16/08/2026 ssofidelis.substack.com  20min #323499

 « Tuer davantage de Russes » : la formule choc d'un journaliste allemand suscite l'indignation à Moscou et en ligne

« Tuer les Russes »

"Tuer les Russes"

Par  Scott Ritter, le 11 août 2026

La vision morbide d'un journaliste allemand laisse présager un avenir sombre à ceux qui y adhèrent.

Le journaliste allemand Michael Martens a récemment fait la une des journaux en demandant au président ukrainien Volodymyr Zelensky comment l'Europe peut aider l'Ukraine à tuer davantage de soldats russes. Je mets en garde M. Martens et tous ceux qui, en Allemagne et en Europe, pensent qu'une telle quête est en quelque sorte vertueuse et viable : faites attention à vos propos.

Michael Martens est né en 1973 à Hambourg, dans ce qui était alors l'Allemagne de l'Ouest. Hambourg était l'un des principaux bastions du régime nazi et a payé le prix fort pour ce statut, lourdement bombardée par les Alliés, notamment lors du tristement célèbre raid incendiaire fin juillet-début août 1943 qui a fait environ 37 000 victimes. Aujourd'hui, Hambourg est la deuxième plus grande ville d'Allemagne après Berlin. Les ravages causés par les bombardements incendiaires de Hambourg sont immortalisés par le mémorial Saint-Nicolas, un rappel poignant des destructions provoquées par la guerre. Hambourg a également préservé plusieurs abris anti-bombes de cette époque, là encore pour perpétuer le souvenir des horreurs de la guerre.

Martens est aujourd'hui correspondant dans les Balkans pour le tabloïd allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), et c'est à ce titre qu'il a assisté dimanche dernier à une conférence de presse organisée à l'occasion de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky en Serbie. À cette occasion, Martens a posé la question suivante à Zelensky :

"Pouvez-vous nous dire, à nous Européens, ce que nous pouvons faire concrètement pour vous aider à tuer plus de Russes ?"

Martens a ensuite nuancé sa question en précisant "Plus de soldats russes, bien sûr", comme si son intention initiale n'était pas assez claire.

La question de Martens a suscité la colère légitime du public éclairé partout dans le monde. Ses propres rédacteurs en chef de la FAZ ont cherché à prendre leurs distances avec la question de Martens, indiquant dans un communiqué publié à la suite des nombreuses critiques demandant au journal de le licencier que

"la question était formulée de manière ambiguë, ce que nous déplorons. La Frankfurter Allgemeine Zeitung ne défend pas la position éditoriale selon laquelle il faudrait tuer le plus grand nombre possible de soldats russes". Au contraire, la rédaction de la FAZ a estimé que la véritable question est de savoir "comment exercer une pression suffisante sur l'armée russe en termes d'effectifs pour que la Russie soit contrainte d'entamer des négociations de paix".

Martens lui-même s'est dit "surpris" par la levée de boucliers suscitée par sa question, notant que

"loin de l'univers de Barbie, c'est pourtant la réalité de la guerre", et ajoutant dans un commentaire complémentaire sur la polémique : "Car ce qui importe pour mettre fin à la guerre, c'est de tuer le plus grand nombre possible de soldats russes".

Martens est un homme dépourvu de toute expérience militaire et de tout sens des sacrifices qu'implique l'art de la guerre. Son expérience la plus proche de ce qui s'apparente de près ou de loin à une véritable mort au combat, c'est le mythe de Josef Schulz, un soldat allemand servant au sein de la 714e division d'infanterie qui, selon la légende, aurait refusé de participer à l'exécution de seize résistants le 20 juillet 1941, dans la ville de Smederevska Palanka en Yougoslavie. Pour cet acte de clarté morale, Schulz fut lui-même condamné à être fusillé par ce même peloton d'exécution. Martens a contribué à propager ce mythe dans son ouvrage de 2011 intitulé En quête des héros. L'histoire du soldat qui ne voulait pas tuer.

Cette histoire n'était toutefois qu'un mensonge. Schultz est mort au combat contre les résistants la veille de l'exécution. La fabrication du mythe d'un noble sacrifice face au mal dont Schultz est devenu le héros, a été relayée par ceux qui cherchaient à créer et à entretenir la mythologie du noble soldat allemand non programmé pour tuer, mais confronté au choix cornélien entre obéir aux ordres abominables qui lui étaient donnés et affronter une mort certaine.

La nature réhabilitative d'une telle fiction s'est ancrée dans l'ADN allemand, ne serait-ce que parce que la culpabilité collective liée aux crimes de l'Allemagne nazie chez ceux qui ont participé à la guerre était si évidente que l'Allemagne ne pouvait se reconstruire sans recourir à l'image d'un héros carrément inexistant, et qui n'aurait de toute façon pas existé, sachant que pratiquement toute l'Allemagne était entachée du péché des crimes nazis - en particulier la Wehrmacht.

Martens lui-même a dû lutter contre ces démons. Son grand-père, Hans-Hermann Martens, était non seulement membre du parti nazi qu'il a servi en tant que procureur dans les années d'avant-guerre, mais aussi officier à l'état-major des opérations de la Wehrmacht pendant la guerre, où il a exercé les fonctions de juge militaire et aurait condamné à mort des soldats allemands pour désertion. Hans-Hermann a ensuite exercé les fonctions d'avocat et d'homme politique dans l'Allemagne de l'Ouest d'après-guerre - un autre criminel de guerre nazi réhabilité par un peuple atteint d'amnésie volontaire.

Cette amnésie s'est transmise de génération en génération, au point que des Allemands comme Michael Martens ont "oublié" le rôle que leur pays a joué non seulement dans le génocide du peuple russe, mais aussi dans la renaissance et la perpétuation des idéaux malfaisants du banderisme - cette doctrine odieuse de l'Ukraine occidentale si intimement liée aux racines nazies que les Allemands ont choisi d'occulter, voire d'oublier.

Contrairement à Martens, je m'y connais un peu dans le domaine de la guerre et du concept de "tuer les Russes". De 1984 à 1988, j'ai consacré la quasi-totalité de mon existence à m'entraîner à l'art du conflit militaire moderne, en me concentrant exclusivement sur la menace soviétique (c'est-à-dire russe). Je m'étais plongé dans l'histoire, la culture, la littérature et la langue russes au niveau universitaire afin de me préparer à cette mission, qui est devenue une véritable obsession. J'ai été conforté dans cette voie par la propagande diffusée par le ministère américain de la Défense, qui venait de publier un rapport annuel sur les menaces intitulé "La puissance militaire soviétique". Non seulement cette publication faisait partie des lectures obligatoires, mais un petit nombre de "Myrmidons" comme moi fut envoyé au Defense Intelligence College pour suivre un programme d'immersion d'une semaine consacré - vous l'avez deviné - à la puissance militaire soviétique. À travers des conférences, des exposés, des visites guidées et des discussions, nous avons été initiés à la doctrine, la stratégie, l'idéologie et les armes réelles qui, dans leur ensemble, constituaient la "puissance militaire soviétique".

Mais ces expériences relevaient davantage de "pourquoi nous combattons" que de "comment nous combattons". Ce dernier aspect n'a pris tout son sens qu'avec mon affectation à la Force des Marines de la Flotte et, plus précisément, au 5ebataillon du 11e régiment de Marines, une unité d'artillerie de campagne automotrice qui servait de bataillon d'appui direct à la 7e brigade amphibie des Marines - la composante marine de la Force de déploiement rapide.

À mon arrivée au bataillon, j'ai été confronté à la réalité suivante : la doctrine du Corps des Marines concernant l'appui-feu d'artillerie n'avait, à l'époque, pas évolué de manière significative depuis la guerre du Vietnam. Si mon immersion dans ces concepts à l'origine de "La puissance militaire soviétique" m'avait bien appris quelque chose, c'était que les Soviétiques jouissaient d'une supériorité écrasante en matière d'artillerie, donc que si nous cherchions à les affronter selon un schéma linéaire traditionnel, nous étions voués à perdre dans une guerre d'usure - et sans appel.

Comment un jeune sous-lieutenant sans aucune expérience du combat et pratiquement aucune connaissance des subtilités de la guerre, peut-il convaincre des officiers (et des militaires du rang) forts de plusieurs décennies d'expérience dans ces deux domaines que ce qu'ils font est non seulement une erreur, mais qu'ils risquent leur (nos) vie(s) si nous devions réellement affronter l'ennemi soviétique ? Le ministère de la Défense avait publié une remarquable série de trois volumes - le FM 100-2 - consacrée à l'armée soviétique, ses opérations, ses tactiques, sa doctrine et son équipement. Ces publications constituaient la source de référence en matière d'informations non classifiées sur les forces terrestres soviétiques et le modèle soviétique de guerre interarmes.

Et pourtant, bien qu'elles aient été facilement accessibles à tous les Marines, elles étaient rarement lues et encore plus rarement mises en pratique.

L'armée américaine disposait de ce qu'elle appelait l'OPFOR - des "forces adverses" organisées, entraînées et équipées pour combattre à la manière des Soviétiques - qui opéraient depuis le Centre national d'entraînement (NTC) de Fort Irwin, juste au nord de mon lieu d'affectation à 29 Palms, en Californie. L'armée américaine faisait effectuer à tour de rôle des formations de brigades au NTC, où elles étaient soumises à une série d'exercices "armée contre armée" au cours desquels elles affrontaient deux régiments de l'OPFOR. Les exercices se terminaient toujours par une attaque blindée massive menée par l'OPFOR, presque toujours sanctionnée par une défaite décisive des forces de l'armée américaine impliquées. L'ensemble de l'opération était conçu pour servir de gigantesque coup de semonce aux unités concernées : soit s'adapter pour affronter et vaincre les méthodes de guerre soviétiques, soit mourir.

J'ai contacté l'OPFOR à Fort Irwin et j'ai pris des dispositions pour que mon commandant de bataillon accompagne l'OPFOR lors de son assaut final contre les positions de l'armée américaine. Le résultat final répondait à toutes mes attentes : l'OPFOR a traversé les rangs de l'armée comme un couteau dans du beurre.

Tuer des Russes - même simulés - n'était pas vraiment une mince affaire.

Mon commandant de bataillon en est ressorti convaincu que si nous entrions en guerre contre la menace soviétique en nous appuyant sur les tactiques et l'art opérationnel que nous étions alors formés à mettre en œuvre, nous serions anéantis à coup sûr.

On m'a donné pratiquement carte blanche pour refondre le plan d'entraînement du bataillon, en y intégrant un entraînement plus réaliste mettant l'accent sur le tir, les déplacements et la communication plus rapides - bien plus rapides - que ceux de notre ennemi soviétique. Nous étions David face à Goliath, et nous devions rester suffisamment agiles pour éviter d'être touchés par la puissance destructrice des tirs ennemis, tout en sachant faire feu au bon endroit et au bon moment pour affaiblir l'ennemi et créer des opportunités permettant aux unités de Marines de manœuvre de localiser et détruire l'ennemi grâce à leur puissance de feu et leurs manœuvres.

Pour faciliter ces exercices, j'ai créé un groupe de contrôle de l'entraînement et des exercices tactiques (TTECG) au niveau du bataillon - essentiellement un système de jeu de guerre - grâce auquel j'ai pu élaborer des scénarios mettant en scène des forces ennemies employant des tactiques et des opérations soviétiques conformes à la doctrine. Grâce à ce système TTECG, j'ai mis le bataillon à l'épreuve avec des scénarios de plus en plus complexes, conçus pour souligner l'importance de la manœuvre et de la rapidité lors des combats contre les Russes.

Le TEECG a connu un tel succès qu'on m'a demandé de soutenir l'entraînement d'autres unités des Marines à 29 Palms, notamment les bataillons d'infanterie et de blindés.

Le 5/11 était un bataillon doté de capacités nucléaires chargé de s'entraîner à déclencher des tirs d'artillerie nucléaire à l'aide de ses canons automoteurs de 155 mm et 203 mm. Cela faisait de nous une cible de choix pour toutes les forces soviétiques auxquelles nous aurions pu être confrontés. Afin de mieux nous préparer à la réalité d'un combat contre les Russes, j'ai créé ma propre unité OPFOR, calquée sur les forces spéciales soviétiques, ou Spetsnaz. Lorsque mon bataillon partait sur le terrain, j'insérais mon unité Spetsnaz dans leur zone d'opération à l'aide d'hélicoptères et d'infiltration en véhicules tout-terrain, puis je les traquais et les éliminais. Nous tendions des embuscades aux unités mobiles, nous les attaquions la nuit lorsqu'elles s'installaient, et nous les harcelions tout au long de l'opération. En bref, nous en avons tué bien plus qu'ils n'en ont tué parmi nous.

Tuer des Russes - même simulés - n'était pas une mince affaire.

Lorsque les Marines ont organisé un grand exercice à l'échelle d'une division à 29 Palms, j'ai été chargé de collaborer avec un bataillon de l'armée américaine issu de la 7e division d'infanterie légère afin de mettre en place une défense de type soviétique que les Marines devaient ensuite attaquer.

En utilisant les tactiques et la doctrine défensives soviétiques, ce bataillon a stoppé net les Marines avant même qu'ils n'atteignent les positions défensives avancées.

À trois reprises, les responsables de l'exercice ont interrompu celui-ci et ont "ranimé" tous les Marines "tués" afin de pouvoir relancer le scénario. À chaque fois, le résultat était le même : l'attaque des Marines était repoussée avant même d'avoir eu la moindre chance de prendre forme.

L'attaque était censée représenter la première phase d'un scénario en trois phases dans lequel les Marines devaient percer la défense et manœuvrer pour encercler les défenseurs soviétiques.

Finalement, le général commandant a interrompu l'exercice et a réuni son état-major ainsi que les commandants et les états-majors des unités subordonnées, les réprimandant pour leur incapacité à vaincre une menace de type soviétique. Tout le monde a été renvoyé à la case départ pour repenser son approche de l'entraînement.

Les commandants des unités de chars et d'infanterie qui avaient utilisé le TEECG de l'OPFOR dans leur entraînement ont tenté à plusieurs reprises de convaincre l'état-major du régiment et de la division que les plans qu'ils proposaient n'aboutiraient à rien. À chaque fois, ils ont été contredits et ont couru à leur perte.

Il s'est avéré que les Russes - même simulés - étaient plutôt doués pour tuer des Marines.

Mais le plus sérieux avertissement est survenu lors d'un autre exercice de division où nous avions pour mission de contrer une incursion soviétique simulée en Iran. Finalement, les forces soviétiques, supérieures en nombre, ont percé les positions de blocage mises en place par les Marines, et le 5/11 a reçu pour mission de tirer un obus d'artillerie nucléaire afin d'arrêter l'avance soviétique. Nous l'avons fait, puis soudain, l'exercice a pris fin : les Soviétiques, voyant une arme nucléaire utilisée contre eux, ont riposté par une riposte nucléaire écrasante, tuant tout le monde.

Les Russes - même simulés - étaient plus doués que nous pour provoquer des morts massives.

J'ai eu la chance de ne jamais avoir eu l'occasion de mettre en pratique mon sens militaire antisoviétique dans le monde réel. J'ai plutôt été envoyé en Union soviétique au sein d'une équipe de contrôle des armements chargée d'éliminer les armes mêmes qui nous avaient tués lors de l'exercice iranien : le missile à portée intermédiaire SS-20.

Au final, apprendre à vivre en paix avec les Russes s'est avéré bien plus compatible avec la vie, la liberté et la poursuite du bonheur que de s'entraîner à les tuer.

Cet épisode aurait dû constituer une leçon universelle et intemporelle, de nature à inciter les générations futures à éviter les pièges associés à la guerre - en particulier la guerre contre la Russie.

Michael Martens n'a pas compris cette leçon, même après quatre années de conflit entre la Russie et l'Ukraine qui ont prouvé la folie de tenter de tuer des Russes sur le champ de bataille.

Des enseignements que les Mongols, les Suédois, les Français et les Allemands ont compris bien avant nous.

Une leçon que les Marines ont apprise en situation simulée dès les années 1980.

Selon Martens, "Il n'y a rien de 'scandaleux' dans la question de savoir comment l'Europe peut aider l'Ukraine à tuer davantage de Russes. C'est exactement ce dont nous avons besoin".

Martens s'est entraîné depuis des mois, ayant consacré beaucoup de temps et de travail à la rédaction d'un essai intitulé "Tuer des Russes : ce que l'Europe doit faire".

La source d'inspiration de Martens pour ce projet fut Sir Fitzroy Hew Royle Maclean, 1er baronnet de Strachur & Glensluain, dont les mémoires, Eastern Approaches, dans lesquelles il décrit en détail son expérience aux côtés des partisans de Tito en Yougoslavie, ont à ce point inspiré Martens que le titre de son essai est tiré d'une conversation entre Winston Churchill et Maclean, au cours de laquelle Churchill lui avait fait savoir que sa mission consistait

"simplement à découvrir qui tuait le plus d'Allemands et à suggérer comment nous pourrions les aider à en tuer davantage".

C'est là que Martens s'est laissé emporter par sa soif de sang auto-induite.

La cible de Maclean était les nazis allemands, et les moyens qu'il cherchait à mettre en œuvre comprenaient des partisans issus des rangs d'une population civile qui avait été terrorisée par ces mêmes nazis.

La motivation est primordiale.

Surtout lorsqu'il s'agit de ceux à qui on demande de tuer.

Martens aurait eu tout intérêt à lire attentivement l'ouvrage classique de David Grossman, On Killing : The Psychological Cost of Learning to Kill in War and Society, qui décrit la réticence inhérente de la plupart des soldats de la Seconde Guerre mondiale à tuer - la plupart n'ont pas tiré, et ceux qui l'ont fait l'ont souvent fait sans viser.

Tuer un homme n'est pas chose aisée, un fait sur lequel Martens - qui n'a jamais servi dans l'armée - ferait bien de réfléchir.

Même lorsque des techniques d'entraînement avancées, conçues pour surmonter la barrière psychologique qui interdit à la plupart des humains d'ôter la vie, sont couronnées de succès, celui-ci a un coût énorme : la destruction psychologique d'un homme qui a accompli ce qu'aucun homme ne devrait jamais être contraint de faire - tuer son prochain.

Il n'y a rien de glorieux dans la guerre, car, dans sa forme la plus basique, la guerre n'est rien d'autre que l'humanité s'assassinant elle-même.

Il arrive cependant que, pour une cause donnée, une société considère la guerre comme le seul moyen de survie collective.

Les partisans yougoslaves de Tito étaient engagés dans un tel conflit.

Ainsi que les Russes et autres nationalités de l'Union soviétique.

Leur ennemi commun était les nazis allemands et leurs alliés, qui furent tués en grand nombre.

Et chaque année, les Russes modernes célèbrent leur victoire sur l'Allemagne nazie, non pas pour glorifier le meurtre, mais pour honorer les morts.

27 millions d'entre eux.

Martens aurait tout intérêt à suivre un cours sur l'histoire russe de l'époque.

Ou peut-être pourrait-il se tourner vers le cinéma soviétique. Je lui recommande de regarder quatre films : La Ballade d'un soldat, Les Grues s'envolent, Le Destin d'un homme et Viens voir.

Tuer est ce qu'il y a de plus simple pendant une guerre.

Gérer les conséquences de ces meurtres, c'est une autre paire de manches.

Une nation en paie collectivement le prix, et c'est un coût dont les répercussions se répercutent sur plusieurs générations.

On ne devrait jamais accepter la mort avec autant de désinvolture que le fait Martens.

Mais l'aspect le plus accablant, outre l'ignorance dont fait preuve Martens en tentant de se présenter comme une sorte de Fitzroy Maclean des temps modernes, tient au camp qu'il a choisi de soutenir tout en prônant avec désinvolture la mort d'autrui.

La cause de l'Ukraine de Zelensky, manifestation moderne, au sens propre, est celle des nazis allemands que Maclean a été chargé d'éliminer.

Ces mêmes nazis que les ancêtres des soldats russes qui combattent aujourd'hui ont vaincu au prix de leur vie.

Martens aurait intérêt à se demander s'il a vraiment ce qu'il faut dans le ventre pour tuer des Russes.

Bien sûr, il ne le fera pas : les lâches ne tuent jamais eux-mêmes, mais restent en retrait tandis que d'autres se livrent à ce sport sanglant à leur place.

Les Marines avec lesquels j'ai servi n'étaient pas des lâches : ils étaient prêts à affronter la "menace" soviétique dans un combat à mort, même en sachant pertinemment que leur engagement les mènerait presque à coup sûr à la mort.

Martens n'a pas cette force de caractère.

Mais, plus important encore à cet égard, ses compatriotes européens non plus.

Prenons l'exemple de l'Allemagne de Martens qui fait résonner les tambours de guerre avec le plus de vigueur contre la Russie.

Passons sur les difficultés de l'économie allemande à supporter les coûts liés à ce genre de machine de guerre digne d'un Quatrième Reich.

Parlons plutôt du courage des Allemands appelés à tuer des Russes dans une telle guerre.

La discussion est vite réglée : la volonté de se battre fait tout simplement défaut.

Après s'être lancée dans une campagne de propagande massive destinée à motiver des centaines de milliers d'hommes allemands à se rallier à la cause du Quatrième Reich, la virilité allemande n'a produit que 530 âmes du genre.

Les Allemands sont dépourvus de toute motivation à combattre dans cette guerre que Martens et ses semblables semblent si joyeusement soutenir.

Et si le gouvernement allemand était assez téméraire pour mettre en place une conscription forcée, il se plierait en quatre face aux protestations publiques massives.

Toute l'Europe est gagnée par la réticence à servir une cause pour laquelle personne ne semble prêt à mourir : l'élite politique et économique européenne a peut-être envie de tuer des Russes, mais ce n'est pas le cas des populations des nations composant l'Europe.

Ce qui signifie que lorsque de prétendus héros comme Martens parlent de tuer les Russes, ceux qui commettront ces meurtres seront en réalité des Ukrainiens.

J'aimerais rappeler à Martens deux dures réalités à cet égard : chaque mois, des dizaines de milliers d'hommes russes s'engagent volontairement auprès du ministère russe de la Défense afin de pouvoir combattre dans le cadre de l'"opération militaire spéciale", terme employé par le gouvernement russe pour décrire son conflit en cours avec l'Occident dans son ensemble.

Et chaque mois, des gangs de "recruteurs" ukrainiens kidnappent des milliers d'hommes ukrainiens de force pour les expédier se faire trouer la peau dans l'armée ukrainienne.

La comparaison n'a pas lieu d'être.

L'appel de Martens à "tuer les Russes" dénonce tout ce qui ne va pas en Europe aujourd'hui. Cette triste réalité se déroule au grand jour depuis un certain temps déjà. En 1993, elle a déjà été formulée par George Soros, qui a proposé un nouveau "partenariat" américano-européen dans lequel

"la combinaison des effectifs d'Europe de l'Est et des capacités techniques de l'OTAN renforcerait considérablement le potentiel militaire du partenariat, car elle réduirait le risque de pertes humaines pour les pays de l'OTAN, seule contrainte majeure pesant sur leur volonté d'agir".

Laisser les autres mourir pour les causes que l'on défend, tel est le mantra de Martens et de ses pairs.

Et quelle cause Martens défend-il ? Il suffit ici de remonter aux racines nazies de son arbre généalogique.

Le Generalplan Ost était la vision de l'Allemagne nazie pour la création d'un Lebensraum germanisé, façonné à partir des territoires conquis en Europe de l'Est, impliquant un nettoyage ethnique à grande échelle des Slaves, notamment des Russes et des Ukrainiens.

Des juristes allemands comme Hans-Hermann Martens, le grand-père nazi de Michael Martens, ont été chargés de concevoir et de mettre en œuvre ce plan.

La pomme ne tombe pas loin de l'arbre, semble-t-il.

Martens feint de soutenir les Ukrainiens et prétend que tout ce qu'il souhaite, c'est "tuer les Russes".

Mais la guerre qu'il soutient est, de par sa conception même, destinée à envoyer également les troupes ukrainiennes à l'abattoir.

Pour transformer l'Ukraine en une nation kamikaze déterminée à se suicider.

En dressant les Slaves les uns contre les autres, Martens et tous ces anciens "amis" de l'Ukraine ne sont rien d'autre que les versions modernes du fléau nazi que le monde a vaincu en 1945.

Les nazis, en effet, n'ont jamais été éradiqués, comme le prouve le destin du grand-père de Martens.

Bien au contraire, ils ont été réhabilités et honorés, leurs crimes horribles ont été dissimulés et relégués dans un flou intellectuel, jusqu'à ce que l'idéologie de haine qui a permis leur perpétration prenne racine dans une nouvelle génération de nazis allemands qui rêvent de voir se réaliser leurs fantasmes malsains de "Lebensraum", fondés sur l'extermination des peuples slaves.

Un jour, cette guerre prendra fin, et alors, des individus comme Michael Martens devront rendre des comptes pour le rôle qu'ils ont joué dans leur quête d'un génocide moderne des peuples slaves d'Europe.

D'ici là, toute personne dotée de valeurs morales se doit de dénoncer Martens et ceux qui, comme lui, prônent l'extermination des Russes.

Car ce qu'ils souhaitent réellement, c'est le génocide des Slaves et la promotion d'une race supérieure européenne (il suffit de penser à Josep Borrell, l'ancien chef de la diplomatie de l'Union européenne, qui a comparé l'Europe à un "jardin" et le reste du monde à une "jungle").

"Tuer les Russes" n'est qu'une métaphore morbide qui résume tout ce qui ne va pas en Europe et dans l'Occident collectif d'aujourd'hui : une vision perverse de la suprématie culturelle qui ne peut exister qu'au prix du sacrifice des peuples slaves.

Martens et ses semblables, cette caste de "jardiniers" européens (et américains), devraient toutefois tirer enseignement de l'histoire : méfiez-vous des vœux que vous formulez.

L'histoire montre que ceux qui prônent le massacre des Russes découvrent rapidement que non seulement les Russes sont des adversaires coriaces, mais qu'ils sont également passés maîtres dans l'art d'éliminer ceux qui représentent une menace existentielle pour leur survie en tant que peuple et culture.

Traduit par  Spirit of Free Speech

 ssofidelis.substack.com