Les Mayas nous avaient annoncé, pour décembre dernier, la fin du calendrier marquant l'ère de l'individualisme, de la cupidité, de l'ambition, de la domination, de la manipulation du mensonge. Une ère caractérisée par la discrimination, le racisme, les luttes religieuses, les idéologies aux intérêts et aux horizons confus.
Aujourd'hui, le peuple vénézuélien, l'Amérique latine et le monde ont rendu hommage à Hugo Chavez, cet homme qui a marqué le début de ce XXIe siècle. Il fallait voir ces 55 représentants de gouvernements venus des quatre coins de la planète, ces millions de personnes gonflant les rues de Caracas, passant des jours et des nuits pour aller dire un dernier adieu à celui qui leur avait donné un toit, un médecin, une école, une fierté et une nouvelle solidarité. Ces manifestations grandioses d'affection et de respect témoignent d'un Chavez qui a su comprendre et incarner les grandes aspirations des hommes, des femmes, des enfants et des peuples de notre temps.
C'est en entendant ces cris, « nous sommes Chavez, Chavez vit en nous, le peuple est Chavez, je suis Chavez », que j'ai compris que l'esprit et le cœur de Chavez venaient de naitre de nouveau, cette fois, dans le cœur et l'esprit de son peuple et dans celui de millions de personnes à travers le monde.
Qu'a-t-il donc été et fait pour atteindre si profondément ces personnes et ces peuples?
Sans être exclusif, je dirais qu'il a fait éclater certains grands mythes ou bulles qui retiennent toujours la marche des peuples et de l'humanité vers un monde plus juste, plus vrai, plus solidaire, plus compatissant, plus humain. Parmi ceux-ci, je me permets d'en relever cinq, m'apparaissant plus déterminant que d'autres.
1.2.3.4.5.1.constitution qui soit à leur image. Une constitution qui encadre les droits et les devoirs de tous et de toutes. Cette dernière fut votée et approuvée par référendum en décembre 1999. Dans cette constitution, le peuple a de véritables pouvoirs sur ses gouvernants et ses droits y sont clairement inscrits.
Puis, il a réorienté l'usage de la principale richesse du pays ( PDSVA) pour la mettre au service de l'ensemble des Vénézuéliens. Une richesse énorme que se partageaient les multinationales qui en assuraient la distribution et les oligarchies locales qui profitaient de cette manne. Elles seront dorénavant utilisées à 43 % au développement du secteur social. Ce sera les grandes missions de lutte contre la pauvreté et l'analphabétisme, la mise en place de centres médicaux dans tous les coins du pays de manière qu'aucun Vénézuélien n'en soit privé. Des politiques ont été développées pour assurer une distribution équitable d'une saine alimentation. Les centres délinquants qui retenaient indûment ces aliments dans des entrepôts pour déstabiliser le pays ont vite été ramenés à l'ordre. Que dire de cette grande mission d'un logement pour chaque famille? Ce sont des centaines de milliers de logements qui ont été construits, apportant dignité et respect à des millions de personnes. Pour une fois, les classes les plus pauvres ont pu toucher leur part des revenus générés par cette richesse pétrolière.
Pour contrer la désinformation, Chavez s'est donné des outils pour communiquer régulièrement avec son peuple : toutes les semaines, il avait son émission, « Allo président », lui permettant un véritable dialogue avec son peuple. Ces émissions duraient des heures. Elles étaient là pour assurer ce lien fondamental du chef e l'État avec le peuple. Un moment privilégié pour parler également de la révolution bolivarienne, du socialisme du XXIe s., des défis à relever et des espoirs pour le présent et l'avenir. Il leur parlait de solidarité, de justice, de participation, d'éducation, de soins de santé, mais aussi des problèmes rencontrés dans cette marche vers une société plus juste et plus solidaire. Un moment fort de prise de conscience collective.
À cette première initiative, s'est également ajoutée télésurtv, réseau public de télévision, mis en place pour contrer le monopole des principales télévisions privées du pays. Il a ainsi donné la parole au peuple et à ses principaux représentants, contrant ainsi la désinformation nationale et internationale. Un outil indispensable dans ce long processus de libération.
Chavez a toujours voulu résoudre les conflits et les diverses embûches mises sur sa route par des voies pacifiques et démocratiques. Il est le président de l'Amérique latine qui a connu le plus grand nombre de consultations populaires durant ses 14 ans de règne. À l'exception d'une seule, il les a toutes gagnées. Celle qu'il a perdue, ce fut par moins de 200 000 voix et en bon démocrate, il en a accepté les résultats.
La Fondation Carter a reconnu que le Venezuela avait le meilleur système électoral au monde et que sa démocratie était bien vivante. Ceux qui considèrent Chavez comme un dictateur sont loin de sa moyenne au bâton en ce qui a trait à la démocratie. À titre d'exemple, ici au Canada, nous avons un premier ministre qui dirige le pays en chef absolu avec moins de 25 % de l'électorat canadien. C'est le même qui a souhaité qu'avec la mort de Chavez vienne un gouvernement plus démocratique. Une véritable honte.
5.ALBA, UNASUR, MERCOSUR, CELAC. Il s'est fait leader de l'intégration de la grande Amérique latine souhaitée par Bolivar et Marti. La présence, à ces derniers adieux, de tous ces présidents et représentants de gouvernements en témoigne.
Chavez a également pris le bâton du pèlerin, le conduisant aux quatre coins du monde. Il a tissé des liens humains de fraternité avec de nombreux chefs d'État, mais toujours dans le respect mutuel et dans un esprit de coopération selon les intérêts de chacun. D'ailleurs, leur présence massive à ce dernier adieu en dit long sur l'estime et le respect qu'il a suscité dans toutes ces régions du monde.
Chavez a semé une semence qui ne pourra que croitre dans le cœur et l'esprit de ces centaines de millions de personnes.
Si le Christ a été pour Chavez le premier-né d'une humanité nouvelle, Chavez est sans nul doute le premier-né d'une ère nouvelle nous conduisant tous et toutes vers cette humanité nouvelle, nourrit de paix, de justice, de liberté, de solidarité, d'amour, de compassion, de responsabilité.
Le socialisme du XXIe s. dont il s'est fait un grand promoteur n'a rien de la rigidité idéologique contrairement à ce qu'en disent ses détracteurs. Il s'inspire tout autant de sa vision évangélique d'un monde solidaire et communautaire, porté par la justice, la vérité et l'amour, que d'une vision humaniste d'un monde en quête de respect, de dignité, de liberté, de justice, de participation à son propre destin. Entre la vision de Jean XXIII, exprimée dans son encyclique PACEM IN TERRIS (PAIX SUR TERRE) et le SOCIALISME DU XXIe s., il y une grande concordance. Je vous invite à lire cet article en référence ici.
Que les détracteurs de Chavez se le tiennent pour dit : Chavez est devenu un peuple, une patrie, un Nouveau Monde en mouvement. Une présence contagieuse qui se fera toujours plus sentir.

Oscar Fortin
Le 9 mars 2013
humanisme.blogspot.com