
Suivi du discours de clôture du président cubain, prononcé le 13 août
Source : misiones.cubaminrex.cu
Notes entre crochets : Alain Marshal
Chers frères et sœurs,
Distingués universitaires, intellectuels, artistes, personnalités politiques et sociales, jeunes étudiants, camarades venus des cinq continents pour partager cette semaine de profonde réflexion sur l'homme qui a marqué le XXe siècle et dont la pensée éclaire le XXIe :
Au nom du peuple cubain et de son Parti communiste, veuillez accepter l'étreinte la plus sincère qu'une île qui n'oublie jamais ses amis puisse offrir.
Nous vous sommes reconnaissants d'avoir fait l'effort d'être présents, bravant les distances, les campagnes de désinformation et, dans bien des cas, les pressions de vos propres gouvernements.
Votre présence à Cuba est un acte de courage et de constance, car venir à Cuba aujourd'hui, alors que le blocus s'intensifie et que l'hostilité impériale s'accroît, est un geste de solidarité militante qui honore l'héritage de Fidel.
Félicitations, camarades, Fidelistes de Cuba et du monde entier, réunis pour célébrer le centenaire d'une vie consacrée à la défense de toutes les causes justes !
Mes paroles ne sont pas une leçon de morale. Je n'ai pas l'intention, et je ne saurais disserter, sur la vie et l'œuvre d'un leader de la stature morale et éthique du Commandant en chef de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, cet homme qui refusa d'être honoré de monuments et de statues, mais qui ne put empêcher des millions de compatriotes cubains, de Notre Amérique et du monde entier d'honorer chaque jour sa mémoire et son héritage en s'appropriant et en diffusant ses idées.
Il n'y a pas de monument plus beau ni plus solide que celui que vous avez érigé par votre courageuse présence ici, à Cuba, la Cuba de Fidel, en ce centenaire !
Ce que je souhaite partager avec vous, ce sont simplement des idées qui jaillissent spontanément, guidées par le sentiment, l'émotion et l'engagement révolutionnaire qui m'incombe en me donnant le privilège de parler de Fidel.
Étudier et embrasser avec conviction l'œuvre immense du Commandant en chef, tant dans sa pensée que dans ses actions, est un impératif pour tous ceux d'entre nous qui s'engagent à promouvoir des transformations économiques et sociales capables de mettre un terme au processus étouffant auquel la Révolution cubaine est soumise, dans le cadre d'une guerre criminelle qui dure depuis plus de six décennies.
Sauver la Révolution cubaine de l'une des menaces les plus graves qu'elle ait connues en 67 ans, face à des agressions de toutes sortes, est le plus grand défi de notre génération, et nous sommes honorés de le relever, convaincus de notre victoire. Cette certitude n'est pas vaine. Nous avons une histoire empreinte d'héroïsme, un peuple aguerri à la résistance et l'héritage d'un dirigeant qui, toujours à l'avant-garde, a transformé les échecs en victoires.
Préserver les acquis de la Révolution et du socialisme pour ce peuple héroïque, briser tous les sièges qui cherchent à anéantir la nation en guise de châtiment collectif pour sa dignité, sa résistance et sa décision de ne pas se soumettre au plus puissant empire de l'histoire, tel est le premier hommage que nous devons à Fidel, né il y a cent ans dans un pays marqué par l'injustice, l'inégalité et la dépendance - une douloureuse réalité qu'il s'était juré de changer dès ses années d'étudiant rebelle et engagé.
De l'Aula Magna [grand amphithéâtre de l'Université de La Havane], il descendit, métamorphosé en révolutionnaire, pour allumer les flambeaux du Centenaire de l'Apôtre (José Martí), ce même homme qui, plus tard, encore très jeune, deviendrait le chef du Mouvement du 26 juillet 1953, qui se lança à l'assaut des baraquements d'une dictature sanglante et pro-impérialiste pour déclencher une nouvelle Guerre nécessaire.
L'avocat brillant qui fit de sa légitime défense le fameux plaidoyer [L'histoire m'absoudra] le programme politique de son Mouvement, le prisonnier tenace qui vainquit ses geôliers en transformant le Presidio Modelo en école de combat, le fondateur d'une armée populaire qui vainquit en deux ans une armée professionnelle plusieurs fois supérieure en nombre, le Commandant en chef qui fit connaître Cuba au monde entier et insuffla l'espoir aux peuples du continent, avait déjà inscrit son nom dans l'histoire lorsqu'à seulement 34 ans, il fit trembler l'Assemblée générale des Nations Unies avec le discours le plus long et le plus lourd de conséquences jamais prononcé en son sein.
Dans ce récit passionné de notre histoire, Fidel expliqua au monde le panorama auquel la Révolution triomphante fut confrontée à Cuba, panorama que la propagande médiatique actuelle s'efforce de présenter aux nouvelles générations comme la Cuba prospère et rayonnante d'avant 1959 :
- Six cent mille Cubains qualifiés étaient au chômage.
- Trois millions de personnes, sur une population totale d'un peu plus de six millions, étaient privées d'électricité et de tous ses avantages.
- Trois millions et demi de personnes vivaient dans des baraques, des bidonvilles et des taudis, privées des conditions de vie les plus élémentaires.
- Dans les villes, les loyers absorbaient jusqu'à un tiers du revenu familial [cela reste la norme en France...].
- Trente-sept pour cent et demi de la population était analphabète.
- Soixante-dix pour cent des enfants des zones rurales n'avaient pas d'enseignant et 95 % souffraient d'infections parasitaires.
- Deux pour cent de la population était atteinte de tuberculose.
- La mortalité infantile était donc très élevée et l'espérance de vie très faible.
- Quatre-vingt-cinq pour cent des petits exploitants agricoles payaient un loyer pour leurs terres, pouvant représenter jusqu'à 30 % de leur revenu brut, tandis que 1,5 % de l'ensemble des propriétaires fonciers contrôlaient 46 % de la superficie totale du pays. Les services publics, les compagnies d'électricité et de téléphone, une grande partie du secteur bancaire, une part importante du commerce d'importation, les raffineries de pétrole, la majeure partie de la production sucrière, les meilleures terres de Cuba et les industries les plus importantes de chaque secteur appartenaient à des entreprises et des monopoles américains.
On ne peut parler ni de la Révolution cubaine ni de Fidel Castro sans évoquer cette réalité, ce point de départ, cet état de fait qui a exigé la transformation la plus radicale du XXe siècle dans cette partie du monde.
Il suffit de consulter les statistiques actuelles du pays : malgré les terribles restrictions imposées par plus de six décennies de blocus économique, financier et commercial et sept mois de siège énergétique, malgré les coupures d'électricité, les pénuries d'eau, l'inflation et autres problèmes qui minent le tissu social, les indicateurs de santé, d'éducation, de science, de culture et de sport restent meilleurs que dans d'autres pays au développement comparable.
Pour n'en citer que trois : Cuba possède le taux de médecins par habitant le plus élevé, avec plus de 9 pour mille ; figure parmi les dix pays des Amériques où l'espérance de vie est la plus élevée, à 77,7 ans ; et est le pays qui a le plus contribué à la santé et à l'éducation de sa population et d'autres nations, selon les critères de l'Organisation mondiale de la Santé et de l'UNESCO.
L'immense œuvre sociale et humanitaire de la Révolution menée par Fidel Castro, toujours sous blocus et assiégée, a si radicalement transformé le paysage qu'il décrivait aux Nations Unies en septembre 1960 qu'elle rendra à jamais impossible le retour de Cuba à son passé colonial et néocolonial.
C'est là que Fidel a exprimé l'une des idées les plus justes sur les problèmes du monde, qui, loin d'être résolus, s'aggraveraient avec la disparition du bloc socialiste et l'imposition de l'unipolarité. Je cite son discours historique à l'ONU en 1960 :
"Depuis les origines de l'humanité, les guerres ont fondamentalement une seule raison : le désir de certains de piller les richesses des autres. Que la philosophie du pillage disparaisse, et la philosophie de la guerre disparaîtra ! Que les colonies disparaissent, que l'exploitation des pays par les monopoles disparaisse, et alors l'humanité aura atteint un véritable stade de progrès !"
L'héritage de Fidel nous interpelle aujourd'hui plus que jamais. Je partage avec vous quelques idées que je considère fondamentales.
Quel héritage nous a légué le Commandant en chef ? Il nous a légué la certitude que les rêves se réalisent en défendant les idées ; il nous a laissé la leçon que l'internationalisme est une attitude qui doit nous distinguer ; il nous a enseigné la conviction que le socialisme est le seul chemin pour sauver l'humanité de l'abîme.
Fidel fut le premier à dénoncer la mondialisation néolibérale comme l'empire de la mort, et aussi le premier à élever la voix pour un monde meilleur pour tous.
Il nous a appris que la lutte pour la préservation de l'environnement et de l'espèce humaine est aussi un combat socialiste, que la science doit être au service du peuple, que l'unité des révolutionnaires est plus importante que toute divergence tactique.
En Fidel, nous trouvons non seulement un leader historique, mais aussi une école de pensée révolutionnaire intemporelle : étudier, analyser, anticiper, écouter le peuple et agir avec audace et honnêteté. Fidel a guidé le destin de Cuba avec une constance sans pareille dans l'histoire contemporaine. Mais il n'était pas seulement un dirigeant et un gestionnaire ; Fidel était un travailleur infatigable, un éternel étudiant, un orateur qui touchait les foules, un stratège visionnaire.
Fidel nous a légué une manière de penser et d'agir. Il ne nous a pas laissé de recettes toutes faites, mais une méthode. Et cette méthode était née de la pratique, non seulement des livres.
Lorsqu'il formula les cinq lois révolutionnaires dans son discours du 16 octobre 1953 - réforme agraire, droits des travailleurs, réforme urbaine, confiscation des gains mal acquis et participation industrielle -, Fidel n'élaborait pas un programme doctrinal tiré d'un manuel ; il diagnostiquait les maux structurels d'une économie sous-développée et dépendante.
Cette méthode - diagnostic rigoureux, proposition programmatique et action décisive - fut appliquée à chaque tournant. Dans la Sierra Maestra, le principe de ne pas attendre la fin de la guerre pour lancer la production lia la lutte armée au développement économique. En 1960, avec la nationalisation du sous-sol, il transforma la souveraineté en propriété collective. En 1961, à Playa Girón (Baie des Cochons), il démontra qu'un peuple armé et conscient pouvait vaincre l'impérialisme.
Fidel avait compris une chose que beaucoup de théoriciens n'avaient pas saisie : l'économie n'est pas une sphère autonome, séparée de la politique, mais bien son expression matérielle, résumée par sa formule : "Il n'y a pas d'économie sans politique, ni de politique sans économie."
Cette idée constitue un héritage méthodologique : concevoir l'économie comme l'expression d'un projet politique et la politique comme un instrument de transformation économique. Non pas les séparer, non pas les opposer, mais les articuler.
J'aimerais également aborder d'autres héritages.
L'héritage de la cohérence et de l'éthique : Fidel a montré l'exemple. Il n'a pas accumulé de richesses, ni trahi ses principes ; il a vécu en accord avec ses convictions et est mort en accord avec sa vie. Dans un monde où la politique est devenue un spectacle d'hypocrisie, cela constitue un défi constant pour notre conscience.
L'héritage de l'audace intellectuelle : Fidel était un lecteur infatigable, un homme qui dialoguait avec des scientifiques, des économistes, des artistes, des athlètes et des agriculteurs. Il nous a appris que le socialisme n'est pas un dogme, mais une science en construction, qui doit s'adapter aux réalités concrètes sans renoncer à ses principes. Aujourd'hui, alors que le capitalisme numérique nous impose de nouvelles formes d'aliénation, son appel à "étudier ! étudier ! étudier !" résonne comme un avertissement : il n'y a pas de révolution sans savoir !
L'héritage de l'internationalisme : Fidel ne concevait pas la Révolution cubaine comme un événement isolé. Pour lui, la patrie, c'était l'humanité. C'est pourquoi il a soutenu les causes de libération des peuples africains et de la Palestine, dénoncé l'apartheid et le génocide, et élevé la voix contre la guerre d'Irak ainsi que contre le blocus et l'appropriation coloniale de tout peuple dans le monde.
L'héritage d'un optimisme révolutionnaire : Fidel n'a jamais été pessimiste. Dans les heures les plus sombres, alors que le bloc socialiste s'effondrait et que le blocus s'intensifiait, il a conservé sa foi en l'humanité et en l'histoire. Il nous a appris que l'optimisme révolutionnaire n'est pas de la naïveté, mais une conviction inébranlable de la victoire.
La pensée et la pratique de la stratégie militaire chez Fidel occupent une place importante dans son héritage.
En résumé, on peut dire qu'il était un maître de la guérilla, ce qui nous a conduits au triomphe du 1er janvier 1959. Fin connaisseur de l'art militaire contemporain, il a apporté une contribution essentielle à la conception des engagements militaires les plus importants menés dans le cadre de nos missions internationalistes. La bataille de Cuito Cuanavale, menée personnellement par le Commandant en chef, a mis en lumière ses qualités de stratège militaire. Il a conçu la doctrine de la Guerre du Peuple Tout entier.
Sur l'épopée de Cuba en Afrique, voir le documentaire Cuba ! Africa ! Revolution!
Fidel concevait la souveraineté non comme un état acquis, mais comme un processus à conquérir et à défendre simultanément sur de multiples fronts : la défense et la sécurité du pays, le front économique, le front idéologique et culturel, le front internationaliste et solidaire, le front scientifique, et le front de la politique étrangère et des relations internationales.
Son système de travail reposait, selon nous, sur quatre principes :
- La priorité du politique. Toute décision économique est une décision politique.
- La séquence tactique-stratégique. Les tactiques évoluent, mais les principes demeurent : souveraineté, justice sociale, anti-impérialisme, internationalisme, solidarité.
- La mobilisation populaire comme ressource stratégique. La discipline et la participation imposées d'en haut sont fragiles ; la discipline et la participation assumées collectivement par le peuple sont indestructibles.
- L'innovation sous contrainte. La rareté n'est pas seulement un manque, elle stimule la créativité.
Fidel a mené une génération, celle du centenaire de José Martí, un groupe déterminé d'hommes et de femmes inextricablement liés à l'histoire, qui, de l'attaque de la caserne de Moncada et du débarquement de (yacht) Granma à la campagne de la Sierra Maestra, ont partagé avec lui le rôle moteur des transformations révolutionnaires. Cette génération, composée de jeunes gens dont les noms sont devenus légendaires - Fidel, Raúl, Che, Almeida, Ramiro, Guillermo, Vilma, Celia, Haydée, Melba, et tant d'autres - était en phase avec les besoins et les aspirations de tout un peuple prêt à donner sa vie pour la dignité conquise.
Fidel comprenait, mieux que quiconque, la nécessité d'allier fermeté idéologique et souplesse tactique. Il nous a appris que "le marxisme-léninisme n'est pas une doctrine morte ; ce n'est pas un catéchisme, mais une méthode, un guide, un instrument pour résoudre concrètement les problèmes de la vie".
Nul doute qu'il ait été un stratège visionnaire, capable d'anticiper l'avenir, mais cette affirmation n'a rien de mystique. Fin connaisseur des affaires nationales et internationales, qu'il suivait avec minutie par tous les moyens possibles, il était aussi un observateur perspicace du comportement humain, grâce non seulement à son intelligence remarquable, mais aussi à sa soif insatiable de connaissance et à son intérêt constant pour le progrès scientifique et technique. Il possédait également une vaste culture, nourrie tout au long de sa vie par des lectures fondamentales de tous genres.
Un extrait d'une lettre que Fidel écrivit à sa sœur Lidia depuis sa prison de l'Île des Pins est révélateur :
"Depuis mon arrivée ici, mon plus grand combat a été d'insister, et de ne jamais me lasser d'insister, sur le fait que je n'ai absolument besoin de rien : je n'ai eu besoin que de livres, et je considère les livres comme des trésors spirituels."
Cette soif de connaissance, ainsi que sa passion pour l'histoire et le destin de l'humanité, l'accompagnèrent jusqu'à la fin de sa vie. Il a consigné cela dans ses Réflexions : 484 textes sur une grande variété de sujets, publiés entre le 28 mars 2007 et le 9 octobre 2016. Dix ans après sa disparition, il est émouvant de relire ses intentions, telles qu'il les écrivait dans l'une des premières, datée du 22 juin 2007 :
"Je n'ai pas entrepris ce travail dans le cadre d'un plan préétabli, mais par un profond désir de communiquer avec le principal acteur de notre résistance, face aux agissements absurdes de l'empire."
Trois éléments se dégagent ici : son besoin de communiquer avec la maîtrise dont il faisait preuve, son respect pour le peuple, qu'il considérait comme l'acteur fondamental, et sa critique de l'empire.
Sous la direction de Fidel, Cuba a éradiqué l'analphabétisme en 1961, grâce à une campagne qui a mobilisé plus de 250 000 volontaires.
Deux ans seulement après sa victoire, il repoussa une invasion à Playa Girón, financée, entraînée et escortée par l'empire voisin, infligeant à ce dernier sa première défaite majeure en Amérique latine.
Cuba a mis en place le système de santé universel le plus avancé du tiers monde.
Cuba a envoyé plus de 600 000 professionnels de santé dans 165 pays grâce au Programme de coopération médicale internationale.
Cuba a développé un système d'éducation gratuit, de la maternelle à l'université.
Fidel a défini les principes de la politique étrangère cubaine et bâti un système culturel et sportif solide, qui en a fait une référence mondiale.
L'un des chapitres fondamentaux de son héritage à l'échelle continentale s'est déroulé durant la période la plus porteuse d'espoir de l'histoire des Amériques, lorsqu'il a, aux côtés d'Hugo Chávez, relancé le projet d'intégration de Simón Bolívar, qui était aussi le grand rêve de José Martí.
Bien sûr, il ne s'agit pas seulement d'idées. Les événements qui ont transformé en un temps record les relations entre les gouvernements et les peuples de la région la plus inégalitaire de la planète sont entrés définitivement dans l'histoire du XXIe siècle comme des moments charnières de son évolution.
En 1998, le Programme global de santé a été créé, permettant à Cuba de répondre à la tragédie des populations ravagées par les ouragans en Amérique centrale et dans les Caraïbes. En 1999, l'École latino-américaine de médecine a été fondée. Ces initiatives, inspirées par les idées de Fidel Castro, ont démontré concrètement la valeur universelle de la coopération et de la solidarité, ouvrant une voie d'émancipation alors inexplorée qui allait aboutir à ALBA-Petrocaribe, aux missions médicales et éducatives, à l'Opération Miracle et ses plus de 3 millions d'opérations ophtalmologiques, au programme d'alphabétisation "Yo sí puedo" [Oui, je peux], et le Contingent [international de médecins spécialisés dans les catastrophes et les grandes épidémies] Henry Reeve, dont l'action remarquable en réponse aux catastrophes lui a valu une nomination au prix Nobel de la paix.
Comme vous pouvez le constater, les programmes de justice sociale évoqués ici sont directement liés à tout ce que la nouvelle extrême droite régionale, orchestrée et dirigée par Washington, voudrait effacer de l'histoire de notre Amérique avec la même férocité que celle avec laquelle l'empire tente d'isoler à nouveau Cuba de son environnement régional.
Nous sommes réunis aujourd'hui, quelques heures avant le 13 août, date à laquelle notre Commandant en chef aurait eu 100 ans, non pas pour célébrer une commémoration rituelle, mais pour accomplir un devoir : celui de considérer Fidel non comme une figure du passé, mais comme un stratège visionnaire. De considérer son héritage non comme un recueil de citations à réciter lors des anniversaires, mais comme un guide pour surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, dans la Cuba réelle, en 2026.
On ne peut parler de Fidel sans considérer le monde qu'il a si profondément étudié et dont nous avons hérité ; et le monde, comme il le disait, est un tourbillon de contradictions. La crise systémique du capitalisme a atteint son paroxysme : des guerres régionales menacent de s'étendre, la crise climatique n'est plus une simple prévision mais une catastrophe quotidienne, des famines sont provoquées par la spéculation financière, les migrations forcées transforment les mers en cimetières, et la société est fracturée par la richesse de quelques-uns qui s'accumule sur la misère du plus grand nombre.
L'ordre international est remis en question. L'unilatéralisme impérial cherche à imposer sa loi par la force, mais le monde multipolaire est là pour durer. Pourtant, l'empire redouble d'efforts, cherchant de nouveaux prétextes, se créant des ennemis et déstabilisant les gouvernements qui refusent de se soumettre.
Sur cet échiquier mondial, Cuba demeure l'une des cibles privilégiées de la fureur impériale. Ce n'est pas un hasard si, l'année du centenaire de Fidel Castro, Washington a intensifié son offensive : renforcement du blocus par des mesures extraterritoriales visant les relations commerciales et financières ; inscription arbitraire sur la liste des États soutenant le terrorisme, une ironie historique pour un pays victime du terrorisme d'État depuis des décennies ; Des campagnes médiatiques massives tentent de dépeindre Cuba comme un "régime défaillant", tout en passant sous silence nos réussites dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la culture, des sciences et du sport. Comble de l'absurdité, elles ont inventé l'accusation ridicule d'être une "puissance espionne" ou un foyer de subversion pour la soi-disant gauche terroriste radicale - une étiquette à laquelle nous semblons tous appartenir - une appellation pitoyable et fantaisiste, crédible seulement dans leur esprit tordu, mais qu'elles utilisent pour semer la confusion, justifier de nouvelles sanctions et légitimer leur agression.
Parallèlement à l'agression économique et politique, elles mènent une guerre idéologique et culturelle, une subversion numérique et financent des mercenaires internes qui, grâce à des fonds provenant d'agences américaines, cherchent à briser notre unité. Nul n'ignore que les États-Unis ont alloué des millions de dollars pour promouvoir un "changement de régime" par le biais des médias sociaux, des ONG et des plateformes qui se font passer pour des "défenseurs des droits de l'homme", mais qui servent en réalité les intérêts géopolitiques de l'empire.
Nous ne sommes nullement surpris par les récentes révélations des principaux médias américains concernant l'intensification des opérations de la CIA à Cuba, visant à déstabiliser l'ordre intérieur. Il ne s'agit pas de fuites fortuites, comme on le prétend, mais bien d'un élément du plan délibéré de guerre psychologique mené par le régime américain contre Cuba.
Dans un comble de cynisme et de perversité, le secrétaire d'État a récemment déclaré que les sanctions américaines contre le régime cubain seraient renforcées. "Ce que nous essayons de leur faire comprendre", a-t-il affirmé, "c'est qu'il n'y a pas d'échappatoire." Il s'agit là d'un aveu flagrant de la situation difficile que traverse Cuba, conséquence d'une guerre économique sans précédent. Cette déclaration constitue une menace ouverte d'extermination génocidaire contre tout un peuple s'il ne se soumet pas aux desseins de l'empire.
[Voir cette déclaration de Fidel Castro en 1985 : "S'ils utilisent des armes atomiques, ils peuvent nous anéantir. Mais alors, nous serions un peuple exterminé, et non un peuple subjugué, ni un peuple réduit en esclavage. L'extermination ne serait pas une défaite ; elle serait même une immense victoire morale."]
À ce sujet, des experts des Nations Unies ont souligné que les mesures coercitives unilatérales et illégales prises par les États-Unis contre Cuba contreviennent à l'article 2 de la Charte des Nations Unies et s'inscrivent dans une stratégie plus vaste de changement de régime, qui englobe des décennies d'embargo contre Cuba.
"Le gouvernement des États-Unis doit mettre fin à toutes les menaces et à tous les actes hostiles à l'encontre de la souveraineté de Cuba et abroger toutes les mesures qu'il a imposées au pays et qui sont contraires au droit international", ont déclaré les experts.
Ils ont ajouté : "Le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale doivent traiter d'urgence ces menaces, car il s'agit d'une question de paix et de sécurité internationales."
Il n'y a pas de plus grand cynisme que celui de l'agresseur qui tente de se faire passer pour la victime, alors que ses méfaits sont publics et notoires depuis des décennies. Les États-Unis n'ont aucune autorité morale ni aucun droit de pointer du doigt Cuba, qui est peut-être la nation qu'ils ont le plus espionnée et à laquelle ils ont alloué les fonds les plus importants pour la subversion économique et idéologique [l'Iran, frère jumeau de Cuba à bien des égards, est également un candidat]..
L'intensification du blocus ces dernières années n'est pas qu'une simple mesure économique ; c'est un acte de guerre non déclarée contre un peuple qui a choisi la liberté. C'est une tentative systématique de soumettre, par la faim et le désespoir, une nation qui a démontré, depuis plus de soixante ans, que la dignité est non négociable.
Je n'exagère pas en disant que ce colloque se tient à l'un des moments les plus difficiles qu'ait connus la Révolution, mais nous ne sommes pas là pour nous complaire dans la nostalgie. Nous sommes là parce que la pensée de Fidel Castro demeure le guide le plus fiable dont nous disposons pour traverser la tempête que traverse le peuple cubain ! (Applaudissements.) Et cette tempête est bien réelle ; notre peuple la vit au quotidien : les coupures de courant qui perturbent la vie familiale, les journées de travail et l'apprentissage de nos enfants et de nos jeunes ; l'inflation qui érode le pouvoir d'achat des salaires ; les pénuries de carburant qui paralysent l'économie et les transports ; les difficultés à se procurer les produits de première nécessité ; l'émigration qui arrache nos jeunes à leur terre natale. Nous ne sommes pas là pour nier cette réalité, mais pour la comprendre dans toute son ampleur et trouver dans la pensée de Fidel les clés de sa transformation.
Je vais vous présenter quelques données sur les conséquences du blocus sur la société cubaine.
- Particulièrement dans le secteur de l'énergie : ces dernières années, grâce à d'énormes efforts, nous avons récupéré plus de 1 400 mégawatts de puissance pour la production d'électricité grâce à un ensemble d'unités de production décentralisée. Ces centrales ne produisent actuellement pas d'électricité faute de combustible ; elles fonctionnent au diesel et au fuel. Si nous disposions de ces 1 400 mégawatts quotidiennement, les coupures de courant qui affectent Cuba ne dureraient que trois heures, au lieu de vingt heures, voire plus, comme c'est le cas aujourd'hui pour notre population.
- Dans le domaine de la santé, sujet si sensible, et pour lequel vous êtes tous conscients du plein potentiel de notre système universel et gratuit, offrant des opportunités à tous et possédant un savoir-faire reconnu : 98 500 patients, dont 12 000 enfants, sont sur liste d'attente pour une intervention chirurgicale. Ce sont des opérations que nous pouvons réaliser à Cuba, mais nous manquons de ressources ; nous manquons d'énergie pour alimenter les blocs opératoires.
- Par ailleurs, 34 000 femmes enceintes ne bénéficient pas d'un nombre suffisant d'échographies prénatales pendant leur grossesse. On compte 67 000 enfants de moins d'un an nés ces derniers mois sans vaccination à jour, alors que la vaccination à Cuba et notre système de vaccination ont toujours été à jour.
- 117 000 adultes et 1 200 enfants atteints de cancer ne reçoivent pas de traitements de première intention adéquats, ce qui nous oblige à recourir à des thérapies de deuxième ou troisième intention.
- 16 000 patients rencontrent des difficultés d'accès aux services de radiothérapie, 12 400 à ceux de chimiothérapie et 3 000 à ceux d'hémodialyse.
- Seuls 30 % des médicaments essentiels sont disponibles, alors que nous sommes capables de les produire.
- Le taux de disponibilité technique des ambulances n'est que de 22 % en raison d'une pénurie de pièces détachées.
- Il est impossible de se procurer du cobalt-60 pour les traitements contre le cancer, et l'obtention des autorisations de dédouanement des fournitures médicales dans les ports est retardée, notamment en raison du refus des compagnies maritimes internationales, qui subissent des pressions de l'impérialisme américain pour ne pas acheminer les marchandises dont nous avons besoin à Cuba.
- Comme si cela ne suffisait pas, nous avons toujours maintenu un taux de mortalité infantile entre 4 et 5 [pour 1 000 naissances vivantes], un taux typique des pays développés. Cependant, ces dernières années, ce taux a doublé et dépasse actuellement 9,8, représentant la mort d'enfants qui auraient pu être sauvés. Dans ce génocide méticuleusement calculé, partout où l'on entrevoit ou cherche un soulagement, les responsables de cette politique ignominieuse seront là pour resserrer l'étau de l'asphyxie.
Qu'a fait Cuba face à cette tempête ? Nous avons répondu selon les enseignements de Fidel : la résistance n'est pas passive, elle est créative. Au milieu de ce harcèlement, nous avons développé nos propres vaccins, ce qui nous permet d'affronter la pandémie en toute souveraineté. Nous avons renforcé l'agriculture, tant urbaine que périurbaine, en utilisant l'agroécologie pour garantir l'alimentation malgré les pénuries de carburant et d'engrais ; nous avons consolidé nos systèmes de défense grâce à une milice populaire qui n'a besoin ni de chars ni d'avions pour défendre son territoire, car elle le défend avec son cœur et la cohésion de ses forces.
Nous avons su transformer l'adversité en opportunité ; la crise nous contraint à être plus efficaces, plus innovants et plus participatifs. Nos scientifiques, nos enseignants, nos médecins, nos agriculteurs et nos ouvriers ont démontré que l'intelligence collective est plus puissante que l'argent de l'empire. Et, surtout, nous n'avons pas renoncé à l'internationalisme ; nous continuons d'envoyer des brigades médicales dans les régions les plus pauvres du monde, partageant nos méthodes éducatives et scientifiques ; nous restons l'île qui tisse des liens de fraternité.
Certes, nos besoins sont nombreux. Nous subissons les coupures de courant, les pénuries d'eau, l'inflation et les longues files d'attente ; mais aucune pénurie matérielle n'a éteint la flamme de la solidarité dans laquelle Fidel nous a élevés (Applaudissements).
Un fait qui le confirme est que, durant les derniers jours de l'année universitaire passée, marquée par une tension et des difficultés sans précédent, 30 185 jeunes professionnels ont obtenu leur diplôme des universités cubaines, dont 735 originaires de 62 pays et formés à Cuba (Applaudissements). Et un fait que nous sommes fiers de partager : plus de vingt nouveaux médecins palestiniens et cinq médecins américains (Applaudissements).
La réponse du peuple, sous la direction du Parti communiste de Cuba, a été une résistance ferme et créative, l'unité, la défense de ses acquis et la modernisation du modèle économique et social, sans jamais renoncer aux principes du socialisme et sans céder aux pressions ni au chantage. Pour y parvenir, nous mettons en œuvre une série de transformations économiques et sociales. Cette capacité de résister et de transformer est plus que jamais ancrée dans la pensée et l'action du Commandant en chef Fidel Castro Ruz.
Il s'agit de poursuivre la construction du socialisme sur une petite île menacée par le plus grand impérialisme de l'histoire de l'humanité et totalement bloquée, dont l'État est coupé de toute source de ressources, de financement et de commerce.
Face à ce dilemme, il est nécessaire de produire et de générer des richesses afin de les redistribuer avec la plus grande justice sociale possible et de préserver les acquis historiques et essentiels de la Révolution dans des domaines stratégiques tels que la santé, l'éducation, la culture, la science, l'énergie et les communications. Ce sera l'affaire de tous, des entreprises publiques et privées, ainsi que des autres formes de gestion économique qui composent le réseau d'affaires cubain, tous mobilisés vers un seul objectif : construire le socialisme prospère et durable que mérite le peuple héroïque de Cuba.
Je tiens à souligner qu'il s'agit d'un processus de revitalisation de l'économie, et non d'instauration du capitalisme ; il n'y aura pas de privatisations massives, les moyens de production fondamentaux resteront entre les mains du peuple et, surtout, la souveraineté et l'indépendance nationales seront préservées.
Dans un processus aussi complexe, le Parti communiste de Cuba, en tant que force dirigeante suprême de l'État et de la société, est le principal responsable de sa direction, de sa coordination et de son contrôle, et le gardien vigilant des intérêts du peuple, de la classe ouvrière, des acquis sociaux et de la justice sociale qui anime la Révolution depuis ses origines.
Camarades :
Fidel n'appartient pas exclusivement aux Cubains. Fidel appartient à tous ceux qui luttent pour un monde meilleur. Et vous, participants à ce colloque, intellectuels et militants qui avez embrassé sa pensée, avez un rôle décisif à jouer.
Nous vous appelons à diffuser la vérité sur Cuba et tous les peuples en résistance. Dans un monde où les médias dominants fabriquent des mensonges et des récits opportunistes, il vous incombe d'être les porte-parole de la réalité vécue par les Cubains : une réalité de difficultés, certes, mais aussi de réussites, de solidarité et d'espoir. Chaque livre que vous écrivez, chaque article que vous publiez, chaque conférence que vous donnez dans vos pays est un rempart contre la désinformation. Aujourd'hui, le combat des idées se livre sur la scène numérique contre l'illettrisme technologique et les nouvelles formes de colonisation culturelle.
Vous devez bâtir des réseaux de solidarité efficaces ; les discours de soutien ne suffisent plus. La solidarité doit se traduire par des actions concrètes : campagnes pour la levée du blocus, propositions de coopération scientifique et culturelle, projets de commerce équitable et plaintes auprès des organisations internationales.
Vous devez approfondir votre réflexion critique sur le socialisme du XXIe siècle. Fidel nous a laissé des questions ouvertes, non des réponses définitives. Comment construire le pouvoir populaire à l'ère numérique ? Comment concilier planification centralisée et autonomie territoriale ? Comment affronter le changement climatique dans une perspective socialiste ? Vous avez, chacun dans votre domaine, la mission d'apporter des réponses créatives et réalistes, et vous devez renforcer l'unité des mouvements progressistes. Fidel était passé maître dans l'art de fédérer les volontés, de jeter des ponts entre les différents secteurs et de rechercher un terrain d'entente sans renoncer aux différences.
J'appelle tous les disciples et les étudiants de son héritage à œuvrer pour l'unité, à dépasser les divisions secondaires et à se concentrer sur l'essentiel : la lutte contre le capitalisme et l'impérialisme. La Révolution a consacré tous ses efforts à la jeunesse et a placé en elle ses plus grands espoirs. Fidel a toujours cru au rôle des jeunes dans le processus révolutionnaire.
Croire en la jeunesse, c'est voir en elle, outre l'enthousiasme, le talent ; outre l'énergie, le sens des responsabilités ; outre la jeunesse, la pureté, l'héroïsme, le caractère, la volonté, l'amour de la patrie et la foi en la patrie. C'est avoir la profonde conviction que les jeunes peuvent, qu'ils sont capables, que de grandes tâches peuvent leur être confiées (Applaudissements).
Ce sont les jeunes qui entouraient Fidel pour concevoir des rêves réalisables lorsque la patrie en avait besoin. De ses longues rencontres avec la jeunesse sont nées de grandes réalisations sociales : l'impulsion donnée à la formation de professeurs d'art, d'enseignants polyvalents et de travailleurs sociaux. Ce sont les jeunes qui ont pris les armes dans la Sierra Maestra, qui ont enseigné l'alphabétisation dans les montagnes, qui ont été les protagonistes des glorieuses missions internationalistes, qui ont constitué les contingents, qui ont fait progresser la science et la technologie.
Aujourd'hui, en cette année du centenaire, la jeunesse cubaine est appelée à se forger une réputation à la hauteur de son histoire. Les défis qui nous attendent sont immenses : une économie ravagée par le blocus, des transformations structurelles à mettre en œuvre, la nécessité d'accroître la production alimentaire, d'assurer la transition énergétique, de réduire les importations et de bâtir une société où règne un plus grand bien-être pour tous. Aucun défi n'est insurmontable pour la jeunesse qui s'y consacre pleinement.
Camarades,
Permettez-moi de conclure sur une certitude que Fidel nous a léguée : l'avenir n'est pas écrit ; nous avons le pouvoir de l'écrire.
Oui, l'empire est puissant, mais l'histoire est du côté du peuple. Chaque enfant qui apprend à lire aujourd'hui dans une école cubaine sans électricité, chaque agriculteur qui cultive selon les principes de l'agroécologie, chaque scientifique qui mène des recherches sans brevets, chaque jeune engagé dans un mouvement social, chaque mère qui défend ses enfants contre la violence, est une victoire à prendre.
Le centenaire de Fidel est un point de départ. C'est le moment de reconnaître que son héritage ne se trouve pas dans le passé, mais dans le présent et dans l'avenir que nous construisons. Il ne suffit pas de se souvenir de lui ; il faut l'étudier ! Il ne suffit pas de l'admirer ; il faut l'imiter ! (Applaudissements.)
Je tiens à vous remercier encore une fois, du fond du cœur, de votre présence. Vous êtes les ambassadeurs de la vérité, les témoins que Cuba ne capitule pas, les camarades engagés dans une révolution qui transcende les frontières.
Dans mon discours, je me suis abstenu d'évoquer mes expériences personnelles avec lui ; toutefois, je tiens à souligner combien j'ai été profondément marqué par la loyauté de Fidel et sa détermination à combattre l'impérialisme comme le but de sa vie, par sa vision de l'unité, par son exemple de présence constante dans les situations les plus difficiles sans jamais céder au pessimisme, par sa sensibilité envers les plus démunis, par sa conception de la justice sociale et par la valeur intrinsèque de sa conception aboutie de la Révolution.
En ce début de célébration du centenaire, que nous partageons, je tiens à affirmer l'engagement indéfectible du Parti et du Gouvernement envers l'héritage inestimable de Fidel, que nous avons la responsabilité de préserver des vents menaçants qui soufflent de toutes parts, attisés par la soif de conquête et de châtiment de l'empire.
Je me permets de conclure comme Fidel l'a dit à maintes reprises :
"Nous sommes prêts à résister au blocus impérialiste avec dignité et abnégation aussi longtemps qu'il le faudra. Si d'autres font des compromis, si d'autres se laissent corrompre, si d'autres trahissent, Cuba saura rester un exemple de révolution qui ne capitule pas." (Applaudissements et cris : "Je suis Fidel !")
Je le répète :
"Cuba saura rester un exemple de révolution qui ne capitule pas, qui ne se vend pas, qui ne renonce pas, qui ne s'agenouille pas !" (Applaudissements et cris : "Vive !")
Fidel est un pays, Fidel est Cuba ! (Applaudissements)
Pour Cuba, avec Fidel, jusqu'à la victoire, toujours !
Vive Fidel à jamais ! (Cris : "Vive !")
Le socialisme ou la mort !
La patrie ou la mort !
Nous vaincrons ! (Cris : "Nous vaincrons !")
(Applaudissements)
***
Discours prononcé par Miguel Mario Díaz-Canel Bermúdez, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et Président de la République, lors de l'acte politico-culturel pour le Centenaire de Fidel et la clôture du Ier Colloque international Fidel : héritage et avenir, au théâtre Carlos Marx, le 13 août 2026, "Année du Centenaire du Commandant en Chef Fidel Castro Ruz".Source : presidencia.gob.cu
Traduction et notes entre crochets : Alain Marshal
Cher Général d'Armée Raúl Castro Ruz, dirigeant de la Révolution cubaine,
Chère Dalia, chère famille du Commandant en Chef Fidel Castro Ruz (Applaudissements),
Camarades,
Fidel vit, comme vivent pour toujours les femmes et les hommes des époques, des géographies et des ethnies les plus diverses qui ont consacré leur vie à la lutte pour un monde meilleur pour tous.
C'est le Centenaire d'un guerrier, d'un rebelle, d'un combattant, d'un juste de Cuba, d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine et des Caraïbes. Un juste de l'humanité ! (Applaudissements.)
Plus de 1 500 participants de 63 pays, dont 500 Cubains, ont chaque jour rempli la capacité d'accueil des multiples espaces du Palais des Congrès pendant le Ier Colloque international pour les 100 ans de Fidel. Pour chaque délégué, il est resté des milliers d'intéressés qui n'ont pas pu venir de l'étranger, et bien plus de Cubains encore qui n'ont pas pu s'accréditer pour de simples problèmes de logistique.
Il revient aux organisateurs la responsabilité de diffuser les communications présentées, avec leurs apports indéniables et leurs nombreuses révélations, de la part de ceux qui ont travaillé directement avec le Commandant en Chef ou qui se sont consacrés pendant des années à étudier l'empreinte de son leadership dans les domaines les plus divers.
Il sera important de connaître également quelles interrogations, quelles inquiétudes, quelles demandes d'information laissent les participants nationaux et étrangers, en particulier les jeunes.
Le Centre Fidel Castro Ruz et le Département idéologique du Comité central du Parti, principaux responsables de l'organisation du Colloque, sous les extrêmes limitations que subit le pays, méritent toute notre reconnaissance et nos félicitations (Applaudissements), de même que le reste des organisations et organismes impliqués.
Nous remercions tous les participants et invités pour leurs apports personnels ou collectifs au précieux héritage que garde avec un zèle suprême l'institution qui honore la vie et l'œuvre de notre chef historique.
Au milieu de la violence du blocus impérial brutal et immoral qui cherche l'extermination de notre peuple, cette célébration fidéliste depuis La Havane restera dans les mémoires comme un nouveau défi relevé avec succès à force de volonté ; une chose jugée impossible qui a été convertie en une belle et palpable réalité par l'effort et la solidarité de vous, mes sœurs et mes frères, qui êtes venus prêts à tout, à votre charge, depuis des pays lointains, en portant des valises de dons et sans exiger de conditions matérielles d'aucune sorte. À vous toute notre gratitude ! (Applaudissements et exclamations : "Cuba n'est pas seule !")
Il est impossible de commémorer seul cet événement d'une aussi profonde résonance universelle. Fidel n'appartient pas seulement à Cuba. Fidel appartient à tous les révolutionnaires du monde qui admirent son œuvre et partagent ses idées. Fidel appartient à toute l'humanité ! (Applaudissements.)
Être fidéliste, ce n'est pas professer une foi aveugle. C'est une attitude honorable devant la vie. Être fidéliste, c'est se définir comme des combattants permanents contre l'impérialisme et contre toutes les injustices du monde.
Et célébrer l'éternité du Commandant en Chef signifie, en premier lieu, vaincre à nouveau ceux qui ont tenté de l'assassiner plus de six cents fois et n'ont réussi qu'à grandir sa figure.
Le Soldat des Idées est de retour d'une manière qui doit terrifier ses adversaires : des centaines, des milliers, des millions de personnes des âges et des croyances les plus divers, dans presque le monde entier, élargissent son héritage, non seulement pour soulager la nostalgie naturelle de son absence - que nous ressentons aussi et qui fait partie des fortes émotions partagées -, mais surtout pour emprunter de nouvelles voies dans la bataille pour l'avenir, sans se rendre, sans se vendre, sans trahir, sans se soumettre à la voracité de l'empire décadent qui n'agit selon d'autre loi que celle du pillage et de la cupidité.
Fidel vit ! Vive Fidel ! (Exclamations : "Vive !") (Applaudissements.)
Aujourd'hui nous célébrons une vie consacrée à lutter pour toutes les causes justes, avec passion et engagement, depuis qu'il était pratiquement adolescent. Nous nous sommes plongés en profondeur dans la pensée d'un explorateur infatigable de l'histoire et de la condition humaine, qui s'est nourri du meilleur et du plus utile de la pensée universelle avec une acuité exceptionnelle et qui s'est distingué par une éthique qui, tel un gilet pare-balle moral imbattable contre lequel se sont brisées les pires attaques de ses ennemis, l'a consacré devant l'histoire comme paradigme du véritable révolutionnaire, au plus haut échelon de l'espèce humaine.
Le gilet pare-balle moral de Fidel
Je sais que vous serez d'accord avec moi : nous aurons devant nous bien d'autres anniversaires pour célébrer ses idées ! (Applaudissements.)
D'après ce qu'ont raconté les médecins et les enseignants, ce qu'ont argumenté les scientifiques et les chefs religieux, ce qu'ont exalté les artistes et les intellectuels, ce qu'ont exprimé les sportifs et les combattants, ce qu'ont révélé les diplomates et les parlementaires et ce qu'ont validé les jeunes, permettez-moi de vous dire que nous avons senti Fidel très vivant dans tous les espaces de ce Colloque. Nous l'avons vu multiplié en chacun de vous.
La renaissance de Fidel est particulièrement visible au Forum de la jeunesse. Comme je le leur ai dit après avoir écouté leurs interventions, la majorité fait preuve d'une maturité impressionnante, sans doute, certains en raison de la complexité même des sociétés capitalistes aliénantes dans lesquelles il leur a fallu vivre, mais surtout par leurs réponses argumentées quant aux causes des problèmes et à la manière dont ils assument leur militantisme et l'expriment, en le défendant fièrement, malgré les risques et les menaces auxquels ils doivent faire face pour assister à la célébration du Centenaire de Fidel à Cuba en des temps comme ceux-ci, où reviennent les pratiques maccarthystes de la Guerre froide.
Je leur ai dit en toute honnêteté que sans eux, ce Colloque n'aurait pas eu beaucoup de sens à être organisé. Qui mieux que les jeunes pour comprendre l'héritage humaniste et révolutionnaire de Fidel ?
Il nous l'avait dit : de plus grandes luttes et de plus grands héroïsmes seront encore requis des nouvelles générations. L'avenir est plein de tâches, l'avenir est plein de luttes qui exigent de la conscience, qui exigent de la trempe et qui exigent un esprit révolutionnaire (Applaudissements).
En m'adressant à eux, je pensais à Fidel toujours proche des jeunes, à qui il confiait constamment les tâches les plus importantes. Par expérience personnelle, il savait que la jeunesse est l'étape la plus passionnément révolutionnaire de la vie.
Je pensais au Fidel étudiant en Droit, qui s'inscrivit aussi en Sciences sociales dans le cadre de ses préoccupations politiques et qui reconnut toujours que c'est à l'Université qu'il devint révolutionnaire.
Je pensais au très jeune Fidel qui s'enrôla dans l'expédition de Cayo Confites pour être un soldat de plus contre la dictature de Trujillo, qui ensanglantait la République dominicaine voisine ; au dirigeant étudiant qui connut le leader colombien Jorge Eliécer Gaitán et vit le tourbillon du Bogotazo [soulèvements populaires à Bogotá le 9 avril 1948, après l'assassinat du dirigeant Eliécer Gaitán, alors l'un des hommes politiques les plus populaires du pays] ; au militant de l'Orthodoxie [Parti du peuple cubain] qui a dignifié le journalisme, en le transformant en dénonciation publique, et qui finit par choisir la voie de la lutte armée quand le coup d'État de Batista ferma toutes les issues constitutionnelles.
C'est pourquoi je n'ai pas hésité à les reconnaître et à les nommer comme la Génération du Centenaire de Fidel (Applaudissements).
Et ils ne sont pas seuls. Aujourd'hui, nous honorons aussi les amis solidaires qui ont consacré toute leur vie à la cause de la défense de Cuba. Les plus jeunes peuvent reconnaître en eux leur expérience et admirer leur dévouement à cette lutte. Le mouvement international pour Cuba et les causes justes a des noms et des prénoms d'hommes et de femmes infatigables sur tous les continents.
Il est urgent d'articuler et d'unir toutes les forces et de nous armer d'idées progressistes, émancipatrices, socialistes, sans peur des mots, ce qui est précisément ce que recherchent les ennemis des peuples pour nous paralyser au moment où la mobilisation équivaut au salut.
La réémergence du fascisme dans le monde impose au Sud global une guerre idéologique qui, dans ses dimensions culturelle et médiatique, insiste à blinder le capitalisme comme destin hégémonique, subordonné à la logique impérialiste, et cherche à effacer la mémoire historique, à nous recoloniser culturellement et à briser nos identités.
Parallèlement, et en fonction des mêmes objectifs, se déroule la guerre médiatique avec ses campagnes de désinformation, d'intoxication dirigées contre les valeurs humaines les plus élémentaires comme si elles étaient devenues obsolètes, dans le but de justifier des guerres et des agressions aussi incompatibles avec le Droit international que le génocide à Gaza, l'agression contre l'Iran ou le blocus énergétique contre Cuba (Applaudissements).
Camarades,
Il y a exactement dix ans et un jour, le 12 août 2016, Fidel publiait l'une de ses célèbres Réflexions, à la veille de ce qui serait son dernier anniversaire physiquement parmi nous.
Dans ce texte, qui acquiert aujourd'hui une actualité renouvelée - et je vous demande, les plus curieux, d'essayer de le lire -, affleure de manière particulière la mémoire puissante et sensible de l'homme qui, sur le point d'atteindre 90 ans, se souvient de son enfance ; de son père, émigrant espagnol, et de Birán, la propriété familiale où il apprit à aimer la nature et à se nourrir des premières lumières du "monde moral" de l'éthique cubaine, en s'abreuvant de l'histoire de la patrie, déjà chargée à cette époque d'authentiques épopées héroïques.
Nous retrouvons aussi le Fidel de la curiosité infinie, très attentif aux avancées de la science et en permanent souci du destin de l'espèce humaine ; mais aussi et toujours vigie insomniaque, critique juste et sévère du puissant voisin, qu'il n'a jamais cessé d'interpeller publiquement, même à contre-courant, démasquant laquais et vendus.
Quand le régime fasciste étasunien intensifie le génocide contre notre peuple, en entravant par toutes les voies le bien-être et la qualité de vie, c'est dans Fidel que continue de résider la clé qu'il y a bien une issue, aussi difficiles que soient les circonstances et aussi resserré que soit le blocus qui nous enferme.
De Fidel, nous avons appris qu'il faut toujours sauvegarder trois principes irrévocables : l'indépendance du pays, la Révolution et les valeurs et les conquêtes que représente le socialisme (Applaudissements).
Sous cette prémisse, nous entreprenons un exigeant processus de Transformations économiques et sociales, avec pour priorité le bien-être du peuple et la justice sociale qu'il défendit tant.
Camarades,
Comme je l'ai dit lors de l'inauguration du Colloque : la présence de tant de personnes, dans la Cuba encerclée, bloquée, harcelée et accusée par l'empire pour empêcher que son exemple ne contamine les rebelles de partout, est le meilleur monument que nous puissions élever à la mémoire de Fidel Castro Ruz en son premier Centenaire (Applaudissements).
Solidaires du monde : vous êtes la force complémentaire de l'héroïque résistance du peuple cubain, forgée avec ce que le Général d'Armée Raúl Castro Ruz définit comme l'enseignement permanent de Fidel : "... que l'homme est capable de surmonter les conditions les plus dures si sa volonté de vaincre ne faiblit pas, s'il fait une évaluation juste de chaque situation et s'il ne renonce pas à ses principes justes et nobles" (Applaudissements).
Merci d'être là et de nous accompagner en cette célébration inoubliable !
Fidel est présent en chaque professionnel cubain de la médecine qui sauve une vie, la plupart du temps sans disposer même du médicament indispensable ; dans les éducateurs qui n'abandonnent les salles de classe ni en ville ni à la montagne ; dans les millions de travailleurs qui, malgré les douloureuses limitations en ressources essentielles que nous impose le blocus, arrivent à leur poste de travail chaque jour ; dans chaque combattant prêt à donner sa vie pour la patrie et le socialisme (Applaudissements).
Quand les historiens du futur regarderont en arrière dans le temps, cherchant Fidel Castro Ruz, le Commandant en Chef, ils ne verront plus seulement un homme. Ils verront son peuple et des millions de personnes qui, inspirées par sa vie exemplaire, se sont gagné une place dans l'histoire en affrontant, sans se rendre, l'empire le plus puissant et le plus criminel, et en le vainquant ! (Applaudissements.)
Vive Fidel pour toujours ! (Exclamations : "Vive !")
Vive Cuba libre, souveraine et indépendante ! (Exclamations : "Vive !")
Vive le socialisme ! (Exclamations : "Vive !")
Vive Fidel ! (Exclamations : "Vive !")
La patrie ou la mort !
Nous vaincrons ! (Exclamations : "Nous vaincrons !" et "Je suis Fidel !")
(Ovation.)
Source : Alain Marshal
alainmarshal.org
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