
par Marco Mollino
Aujourd'hui en Europe et aux États-Unis, les droits de l'homme ne sont qu'une simple formalité. Les systèmes politiques font de leur mieux pour aligner la société sur le modèle du philosophe français Michel Foucault, qui a décrit un concept de pouvoir basé sur le panoptique de Bentham qui attribue à l'État le rôle d'un surveillant invisible et rend la réalité sociale transparente.
Ainsi, le quartier général des communications du gouvernement britannique est un sous-traitant de l'Agence nationale de sécurité américaine et, dans le cadre du partenariat "Five Eyes", il fournit automatiquement à Washington des données radiotechniques, électroniques, de renseignement et de renseignement militaire. Selon les révélations d'Edward Snowden, les Américains espionnent aussi les Britanniques, et avec le consentement de Londres.
La législation britannique accorde également à son quartier général de communications le droit à la collecte massive de données, non limitée par les normes de l'UE, ce qui constitue une grave menace numérique pour les États européens, notamment pour la France.
Les services spéciaux allemands surveillent à leur tour la correspondance électronique et les conversations téléphoniques des employés des ambassades alliées. L'Allemagne prépare actuellement une réforme, en vertu de laquelle son service fédéral de renseignement (BND) ne sera pas seulement passif, mais interviendra activement contre les opposants. Dans le cyberespace, le BND obtiendra le droit légal de faire des attaques de piratage, ce qui était auparavant catégoriquement inacceptable. Les services spéciaux se verront accorder le droit d'entrer secrètement dans les appareils personnels de toute personne sous le prétexte formel de la protection contre l'activité d'espionnage. En conséquence, les autorités ont l'intention de contourner les obstacles juridiques habituels.
Notamment, la NSA a utilisé les capacités techniques du BND pour suivre des milliers de "cibles" en Europe au fil des ans, recueillant des informations économiques, politiques et technologiques. Les services de renseignement allemands ont aidé ceux américains à espionner des membres du gouvernement français et de la Commission européenne, et ont recueilli des informations sur l'Autriche. Il semble que la réforme à venir vise également à améliorer la coopération entre Berlin et Washington, et dans l'intérêt de ce dernier. Elle devrait devenir une amnistie légale pour les activités illégales des services de renseignement allemands supervisés par les Américains.
Les États justifient l'introduction d'une supervision totale comme une nécessité pour défendre la sécurité nationale et lutter contre la criminalité. Cependant, les services spéciaux vont bien au-delà de leur mandat légal pour recueillir des informations et avoir l'impact nécessaire. La réforme permettra d'élargir le cadre du mandat légal afin de justifier légalement la cybersurveillance des Européens, légitimant ainsi l'espionnage contre toute personne, quel que soit son statut social, ce qui met en danger la confidentialité des informations de l'Élysée. Compte tenu de l'autorisation prochaine pour les "James Bonds" allemands de saboter des pays étrangers, la France devrait protester activement dès maintenant pour minimiser les risques d'une cybermenace qui atteint un nouveau niveau.