médias dominants, il est de bon ton de dénoncer les fake news diffusées sur les réseaux sociaux et d'amalgamer dans le même discrédit de "conspirationnisme", sinon de "négationnisme", tous les médias alternatifs ne partageant pas le narratif établi. Aujourd'hui, ce sont des professionnels, au service d'entités étatiques, qui fabriquent et diffusent à grande échelle, des fake news pour induire en erreur l'opinion publique. avec la complicité, volontaire ou involontaire, des médias. Nous allons en analyser quelques unes parmi les plus emblématiques
L'affaire du faux charnier de Timisoara (1)
C'est l'histoire de fausses informations diffusées sur les victimes de la répression du régime communiste de Roumanie dirigé par Nicolae Ceausescu en décembre 1989. Les médias occidentaux tombent dans la surenchère de l'horreur. Ainsi, le quotidien Libération avec Serge July titre "Boucherie". On y lit : "Timisoara libéré découvre un charnier. Des milliers de corps nus tout juste exhumés, terreux et mutilés, prix insupportable de son insurrection"acrimed-6. Des journalistes honnêtes ont dénoncé cette mascarade de l'horreur comme Colette Braeckman, "Je n'ai rien vu à Timisoara", Le Soir, 27 janvier 1990.
L'affaire des "couveuses" du Koweit(2)
Mais Ruder Finn va réaliser un coup extraordinaire en faisant publier, le 19 juillet 1992, dans le quotidien américain New York Newsday un reportage du journaliste Roy Gutman. Dans cet article, intitulé "Prisoners of Serbia's War". Roy Gutman évoque l'existence en Bosnie de camps dans lesquels les détenus ne seraient pas de simples prisonniers de guerre.
Le surlendemain, sous le titre ""Like Auschwitz"", (Comme à Auschwitz, ndt) Gutman publie un autre reportage, dans lequel il affirme, en s'appuyant sur plusieurs témoignages, que les nationalistes serbes déportent des civils musulmans et croates dans des wagons de marchandises plombés.
Le 2 août 1992, dans le même quotidien new-yorkais, Gutman publie un troisième reportage, intitulé "Death Camps" Dans cet article, Gutman qualifie explicitement les camps en question de "camps de la mort" (death camps), et affirme que les Serbes ont organisé en Bosnie un massacre systématique à grande échelle de la population bosniaque. Les informations données dans ce reportage sont reprises en référence explicite à Newsday dans la quasi-totalité de la presse française, dès les éditions du 3 ou du 4 août pour ce qui concerne les quotidiens. Ainsi J.François Bouthors, du journal La Croix, titre le 6/08/92 "Le document qui accuse les Serbes", bien évidemment Le Monde (08/08/92) et Libération (07/08/92) emboîtent le pas... Ces médias se sont rendus en toute connaissance de cause coupables de diffuseurs de fausses nouvelles, dont l'effet sur l'opinion publique fut dévastateur pour les Serbes.
L'affaire du prétendu génocide de Srebnica(4)

Immédiatement, William Walker, à la tête de la Mission de Vérification des violations de l'accord de cessez-le-feu, devant une cohorte de journalistes, déclara précipitamment aux médias, sans même avoir procédé à une enquête, qu'il s'agissait d'un carnage allant jusqu'à la qualifier de "crime contre l'humanité", rendant les Serbes seuls responsables de ces atrocités.
Le président Clinton déclara à chaud qu'il s'agissait de "meurtres délibérés destinés à semer la terreur" et convoqua d'urgence le Conseil atlantique (composé des ambassadeurs des seize membres de l'Alliance) qui condamna le "massacre". Bien entendu, l'ensemble des médias reprit d'un seule voix ces informations, destinées à préparer l'opinion publique, à des représailles contre les Serbes, désignés comme les bourreaux.
Bien plus tard, le docteur Heléna Ranta, responsable de l'équipe de médecins légistes, bien que soumise à de fortes pressions, ne conclut pas à la version de la tuerie telle qu'elle avait été présentée. L'enquête scientifique ne fournissant aucune preuve. D'après les médecins légistes venus enquêter sur demande des institutions internationales, toutes les victimes ont été tuées par balles à longue distance, ce qui dément formellement les commentaires effectués à chaud par Le Monde du 19 janvier 1999 faisant mention d'assassinats "à bout portant".
L'affaire du bombardement, attribué aux Serbes, du marché de Markalé en 1994-1995 (7)
On connaît la suite. La vérité sur ces attaques au mortier ne fut dévoilée que plus tard. Les enquêtes balistiques prouvèrent que les obus partirent dans les deux cas des lignes bosniaques, comme l'a confirmé le général Rose lui-même, alors commandant de la Force de protection de l'ONU en Bosnie (FORPRONU)
Le conflit en Syrie aurait été déclenché en 2011 par la répression sauvage par les forces du régime de manifestants pacifiquesDans son livre,(8) Jacques Baud cite un témoin oculaire des premières manifestations de 2011. Le père jésuite néerlandais Frans van der Lugt écrit que "dès le début, les manifestations n'étaient pas purement pacifique. J'ai vu des manifestants armés marchant avec les autres manifestants et qui ont tiré sur les policiers les premiers." Jacques Baud démontre la stratégie utilisée par les fauteurs de trouble : infiltrer des provocateurs au sein des manifestants, cherchant à éliminer des agents des forces de police, afin de pousser à une escalade de la répression dans le but de générer une insurrection populaire et d'en faire porter la responsabilité aux dirigeants syriens. L' ensemble des médias va reprendre avec constance cette intox durant tout le conflit.
Bachar el Assad "massacreur de son peuple"

De violentes manifestations anti régime se sont produites en Iran début 2026. Pendant quelques temps, les autorités semblaient dépassées, mais ont réussi à reprendre la situation en mains, au prix d'une répression violente. Le nombre de victimes, aussi bien forces de l'ordre que manifestants, oscillait entre 2000 et 3000, lorsque, soudainement, un nombre de 30 000 morts a fait son apparition et a été repris dans l'ensemble des médias avec une unanimité suspecte. Ce nombre est ensuite devenu un totem, intouchable mais jamais documenté.
Seule Amnesty International, malgré sa position hostile envers Téhéran, s'est abstenue de donner un chiffre précis, se contentant de dire que "des milliers" de personnes étaient mortes. Cette estimation correspond à peu près aux chiffres avancés par Téhéran : la Fondation iranienne des martyrs et des anciens combattants fait état de 3 117 morts, dont 2 427 civils et membres des forces de sécurité. Pour davantage d'infos, se reporter au site en ligne : arretsurinfo.ch
La fake news la plus extravagante de tous les temps"L'"invasion"de l'Espagne par des migrants marocains pourrait bien être la fake news la plus extravagante de tous les temps. Selon la version officielle, environ 60 000 hommes, pour la plupart en âge de faire leur service militaire, auraient envahi la ville espagnole de Ceuta le 31 juillet 2026 dans le but de trouver du travail et de"s'assurer une vie meilleure". La vérité, bien évidente, c'est que cette affaire relève d'une vaste et médiocre mise en scène conçue pour saper le soutien dont bénéficie le gouvernement espagnol de gauche et son président ouvertement antisioniste, Pedro Sánchez. Les manipulateurs derrière ce vaudeville pitoyable sont les suspects habituels, Netanyahu et le"petit"Marco Rubio (qui s'est aligné sur les dirigeants dociles du Maroc), pour fabriquer de toutes pièces une fausse crise qui"donnerait une bonne leçon à l'Espagne"." On consultera à ce sujet la note publiée par Mike Whitney sur le site de Mondialisation. (10)
ConclusionJamais, à ma connaissance, aucun de ces médias n'a consenti à faire son mea-culpa et à reconnaître avoir propagé de fausses nouvelles.
Petite histoire de la russophobie
Lorsque, bien longtemps après le soi-disant événement, la vérité est enfin révélée, les médias ignorent l'information, ou la traitent comme un fait-divers anodin et sans importance. Le public n'apprendra jamais qu'il a été trompé, mais avec le temps, sa méfiance envers les médias officiels grandit. C'est d'ailleurs, précisément, ce fossé, qui s'élargit entre les médias mainstream et les médias alternatifs,(11) qui va conduire, on peut le craindre, à une censure de plus en plus sévère de ces derniers. Les technologies les plus modernes seront utilisées pour y parvenir. Il est vraisemblable que les services répressifs européens, à l'avant garde de la censure envers la liberté d'expression,(12) envisagent déjà la mis en œuvre de ce processus. L'extension du conflit actuel en Ukraine en une guerre de haute intensité avec la Russie, comme annoncé ouvertement par les plus hautes autorités militaires européennes, en constituera la justification.(13)
MARC Jean
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Notes :
(8) Jacques Baud, Gouverner par les fake news, éditions Max Milo, p.111 à 119
(9) Jacques Baud, Gouverner par les fake news, éditions Max Milo, p.109 à 159
(11) egaliteetreconciliation.fr
La source originale de cet article est Mondialisation.ca
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Par MARC Jean




