
Maxime Vivas
Avant que son exécution, confiée à un sniper de l'armée israélienne échoue miraculeusement, mais le mette en invalidité partielle, Jacques-Marie Bourget a été grand reporter pour des journaux "propres sur eux" : à l'ORTF dont il a été viré en Mai 68, au Canard enchaîné, l'Express, L'Aurore, VSD, Paris-Match, Antenne 2, Europe 1, The Sunday Times...
Le site Le Grand Soir s'honore d'avoir publié plus de 170 articles de ce grand reporter.
LGS
Le 10 juillet 1985 éclatait à la fois une bombe à Auckland, en Nouvelle Zélande, et un énorme scandale d'Etat à Paris : le Rainbow Warrior, navire "amiral" de l'association écologiste Greenpeace coulait dans le port de la ville, saboté (on finira par l'apprendre un peu plus tard), par la DGSE, le service secret français. Deux mines collées à la coque ont été programmées à 5 minutes d'intervalle. La première doit convaincre les douze occupants du navire de quitter le bord en urgence. La seconde est prévue pour envoyer le bateau par le fond. Hélas pour lui, Fernando Pereira, un photographe qui accompagne l'équipe de Greenpeace en Polynésie pour y entraver les essais nucléaires français, va mourir. Après l'explosion de la première mine il est retourné dans sa cabine pour y chercher ses appareils photo.
Dans la nuit du 8 aout 1985, François Mitterrand, président de la République, écrit en urgence à son premier ministre Laurent Fabius. Il lui demande des "explications" sur le sabotage du Rainbow Warrior, sabotage qu'il a lui-même ordonné.
Pourquoi en urgence ? Parce que le journaliste Jacques-Marie Bourget grand reporter, révèle dans le numéro de VSD encore à l'imprimerie, que l'opération a été conduite par les services français.

Le travail d'investigation, compliqué et risqué qu'il a accompli lui a valu le prestigieux Prix "Scoop" décerné par un jury réunit par l'éditeur Nathan, autour notamment de Lucien Bodard, l'archétype du grand reporter, principalement au Vietnam et d'Yves Courrière, journaliste et pionnier du travail historique sur la Guerre d'Algérie.
Affolement à l'Elysée, menaces sur les informateurs
Affolement à l'Elysée, d'autant plus que, dans la même nuit, sur les rotatives d'une autre imprimerie, sort un article de Pascal Krop dans "l'Evènement du Jeudi" qui met aussi en cause la DGSE. Que faire ? Mitterrand installe un "fusible", le Premier ministre, Laurent Fabius (qui ne connaît rien de l'affaire et du plan de Mitterrand).
Au cours de son enquête, Jacques-Marie Bourget a rencontré, en catimini, avec d'infinies précautions, un informateur, cheveux teints, faux nom, faux papiers, agent de la DGSE, persuadé qu'on veut le faire disparaître. Vivant, il en sait trop ; mort, c'est le coupable idéal.
Pour sa part, Jacques-Marie Bourget, dont l'enquête est connue, est informé par des amis qu'il serait opportun "pour sa santé qu'il change d'air". Il s'envole pour le Darfour où il apprend que l'Elysée porte plainte contre "VSD" et contre lui.
Le sniper israélien l'ayant raté nos médias le musellent.
Le 11 juillet 2026, France TV a diffusé un documentaire sur le Raimbow Warrior sans avoir interrogé le journaliste qui a levé le lièvre : Jacques-Marie Bourget. Le documentaire a été écrit par le journaliste Fréderic Ploquin. Edwy Plenel aurait exigé que Jacques-Marie Bourget ne soit pas dans le documentaire. Dame ! Plenel n'avait pas envie d'entendre que, le 8 août 1985, il écrivait dans Le Monde que le bateau avait été coulé par la section RPR de Nouvelle Calédonie avec à sa tête le colonel Charrier frère du mari de Brigitte Bardot !
Maxime Vivas
Vous venez de lire extrait de mon livre à paraître "Les hyènes de garde" (le livre noir des médias-menteurs). Ouvert à souscription pour sa (possible) publication :
lepotcommun.fr