• "De quoi s'agissait-il exactement et qui a fait quoi à qui ?", interroge ingénument Philippe Giraldi à propos de l'"attentat" d'il y a un mois contre l'avion de Trump à Ankara. • Réponse en suspens, le temps d'une époque.
D'habitude, Philippe Giraldi traite ses sujets avec sérieux, citant ses sources, développant des hypothèses qu'il structure avec attention. On aime ou on n'aime pas, on est de son avis ou pas, mais on reconnaît le ton sérieux du journaliste-commentateur. Cette fois ('UNZ.com' le 13 août 2026), à propos de l'attentat vrai-bidon du mois dernier à Ankara après le sommet de l'OTAN contre l'avion présidentiel 'Air Force One', attentat fabriqué ou bien raté, ou bien inventé avec des bouts de ficelle, ou bien qui n'a pas eu lieu mais qui aurait pu avoir lieu, ou bien, ou bien... Giraldi ne se tient plus.
Il s'esclaffe, incrédule, il ne sait même plus s'il faut pleurer plutôt que s'esclaffer, croire ou ne pas croire, il se lâche complètement dans un marigot d'exclamations sardoniques et grandguignolesques et de détails tous divers, absurdes et contradictoires avec un seul détail : le clown qui se tire de son avion en laissant toute sa suite, - ministres, conseillers, journalistes, - à bord, et bonne chance à eux si jamais il y a réellement un attentat contre l'énorme machine pour la fin du monde !
'Dauly Beast' a nommé cela : "profil présidentiel de la lâcheté", oubliant qu'avec Trump il faut parler de lâcheté-bouffe. Giraldi a, lui, réagi de cette façon à la première nouvelle avant de tout simplement, comme nous, renoncer à comprendre et à expliquer :
"Il ne se passe quasiment pas une semaine sans que Donald Trump ne soit au centre d'un mensonge si outrancier ou d'une accusation si odieuse qu'on reste bouche bée devant son écran, stupéfait par une telle audace et incrédule. Mais même après plus d'un an et demi d'exposition au trumpisme, [...] la révélation, la semaine dernière, de la mise en scène du changement d'avion présidentiel à Ankara, en Turquie, il y a un mois, est un de ces électrochocs qui, par son absurdité même, révèle toute la folie qui a sévi au cours de l'année écoulée."
... Effectivement, Giraldi, l'homme qui élabore tant d'hypothèse, nous dit clairement qu'il n'y comprend rien et qu'il renonce à comprendre. Il reste que le président a quitté l'avion soi-disant menacé en laissant tous les autres à bord, au risque d'une mort certaine s'il y avuât du attentat. On comprend aujourd'hui pourquoi sa porte-parole, fidèle d'entre les fidèles, a donné sa démission le lendemain pour une vague explication de son devoir de jeune maman ou d'épouse bienaimée, nul ne sait... Au fait et plus simplement, l'aurait-elle plutôt mauvaise ?
"Il ferait peut-être bien de s'entretenir avec son attachée de presse, Karoline Leavitt, qui a démissionné 24 heures après la révélation de l'affaire du"leurre". Elle se trouvait à bord et a sans doute été quelque peu perturbée par cette expérience."
Sans doute ni l'incident, ni le texte de Giraldi n'ont une importance primordiale en eux-mêmes. Ce n'est pas pour cette raison, bien sûr, que nous nous y attachons. Nous le faisons plutôt pour donner une mesure de l'extraordinaire désordre de folie dans lequel nous vivons aujourd'hui, dans le chef d'un personnage d'une réelle importance, mais dans des conditions générale de chaos qui permettent ce genre d'expérience sans que rien d'important ne se dise ni ne bouge. C'était simplement "un jour de plus dans la présidence de Donald J. Trump". Fermez le ban et passons à autre chose.
La raison en perd la raison, bien entendu ; à tout hasard, elle conseillera sans doute du clamer une fois de plus, à propos de Trump, que "le fascisme ne passera pas". Cela nous donnerait l'impression d'être revenu dans un monde normal. Ah, si les choses étaient aussi simples !