Par The Grayzone & Wyatt Reed, le 12 août 2026
Le banquier libanais ultra-sioniste Antoun Sehnaoui est l'homme de l'ombre derrière les négociations de normalisation entre Beyrouth et Israël.
Alors que l'occupation israélienne meurtrière du Sud-Liban se poursuit, Antoun Sehnaoui, banquier fabuleusement riche reconverti en "philanthrope", a mis sur pied à Beyrouth et à Washington un réseau d'acteurs du monde des affaires et des médias - ainsi qu'une brigade de voyous chrétiens fascistes - dont la mission est d'accomplir le sale boulot d'Israël.
Fin juillet, le quotidien libanais L'Orient Today a révélé qu'un riche héritier du secteur bancaire, Antoun Sehnaoui, est l'un des principaux instigateurs des récentes tentatives de normalisation des relations entre le Liban et Israël, alors que cet État d'apartheid continue d'occuper des centaines de kilomètres carrés du Sud-Liban.
Selon L'Orient, Sehnaoui cherche désormais activement à manipuler l'opinion publique libanaise en finançant généreusement des médias locaux, notamment le site francophone Ici Beyrouth, le site anglophone This Is Beirut et Hunna Lubnan en arabe. L'article s'appuie également sur des informations locales indiquant que le mystérieux Sehnaoui aurait recours à une milice chrétienne fasciste pour protéger son empire bancaire et sa réputation.
Après la publication, fin juillet, de photos montrant le financier en pleine conversation avec le Premier ministre israélien et homme recherché à l'international Benjamin Netanyahu lors d'une réunion privée à Washington DC, Sehnaoui a été publiquement dénoncé par son oncle comme étant un pion docile d'Israël. Bien qu'il soit actuellement recherché pour être interrogé par les forces de l'ordre au Liban où toute association publique avec des Israéliens est punie par la loi, Sehnaoui s'est révélé être l'homme de l'ombre du gouvernement libanais, injectant de l'argent et des ressources humaines dans le dangereux processus de normalisation entre Beyrouth et Israël.
Antoun Sehnaoui et sa compagne, l'ancienne envoyée des États-Unis au Liban Morgan Ortagus au Musée mémorial de l'Holocauste en avril dernier.
Le banquier et le convertiBien avant qu'il ne se fasse connaître comme soutien public du sionisme, Antoun Sehnaoui était connu dans tout le Liban tant pour son immense fortune que pour sa tendance à jouer le rôle de faiseur de rois parmi les partis de droite représentant la minorité chrétienne libanaise.
Lorsque l'économie libanaise s'est effondrée en 2019, une fois établi que la classe bancaire du pays avait en réalité mis en place un système de pyramide financière soutenu par l'État, Sehnaoui s'est imposé comme le visage d'une élite libanaise sans scrupules qui a réussi à faire sortir plus de 15 milliards de dollars du pays en tirant parti de ses relations avec la Banque centrale du Liban. Alors que les citoyens libanais lambda se voyaient refoulés des agences les mains vides, des milliards ont été détournés vers l'étranger via la Banque Richelieu France, propriété de Sehnaoui.
Depuis, Sehnaoui entretient une relation amoureuse avec l'ancienne représentante spéciale du président américain Donald Trump pour le Liban, Morgan Ortagus. Ortagus, une ancienne chrétienne évangélique convertie au judaïsme, est une sioniste intégriste qui affiche son idéologie à travers ses préférences en matière de bijoux.
Fin 2024, après avoir été choisie par Steve Witkoff pour servir d'émissaire de Trump au Liban, Ortagus a suggéré aux chefs militaires israéliens d'attaquer les funérailles, prévues en 2024, du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, assassiné, au stade de la Cité des Sports à Beyrouth. Israël a finalement décidé de n'organiser qu'un survol provocateur au-dessus des funérailles plutôt que de lancer une attaque qui aurait tué des milliers de civils.
En avril dernier à Washington DC, au cœur des pourparlers entre le Liban et Israël, Ortagus a présenté Sehnaoui lors de la "Journée du souvenir" organisée par le Musée mémorial de l'Holocauste, où le nom de Sehnaoui a été inscrit sur le mur des donateurs de l'institution.
Dans des propos révélateurs, Ortagus a salué la famille de Sehnaoui, la qualifiant de
"sionistes chrétiens engagés" qui l'ont "formée à soutenir l'État d'Israël et le peuple juif", ajoutant de son propre chef que "ce qu'Antoun [Sehnaoui] accomplit aujourd'hui est officiellement illégal au Liban".
L'un des avocats libanais ayant requis un mandat d'arrêt contre Sehnaoui après sa rencontre à Washington avec Netanyahu en juillet dernier a déclaré que Sehnaoui est désormais accusé, à juste titre, de complot visant à contraindre le pays à se soumettre à la volonté d'Israël
"en utilisant l'argent que le peuple libanais s'est vu dérober dans les banques".L'avènement d'un empire médiatique
Un examen des activités médiatiques mises au jour par L'Orient confirme que l'empire médiatique de Sehnaoui n'est guère plus qu'un ensemble d'organes de propagande pro-israéliens à peine déguisés. De nombreux employés de This Is Beirut exercent ouvertement une activité parallèle au sein d'organismes d'influence israéliens tels que la Foundation for Defense of Democracies (FDD) et le Washington Institute for Near-East Policy (WINEP).
Au premier rang d'entre eux figure le chroniqueur Hussain Abdul-Hussain, un ancien musulman chiite qui s'est d'abord fait connaître en tant que porte-parole d'Alhurra Iraq, une chaîne satellite arabe financée par les États-Unis et lancée par Washington pour promouvoir des discours favorables à l'Occident en Irak à la suite de leur invasion catastrophique. Abdul-Hussain travaille également en tant que soi-disant "chercheur associé" à la FDD, dont un haut responsable des services du renseignement militaire israéliens a révélé en 2017 qu'elle participe à un complot mené par le gouvernement israélien pour espionner les détracteurs du régime d'apartheid sur le sol américain. En réalité, la FDD est issue d'une organisation appelée EMET, qui définit dans ses documents fondateurs la mission "d'améliorer l'image d'Israël en Amérique du Nord".
La tradition de collaboration avec des agents israéliens semble s'être perpétuée au sein de This Is Beirut, qui a co-organisé une table ronde avec MIND Israel - un think tank israélien fondé par l'ancien chef des services du renseignement militaire israéliens, Amos Yadlin - lors de la Conférence de Munich sur la sécurité de 2026. Les médias israéliens ont salué la
"toute première table ronde civile libano-israélienne" de ce sommet militaro-industriel comme une "avancée significative"
vers la normalisation des relations entre la puissance occupante et ses victimes.
Fondé en 2023 et relancé en juin 2026, This Is Beirut a tiré parti du généreux financement de Sehnaoui pour constituer une "équipe de rêve" sioniste composée de chiites libanais opposés à la résistance, d'anciens responsables du gouvernement américain, ainsi que d'influenceurs et de journalistes pro-israéliens convaincus. Parmi ses collaborateurs figure Seth J. Frantzman, un commentateur américano-israélien qui travaille pour le Jerusalem Post, journal israélien de droite, tout en collaborant au FDD. Le média anglophone de Sehnaoui a également recruté la journaliste Claudia Groeling, issue du WINEP, un think tank sioniste fondé par des membres de l'AIPAC afin de donner une apparence académique aux pressions agressives exercées par Israël sur les États-Unis.
La "page À propos" de This Is Beirut ne mentionne aucunement le rôle de Sehnaoui dans le financement du média. Au contraire, ses responsables se décrivent comme
"indépendants et non partisans, mais pas neutres : nous ne tolérons aucune violation des droits de l'homme, de l'intégrité ou de la souveraineté des individus et des États".
Leur rejet des violations de la souveraineté des États ne semble toutefois pas s'appliquer au régime israélien - qui, à la date de publication, occupe brutalement environ 600 kilomètres carrés de territoire libanais souverain.
Lorsqu'il ne se contente pas de reprendre les communiqués de presse de l'armée israélienne, This Is Beirut fait fréquemment allusion à la "paix" avec Israël, un procédé rhétorique régulièrement utilisé par les partisans d'un rapprochement entre Beyrouth et Tel-Aviv.
"Nous aspirons à la paix entre le Liban et Israël", écrivent-ils. Au lieu de couvrir l'occupation du sud du Liban par cet État d'apartheid, "nous visons à dénoncer le terrorisme" - en mettant l'accent sur ce qu'ils appellent "les réseaux terroristes de l'Iran au Liban et dans la région".
L'accroche d'un éditorial du 4 août signé par Abdul-Hussain était particulièrement explicite dans son plaidoyer en faveur d'une collaboration avec l'armée israélienne :
"Quiconque reconnaît le Hezbollah comme la menace suprême doit faire cause commune avec toute force susceptible de contribuer à son élimination".
Si la signature du groupe ou la description qu'il livre de lui-même laissaient planer un doute sur ses tendances sionistes, un simple coup d'œil à la liste de ses interviewés dissipe toute ambiguïté. Parmi les personnalités récemment interviewées figurent Hagar Chemali, cofondatrice de la "Lebanon Israel Peace Alliance" et ancienne fonctionnaire du ministère américain des Finances, connue pour avoir encouragé ses anciens collègues à plaider en faveur de sanctions plus sévères contre le Hezbollah. Chemali s'est décrite comme une "sioniste libanaise" et une "bonne amie" de la compagne de Sehnaoui, Morgan Ortagus.
La mission visant à soumettre Beyrouth à la volonté de Tel-Aviv est reprise par la directrice de This Is Beirut, une autre chiite anti-résistance nommée Hanin Ghadar, qui occupe également un poste de "senior fellow" au WINEP. Comme This Is Beirut s'en est vanté sur les réseaux sociaux en février,
"Hanin Ghaddar a été la deuxième personnalité à témoigner devant la sous-commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis chargée du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, lors de son débat sur le Liban et le démantèlement du Hezbollah".
Au cours de son témoignage, Mme Ghadar a exhorté à plusieurs reprises les États-Unis à cibler les "institutions politiques et économiques" de la résistance.
Priver la classe ouvrière libanaise de ses services bancaires au nom d'IsraëlAlors que la bande de mercenaires médiatiques de Sehnaoui plaidait publiquement en faveur d'une exclusion bancaire du Hezbollah, le Département d'État de Marco Rubio préparait discrètement le terrain pour une offensive agressive contre toute banque libanaise susceptible d'être en lien avec le Hezbollah.
En tête de liste figure Al-Qard Al-Hassan, une institution financière connue pour accorder des "prêts de bienfaisance" sans intérêts à des Libanais de tous horizons - qu'ils soient musulmans ou non. À peine quelques mois après qu'Israël a bombardé les agences de l'institution dans la banlieue beyrouthine de la Dahiyeh en mars, Washington a annoncé un nouveau régime de sanctions dévastateur destiné à détruire une fois pour toutes cette entité financière sans usure.
Une campagne coordonnée a été lancée pour éliminer Al-Qard Al-Hassan, à commencer par la déclaration du 14 juin du ministère libanais de la Justice annonçant l'ouverture d'une enquête sur cette institution caritative. Quelques jours plus tard, un article est paru sur la page d'accueil du FDD, le think tank de Washington proche d'Israël.
"Mettre Al-Qard Al-Hassan sous pression pourrait réduire les chances de survie du Hezbollah", promettait le FDD.
Deux semaines plus tard, le Terrorist Financing Targeting Center (Centre de lutte contre le financement du terrorisme) du Trésor américain a semblé suivre l'exemple du FDD, en désignant officiellement plus d'une douzaine de ressortissants libanais comme financeurs du terrorisme en raison de leurs liens présumés avec Al-Qard Al-Hassan.
Largement soupçonné par les citoyens libanais de dénoncer des groupes liés au Hezbollah au gouvernement américain, Sehnaoui n'a guère caché ses liens étroits avec le département du Trésor. Après être entré pour la première fois dans l'orbite des régulateurs bancaires américains lorsqu'il a invité l'ancien ministre de la Justice de l'administration Bush, John Ashcroft, à enquêter sur les comptes de membres présumés du Hezbollah au sein de sa Lebanese Canadian Bank (LCB) nouvellement acquise en 2010, Sehnaoui a été félicité par le secrétaire adjoint du Trésor chargé du financement du terrorisme de l'époque, Daniel Glaser, qui l'a qualifié de "dirigeant responsable".
Sehnaoui allait tirer profit de ces relations pendant des années, Ashcroft proposant à plusieurs reprises de représenter une autre banque de Sehnaoui, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), devant les tribunaux américains. Dans les années suivantes, Daniel Glaser a franchi la "porte tournante" de la corruption pour décrocher un poste prestigieux en tant que "conseiller principal" auprès du président de la banque, Antoun Sehnaoui.
Glaser a ensuite donné une conférence en 2016 au siège du WINEP à Washington, au cours de laquelle il a déclaré que
"le Trésor s'efforce d'isoler le Hezbollah du système financier mondial", et s'est félicité que "l'accès du groupe au système financier libanais a été compromis d'une manière que beaucoup n'auraient jamais crue possible".
À ce jour, il n'existe aucune preuve directe qu'Antoun Sehnaoui ait personnellement utilisé ses relations dans le secteur bancaire et les médias pour paralyser les finances d'Al-Qard Al-Hassan et empêcher les employés libanais d'accéder à des crédits sans frais. Mais les preuves circonstancielles renvoient à son réseau d'influence.
Dîners de famille, espions israéliensPour le clan Sehnaoui, flatter les États-Unis et Israël et œuvrer en coulisses pour éliminer leurs rivaux relève de la tradition familiale. Selon l'oncle d'Antoun, Maurice Sehnaoui, avec lequel il est en froid, l'obsession de ce banquier beau parleur pour Israël lui a été transmise directement par son père, Nabil Sehnaoui.
"Mon frère a toujours été fasciné par le judaïsme", a déclaré Maurice Sehnaoui aux médias libanais, ajoutant que Nabil allait jusqu'à affirmer "que nous avions des ancêtres juifs" - une affirmation que Maurice qualifiait de "non-sens".
Lorsque David Kimche, alors directeur adjoint du Mossad, a cherché à s'implanter au sein de la communauté chrétienne libanaise, il s'est tourné vers le père d'Antoun Sehnaoui, Nabil - qui aurait été à ce point désireux de collaborer avec les services du renseignement israéliens qu'il a personnellement invité le haut responsable du Mossad à dîner chez lui à la fin des années 1970. Lorsqu'il ne s'occupait pas de l'empire commercial de sa famille, Nabil s'était imposé comme l'une des principales figures d'une milice chrétienne ultranationaliste clandestine appelée Al-Tanzim ("l'organisation"), composée en grande partie d'officiers de l'armée d'extrême droite qui se considéraient comme des croisés des temps modernes, prêts à affronter la "menace" islamique par tous les moyens nécessaires.
Kimche était loin d'être le seul Israélien influent à se rendre chez eux. Selon d'anciens condisciples, le jeune Sehnaoui était connu pour se vanter publiquement des visites de l'ancien ministre israélien de la Défense, Ariel Sharon, dans l'appartement huppé de sa famille. Et lorsque son père, à son tour, rendait visite à Sharon dans son ranch de Sderot, Antoun l'accompagnait souvent.
Le soutien inconditionnel de Nabil à Israël était si fort qu'il critiquait même les factions libanaises que Tel-Aviv a secrètement soutenues pendant la guerre civile du pays, les jugeant insuffisamment favorables à Israël - notamment la milice des Forces libanaises, qui a massacré des milliers de civils dans le quartier de Sabra à Beyrouth et dans le camp de réfugiés voisin de Chatila, sous la supervision directe des forces israéliennes de Sharon, en l'espace de trois jours seulement en 1982.
Dirigées par un jeune chef de guerre nommé Bachir Gemayel, dont le sadisme n'avait d'égal que son charisme, les Forces libanaises représentaient la branche militaire du parti phalangiste Kataeb fondé par Pierre Gemayel, le père de Bachir. Ce groupe s'inspirait des phalanges fascistes espagnoles et italiennes lorsqu'il a été fondé par Pierre Gemayel dans les années 1930. Bien avant son tristement célèbre massacre de musulmans à Beyrouth, il s'était forgé une réputation pour ses démonstrations gratuites de violence. Bachir Gemayel était personnellement impliqué dans de nombreux incidents choquants, notamment le massacre du "samedi noir" de Beyrouth en 1975, au cours duquel les Forces libanaises ont traqué et tué des centaines de civils musulmans et druzes en représailles au meurtre de quatre jeunes chrétiens à quelques dizaines de kilomètres de là.
Des documents rendus publics par la Haute Cour de justice israélienne en 2022 ont révélé que Gemayel agissait avec la bénédiction explicite du Mossad israélien, qui avait accepté d'armer ses hommes lors d'une réunion tenue en 1976 au domicile de ses parents. Gemayel, qui fut assassiné peu après son élection à la présidence du Liban en 1982, s'était toutefois montré réticent à l'idée de normaliser les relations avec Israël.
Pour le père d'Antoun Sehnaoui, cela équivalait à une trahison.
"Nabil était l'un des détracteurs les plus virulents de Bachir Gemayel", a déclaré à L'Orient une source proche de la famille Sehnaoui, car "il estimait que Gemayel avait trahi les Israéliens en ne signant pas d'accord de paix immédiatement après son élection en 1982".
Les relations entre les deux hommes se sont progressivement détériorées après que Gemayel a effectivement pris le contrôle d'Al-Tanzim par la force, le ralliant sous la bannière d'une milice chrétienne nationale unique sous la menace des armes en 1980.
Aujourd'hui, la milice fasciste de la famille Sehnaoui perdure sous la forme des "Soldats de Dieu", une petite mais particulièrement brutale police des moeurs chrétienne autoproclamée qui patrouille dans le quartier d'Achrafiyeh à Beyrouth, vêtue de noir de la tête aux pieds, pour traquer les homosexuels.
Lorsque le krach économique de 2019 provoqué par l'élite a poussé des clients des banques, furieux, à réclamer le remboursement de leurs dépôts sous la menace des armes, les "Soldats de Dieu" ont été dépêchés dans les agences de la SGBL, la banque de Sehnaoui, pour les protéger. Plusieurs de ses membres assureraient la sécurité au siège beyrouthin de son journal francophone Ici Beyrouth.
Les "Soldats de Dieu" de Sehnaoui ont fait un retour fracassant sur le devant de la scène en 2024 lorsqu'ils ont tué un membre des Forces libanaises, une milice chrétienne rivale de droite, lors d'une bagarre de rue à Achrafieh.
Les opinions politiques d'extrême droite et ultra-sionistes d'Antoun Sehnaoui reflètent l'influence de son père, Nabil.
"Mon frère s'est beaucoup rapproché des Israéliens après l'invasion de 1982, et je n'ai jamais pu l'accepter", a déclaré Maurice Sehnaoui aux médias libanais, faisant référence à Nabil. "Son fils a suivi ses traces".
Une autre source a expliqué à L'Orient Today qu'Antoun est également
"fasciné par le judaïsme, parle un peu l'hébreu et voit en Israël ce que le Liban aurait dû devenir".
Cette fascination - voire ce fétichisme - était partagée par la responsable américaine qui allait devenir la maîtresse de Sehnaoui et sa plus proche collaboratrice au sein de l'administration Trump à Washington.
Lune de miel autour de l'HolocausteLorsqu'un reçu daté du 13 décembre 2025 a fait surface, révélant qu'Antoun Sehnaoui avait dépensé près de 60 000 dollars pour acheter des bijoux de luxe à Morgan Ortagus, l'ancienne envoyée spéciale adjointe de Trump pour la paix au Moyen-Orient sous la direction de Steve Witkoff, cette relation a commencé à susciter des remous, à la fois parce qu'elle soulevait de sérieuses préoccupations en matière de conflit d'intérêts et parce qu'il semblait évident qu'Ortagus cherchait à gagner les faveurs de Sehnaoui alors qu'elle était encore mariée à un autre homme.
Mais il était clair que le couple partageait de nombreux points communs, tous deux semblant profondément animés par une passion commune pour Israël. Sehnaoui, qui a longtemps été contraint de modérer ses ardeurs sionistes au sein d'une grande partie de la haute société libanaise, a trouvé en Ortagus une alliée de choix, celle-ci arborant sans cesse un collier orné d'une étoile de David avec le zèle que seul un converti peut manifester.
Comme le magazine britannique people OK! l'explique,
"les proches du couple affirment que leur relation repose sur une conviction commune qui a défini leurs carrières respectives : celle que la paix dans la région est bel et bien réalisable, en particulier pour le Liban et Israël".
Selon certaines sources, le couple se fréquente depuis la mi-2025, date à laquelle Sehnaoui a organisé un dîner en son honneur dans son restaurant de Beyrouth, La Centrale, où figurait parmi les invités le sénateur américain Lindsey Graham, mort récemment, connu pour ses opinions bellicistes.
La relation n'a été rendue publique qu'en avril 2026, lors d'un événement organisé par le Musée américain de l'Holocauste à Washington pour saluer l'important don de Sehnaoui à l'institution. À ses côtés, prononçant un discours en son nom, se tenait sa compagne rayonnante, Morgan Ortagus, qui a couvert d'éloges son amant pour avoir financé un projet d'opéra américano-israélien qui, se vantait-elle, était "officiellement illégal au Liban".
Une vidéo de l'événement publiée par Hagar Chemali - la "bonne amie" d'Ortagus - montre cette dernière s'extasiant sur les origines de Sehnaoui, issu d'une longue lignée de
"sionistes chrétiens libanais engagés", et sur "son père et sa mère, May et Nabil Sehnaoui, qui l'ont élevé dans l'amour de l'État d'Israël".
"Je ne sais pas pourquoi, des décennies après l'Holocauste, prendre la défense des Juifs doit encore être considéré comme un acte de bravoure. Ce ne devrait pas être le cas. Ma bonne amie @MorganOrtagus a prononcé hier soir, au Musée de l'Holocauste, quelques mots improvisés et profondément émouvants au sujet du soutien apporté par @SehnaouiAntoun à cette cause".
Cet événement a donc permis à Sehnaoui de révéler non seulement sa relation amoureuse avec Morgan Ortagus, mais aussi son engagement sioniste. Chez This Is Beirut, les employés de Sehnaoui se sont vantés que cette cérémonie a permis
"d'inscrire pour la première fois le nom d'un donateur libanais sur le mur des donateurs du Musée américain du Mémorial de l'Holocauste à Washington".
Selon L'Orient, Antoun Sehnaoui n'a pas tardé à être connu dans les cercles de Washington comme "le type libanais de l'AIPAC". Quelques mois plus tard, il a clôturé cette série d'apparitions en organisant un dîner commémoratif à l'hôtel Four Seasons de Washington en l'honneur de Lindsay Graham, où des photos montraient le banquier libanais assis aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, universellement décrié. Les deux hommes étaient accompagnés de leurs compagnes et du sénateur du Texas Ted Cruz, dont le bureau au Sénat est de fait dirigé par un agent israélien.
La photo a immédiatement suscité choc et perplexité dans une grande partie du Liban. Plus d'une douzaine d'avocats ont réagi en exigeant que le gouvernement procède à l'arrestation de Sehnaoui. Un juge libanais s'est empressé d'accéder à cette demande, ordonnant aux autorités de placer Sehnaoui en détention et de l'interroger pendant 30 jours s'il venait à se présenter dans le pays. Mais au lieu de nier son implication ou de se justifier, Sehnaoui semble avoir savouré cette exposition médiatique. Sur le site This Is Beirut, son équipe a fait la promotion de l'événement, affirmant qu'il a réussi à
"réunir un groupe prestigieux de personnalités politiques américaines, israéliennes et internationales".
Alors qu'il ne semble pas avoir l'intention de réapparaître à Beyrouth, il est peu probable que Sehnaoui soit traduit en justice de sitôt. Mais grâce à son vaste empire bancaire et médiatique, ce sioniste "aguerri" n'a pas besoin de mettre les pieds dans le pays pour continuer à le pousser sur la dangereuse voie de la normalisation avec son occupant, et à le rapprocher du gouffre de la guerre civile.
Traduit par Spirit of Free Speech

