Réginal Souffrant

Et, d'un coup,
Naquit celui qui, pour beaucoup,
A l'impérialisme alla porter un terrible coup.
La mer des Caraïbes, en trente six pas
De Joropo (1), fit don au Venézuéla
À Haiti, à la Bolivie, au Nicaragua
Et même à Cuba
D'un frère dont le trépas
Nous met tous en émoi.
Ta mort physique, Hugo, place un sourire
Sur le visage du "Caïman-étoilé" (2)
Dont la lyre
Annonça ta disparition_en route pour l'éternité.
Hugo, tu t'en vas.
Mais ne s'en va pas
L'esprit de combat.
L'huile_ qui agite les instincts lucratifs du Caïman_
Ne fera ni un pas kita(3), ni un pas nago(4)
Aujourd'hui, demain et après l'enterrement
Du cher camarade Hugo.
Les océans grondent,
Et les oiseaux te chantent:
!Hasta luego
Frère Hugo!
Le tamtam des laboureurs,
Les pas des soldats révolutionaires
Ainsi te saluent: !Hasta luego
Comandante Hugo!
Les sueurs des paysans
Qui arrosent les champs
Te baignent en te disant: !Hasta luego
Querido Hugo!
Les biceps exploités des travailleurs
Mal remunérés malgré leur rude labeur
T'embrassent et te crient: !Hasta luego
Amigo Hugo!
Le pays habité par des "anges noirs"(5)
T'a adopté comme un vrai fils du terroir.
Pour cela, nous te répétons:!Hasta luego
Hermano Hugo!
Réginal Souffrant
5 mars 2013
(1) Joropo.- Danse venézuélienne
(2) Caïman étoilé.- Une référence aux U.S.A.Selon le poète haïtien, Paul Laraque, le romancier
et militant politique Jacques S.Alexis de la même nationalité) a raté un livre d'un titre
similaire.(3)(4) Tiré du Créole haïtien "pa kita, pa nago" significant: ne pas bouger.
(5) "Anges noirs".- Lors de sa visite en Haïti, Comandante Chavez témoigna son amour pour ce pays en lachant qu'il est habité par "des anges noirs".