24/08/2026 reseauinternational.net  3min #324295

Chili : Le Chili quitte le Mouvement des Pays Non-Alignés

par Seguel Alfredo

Les anciens ministres Jorge Heine et José Miguel Insulza ont qualifié "d'erreur inexplicable" la décision du gouvernement de retirer le Chili du Mouvement des Pays Non-Alignés (NOAL) dans un article publié dans El Mostrador ce samedi 22 août.

L'annonce de la chancellerie - qui a donné des instructions à ses missions diplomatiques pour qu'elles "abandonnent complètement et immédiatement le Mouvement" - a été qualifiée par les auteurs de "claquement de porte à plus de la moitié des nations de la terre".

Heine et Insulza rappellent que le Chili a intégré ce bloc en 1971 et assistait à ses activités" depuis 1964, quand le gouvernement de Jorge Alessandri avait envoyé un représentant comme observateur à la conférence ministérielle du Caire. La raison donnée par le gouvernement - que le Mouvement des Pays Non-Alignés avait "été créé dans un autre contexte mondial et ne répondait plus aux nouveaux défis" - a été remise en question par les auteurs qui signalent que "ce n'est pas une raison pour le quitter, encore moins pour un pays comme le Chili qui dépend tellement de l'environnement international pour progresser".

L'article souligne que le Mouvement a été créé en 1961 à Belgrade par des dirigeants comme Jawaharlal Nehru, Gamal Abdel Nasser et Josep Broz Tito et que, bien qu'aujourd'hui, il ait un profil bas, "le quitter rompt avec une longue tradition de politique étrangère du Chili consistant à avoir des relations avec autant de pays que possible". Les auteurs préviennent que "le Chili ne peut financer des ambassades dans les 193 pays membres de l'ONU" et que des entités comme ce Mouvement "donnent la possibilité d'avoir des relations avec beaucoup de pays d'Afrique et d'Asie où notre présence est minime".

Heine et Insulza soulignent l'ironie de cette décision : les changements internationaux auxquels la Chancellerie fait allusion reflètent précisément l'apogée du Sud Mondial. Ils signalent que, entre 1990 et 2024, la participation du G7 au PIB mondial a baissé de 45% à 30% alors que celle des BRICS est passée de 23% à 42% et celle du Sud mondial de 42% à 61%. En outre, le commerce Sud-sud, qui représentait 20% du commerce total en 1970, représente actuellement plus de 50% de celui-ci.

Les auteurs critiquent le fait que le gouvernement prétende que "les pays du sud ne comptent pas", ce qu'ils qualifient de contradiction avec l'annonce de la Chancellerie disant qu'elle veut diversifier nos relations étrangères. Ils relient cette décision à d'autres annonces récentes comme celle disant que le Chili pourrait intégrer des initiatives comme le "Bouclier des Amériques" ou la "Ligue de la Paix", croyant à tort qu'ainsi, on peut obtenir le statut "d'allié stratégique principal".

L'article s'achève par un avertissement : "Ce claquement de porte à plus de la moitié des nations de la terre est une erreur inexplicable qui transgresse les meilleures traditions de notre politique étrangère que nous devrons rapidement regretter". Les auteurs prévoient que l'abandon du Mouvement des Pays Non-Alignés aura des conséquences négatives pour l'image du Chili à l'étranger, en particulier dans un contexte de montée en puissance des pays du Sud Mondial.

source :  Resumen Latinoamericano via  Bolivar Infos

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