• Un petit tour d'horizon sur la situation au Moyen Orient, essentiellement avec Alastair Crooke et l'aide de Glenn Diesen. • Paysage catastrophique pour la puissance américaniste marchant sur ses bras cassé selon la stratégie des pieds-nickelés. • A D.C., rentré sain et sauf d'Ankara, Trump règle son compte à Hegseth au profit de son secrétaire au trésor Bessen. • C'est sa façon à lui de fêter sa victoire sur l'Iran. • Le 'vulgum pecus' s'en fout, songeant à son restaurant.
Les événements au Moyen-Orient, sur l'axe tortueux Liban-Israël-Yemen-Iran, commencent disons à lasser malgré le cortège d'horreurs et de destruction. C'est le même processus qu'avec l 'Ukraine, avec la complicité suractive d'une presseSystème qui restera comme l'excrément le plus puant, le plus méprisable et le plus honteux de cette période.
Dans ce compte-rendu, nous exposons l'analyse d'Alastair Crooke conversant avec Glenn Diesen sur un chapitre de sa chaîne 'Glenn Diesen Français'. Crooke expose notamment ce qu'il estime être un durcissement considérable de la direction iranienne dans le but de supprimer toute négociation au moins jusqu'au départ de Trump, en maintenant une "guerre d'escarmouche".
"Il y a eu un changement à la tête du secrétariat du conseil, le SNC. [...] Désormais, il perd son droit de vote au sein du Conseil suprême de sécurité nationale et Mosen Rezaei obtient un vote en tant que représentant du guide suprême. En même temps, il y a eu un certain nombre de changements dans l'appareil militaire. Ce que je pense que nous observons, c'est une consolidation très concertée autour d'une direction et d'une vision. Et cette vision, c'est que l'Iran ne va pas chercher de solution avec ce président [Trump]. Ils l'ont presque dit ouvertement. Peut-être qu'il faudra maintenir la guerre jusqu'en 2029. Le blocage d'Ormus durera jusqu'en 2029. Je ne pense pas que cela signifie qu'il cherche une guerre totale. [...]
" Donc je veux dire, je pense qu'on va entrer dans une période d'escarmouche prolongée entre l'Iran et les Etats-Unis et ils vont faire pression sur Trump et je ne pense pas qu'ils aient l'intention de négocier. En fait, ils n'ont pas l'intention de négocier avec Trump sauf s'il veut capituler complètement. Donc, il y a un changement à ce niveau-là."
Tout cela n'empêche pas les bruits divers d'une reprise d'une guerre totale de la part des USA (voir Seyed M. Marandi , sur la chaîne 'Danny Haïphong Français'). Mais cela reste des hypothèses comme nous en avons connues beaucoup. Il s'agit de possibilités ponctuelles avec des hauts et des bas, et des coups bas entre alliés Amérisraéliens, - entre Israël et les USA, comme il se doit...
Le chaos ordonnéSeyed M. Morendi : "Vous avez vu les informations sur Bradley Cooper ? Bradley Cooper aurait rencontré les Israéliens. La chaîne israélienne Channel 13 a déclaré que Bradley Cooper appelait à davantage de frappe. Il fait fortement pression pour plus de frappes. Il veut faire la guerre. Il veut frapper des cibles énergétiques iraniennes."
Danny Haïphong : "Et juste après, le Central Command est intervenu en disant "Non, non, non, non, non. En réalité, nous n'avons pas dit ça. Il n'y a aucun fait. Il n'y a aucune base factuelle." Pour moi, c'est aussi humiliant. Votre plus haut gradé, à la tête de ce qui est peut-être votre structure de commandement la plus importante en ce moment, vu tout ce qui a été investi :dans la guerre contre l'Iran, se rend en Israël. Et soi-disant, on ne sait pas vraiment ce qui s'est passé. Israël inventerait des propos qu'il aurait tenu et les transmettrait aux médias pour qu'ils soient repris ou divulguent ce qu'ils ont dit."
L'essentiel de l'entretien entre Diesen et Crooke présente quelques appréciations sur la situation iranienne. Crooke est l'un des meilleurs spécialistes en place des complications et des grandes tendances de cette situation, dans cette région, et le ton qu'il emploie est fataliste, mesuré et professionnel, et non exempte de cette ironie qui tend à envahir les commentaires de la plupart des dissidents spécialistes devant l'incompréhensible et burlesque folie qui a submergé l'ensemble de la Grande Politique que connaît cette étrange époque..
C'est plutôt sur lui que l'on doit s'appuyer, d'autant qu'il donne (voir le texte ci-dessous) des détails sur la situation à Washington où le secrétaire à la guerre Hegseth est en disgrâce au profit du secrétaire au trésor Bessent. Trump reproche au ministre de la guerre l'échec des forces militaires US, la situation catastrophiques de certaines forces et unités, comme celle, - sorte de mutinerie rampante de type-postmoderne absolument inédite et extraordinaire , - du porte-avions USS 'Abraham-Lincoln'. Cette superbe unité de 90 000 tonnes, totalement épuisée et brisée, se découvre dans l'obligation de se lancer de toute urgence et la catapulte entre les jambes dans la croisière du retour vers sa base-arrière aux USA (San Diego, soit 2-3 semaines de croisière), remplacé sans doute par le USS 'George Washington'. "De toute urgence" certes, mais pour peu que ce glorieux remplaçant nouveau-venu soit sur place et ait pris sa position de combat, car l'on sait que la ponctualité du Pentagone est aujourd'hui très douteuse.
Bessent propose, pour la nième fois dans le chef de la direction washingtonienne depuis plus d'un quart de siècle, d'étouffer l'Iran jusqu'à l'inéluctable changement de régime, par des mesures économiques, sanctions, dollars, etc., - tous ces domaines où brillent les USA et qui oint fait leur preuve magnifique de la plus complète impuissance.
Pendant ce temps, restaurants et vacances battent leur plein et le grouillant vulgum pecus ne se préoccupe guère des troubles qui agitent le monde très-réel de la GrandeCrise. Cela a le don de mettre hors d'eux nos deux amis qui anticipent une colossale crise économique et sociale en plus des pseudo-guerres, et leur échange constituera une sorte de conclusion, certes la plus importante, de tout ce propos.
Pendant ce temps, à Washington D.C.Alastair Crooke : "Je pense que la seule vraie réflexion encore une fois, c'est à quel point nous sommes tous mal préparés à ce qui est manifestement là et qui risque en quelque sorte de se déclencher à un moment donné. Et je pense que ce sera bien pire parce qu'il n'y a eu aucune discussion ni aucune préparation, aucune préparation psychologique des gens. Je pense que ce sera une très grande surprise pour eux lorsqu'ils découvriront soudain qu'ils ne peuvent plus avoir de diesel pour leur voiture ou qu'il est rationné ou soumis à une forme de priorité avec du diesel pour certaines personnes et pas pour d'autres. Je pense qu'ils vont trouver cela assez choquant.
Glenn Diesen : "Oui, je suis d'accord. Je pense qu'on voit avec tout ça les Iraniens comme les Russes comprendre que la diplomatie ne fonctionne pas. Ils adoptent tous les deux une ligne dure. Nous allons bientôt connaître une énorme crise économique avec des pénuries d'énergie. Et je vois que dans ce pays [la Norvège], le plus grand journal publie des articles étonnants... L'article à la une porte sur les bons restaurants où aller et sur les plats qui seront populaires cet été. Enfin, j'ai l'impression qu'il y a ici une mentalité de bunker.
" Ils n'aiment pas voir ce qui arrive. Et avec tout ce contrôle du récit, s'il n'y a rien de positif à rapporter, alors on n'en parle tout simplement pas. Je pense que c'est à peu près là où nous en sommes."
Pour conclure au-delà de notre conclusion, un coup d'œil sur la situation à Washington de notre ami Alastair Crooke, sur son site 'conflictsforum.substack.com'. D'où il s'avère que le 'vulgum pecus' se trouve également, sous une autre forme, non pas non-informé comme on a vu, mais surinformé de nouvelles à la glace vanille et chocolat en pleine canicule...
"Le président Trump a pris pour argent comptant les déclarations triomphantes du secrétaire à la Guerre, Hegseth ("La puissance militaire américaine est impressionnante"), pour découvrir tardivement que les États-Unis sont à court d'intercepteurs dans une guerre qui repose sur la défense aérienne. "Les calculs pour reconstituer les stocks sont tout aussi implacables. Il faut quatre ans pour les reconstituer (et non quatre mois), car les composants incluent des terres rares contrôlées par la Chine."
" Hegseth semble désormais en disgrâce, tandis que la popularité du secrétaire au Trésor, Bessent, est en pleine ascension.
" Bessent aurait assuré à plusieurs reprises à Trump que la pénurie de pétrole provoquée par la fermeture du détroit d'Ormuz était "temporaire et gérable" (ce qui est faux), arguant également que l'inflation liée à l'énergie se calmerait une fois les tensions internationales apaisées. Il en est convaincu. Et Trump semble croire à la manipulation des cours du pétrole et des marchés à terme.
" Cependant, les chiffres qui circulent à Washington concernant le passage clandestin de navires via le corridor omanais sont fictifs. Brett Erickson, d'Obsidian Risk Advisors, écrit :
" "Après avoir consulté plusieurs de mes collègues professionnels en qui j'ai une confiance absolue, il n'existe absolument aucune preuve permettant d'affirmer que 8 millions de barils par jour transitent par la route omanaise, ni aucune preuve que 9 millions de barils par jour quittent le détroit d'Ormuz. Aucune. Pas de "peut-être", pas de "potentiellement". Aucune preuve. Et plus accablant encore, il existe des preuves qui démontrent directement le contraire."
" À la question : "Leur plan est-il de se faire discrets jusqu'à ce que tout s'effondre ? Et après ?", Erickson répond :
" "D'après ce que je comprends, ils croient réellement que certaines de ces informations sont exactes. Ils sont stupides, pas forcément de mauvaise foi... ce qui est pire."
" Le virage de Trump vers la pression économique comme clef de la capitulation iranienne n'est pas une stratégie crédible. Même si un siège plus strict parvenait à aggraver la situation du peuple iranien, il est improbable que ses souffrances aboutissent à un résultat positif, comme un changement de régime à la Dulcy Rodrigues [Nicaragua].
" L'Iran est engagé dans une guerre existentielle contre les États-Unis et Israël, et si les dirigeants iraniens devaient un jour choisir entre capituler et intensifier la confrontation, ils opteraient presque certainement pour l'escalade. De fait, la décision d'intensifier militairement - pour faire pression sur Trump - semble déjà prise, comme en témoignent les récentes déclarations de Mosen Rezaei, le nouveau secrétaire du Comité suprême de sécurité nationale. L'Iran poursuivra ses actions militaires proactives, même si Trump choisit de renoncer à toute action militaire."
Alastair Crooke
Mis en ligne le 16 août 2026 à 18H45